mercredi 6 février 2019

Overlord

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Julius Avery. 2018. U.S.A. 1h50. Avec Iain De Caestecker, Mathilde Ollivier, Wyatt Russell, Pilou Asbæk, Bokeem Woodbine, Jacob Anderson.

Sortie salles France: 21 Novembre 2018 (Int - 16 ans). U.S: 9 Novembre 2018

FILMOGRAPHIE: Julius Avery est un réalisateur et scénariste américain. 2014: Son of a gun. 2018 Overlord. Prochainement: Flash Gordon.


Produit par J. J. Abrams et rĂ©alisĂ© par le nĂ©ophyte Julius Avery si bien qu'il s'agit de son second long (n'ayant pas pu dĂ©couvrir plus tĂ´t Son of a gun), Overlord est une pure dĂ©claration d'amour au B movie horrifique comme il en pullulait lors des sacro-saintes annĂ©es 80 ! Autant dire que pour ma part il s'agit tout simplement d'un miracle inespĂ©rĂ© de la part d'une production aussi calibrĂ©e ! Imaginez donc dans une fulgurance visuelle magnifiquement crĂ©pusculaire une conjonction entre Inglorius Bastards et Evil-Dead et vous obtenez un cocktail vitriolĂ© du Nazisploitation, Ă  dĂ©faut du zombie movie suggĂ©rĂ© Ă  travers sa bande-annonce. Non pas que le trailer eut Ă©tĂ© fallacieux, mais de par la posture Ă©pileptique des crĂ©atures irascibles, fruits d'expĂ©riences scientifiques innommables (le labo de Frankenstein vaut d'ailleurs le dĂ©tour visuel !), j'Ă©voquerai plutĂ´t le terme de "crĂ©ature erratique" si bien que Julius Avery s'Ă©loigne du mythe initial du zombie, notamment Ă  travers leur refus de se nourrir de chair humaine. Qui plus est, Ă  travers la photogĂ©nie inĂ©dite de ces crĂ©atures fĂ©roces univoquement vouĂ©es Ă  dĂ©truire l'ennemi de la manière la plus primitive, on s'impressionne de la sobriĂ©tĂ© de leur gestuelle leur Ă©vitant ainsi le ridicule de pacotille auquel nombre de sĂ©ries Z on pu sombrer chez nos voisins transalpins. En l'occurrence, et avec les moyens considĂ©rables, c'est tout l'inverse qui se produit si bien que l'on reste scotchĂ© par son design percutant, tant auprès des scènes d'action pĂ©taradantes (quel dĂ©fouloir dĂ©complexĂ© !) que des effets gores d'un numĂ©rique bluffant de persuasion.


Et donc, si Overlord s'avère aussi bien fun que jouissif au fil d'un cheminement toujours plus délétère, il le doit à son réalisme formel (à l'instar de son prologue anthologique, guérilla aérienne à la fois vertigineuse et cauchemardesque dans son furieux spectacle d'apocalypse !) et à son refus du comique de situation. Et ce même si l'aspect inévitablement débridé de moult séquences horrifiques nous provoquent un sourire de gosse émerveillé, de par l'effet de surprise intelligemment exploité que de la générosité du cinéaste d'une émouvante sincérité à éluder la gratuité ! Les scènes d'actions bellicistes ou gorasses servant l'intrigue de deux missions (dont l'une impromptue) qu'un groupe de soldats ricains tenteront de transcender lors d'une commune bravoure. Pour autant, Overlord a beau cumulé les situations éculées, freiner un chouilla l'action à mi-parcours (en s'attardant un peu trop sur la filature d'un soldat américain égaré à proximité du labo d'expérimentation), cumuler les réactions stupides de personnages stéréotypés tombant comme des mouches dans des pièges grossiers, on marche à fond dans l'héroïsme en herbe de ces missionnaires dénués de prétention. Ainsi donc, on s'étonne même d'y éprouver une certaine sympathie auprès des personnages les plus nobles ou pugnaces car faisant soit preuve de discernement (le jeune black redresseur de tort) ou d'appétence punitive (la jeune fille en initiation criminelle depuis la prise d'otage de son bambin, garçonnet étonnamment modéré à travers ses expressions innocentes).


Excellente bande-dessinĂ©e live que cette pochette surprise d'une facture visuelle Ă  la fois magnĂ©tique et stylisĂ©e, et d'un rĂ©alisme dĂ©bridĂ© infiniment percutant, Overlord rĂ©ussit l'incroyable alchimie de communier film de guerre et horreur hardgore dans un luxueux format de sĂ©rie B bisseuse digne des fleurons des annĂ©es 80. Si bien que passĂ© le gĂ©nĂ©rique de fin aussi inventif que classieux, on se laisserait facilement tenter Ă  redĂ©couvrir Ilsa, la louve des SS ou encore Le commando des Morts-vivants dans un domaine contrairement glauque et malsain. 

*Bruno

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