de Joe Dante. 1984. U.S.A. 1h30. Avec Zach Galligan, Phoebe Cates, Hoyt Axton, Frances Lee McCain, Polly Holliday, Glynn Turman, Dick Miller, Scott Brady.
Sortie salles France: 5 Décembre 1984. U.S: 8 Juin 1984
FILMOGRAPHIE: Joe Dante (né le 28 novembre 1946 à Middletown, New Jersey) est un critique, scénariste, monteur, producteur et réalisateur américain. Son plus grand succès populaire est, à ce jour, Gremlins (1984). 1966-1975 : The Movie Orgy 1976 : Hollywood Boulevard, co-réalisé avec Allan Arkush 1978: Piranhas,1981 : Hurlements (The Howling) 1983 : La Quatrième Dimension (Twiling Zone the Movie), troisième épisode, Its a Good Life 1984 : Gremlins 1985 : Explorers 1987 : Cheeseburger film sandwich (Amazon Women on the Moon), 5 sketches 1987 : L'Aventure intérieure, 1989 : Les Banlieusards (The 'burbs) 1990 : Gremlins 2, la nouvelle génération (Gremlins 2 The New Batch) 1993 : Panic sur Florida Beach (Matinee) 1998 : Small Soldiers 2003 : Les Looney Tunes passent à l'action (Looney Tunes : Back in Action) 2006 : Trapped Ashes , premier segment,Wraparound. 2009: The Hole.
Plus grand succès populaire de la carrière de Joe Dante, Gremlins demeure l’un de ses petits miracles, grâce Ă un dosage savant entre frissons ludiques et Ă©merveillement. Avec Steven Spielberg Ă la production exĂ©cutive, les deux compères signent un conte de NoĂ«l horrifique, rehaussĂ© d’un humour sardonique et rĂ©solument dĂ©bridĂ©. Il fallait oser injecter autant de dĂ©rision macabre et de subversion dans une production estampillĂ©e Spielberg, a priori destinĂ©e Ă un public bien-pensant. Dans une bourgade amĂ©ricaine, une armĂ©e de Gremlins sème la terreur le soir de NoĂ«l, tandis qu’un jeune garçon et son amie tentent d’enrayer ce chaos incontrĂ´lable. Ă€ partir de ce canevas simple mais redoutablement efficace, Joe Dante orchestre une farce macabre jubilatoire, dĂ©sacralisant la cĂ©lĂ©bration mielleuse de NoĂ«l.
BardĂ© de clins d’Ĺ“il et d’hommages aux classiques du fantastique (L’Invasion des profanateurs de sĂ©pultures, Blanche-Neige et les sept nains, Planète interdite, Dr Jekyll et Mr Hyde, Le Cauchemar de Dracula), sans oublier les rĂ©fĂ©rences plus contemporaines (E.T., Indiana Jones), le film recycle ces influences pour nourrir un divertissement dĂ©licieusement diabolique. Si Gremlins charme d’abord par son sens du merveilleux, incarnĂ© par l’innocence du MogwaĂŻ, sa mĂ©tamorphose pervertie - fruit de l’inattention du citoyen moderne - engendre bientĂ´t une prolifĂ©ration de diablotins facĂ©tieux.
Dès lors que l’eau permet Ă ces crĂ©atures de se multiplier, le conte timorĂ© bascule en sarabande horrifique, orchestrĂ©e par des monstres teigneux et cruels. Souvent hilarant Ă travers ses scènes d’anthologie — l’invasion de la ville en Ă©tat d’alerte, la beuverie au bar, la projection collective de Blanche-Neige, la cabriole mortelle de la vieille mĂ©gère sur son fauteuil Ă©lectrique, ou le final homĂ©rique dans un magasin de jouets - Joe Dante n’hĂ©site pas non plus Ă convoquer une terreur franche. Qu’il s’agisse de la mère de Billy contrainte de lutter seule dans sa cuisine contre une meute de Gremlins, ou de ce Père NoĂ«l agressĂ© par les crĂ©atures agrippĂ©es Ă son dos.
Pour accentuer la noirceur de cette invasion, le film ose même une note tragique au cœur de la mythologie de Noël. Kate confie ainsi à Billy le récit glaçant de la mort accidentelle de son père, déguisé en Père Noël, resté coincé dans une cheminée le soir du réveillon. Au-delà de son esprit cartoonesque et de sa verve insolente, Joe Dante glisse également un sous-texte social et écologique, interrogeant la responsabilité parentale et la négligence humaine face aux forces de la nature.
Inventif en diable, traversĂ© d’une ironie jubilatoire entre deux Ă©clats de fĂ©erie, Gremlins demeure un classique dĂ©complexĂ©, bafouant allègrement les règles de la biensĂ©ance. MenĂ© Ă un rythme effrĂ©nĂ©, portĂ© par la spontanĂ©itĂ© de Zach Galligan et Phoebe Cates, tous deux d’une candide attachante, le film traverse le temps sans perdre de sa mordante insolence.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤
12.12.12. 5èx




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