de Pascal Laugier. 2012. U.S.A/France. 1h45. Avec Jessica Biel, Jodelle Ferland, Stephen McHattie, Jakob Davies, William B. Davis, Samantha Ferris, Katherine Ramdeen, Kyle Harrison Breitkopf, Teach Grant.
Sortie salles France: 5 Septembre 2012
FILMOGRAPHIE: Pascal Laugier est un réalisateur Français né le 16 Octobre 1971.
Courts-Métrages: 1993: Tête de Citrouille. 2001: 4è sous-sol
Longs-métrages: 2004: Saint Ange. 2008: Martyrs. 2012: The Secret. 2018: Ghostland
Quatre ans après le traumatisant Martyrs, Pascal Laugier nous revient des États-Unis avec sa nouvelle production franco-canadienne, The Tall Man, rebaptisée chez nous The Secret.
À partir d'une histoire de rapt d'enfants dans une contrée bucolique faussement tranquille, The Secret s'apparente d'abord à un conte fantastique hérité d'une nouvelle de Stephen King. Par ses décors montagneux feutrés et sa légende urbaine invoquée par une population précaire, le récit nous oriente vers un cauchemar horrifique avec son ogre sorti des bois, venu ravir les enfants d'un quartier malfamé. Julia, infirmière endeuillée par la mort de son mari, tente tant bien que mal de survivre dans cette ville déclinante où l'alcool et le chômage font partie du morne quotidien de citoyens défaitistes. Après avoir sauvé la vie d'un bébé lors de l'accouchement impromptu d'une marginale, Julia va se retrouver confrontée à son tour au mystérieux ravisseur d'enfants.
C'est à partir d'un enlèvement fortuit que le film peut démarrer pour nous entraîner au cœur d'une course-poursuite effrénée à travers un itinéraire forestier. Là où l'imprévisible et la stupeur vont habilement détourner une situation rebattue. Par son caractère haletant, son réalisme acerbe et son intensité cuisante, The Secret nous ébranle par ses péripéties non convenues. Passé cet incident affolant, fertile en rebondissements, la narration prend une tournure différente lorsque les rôles attribués vont soudainement s'inverser, au point de nous faire suspecter chaque protagoniste interlope.
La force psychologique du film de Laugier est indubitablement impartie à la densité d'un scénario formidablement construit, à l'humanité meurtrie de son héroïne et à son thème d'actualité confronté à la maltraitance infantile. Si la narration hermétique nous triture les méninges quant à l'identité de ce mystérieux ravisseur et au sort réservé aux enfants disparus, la manière dont les questions nous sont posées distille un suspense particulièrement anxiogène. D'autant plus que notre infirmière, constamment regardée avec suspicion par son entourage, ne cesse de provoquer l'interpellation face à son comportement équivoque.
Sans jouer la carte de la facilité ou du retournement de situation conçu pour épater le spectateur ahuri (oubliez donc l'accroche de sa tagline faisant allusion au Sixième Sens), la résolution de l'énigme est d'autant plus limpide et bouleversante qu'elle ne cherche jamais à surprendre dans l'unique but de nous ébranler. À contrario, son thème social, tristement actuel, subordonné à l'inégalité des classes, provoque émoi et colère face à l'irresponsabilité politique consistant à laisser croupir des enfants issus de milieux miséreux.
Conte horrifique obscur doublé d'un drame psychologique aussi grave que bouleversant, The Secret renoue avec la substantialité d'un scénario audacieux et l'humanité dépréciée de ses personnages. Réflexion sur la responsabilité parentale, sur le rapt d'enfants privés d'identité et sur le traitement infligé à de nouvelles générations sans repères, le film de Pascal Laugier est en faite un drame humain derrière son cadre de thriller horrifique. Un cri d'alarme face à l'innocence bafouée. Sa conclusion amère nous suggère que l'amour maternel demeure une valeur essentielle pour entretenir l'espoir d'une postérité incertaine, quitte à y perdre son identité initiale.
— Celui du cĹ“ur noir des images đź–¤
16.08.12
05.06.26. 4èx. Vostfr




Totalement vain à mon gout et en total désaccord avec la tournure que prend le scénario après la course poursuite de Jessica Biel dans la foret. La ou je m'attendais à un suspense autour de cette disparition allant crescendo pour nous faire adhérer à la these du "Tall Man", le changement radical d'orientation dans l'histoire m'a pour ma part laissé complètement distant au événements décrits. sans doute attendais je un vrai film fantastique, c'est pourquoi j'ai été très décu par la finalité du propos. je n'aime que la première demi heure. Mais je comprends ton point de vue. Pour moi, un Laugier très mineur...
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