jeudi 2 août 2018

SILENT NIGHT BLOODY NIGHT / DEATHHOUSE

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site pinterest.fr

"Night of the Dark Full Moon" de Theodore Gershuny. 1972. U.S.A. 1h25. Avec Patrick O'Neal, James Patterson, Mary Woronov, Astrid Heeren, John Carradine, Walter Abel.

Sortie salles U.S: Novembre 1972

FILMOGRAPHIETheodore Gershuny est un réalisateur américain né le 30 Octobre 1933 à Chicago, décédé le 16 Mai 2007 à New-York. 1988-1990: Monsters (TV Series: 2 episodes). 1985-1987 Histoires de l'autre monde (TV Series: 5 episodes). 1985 Stephen King's Golden Tales (Video: segment "Strange Love"). 1973 Sugar Cookies. 1972 Silent night Bloody night. 1970 Kemek.


RaretĂ© aussi oubliĂ©e que mĂ©sestimĂ©e en dĂ©pit de sa rĂ©surrection en Dvd chez l'Ă©diteur Bach Films et de sa disponibilitĂ© en Blu-ray Outre-Atlantique; Silent night bloody night (Ă  ne pas confondre avec le slasher Silent night Deadly Night natif des annĂ©es 80 !) est une vĂ©ritable perle horrifique comme on en voit peu de nos jours. Car imprĂ©gnĂ© d'une ambiance mortifère tangible au sein d'une demeure gothique chargĂ©e en silence, mystères et secrets inavouĂ©s,  Silent Night... est ce que l'on prĂ©nomme un pur film d'ambiance hĂ©ritĂ© de l'horreur Old school des Seventies (pellicule granuleuse Ă  l'appui). Le rĂ©alisateur soignant son cadre domestique terriblement inquiĂ©tant avec l'appui de protagonistes Ă©quivoques; notamment auprès de leur charisme patibulaire si bien que l'on peine Ă  Ă©prouver une certaine compassion Ă  l'un d'entre eux. Au niveau de l'intrigue assez confuse au premier abord (notamment au niveau de sa chronologie historique), l'auteur nous illustre la transaction d'une demeure de sinistre rĂ©putation qu'un petit fils s'efforce de revendre en compagnie de son avocat. Au prĂ©alable, quelques dĂ©cennies plus tĂ´t, son grand-père mourra immolĂ© par le feu dans de mystĂ©rieuses circonstances. S'agit-il d'un suicide ou d'un crime prĂ©mĂ©ditĂ© sachant qu'au mĂŞme moment une prĂ©sence dans la maison y composa une mĂ©lodie au piano ? Alors que l'avocat et sa maĂ®tresse profitent de l'isolement de la bâtisse pour y sĂ©journer une nuit, un tueur Ă©chappĂ© d'un asile rode aux alentours. 


A travers un rĂ©cit assez vrillĂ© et douloureux au niveau de sa dramaturgie abrupte,  Theodore Gershuny y instaure un climat horrifique rĂ©solument ensorcelant au fil d'une investigation latente assez avare en indices. La fille du maire et le petit-fils du dĂ©funt propriĂ©taire s'Ă©paulant mutuellement Ă  tenter de percer le mystère qui entoure la fameuse demeure restĂ©e trop longtemps inoccupĂ©e (un sentiment d'abandon et d'isolement que le rĂ©alisateur retranscrit Ă  merveille Ă  travers ses cadrages tarabiscotĂ©s et ses silences pesants). Quand bien mĂŞme un tueur au tĂ©lĂ©phone y terrorise la police, une secrĂ©taire et le bourgmestre avant de passer Ă  l'acte criminelle (on apprĂ©cie d'ailleurs l'impact percutant - bien que habilement suggĂ©rĂ© - du 1er double meurtre brutalement perpĂ©trĂ© Ă  la hache !). Ainsi, si l'intrigue ne fait pas preuve d'un rythme nerveux en privilĂ©giant la caractĂ©risation intimiste de ses personnages, la manière scrupuleuse dont le rĂ©alisateur s'efforce de consolider un climat d'insĂ©curitĂ© permĂ©able autour d'eux nous instille curiositĂ© et sentiment de fascination irrĂ©pressible. A l'instar de son long flash-back tournĂ© en sĂ©pia au grĂ© d'un Ă©clairage surexposĂ© nous dĂ©voilant des convives aussi Ă©grillards que grossiers autour d'une table culinaire. Et ce avant qu'une explosion de violence n'y vienne semer le trouble et le chaos cauchemardesque. Autant dire que cette rĂ©miniscence Ă  la fois glauque et malsaine fait office d'anthologie d'une horreur pestilentielle, notamment de par son rĂ©alisme expĂ©rimental. Quand bien mĂŞme son surprenant final assez baroque (notamment auprès de l'accoutrement vestimentaire, victorien, d'un des protagonistes) nous laisse sur un sentiment d'impuissance, de malaise et de douce mĂ©lancolie. 


Psycho-killer crĂ©pusculaire prĂ©figurant les tueurs au tĂ©lĂ©phone icĂ´nifiĂ©s dans Black Christmas et l'incroyable Terreur sur la Ligne, Silent Night Bloody Night conjugue avec une certaine originalitĂ© les thèmes de la famille dysfonctionnelle et de la hantise pour renchĂ©rir tourment et apprĂ©hension au sein d'une demeure gothique transie d'une prĂ©sence dĂ©moniale. A dĂ©couvrir d'urgence pour tous les amoureux de film d'ambiance sĂ©pulcrale native d'un cinĂ© indĂ©pendant aussi discret et personnel qu'audacieux. 

Dédicace à Sandra Hameau

GaĂŻus

2 commentaires:

  1. Très heureux de savoir que vous l'avez vu.........
    Par contre, nous indiquer oĂą serait un plus.....
    Non ?

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  2. Le Dvd est dispo chez Bachfilms en Vostfr.
    Quant à une version 1080P dispo sur un lien US, c'est un ami qui me l'a envoyé par mail.

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