vendredi 19 octobre 2012

Vigilante, justice sans sommation !

                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site ledrugstore1968.blogspot.com

de William Lustig. 1982. U.S.A. 1h29. Avec Robert Foster, Fred Williamson, Richard Bright, Rutanya Alda, Don Blakely, Joseph Carberry, Willie Colon, Frank Pesce, Carol Lynley, Joe Spinell, Woody Strode.

FILMOGRAPHIE: William Lustig est un rĂ©alisateur et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 1er FĂ©vrier 1955 dans le Bronx Ă  New-York. 1980: Maniac. 1982: Vigilante. 1988: Maniac Cop. 1990: Maniac Cop 2. 1993: Maniac Cop 3. 1997: Uncle Sam.


En tout homme, il y a un justicier qui veille !
Deux ans après son traumatisant Maniac, William Lustig s'entreprend en 1982 d'explorer le polar urbain, ou plus exactement le film d'auto-dĂ©fense. Un sous-genre inaugurĂ© en 1974 par Michael Winner et Charles Bronson dans le cĂ©lèbre Un Justicier dans la ville. D'une brutalitĂ© nausĂ©abonde par sa violence gratuite jusqu'au boutiste (la mort du bambin filmĂ©e en contre champ d'une fenĂŞtre rĂ©sonne encore dans les esprits !), Vigilante reprend le mĂŞme canevas que bon nombre de film d'auto-dĂ©fense. A savoir, la vengeance d'un paternel contre les meurtriers de sa famille. AccusĂ© d'outrage et venant de purger 30 jours de prison, ce dernier va accomplir sa propre justice expĂ©ditive en dĂ©cimant un Ă  un ses agresseurs en libertĂ©. Sous ses allures de sĂ©rie B d'action rondement menĂ©e, William Lustig insiste nĂ©anmoins Ă  dĂ©montrer le laxisme du système judiciaire amĂ©ricain quand juges et magistrats sont dĂ©bordĂ©s par une criminalitĂ© galopante.


A travers un pitch Ă©culĂ©, le rĂ©alisateur tend Ă  vĂ©hiculer une certaine rĂ©flexion sur la justice individuelle par le portrait d'un prolĂ©taire prĂ©alablement lĂ©gitime car convaincu de l'efficacitĂ© de la police et la loyautĂ© juridique. Ce n'est qu'Ă  partir du massacre perpĂ©trĂ© sur sa famille et après sa condamnation injustifiĂ©e que notre citoyen va endosser le rĂ´le de victime trahie. Par le biais de sa prĂ©sence vindicative, le film illustre sans concession l'idĂ©ologie fasciste d'un gang de citadins irascibles. A savoir, les exactions sordides d'une milice (les propres collègues du justicier travaillant Ă  la mĂŞme enseigne industrielle !) dĂ©libĂ©rĂ©e Ă  nettoyer les rues malfamĂ©es de voyous sans vergogne. D'un pessimisme proprement nihiliste dans sa description d'un New-York livrĂ© Ă  la dĂ©linquance quotidienne, William Lustig met en exergue l'impuissance d'une population dĂ©motivĂ©e ne sachant plus Ă  quel saint se vouer pour retrouver la tranquillitĂ© dans leur quartier envenimĂ© par la drogue, la prostitution et la criminalitĂ©. Quand bien mĂŞme les flics en service de routine sont dĂ©passĂ©s par les Ă©vènements et tentent de montrer un signe d'autoritĂ© en circulant de manière apathique dans les rues mal frĂ©quentĂ©es.


La noirceur du sujet renforcĂ©e par l'ambiance nocturne d'une urbanisation en dĂ©liquescence Ă©voque une succession de règlements de compte sanglants proprement dĂ©rangeants. Car le rĂ©alisateur dĂ©peint de façon nihiliste le ras le bol d'une poignĂ©e de quidams dĂ©libĂ©rĂ©s Ă  sortir les flingues pour rĂ©gir leur propre loi. D'ailleurs, le monologue du prĂ©lude Ă©noncĂ© par un leader activiste (Fred Williamson engagĂ© dans une idĂ©ologie extrĂ©miste) Ă©voque bien la situation de crise dans lequel les habitants sont confrontĂ©s. Ce dĂ©sespoir tangible d'une humanitĂ© en chute libre raisonne comme un cri d'alarme pour dĂ©noncer la dĂ©route de nos sociĂ©tĂ©s laxistes gangrenĂ©es par un système judiciaire sectaire. Les sĂ©quences d'actions remarquablement filmĂ©es rĂ©sonnent alors comme des fulgurances putassières car sa violence nausĂ©euse dĂ©coule de la rĂ©volte aliĂ©nante de l'honnĂŞte citoyen converti en implacable tueur dĂ©nuĂ© d'Ă©thique. Le score percutant de Jay Chataway va notamment intensifier ce climat d'insĂ©curitĂ© oĂą chaque voyou, dealer, mac et violeur agissent de la manière la plus permissive. Enfin, la conviction des interprètes renforce le caractère autoritaire d'une milice intraitable (mĂŞme si Fred Williamson cabotine parfois dans ses Ă©lans acrobatiques d'expert en art martial). En père endeuillĂ© rongĂ© par la rĂ©volte, l'excellent Robert Foster magnĂ©tise l'Ă©cran de sa trogne renfrognĂ©e, un regard dĂ©tachĂ© en rĂ©gression humaniste. Sa sombre prĂ©sence doit autant Ă  l'ambiance dĂ©faitiste dĂ©coulant d'une civilisation urbaine livrĂ©e Ă  l'anarchie.


Nous sommes armés, nous sommes prêts
Terriblement pessimiste et sans issue de secours, Vigilante joue autant la carte du cinĂ©ma d'action d'exploitation que de la rĂ©flexion alarmiste sur les effets pervers de l'auto-justice depuis la dĂ©mission juridique. DominĂ©e par l'interprĂ©tation inflexible de Robert Foster entourĂ© d'une poignĂ©e de vĂ©tĂ©rans de seconde zone (les trognes burinĂ©es Woody Stroode et Fred Williamson), Vigilante constitue un archĂ©type du film d'auto-dĂ©fense, au mĂŞme titre que ses comparses Le Droit de Tuer, Philadelphia Security

Dédicace à Denis Soustre De Condat-Rabourdin
*Bruno
19.10.12. 4èx

Eh ! Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi je commence Ă  en avoir jusqu'ici.
On en est Ă  40 meurtres par jour dans nos rues, il y a plus de 2 millions d'armes illĂ©gales dans cette ville les mecs ! 
Il y a de quoi envahir un pays avec cet armement. Il tire sur les flics de cette ville comme sur des soldats de plomb.
Alors merde, vous prenez tous le mĂ©tro non !? 
Combien de temps allons-nous supporter qu'on nous agresse ? 
Combien de verrous allons-nous mettre Ă  nos portes ?
Nous n'avons plus de police. Ni de procureur, ni de prison.
Je veux dire que tout ça c'est fini. Y'a deux poids et 2 mesures. Maintenant on est une statistique.
Alors moi j'vous dis: quand on n'ose plus descendre acheter un paquet de cigarettes le soir parce qu'on sait que la rue appartient aux loubards et aux voyous dès que la nuit tombe et que les autoritĂ©s ne peuvent pas nous protĂ©ger. 
Voilà ce que je vous dis les mecs ! Vous avez une obligation morale, le droit de préserver vous-même vos vies.
Vous pouvez fuir, vous pouvez vous cacher, ou essayer de vivre Ă  nouveau comme des hommes, c'est notre Waterloo mes amis. 
Si vous voulez retrouver votre ville, il faut la prendre ! Compris ! 
La prendre !!!

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