jeudi 12 janvier 2012

DERIVE MORTELLE (Open Water 2: Adrift)


de Hans Horn. 2007. Allemagne. 1h38. Avec Susan May Pratt, Richard Speight Jr, Niklaus Lange, Ali Hillis, Cameron Richardson, Eric Dane, Wolfgang Raach, Alexandra Raach, Alfred Cuschieri.

Sortie en salles en France le 27 Juin 2007.

FILMOGRAPHIE: Hans Horn est un réalisateur, producteur et scénariste allemand.
1994: Wolpodzilla
1999: Piège en sous-sol
2006: Dérive Mortelle
2009: Tod aus der Tiefe
2011: Die Tote im Moorwald


Fausse suite d'Open Water, DĂ©rive Mortelle ne souhaite pas renouer avec la peur du squale narguant un duo d'amants confinĂ©s au milieu de l'ocĂ©an. NĂ©anmoins, il reprend l'astuce de l'Ă©vènement rĂ©el pour illustrer une poignĂ©e de protagonistes sĂ©questrĂ©s dans les flots car incapable de remonter Ă  bord de leur yacht après avoir plongĂ©s sans dĂ©plier l'Ă©chelle de secours ! Un groupe d'amis s'invitent en croisière Ă  bord d'un yacht le temps d'un week-end. Après avoir plongĂ© dans l'eau en guise de loisir, ils ont omis de dĂ©ployer l'Ă©chelon. EmprisonnĂ©s dans l'eau glacĂ©, ils vont tenter par tous les moyens de remonter en interne du bateau, sachant en outre qu'un bĂ©bĂ© endormi s'y trouve dans l'une des cabines.


Avec peu de moyens, une équipe de comédiens à la trogne aseptisée et un scénario incongru réfutant l'esbroufe, Dérive Mortelle souhaite nous éprouver en interne d'une croisière en enfer. Cette série B dédiée à la claustration accentuant son caractère intense par une atmosphère anxiogène au bord du marasme. Avec l'entremise d'une trame saugrenue tirée d'un évènement réel, ce survival maritime rivalise de tension et de malaise tangible dans la vaine tentative de nos héros s'efforçant par tous les moyens de remonter par la coque coulissante de leur bateau. Avec un pitch aussi insensé dans son sarcasme alloué, le réalisateur allemand Hans Horn en tire un métrage d'une belle acuité émotionnelle, en dépit du manque de profondeur de certains personnages. La conduite du récit implacable est tellement efficiente dans son ambition de nous immerger parmi nos héros au coeur d'un enfer bleu qu'elle nous confine au malaise sensoriel. De prime abord, la succession d'évènements malchanceux découlant de l'anxiété de nos protagonistes peut au départ irriter à force d'accumuler les bourdes. Mais la tension dramatique davantage fléchissante transcende ces menus défauts pour nous plonger tête baissée au coeur d'un cauchemar jusqu'au-boutiste.


Une Ă©preuve de survie inlassable auquel nos victimes vont devoir faire face Ă  leur bravoure pour rĂ©primer la peur de trĂ©passer, l'engourdissement du froid, l'Ă©puisement de la fatigue, la dĂ©shydratation, la faim et la colère du dĂ©sespoir. Quand bien mĂŞme notre hĂ©roĂŻne principale va ĂŞtre contrainte d'affronter sa pire phobie pour tenter de transcender un trauma infantile qui causa la mort de son paternel. Mais quand il n'y a plus de solution Ă  envisager, ne reste donc pour certains qu'Ă  tolĂ©rer le suicide en dĂ©sespoir de cause. En prime, pour exacerber cette situation dĂ©sespĂ©rĂ©e sĂ©vèrement endurĂ©e, le rĂ©alisateur va insĂ©rer la prĂ©sence d'un autre otage, un bambin enfermĂ© Ă  l'intĂ©rieur du bateau alors que la mère blottie dans l'eau se trouve dans l'incapacitĂ© de pouvoir lui porter assistance. Chaque minute de l'intrigue nous place donc dans une situation d'inconfort accrue face aux tentatives de nos hĂ©ros pour  se dĂ©pĂŞtrer d'un piège aussi insidieux. D'autant plus que son atmosphère claustrophobique administrĂ©e par le dĂ©chaĂ®nement naturel de l'eau comprimant les victimes se transmet viscĂ©ralement sur notre psychĂ©.

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Hormis un prologue laborieux, son final Ă©quivoque et quelques invraisemblances rudimentaires, DĂ©rive Mortelle distille le malaise et une tension omniprĂ©sente face Ă  une situation extravagante digne d'une farce de comptoir. Hormis un manque Ă©vident de maĂ®trise dans la rĂ©alisation conventionnelle, la sincĂ©ritĂ© du cinĂ©aste Ă  nous concocter un suspense cuisant nous prend littĂ©ralement au tripes pour ne plus nous lâcher jusqu'au point d'orgue en demi-teinte. Un concentrĂ© d'angoisse d'une belle dimension humaine car dĂ©diĂ© Ă  la bravoure d'un instinct de survie. 
A découvrir !

Dédicace à Isabelle Rocton
13.01.12
Bruno Matéï

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