de Gérard Oury. 1964. France. 1h50. Avec Bourvil, Louis De Funès, Venantino Venantini, Henri Genès, Saro Urzi, Daniela Rocca, Lando Buzzanca, Henri Virlojeux, Michel Galabru, Jacques Ary.
Récompense: Prix du Meilleur Scénario au festival de Moscou en 1965.
Sortie en salles en France le 24 Mars 1965. U.S: 8 Octobre 1967
FILMOGRAPHIE: Gérard Oury (Max-Gérard Houry Tannenbaum) est un réalisateur, acteur et scénariste français né le 29 avril 1919 à Paris, décédé le 20 Juillet 2006 à Saint-Tropez.
1960: La Main Chaude. La Menace. 1962: Le Crime ne paie pas. 1965: Le Corniaud. 1966: La Grande Vadrouille. 1969: Le Cerveau. 1971: La Folie des Grandeurs. 1973: Les Aventures de Rabbi Jacob. 1978: La Carapate. 1980: Le Coup du Parapluie. 1982: L'As des As. 1984: La Vengeance du Serpent à Plumes. La Joncque (inachevé). 1987: Levy et Goliath. 1989: Vanille Fraise. 1993: La Soif de l'or. 1996: Fantôme avec chauffeur. 1999: Le Schpountz.
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NumĂ©ro 1 au box-office français avec 11,74 millions d’entrĂ©es !
L’un des premiers longs-mĂ©trages de GĂ©rard Oury accède rapidement au statut de classique de la comĂ©die populaire, portĂ© par un atout de prestige : le duo De Funès / Bourvil, dont la complĂ©mentaritĂ© est devenue proverbiale (ce dernier toucha d’ailleurs un cachet trois fois supĂ©rieur Ă son comparse).
Ă€ l’origine, le film s’inspire d’un fait divers survenu en 1962, lorsqu’un prĂ©sentateur de la tĂ©lĂ©vision française fut arrĂŞtĂ© aux États-Unis au volant d’une Buick contenant 50 kilos d’hĂ©roĂŻne pure — mĂŞme si, lors de son interpellation, la drogue ne fut jamais retrouvĂ©e. Ayant plaidĂ© coupable, l’animateur de l’Ă©mission Paris-Club Ă©copa de cinq ans de prison, l’enquĂŞte ayant dĂ©montrĂ© qu’il avait touchĂ© 10 000 dollars pour cette transaction.
Fort du succès colossal rencontré en 1965, les Américains proposèrent à Gérard Oury de produire un remake avec Dean Martin et Jack Lemmon. Mais malgré une offre financière généreuse, il déclina.
Le pitch :
Après un accident de voiture avec un riche homme d’affaires, un quidam ingĂ©nu accepte, en guise de dĂ©dommagement, de convoyer sa Cadillac de Naples Ă Bordeaux. Ce directeur sans vergogne est en rĂ©alitĂ© un important contrebandier, ayant dĂ©cidĂ© d’utiliser un “corniaud” pour transporter sa marchandise. S’ensuit une folle Ă©quipĂ©e Ă travers l’Italie, sous la poursuite de nos joyeux lurons.
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Immense succès populaire, multi-diffusĂ© depuis sa sortie, Le Corniaud mĂ©rite amplement sa rĂ©putation de phĂ©nomène. On a beau le revoir Ă l’envi, cette aventure rocambolesque menĂ©e par un duo d’acteurs nĂ©s pour dĂ©clencher l’Ă©clat de rire conserve intacte sa fraĂ®cheur. Il y a dans ce film une alchimie rare entre cocasserie et tendresse, qui s’exprime dans une simplicitĂ© dĂ©sarmante. Jusqu’aux seconds rĂ´les, tous inoubliables : cet Italien jaloux Ă l’extrĂŞme, la blondinette Ă l’accent germanique fĂ©rue d’auto-stop, le policier autoritaire mais ahuri, les complices de Saroyan, les deux fripouilles Ă la trogne de “Laurel et Hardy”, ou encore leur rival bègue, secouĂ© d’un dĂ©bit anarchique.
En mariant le cinĂ©ma d’aventure, la comĂ©die burlesque, le road movie et l’enquĂŞte policière sur un canevas truffĂ© de pĂ©ripĂ©ties, GĂ©rard Oury trouve le dosage parfait. En prime, il nous offre une escapade touristique Ă travers Rome, Naples, Pise, la Villa d’Este, le château Saint-Ange, la Toscane, puis le Sud de la France : Carcassonne, et enfin Bordeaux. Cette course-poursuite effrĂ©nĂ©e entre un brave candide et deux bandes de malfrats — dignes hĂ©ritiers des Pieds NickelĂ©s — ne laisse aucun rĂ©pit, enchaĂ®nant les rebondissements dĂ©bridĂ©s avec une Ă©nergie communicative.
CĂ´tĂ© casting, la bonhomie de Bourvil, son innocence docile, insufflent une tendresse irrĂ©sistible au personnage du corniaud, dĂ©bordant de gĂ©nĂ©rositĂ© et de maladresses amoureuses. Sa drague empotĂ©e avec l’Italienne puis l’Allemande voluptueuse donne lieu Ă des scènes d’une fragilitĂ© touchante, empreintes d’une Ă©motion sincère. Son tempĂ©rament gaffeur gĂ©nère quiproquos et catastrophes, dĂ©jouant malgrĂ© lui les plans de contrebandiers aussi minables qu’acharnĂ©s.
En face, Louis de Funès dĂ©ploie son gĂ©nie : irascible, mesquin, dĂ©chaĂ®nĂ© dans ses mimiques et ses crises nerveuses. FlanquĂ© de deux acolytes incultes, il tente de suivre en voiture son convoyeur insaisissable, dans un ballet de ratĂ©s et de contretemps Ă travers l’Italie et la France provinciale.
Mené à un rythme effréné, Le Corniaud doit sa jubilation avant tout à son duo mythique : Bourvil / De Funès.
La mĂ©canique intrĂ©pide du scĂ©nario, l’inventivitĂ© des gags, la tendresse des personnages secondaires et la beautĂ© des dĂ©cors naturels participent d’un charme intemporel, hautement sympathique. Deux ans plus tard, le trio Oury / De Funès / Bourvil rĂ©cidivera avec La Grande Vadrouille : un doublĂ© historique pour trois figures lĂ©gendaires du 7ᵉ art.
*Bruno
11.01.12. 3èx.





1 classique! Hilarant et cocasse, un duo d'acteurs qui fonctionne à merveille. La scène d'ouverture est bien entendu devenue culte. Je suis fan de De Funès et ce film fait partie de mes favoris. Je l'ai vu de nombreuses fois et je ris tjs autant. Indemodable!
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