vendredi 7 avril 2023

Pearl

                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Ti West. 2022. U.S.A. 1h43. Avec Mia Goth, David Corenswet, Tandi Wright, Matthew Sunderland, Emma Jenkins-Purro, Alistair Sewell.

Sortie salles France: ?. U.S: 16 Septembre 2022

FILMOGRAPHIE: Ti West (nĂ© le 5 octobre 1980 Ă  Wilmington, Delaware) est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain surtout connu pour ses films d'horreur. 2005: The Roost. 2007: Trigger Man. 2009: Cabin Fever 2. 2009: The House of the Devil. 2011: The Innkeepers. 2012: The ABCs of Death (segment M Is for Miscarriage). 2012 : V/H/S (segment Second Honeymoon). 2013: The Sacrament. 2022: X. 2022: Pearl. 


A peine X rĂ©concilia les fans d'horreur vintage Ă  travers son hommage respectueux Ă  Massacre Ă  la Tronçonneuse et au cinĂ©ma porno des Seventies que Ti West enchaina la mĂŞme annĂ©e avec Pearl sans jamais se rĂ©pĂ©ter dans la facilitĂ© de la redite. Si bien qu'ici nous avions d'abord affaire Ă  un vĂ©ritable drame psychologique transplantĂ© dans le cadre d'une horreur caustique accouplĂ©e aux comĂ©dies musicales et au cinĂ©ma muet dont Pearl, l'antagoniste fĂ©minine, s'efforce de conquĂ©rir du haut d'un podium dĂ©nuĂ© d'empathie. SĂ©vère diatribe donc contre le showbiz Ă  la fois cupide, Ă©litiste et corrupteur, Pearl demeure un Ă©trange OVNI inquiĂ©tant, charmant, douloureux, cruel, sans concession d'y dresser le portrait pathĂ©tique d'une jeune mĂ©tayère en dĂ©rĂ©liction depuis une dĂ©mission parentale engluĂ©e dans le rigorisme d'une existence autiste. Outre le stylisme de sa mise en scène constamment inventive oĂą rien n'est laissĂ© au hasard, Pearl puise sa force et son intĂ©rĂŞt auprès de l'incroyable Mia Goth incarnant une psychotique en herbe avec une vĂ©ritĂ© humaine mise Ă  nu. 


A ce titre corrosif aussi bien poignant, son monologue final s'Ă©tirant sur plus d'une dizaine de minutes demeure un morceau d'anthologie csrupuleux que de nous dĂ©livrer face Ă©cran, plan serrĂ©, ses Ă©tats d'âme meurtris, sa confession en berne, son cri d'alarme contre une sociĂ©tĂ© sournoise et des parents rĂ©trogrades  Ă  oser s'intĂ©resser Ă  sa personnalitĂ© fragile militante pour ses talents de danseuse prometteuse au coeur des annĂ©es 20. D'ailleurs, Ti West n'as pas de peine Ă  reconstituer sa scĂ©nographie rĂ©tro, rappelant parfois les classiques immuables des annĂ©es 50 parmi lequel Le Magicien d'Oz pointe parfois le bout de son nez; aussi minimaliste soit son budget de sĂ©rie B. Bref, tout ça pour dire que l'on croit Ă  cette Ă©tonnante féérie esthĂ©tisante qui plus est saturĂ©e d'une photo rutilante nous illuminant la vue sous l'impulsion d'une ange meurtrière avide d'amour, de reconnaissance, de main secourable qu'elle ne parviendra jamais Ă  approcher dans sa condition davantage fielleuse Ă  se compromettre Ă  une vendetta aveugle. L'incroyable image finale, silencieusement hystĂ©risante, nous laissant sur le carreau de s'attarder sur le rictus (oh combien) malaisant de Mia Goth littĂ©ralement habitĂ© par la folie alors que le gĂ©nĂ©rique dĂ©file sans remarquer cette imagerie mobile de plus en plus malsaine par sa temporalitĂ© extĂ©nuante. 


Etonnant divertissement macabre entièrement soumis Ă  son interprète marginale se livrant corps et âme comme nulle autre criminelle emblĂ©matique; Pearl ne peut laisser indiffĂ©rent les fans d'horreur adulte adepte des profils psychologiques finement Ă©tudiĂ©s sous un vernis polychrome incessamment renouvelĂ©. En attendant un 3è opus probablement aussi personnel et inspirĂ© que prometteur et flamboyant. 

*Bruno

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