d'Alex Proyas. 1998. U.S.A/Australie. 1h52 (Director's Cut). Avec Rufus Sewell, William Hurt, Kiefer Sutherland, Jennifer Connelly, Richard O'Brien, Ian Richardson, Bruce Spence.
Sortie salles France: 20 Mai 1998. U.S: 27 Février 1998
FILMOGRAPHIE: Alex Proyas est un réalisateur, producteur et scénariste australien, né le 23 Septembre 1963 en Egypte. 1994: The Crow. 1998: Dark City. 2002: Garage Days. 2004: I, Robot. 2009: Prédictions. 2012: Paradise Lost. 2016 : Gods of Egypt.
Le Pitch: Une nuit, un homme se rĂ©veille dans une baignoire, incapable de se remĂ©morer son identitĂ©. Dans sa chambre, le corps d’une femme est retrouvĂ©, assassinĂ©. La police, et d’Ă©tranges hommes vĂŞtus de noir, le traquent sans relâche, prĂ©sumĂ© coupable d’ĂŞtre un dangereux tueur en sĂ©rie.
Ă€ partir de cette trame policière somme toute classique, Alex Proyas, gĂ©nial auteur du requiem The Crow, redouble d’ambition pour nous dĂ©connecter de notre rĂ©alitĂ© Ă travers les thèmes spirituels de la mĂ©moire et du souvenir. Sans dĂ©florer les tenants et aboutissants d’une intrigue de prime abord hermĂ©tique ("le parfum de l’âme est le souvenir" qu'il disait !), Dark City se construit Ă la manière d’un puzzle que notre hĂ©ros investigateur tente de remodeler, en arpentant les lieux nocturnes d’une ville en lĂ©thargie, contrĂ´lĂ©e par des hommes en noir.
FascinĂ© par la nuit (comme il l’avait dĂ©jĂ dĂ©montrĂ© avec The Crow) et par la nature de la conscience, Alex Proyas esquisse avec un souci formel un poème spirituel sur la crĂ©ation divine et l’origine existentielle, lorsque les citadins d’une mĂ©tropole deviennent cobayes dans la quĂŞte du mystère — impĂ©nĂ©trable — de nos âmes. Parmi ces thèmes aussi Ă©thĂ©rĂ©s qu’obscurs (notamment la nature du Mal Ă travers les exactions d’un tueur en sĂ©rie), le cinĂ©aste en extrait, au final, un hymne Ă la vie, Ă l’amour, Ă la clartĂ©, dans l’issue rĂ©demptrice d’une confrontation musclĂ©e avec des Ă©trangers fascistes. Le secret de notre humanisme rĂ©sidant non pas dans l’âme… mais dans le cĹ“ur.
Toujours plus rigoureusement fascinant, Dark City nous transmet le dĂ©sir d’en apprendre sur nous-mĂŞmes — notre quĂŞte identitaire, si souvent difficile Ă Ă©lucider — jusqu’Ă rĂ©veiller en nous des questions philosophiques sur la rĂ©alitĂ© de notre quotidiennetĂ©. Dans le sens mystique oĂą nos pensĂ©es intrinsèques pourraient matĂ©rialiser un monde psychotique… ou, au contraire, optimiste, selon notre point de vue — torturĂ© ou serein. Autrement dit : la rĂ©alitĂ© de nos actes rĂ©side dans les pensĂ©es qui les produisent. Ă€ moins qu’un savant fou ou un crĂ©ateur ne tire les ficelles, modifiant Ă sa guise les intrigues de notre destin durant notre sommeil.
Outre la densitĂ© d’un scĂ©nario passionnant, jalonnĂ© de rebondissements dignes d’un Ă©pisode de La Quatrième Dimension, Dark City tire parti d’un esthĂ©tisme crĂ©pusculaire littĂ©ralement ensorcelant. Alex Proyas soigne mĂ©ticuleusement le cadre d’une infrastructure urbaine Ă la fois gothique et expressionniste, au sein d’une citĂ© en (constante) mutation, inspirĂ©e des annĂ©es 40.
"Nous sommes les créateurs de notre monde".
Aux dĂ©cors stylisĂ©s se combinent harmonieusement les prĂ©sences dĂ©lĂ©tères d’antagonistes Ă©tonnamment iconiques, sans compter quelques idĂ©es astucieuses (l’harmonisation tĂ©lĂ©pathique des Ă©trangers), empruntĂ©es aux rĂ©fĂ©rences telles que Metropolis, Nosferatu, Blade Runner ou mĂŞme Scanners.
Ajoutez Ă cela une distribution aussi solide qu’impliquĂ©e (Rufus Sewell, William Hurt, Kiefer Sutherland, et la suave Jennifer Connelly se partagent la vedette avec une autoritĂ© contrariĂ©e), et vous obtenez un diamant noir schizo, habitĂ© par une entitĂ© dĂ©miurge.
*Bruno.La Chronique de The Crow: http://brunomatei.blogspot.fr/2012/02/the-crow.html
Bruno Matéï.
3èx
Récompenses:
Festival du film fantastique d'Amsterdam 1998 : prix du meilleur film
Saturn Award du meilleur film de science-fiction 1999
Prix Bram Stoker 1999 : meilleur scénario
Festival international du film fantastique de Bruxelles : prix du public




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