jeudi 11 octobre 2012

Terminator / The Terminator. Grand Prix Avoriaz, 1985.

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Ecran large

de James Cameron. 1984. U.S.A. 1h47. Avec Arnold Schwarzenegger, Franco Columbu, Michael Biehn, Linda Hamilton, Paul Winfield, Lance Henriksen, Bess Motta, Earl Boen.

Sortie salles France: 24 Avril 1985. U.S: 26 Octobre 1984

FILMOGRAPHIE: James Francis Cameron est un réalisateur, scénariste et producteur canadien, né le 16 Août 1954 à Kapuskasing (Ontario, Canada). 1978: Kenogenis (court-métrage). 1981: Piranhas 2, les Tueurs Volants. 1984: Terminator. 1986: Aliens, le Retour. 1989: Abyss. 1991: Terminator 2. 1994: True Lies. 1997: Titanic. 2003: Les Fantomes du Titanic. 2005: Aliens of the Deep. 2009: Avatar


Schwarzenegger, littĂ©ralement indestructible, explose l'Ă©cran sans jamais sombrer dans le ridicule. 
Grand Prix Ă  Avoriaz un an après sa sortie internationale triomphante, Terminator est rapidement devenu un classique du film d'action futuriste alors que son antagoniste principal, nouvel archĂ©type du Mal technologique, facilita la notoriĂ©tĂ© du nĂ©ophyte Arnold Schwarzenegger ! (il fut dĂ©couvert par le public deux ans plus tĂ´t avec Conan). RĂ©cit d'anticipation crĂ©pusculaire prĂ©figurant les dangers inquiĂ©tants de nos technologies modernes, film d'action dantesque menĂ© Ă  un rythme trĂ©pidant dans le cadre d'une atmosphère franchement horrifique, le second film de James Cameron traverse sans complexe les dĂ©cennies de par son efficience implacable, la virtuositĂ© de sa mise en scène, son action fulgurante ultra lisible et l'impact de ses saisissantes images funĂ©raires mais aussi romantiques. Attention, pur film d'ambiance funeste Ă  couper au rasoir au sein d'une citĂ© urbaine de tous les dangers, qui plus est magnifiquement photographiĂ© Ă  travers ses teintes nocturnes d'un bleu clair argentĂ©. Une ambiance ensorcelante qu'on ne retrouvera jamais plus dans les opus suivants. Le pitch2029. Le monde est Ă  l'agonie après une apocalypse nuclĂ©aire amorcĂ©e par les machines. Mais un belligĂ©rant du nom de John Connor rĂ©ussit peu Ă  peu Ă  contrecarrer leur stratĂ©gie destructrice. Deux soldats du futur sont alors envoyĂ©s dans le passĂ© en 1984 pour tenter de retrouver une serveuse de bar, Sarah Connor. Le Terminator, cyborg ultra perfectionnĂ©, est destinĂ© Ă  la supprimer. Kyle, soldat rebelle, sera donc chargĂ© de la protĂ©ger pour prĂ©server la destinĂ©e de John Connor (son futur fils !). Pour la survie de l'humanitĂ©, une guerre sans merci est donc livrĂ©e entre eux en plein coeur de Los Angeles. Avec un budget modeste mais beaucoup d'astuces artisanales et un savoir-faire infaillible, James Cameron et son Ă©quipe de techniciens Stan Winston, Roger George et Frank DeMarco rĂ©ussissent Ă  crĂ©er un univers anxiogène par l'entremise destructrice de machines terrifiantes conçues pour anĂ©antir notre race.


Son impact visuel Ă  l'aura dĂ©lĂ©tère (les pupilles rouges des Terminator perçants l'obscuritĂ©, les charniers de cranes humains Ă©crasĂ©s sous le poids des chars high-tech, ou encore les exĂ©cutions sommaires des mĂ©nagères ayant comme patronyme commun "Sarah Connor") renchĂ©rissant notre fascination au grĂ© d'images cauchemardesques hĂ©ritĂ©es de gĂ©nocides nazis. Afin de retranscrire avec souci de vĂ©ritĂ© le futur de 2029, l'ambiance nocturne en clair-obscur (sous Ă©clairs de nĂ©ons azur) met en exergue un cataclysme nuclĂ©aire oĂą quelques rares survivants famĂ©liques sont parquĂ©s dans des sous-sols afin de se prĂ©munir des Ă©clats de bombes et des faisceaux de lasers. Des sĂ©quences terriblement marquantes car rĂ©alistes Ă  travers leur tonalitĂ© dĂ©sespĂ©rĂ©e afin de souligner la dĂ©tresse des rescapĂ©s confinĂ©s dans la pĂ©nombre, derniers rĂ©sistants d'une fin de civilisation asservie par des robots imputrescibles. Mais en dĂ©pit de la grande efficacitĂ© de ces sĂ©quences d'anthologie en roue libre, Terminator doit notamment son acuitĂ© par la dimension humaine des nos protagonistes en fuite, Kyle et Sarah. Un couple en Ă©treinte vouĂ© Ă  se rencontrer pour la sauvegarde d'un rejeton prĂ©destinĂ© Ă  sauver l'avenir de l'humanitĂ©. Ainsi, en juxtaposant le thème spatio-temporel et l'anticipation pessimiste d'un holocauste imminent, James Cameron exploite un scĂ©nario taillĂ© sur mesure oĂą l'efficacitĂ© se renouvelle incessamment lors d'un savant dosage d'action, d'ultra violence, d'intensitĂ© dramatique et de suspense en crescendo. Les sĂ©quences explosives Ă©tant rĂ©alisĂ©es avec une vigueur estomaquante, quand bien mĂŞme un contraste s'y Ă©tablit Ă  d'autres instant plus flegmes et intimes quant aux relations empathiques de Kyle et Sarah en incertitude sur notre postĂ©ritĂ©. Des apartĂ©s romantiques magnifiquement dĂ©peintes auprès de leur confidence Ă  la fois tĂ©nue, mĂ©lancolique et dĂ©munie que le score fragile de Brad Fiedel scande avec une discrĂ©tion langoureuse.  


Le seul, l'unique Terminator. 
Epique et fascinant, sombre et angoissant, cafardeux et effrayant, poignant et Ă©mouvant, Terminator oscille style bourrin et  densitĂ© humaine d'un enjeu planĂ©taire en exposant en filigrane une sombre rĂ©flexion sur l'avenir de notre technologie perfectible. Sa violence incisive issue d'offensives et de compĂ©titions de survie (Ă  l'amertume dĂ©sespĂ©rĂ©e), sa romance contrariĂ©e Ă  la fois fĂ©brile et chĂ©tive et enfin l'icone Arnold Chwarzenegger en dĂ©mon de mĂ©tal font de ce modèle de sĂ©rie B un pur chef-d'oeuvre mortifère dont les images dures, glaçantes, opaques, foudroyantes, ensorcelantes, resteront Ă  jamais gravĂ©es dans notre mĂ©moire collective.

Bruno Matéï
20.05.22. 6èx
11.10.12. 

Apport Technique du Blu-ray: 9/10


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