lundi 1 octobre 2012

Hard Candy

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cineclap.free.fr

de David Slade. 2006. U.S.A. 1h44. Avec Ellen Page, Patrick Wilson, Sandra Oh, Jennifer Olmes, Gilbert John.

Sortie salles France: 27 Septembre 2006. U.S: 14 Avril 2006

FILMOGRAPHIE: David Slade est un rĂ©alisateur britannique, nĂ© le 26 Septembre 1969 au Royaume Uni. 2005: Hard Candy. 2007: 30 Jours de Nuit. 2010: Twilight - Chapitre 3: HĂ©sitation. 2011: R.E.M (TV). 2012: The Last Voyager of Demeter. Daredevil reboot. 


Pour sa première rĂ©alisation Ă©tonnamment ambitieuse, le british David Slade nous confronte Ă  un huis-clos cauchemardesque Ă  la fois suffocant et tendu pour une variation contemporaine du Petit Chaperon Rouge. Hard Candy nous illustrant de manière franchement Ă©prouvante la confrontation psychologique entre un potentiel pĂ©dophile et une gamine vindicative de 14 ans, dĂ©libĂ©rĂ© Ă  punir un meurtrier d'enfant. 

Si bien qu'au sein de sa demeure familiale, Jeff Kohlver, photographe notoire, est kidnappĂ© par une adolescente prĂ©alablement rencontrĂ©e sur le net. Du haut de ses quatorze ans, Hayley Stark va tenter par tous les moyens de faire avouer Ă  ce potentiel tortionnaire le meurtre de la petite Donna Mauer. S'ensuit une sempiternelle confrontation entre les deux oĂą victime et bourreau vont fusionner pour nous interpeller sur leur vĂ©ritable motivation. 

Atmosphère lourde et feutrĂ©e en interne d'un pavillon classieux auquel deux individus vont devoir s'affronter dans une lutte Ă  mort, Hard Candy n'est pas le genre de divertissement docile conçu pour Ă©pater le spectateur afin d'alterner rebondissements et suspense oppressant. En effet, mĂŞme si la notion de suspense est probante, ce thriller psychologique particulièrement malsain et dĂ©rangeant privilĂ©gie l'ambiguĂŻtĂ©, l'interrogation afin de laisser planer le doute au spectateur sur la vĂ©ritable identitĂ© des protagonistes. 


L'idĂ©e judicieuse ici invoquĂ©e est d'avoir inverser les rĂ´les puisque la victime traditionnelle se rĂ©vèle en l'occurrence une tortionnaire Ă  la vergogne douteuse alors que le monstre a cette fois-ci endossĂ© la place du souffre-douleur. La force brutale de Hard Candy, outre son caractère psychologique trouble et terriblement dĂ©stabilisant renforcĂ© d'une rĂ©alisation rigoureuse, puise dans le rĂ©alisme cru d'un calvaire interminable oĂą la castration tient une place de choix. Un jeu perfide et masochiste oĂą une ado de 14 ans a dĂ©cidĂ© d'humilier et punir un Ă©ventuel assassin d'enfant. A bout de course, le point d'orgue rĂ©vĂ©lateur ira jusqu'au bout de son ambition vindicative pour dĂ©masquer enfin le vĂ©ritable profil imparti aux protagonistes. Un Ă©pilogue glaçant de par sa moralitĂ© subversive si bien que les exactions illicites allouĂ©es Ă  une mineur intransigeante (vĂ©ritable ange de la vengeance des martyrs infantiles) provoquent le dĂ©sarroi face Ă  tant de barbarie imposĂ©e.

Dans le rĂ´le ambivalent d'une justicière expĂ©ditive, la comĂ©dienne juvĂ©nile Ellen Page Ă©clate l'Ă©cran en tyran inflexible alors que son habiletĂ© cĂ©rĂ©brale nous dĂ©sarçonne pour un si jeune âge. Son jeu subtilement outrancier et sadique face aux tortures infligĂ©es Ă  son otage impose nĂ©anmoins auprès du spectateur une interrogation extrĂŞmement malaisante sur sa potentielle pathologie mentale. 
Pour la victime molestĂ©e, Patrick Wilson inspire de prime abord une impression vertueuse par sa bonhomie, son Ă©lĂ©gance rassurante, son Ă©rudition. Il insuffle ensuite une empathie inĂ©vitable face Ă  son calvaire imposĂ© mais ne cesse de nous questionner sur sa conviction persuasive Ă  supplier son innocence.


Aux confins du marasme de par sa claustration imposĂ©e et l'intensitĂ© qui Ă©mane des enjeux, Hard Candy est un thriller psychologique d'une verdeur jusqu'au-boutiste pour ne pas en sortir indemne. Violent et perturbant mais aucunement complaisant (toutes les exactions y sont suggĂ©rĂ©es), sa densitĂ© psychologique rehaussĂ©e du jeu Ă©pidermique des comĂ©diens ne cesse de nous interpeller auprès des notions du Bien et du Mal volant ici en Ă©clats. Y rĂ©sulte un vrai film choc "monolithique" dĂ©rogeant les lois de la biensĂ©ance avec dextĂ©ritĂ© et refus d'esbroufe. A rĂ©server nĂ©anmoins Ă  un public responsable pour son aura aussi trouble qu'hautement malsaine (d'oĂą son interdiction imposĂ©e au moins de 16 ans).

*Bruno
01.10.12. 
09.02.25. 3èx. Vost



 

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