de Richard Bates Jr. 2011. U.S.A. 1h21. Avec AnnaLynne McCord, Traci Lords, Ariel Winter, Roger Bart, Jeremy Sumpter, John Waters, Malcolm McDowell.
Sortie salles France: 12 Septembre 2012. U.S: 21 Janvier 2012
FILMOGRAPHIE: Richard Bates Jr est un réalisateur, scénariste et producteur américain.
2008: Excision (court-métrage)
2012: Excision
"Dissection d'une âme déchue".
ProjetĂ© Ă Sundance et Ă l’Étrange Festival, oĂą une partie du public fut en Ă©moi, Excision est la version extensive du court-mĂ©trage Ă©ponyme de Richard Bates Jr. ComĂ©die caustique et horreur clinique se nĂ©gociant dans une bassine de formol, le film illustre la quotidiennetĂ© d’une jeune adulte introvertie - elle vient d’avoir dix-huit ans - fascinĂ©e par les organes et la nĂ©crophilie. RaillĂ©e par ses camarades, mĂ©prisĂ©e par une mère conservatrice obsĂ©dĂ©e par l’hygiène, Pauline inspire l’indiffĂ©rence Ă son entourage. Son visage blĂŞme, dĂ©nuĂ© du moindre maquillage, est piquetĂ© de boutons d’acnĂ©. LivrĂ©e Ă elle-mĂŞme malgrĂ© la compassion rĂ©signĂ©e de sa petite sĹ“ur et de son père sclĂ©rosĂ©, elle fuit sa morositĂ© dans des dĂ©lires fĂ©tichistes de dissection, Ă travers des songes morbides. Jusqu’au jour oĂą, renvoyĂ©e de son lycĂ©e, elle dĂ©cide de reprendre le contrĂ´le de son destin.
Satire corrosive des mĹ“urs amĂ©ricaines, plaidoyer pour le droit Ă la diffĂ©rence, Excision joue la carte de la provocation avec un esprit sarcastique aussi audacieux que dĂ©viant - le fĹ“tus ensanglantĂ© dĂ©licatement maintenu du bout des doigts par une infirmière, ou encore cet Ă©pilogue traumatique et inĂ©luctable. En rĂ©alisateur subversif rĂ©solu Ă proposer une Ĺ“uvre scabreuse fignolĂ©e dans un esthĂ©tisme lĂ©chĂ©, Richard Bates Jr. orchestre des ruptures de ton constantes pour dĂ©sarçonner le spectateur et l’entraĂ®ner dans un trip semi-expĂ©rimental Ă la fois jubilatoire et dĂ©routant. Car ce portrait jusqu’au-boutiste d’une jeune fille extravagante, livrĂ©e Ă elle-mĂŞme dans une sociĂ©tĂ© obsĂ©dĂ©e par l’apparence et la maladie, flirte d’abord avec l’humour dĂ©calĂ© - voir l'hilaritĂ© avant de sombrer dans la tragĂ©die pure. Si le film risque probablement de diviser par son insolence singulière, dĂ©ployant des sĂ©quences de poĂ©sie morbide aux nuances immaculĂ©es, l’interprĂ©tation innĂ©e d’AnnaLynne McCord emporte tout sur son passage. Excentrique et dĂ©ficiente dans l’âme, animĂ©e d’un goĂ»t viscĂ©ral pour le sang et les organes, elle transcende son profil morbide avec une aisance confondante. DĂ©bridĂ©e, intempestive, elle suscite autant le dĂ©goĂ»t qu'empathie et sympathie, laissant affleurer un mal-ĂŞtre existentiel nourri par une sociĂ©tĂ© conventionnelle. En mĂ©gère hautaine, l’Ă©tonnante et trop rare Traci Lords incarne avec une droiture glaçante une mère castratrice, incapable d’Ă©prouver la moindre tendresse pour sa fille. Ou alors si peu...
Satire acerbe d’une Ă©ducation parentale incapable d’assumer la singularitĂ© de sa progĂ©niture, Excision met en exergue l’introspection abrupte d’une jeune fille dĂ©chue, lucide sur sa pathologie mentale mais rejetĂ©e par une civilisation formatĂ©e. Ovni hybride constamment drĂ´le mais traversĂ© de sĂ©quences sulfureuses d’une audace immorale, cette peinture cynique d’une AmĂ©rique autocentrĂ©e allie humour noir, rire nerveux et mauvais goĂ»t avec une verve hermĂ©tique. DĂ©routant, viscĂ©ral, sensitif et - paradoxalement - très attachant, Excision ne fera pas l’unanimitĂ©, mais le jeu hallucinĂ© d’AnnaLynne McCord et sa verve comique risquent fort de laisser une trace indĂ©lĂ©bile dans l’encĂ©phale d’un grand nombre de spectateurs. Et c'est Ă dĂ©couvrir ou Ă revoir d'urgence.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤
23.10.12
02.08.25. Vostf




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire