mercredi 12 décembre 2012

Gremlins

                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site lecritiqueurfou.blogspot.com

de Joe Dante. 1984. U.S.A. 1h30. Avec Zach Galligan, Phoebe Cates, Hoyt Axton, Frances Lee McCain, Polly Holliday, Glynn Turman, Dick Miller, Scott Brady.

Sortie salles France: 5 Décembre 1984. U.S: 8 Juin 1984

FILMOGRAPHIEJoe Dante (nĂ© le 28 novembre 1946 Ă  Middletown, New Jersey) est un critique, scĂ©nariste, monteur, producteur et rĂ©alisateur amĂ©ricain. Son plus grand succès populaire est, Ă  ce jour, Gremlins (1984). 1966-1975 : The Movie Orgy 1976 : Hollywood Boulevard, co-rĂ©alisĂ© avec Allan Arkush 1978: Piranhas,1981 : Hurlements (The Howling) 1983 : La Quatrième Dimension (Twiling Zone the Movie), troisième Ă©pisode, Its a Good Life 1984 : Gremlins 1985 : Explorers 1987 : Cheeseburger film sandwich (Amazon Women on the Moon), 5 sketches 1987 : L'Aventure intĂ©rieure, 1989 : Les Banlieusards (The 'burbs) 1990 : Gremlins 2, la nouvelle gĂ©nĂ©ration (Gremlins 2 The New Batch) 1993 : Panic sur Florida Beach (Matinee) 1998 : Small Soldiers 2003 : Les Looney Tunes passent Ă  l'action (Looney Tunes : Back in Action) 2006 : Trapped Ashes , premier segment,Wraparound. 2009: The Hole.

Plus grand succès populaire de la carrière de Joe Dante, Gremlins demeure l’un de ses petits miracles, grâce Ă  un dosage savant entre frissons ludiques et Ă©merveillement. Avec Steven Spielberg Ă  la production exĂ©cutive, les deux compères signent un conte de NoĂ«l horrifique, rehaussĂ© d’un humour sardonique et rĂ©solument dĂ©bridĂ©. Il fallait oser injecter autant de dĂ©rision macabre et de subversion dans une production estampillĂ©e Spielberg, a priori destinĂ©e Ă  un public bien-pensant. Dans une bourgade amĂ©ricaine, une armĂ©e de Gremlins sème la terreur le soir de NoĂ«l, tandis qu’un jeune garçon et son amie tentent d’enrayer ce chaos incontrĂ´lable. Ă€ partir de ce canevas simple mais redoutablement efficace, Joe Dante orchestre une farce macabre jubilatoire, dĂ©sacralisant la cĂ©lĂ©bration mielleuse de NoĂ«l.

BardĂ© de clins d’Ĺ“il et d’hommages aux classiques du fantastique (L’Invasion des profanateurs de sĂ©pultures, Blanche-Neige et les sept nains, Planète interdite, Dr Jekyll et Mr Hyde, Le Cauchemar de Dracula), sans oublier les rĂ©fĂ©rences plus contemporaines (E.T., Indiana Jones), le film recycle ces influences pour nourrir un divertissement dĂ©licieusement diabolique. Si Gremlins charme d’abord par son sens du merveilleux, incarnĂ© par l’innocence du MogwaĂŻ, sa mĂ©tamorphose pervertie - fruit de l’inattention du citoyen moderne - engendre bientĂ´t une prolifĂ©ration de diablotins facĂ©tieux.

Dès lors que l’eau permet Ă  ces crĂ©atures de se multiplier, le conte timorĂ© bascule en sarabande horrifique, orchestrĂ©e par des monstres teigneux et cruels. Souvent hilarant Ă  travers ses scènes d’anthologie — l’invasion de la ville en Ă©tat d’alerte, la beuverie au bar, la projection collective de Blanche-Neige, la cabriole mortelle de la vieille mĂ©gère sur son fauteuil Ă©lectrique, ou le final homĂ©rique dans un magasin de jouets - Joe Dante n’hĂ©site pas non plus Ă  convoquer une terreur franche. Qu’il s’agisse de la mère de Billy contrainte de lutter seule dans sa cuisine contre une meute de Gremlins, ou de ce Père NoĂ«l agressĂ© par les crĂ©atures agrippĂ©es Ă  son dos.

Pour accentuer la noirceur de cette invasion, le film ose même une note tragique au cœur de la mythologie de Noël. Kate confie ainsi à Billy le récit glaçant de la mort accidentelle de son père, déguisé en Père Noël, resté coincé dans une cheminée le soir du réveillon. Au-delà de son esprit cartoonesque et de sa verve insolente, Joe Dante glisse également un sous-texte social et écologique, interrogeant la responsabilité parentale et la négligence humaine face aux forces de la nature.


Inventif en diable, traversĂ© d’une ironie jubilatoire entre deux Ă©clats de fĂ©erie, Gremlins demeure un classique dĂ©complexĂ©, bafouant allègrement les règles de la biensĂ©ance. MenĂ© Ă  un rythme effrĂ©nĂ©, portĂ© par la spontanĂ©itĂ© de Zach Galligan et Phoebe Cates, tous deux d’une candide attachante, le film traverse le temps sans perdre de sa mordante insolence.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤
12.12.12. 5èx

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