mercredi 19 juin 2013

Superman 2. La version de Richard Donner.

                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site kahramanlarsinemada.com

de Richard Donner. 1980. U.S.A. 1h56. Avec Christopher Reeve, Margot Kidder, Gene Hackman, Jackie Cooper, Marc McClure, Ned Beatty, Terence Stamp, Sarah Douglas.

Sortie salles France: 10 Décembre 1980. U.S: 19 Juin 1981

FILMOGRAPHIE: Richard Donner (Richard Donald Schwartzberg) est un rĂ©alisateur et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 24 Avril 1930 Ă  New-York. 1961: X-15. 1968: Sel, poivre et dynamite. 1970: l'Ange et le DĂ©mon. 1976: La MalĂ©diction. 1978: Superman. 1980: Superman 2 (non crĂ©ditĂ© - Richard Lester). 1980: Rendez vous chez Max's. 1982: Le Jouet. 1985: Ladyhawke, la femme de la nuit. 1985: Les Goonies. 1987: l'Arme Fatale. 1988: FantĂ´mes en FĂŞte. 1989: l'Arme Fatale 2. 1991: Radio Flyer. 1992: l'Arme Fatale 3. 1994: Maverick. 1995: Assassins. 1996: Complots. 1998: l'Arme Fatale 4. 2002: Prisonnier du temps. 2006: 16 Blocs. 2006: Superman 2 (dvd / blu-ray).

Enfin exhumĂ©e de l’anonymat depuis 2006, la fameuse version de Richard Donner, tant espĂ©rĂ©e par les fans du monde entier, a vu le jour - mĂŞme si 30 % des scènes manquantes resteront Ă  jamais sous scellĂ©s. Cette suite trĂ©pidante, haute en couleurs, privilĂ©gie cette fois l’action homĂ©rique : Superman doit non seulement affronter l’intarissable gĂ©nie du crime, Lex Luthor, mais surtout combattre un trio de super-mĂ©chants dotĂ©s des mĂŞmes capacitĂ©s surnaturelles que lui. Une confrontation titanesque, culminant dans l’apothĂ©ose d’une mĂ©galopole urbaine, oĂą notre justicier multiplie les rixes dĂ©mentielles face Ă  l’arrogance d’adversaires impitoyables.

Les nombreux FX, parfois dĂ©suets, parviennent pourtant Ă  impressionner grâce Ă  leur vigueur incisive et aux moyens artisanaux dĂ©ployĂ©s. Mais avant ce dernier acte, particulièrement jouissif, Richard Donner prend soin d’Ă©toffer la relation familiale entre Superman et son père, jusqu’Ă  ce que le hĂ©ros dĂ©cide de rendre sa panoplie et de perdre ses pouvoirs - par amour pour Lois Lane - afin de vivre comme un simple citoyen terrestre. Avec une touche de cocasserie et de romance, le rĂ©alisateur introduit la suspicion tenace de Lois, de plus en plus convaincue que Clark Kent est bel et bien le justicier volant. En dĂ©sespoir de cause, elle met sa vie en pĂ©ril, provoquant une sĂ©rie d’incidents majeurs pour le pousser Ă  se dĂ©voiler enfin.

ComparĂ© Ă  la version de Richard Lester, le montage de Donner tranche par une sobriĂ©tĂ© salutaire, moins axĂ©e sur la dĂ©rision, qui gagne en profondeur et en cohĂ©rence, dans une structure narrative fidèle Ă  celle du premier volet. Ainsi, la cause de la libĂ©ration du gĂ©nĂ©ral Zod et de ses complices diffère complètement : ici, c’est l’un des missiles que Superman avait projetĂ© dans l’espace qui, par malheur, brise leur prison de verre - en parfaite cohĂ©sion avec la fin du premier film. De mĂŞme, la manière plus substantielle dont Superman se rĂ©approprie ses pouvoirs s’ancre dans un dialogue moral avec un père déçu mais clĂ©ment.

L’Ă©pilogue, enfin, s’avère moins dĂ©monstratif et plus crĂ©dible dans la liaison romantique qui unit les amants. Pour prĂ©server son identitĂ©, Superman ne se contente plus d’un baiser magique pour effacer la mĂ©moire de Lois. Il reprend cette course rotative autour de la Terre - l’alibi temporel dĂ©jĂ  employĂ© Ă  la fin du premier opus.

 
Si aujourd’hui Superman II paraĂ®t moins percutant dans sa surenchère spectaculaire - la dernière demi-heure, fertile en destructions massives, trahit l’obsolescence des effets -, il demeure un spectacle empreint de charme, portĂ© par un esprit bienveillant. Humour, action, Ă©motion (notamment les adieux poignants de Lois et Superman) s’y harmonisent dans une simplicitĂ© touchante.
 
19.06.13. 5èx
Bruno 

mardi 18 juin 2013

Superman, the movie

                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site forum.nanarland.com

de Richard Donner. 1978. U.S.A/Angleterre. 2h31. Avec Christopher Reeve, Marlon Brandon, Gene Hackman, Ned Beatty, Jackie Cooper, Glenn Ford, Trevor Howard, Margot Kidder.

Sortie salles France: 26 Janvier 1979. U.S: 15 Décembre 1978

FILMOGRAPHIE: Richard Donner (Richard Donald Schwartzberg) est un réalisateur et producteur américain, né le 24 Avril 1930 à New-York. 1961: X-15. 1968: Sel, poivre et dynamite. 1970: l'Ange et le Démon. 1976: La Malédiction. 1978: Superman. 1980: Superman 2 (non crédité - Richard Lester). 1980: Rendez vous chez Max's. 1982: Le Jouet. 1985: Ladyhawke, la femme de la nuit. 1985: Les Goonies. 1987: l'Arme Fatale. 1988: Fantômes en Fête. 1989: l'Arme Fatale 2. 1991: Radio Flyer. 1992: l'Arme Fatale 3. 1994: Maverick. 1995: Assassins. 1996: Complots. 1998: l'Arme Fatale 4. 2002: Prisonnier du temps. 2006: 16 Blocs. 2006: Superman 2 (dvd / blu-ray).

 
"La MĂ©moire d’un Vol, le CĹ“ur d’un Enfant".
DĂ©couvrir Ă  l’âge de 8 ans les premiers exploits de Superman sur Ă©cran gĂ©ant tient du prodige pour les yeux d’un enfant, Ă©bloui de voir enfin s’exaucer un rĂŞve jusque-lĂ  confinĂ© aux pages de BD ou aux songes les plus fous. Observer avec Ă©merveillement les pouvoirs d’un homme surhumain, vĂŞtu d’une combinaison bleue et d’une cape rouge, capable de voler dans les airs Ă  une vitesse supersonique ! Ce moment de grâce irrĂ©elle, contemplĂ© par l’innocence d’un bambin, s’imprime Ă  jamais dans le cĹ“ur et la mĂ©moire comme une expĂ©rience atypique, bouleversante.

C’est en 1978 que Superman surgit sur les Ă©crans et pulvĂ©rise les records du box-office, face Ă  un public mĂ©dusĂ© ! Fort d’un budget de 55 millions de dollars, Richard Donner dĂ©ploie les grands moyens pour transposer avec ambition les aventures de l’homme volant, nĂ©es de l’imaginaire de Jerry Siegel et Joe Shuster. Grâce Ă  cette superproduction, puissamment portĂ©e par la partition grandiose de John Williams, le cinĂ©ma de super-hĂ©ros prend son envol. Le filon est lancĂ©, le mythe cristallisĂ©.

Se replonger, trente-cinq ans plus tard, dans cette odyssĂ©e fĂ©erique ancrĂ©e dans la noblesse prouve combien l’Ĺ“uvre de Donner est touchĂ©e par la grâce. Car Superman convoque, avec autant de poĂ©sie que de souffle Ă©pique, un pouvoir d’enchantement immaculĂ©. La tendresse immodĂ©rĂ©e que le rĂ©alisateur accorde Ă  son hĂ©ros - tiraillĂ© entre devoir d’Ă©quitĂ© et Ă©lan des sentiments - transcende des sĂ©quences d’une acuitĂ© Ă©motionnelle rare ! Ă€ l’instar de cette envolĂ©e lyrique, suspendue au-dessus d’un ciel Ă©toilĂ©, entre Superman et Lois Lane…

Cette sĂ©quence exaltante, Ă  la naĂŻvetĂ© presque candide, frĂ´le le ridicule mais s’Ă©lève pourtant au rang de moment magistral, grâce Ă  la magie des trucages, Ă  son sens aigu de l’Ă©merveillement, Ă  la tendre complicitĂ© des amants. Quant aux scènes d’action spectaculaires qui jalonnent le rĂ©cit, imprĂ©gnĂ©es de la mouvance "catastrophe", elles demeurent encore impressionnantes (Ă  deux ou trois plans de carton-pâte près), et parviennent, malgrĂ© le poids des annĂ©es, Ă  crĂ©dibiliser les exploits aĂ©riens de notre super-hĂ©ros lancĂ© Ă  la poursuite du gĂ©nie du crime : Lex Luthor ! (Gene Hackman, jubilatoire en mĂ©chant sardonique et mĂ©galo).

Si Superman reste aujourd’hui encore prodigieusement exaltant, il le doit en grande partie Ă  la rĂ©vĂ©lation saisissante de Christopher Reeve. Cet acteur novice, dans son second rĂ´le Ă  l’Ă©cran, incarne avec humilitĂ© un super-hĂ©ros façonnĂ© autour des valeurs de vĂ©ritĂ©, de justice et d’idĂ©al amĂ©ricain. Cette figure de hĂ©ros idĂ©aliste, Reeve la transcende avec une conviction troublante, habitĂ©e d’une touche d’humour attendri. Il est Superman. Aucun autre acteur n’a su, ni ne saura, atteindre cette alchimie parfaite avec le mythe.

Face Ă  lui, la prestance de Margot Kidder irradie d’un charme espiègle : son jeu spontanĂ©, sa douce insolence, sa naĂŻvetĂ© assumĂ©e font d’elle une Lois Lane unique. Ensemble, ils forment un duo proverbial, bouleversant, oĂą la dimension humaine prime sur les Ă©lans de bravoure homĂ©riques.

 
"Superman ou la Grâce Tombée du Ciel".
Chef-d’Ĺ“uvre du film de super-hĂ©ros, Superman demeure un miracle cinĂ©matographique, empreint d’une grâce lyrique qui a marquĂ© la gĂ©nĂ©ration 80. Et cette gĂ©nĂ©ration, qui a su prĂ©server son âme d’enfant, continue de rĂŞvasser (jusqu’aux larmes de mĂ©lancolie !) aux exploits aĂ©riens du plus grand super-hĂ©ros de sa prĂ©cieuse enfance…
C’est, en tout cas, le point de vue d’un cinĂ©phile Ă©motif, qui vous le proclame si bien que son Ă©motion vibrante perdure, au-delĂ  des dĂ©cennies et des progrès numĂ©riques.
Alors, ce soir, contemplez bien le ciel.
Un Kryptonien volant veille sur notre Terre primitive, si cruelle et fragile…

Cette critique est dĂ©diĂ©e Ă  la mĂ©moire de Christopher Reeve, sans qui nous n’aurions jamais cru qu’un homme Ă©tait capable de voler.

*Bruno

La critique de Superman 2http://brunomatei.blogspot.fr/2013/06/superman-2-la-version-de-richard-donner.html

Dédicace à Olivier Dussart
18.06.13. 4èx

vendredi 14 juin 2013

The Kiss / The Host

                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site todoelterrordelmundo.blogspot.com

de Pen Desham. 1988. U.S.A/Canada. 1h37. Avec Joanna Pacula, Meredith Salenger, Mimi Kuzyk, Nicholas Kilbertus, Sabrina Boudot.

FILMOGRAPHIE: Pen Desham est un réalisateur, scénariste et producteur, né en 1947 en Angleterre.
1998: Houdini (télé-film). 1996: Moll Flanders. 1988: The Kiss. 1985: The Zoo Gang.


Le Pitch: L'arrivée fortuite d'une tante au sein d'une famille endeuillée va provoquer une succession d'étranges incidents meurtriers afin d'intenter à la jeunesse d'Amy par le biais d'un baiser !


B movie symptomatique des annĂ©es 80 pour sa tonalitĂ© ludique dĂ©nuĂ©e de prĂ©tention, The Kiss est une sympathique production horrifique Ă©rigĂ©e sur le principe du vaudou parmi la prĂ©sence symbolique d'un chat malĂ©fique. Si bien que cette oeuvre mineure dĂ©gage un charme non nĂ©gligeable auprès de l'attitude Ă  la fois naĂŻve et attachante des protagonistes et de ses scènes chocs assez impressionnantes pour divertir dans la tranquillitĂ©. Tant auprès de l'adolescente candide incarnĂ©e par la jolie Meredith Salenger, du paternel versatile facilement influençable qu'endosse Nicholas Kilbertus ou de la mĂ©gère perfide campĂ©e par une Joanna Pacula littĂ©ralement ensorcelante si bien qu'elle irradie l'Ă©cran par son omniprĂ©sence si sensuelle, sexy et fluette. Un jeu modestement sournois d'autant plus chamarrĂ© de son regard infiniment fĂ©lin. Outre son intrigue convenue assez efficacement menĂ©e, The Kiss dĂ©ploie une petite montĂ©e progressive d'un suspense haletant vers son ultime demi-heure fertile en violentes altercations. Et si les 2/3 du rĂ©cit se cantonnent Ă  un jeu de suspicion entre une fille pubère et l'arrivĂ©e surprise de sa tante, Pen Desham agrĂ©mente donc ce conflit familial de sĂ©quences chocs spectaculaires parfois sanglantes (Ă  l'instar de cette mère de famille violemment projetĂ©e contre une vitrine par une voiture pour y ĂŞtre ensuite encastrĂ©e). Si les apparitions dĂ©lirantes du chat erratique prĂŞtent aussi bien Ă  sourire qu'Ă  s'y rĂ©jouir, ses exactions furibondes demeurent assez bien gĂ©rĂ©es de par l'efficacitĂ© du montage vĂ©loce. Enfin, le soin allouĂ© Ă  sa photographie chargĂ©e de nuances chaudes laisse parfois transparaĂ®tre une photogĂ©nie onirique (Ă  l'instar de son prĂ©ambule solaire).


Plaisir innocent gentiment attractif, The Kiss est une production bonnard n'ayant pour but que de distraire son public dans un procĂ©dĂ© Ă©culĂ©. NĂ©anmoins, la bonhomie plutĂ´t expressive des comĂ©diens communĂ©ment solidaire dans leurs conflits familiaux, le charme singulier de l'incroyable  Joanna Pacula, l'efficacitĂ© des scènes chocs (supervisĂ©es par Chris Wallas !) rĂ©ussissent Ă  rendre constamment attractifs ce produit d'exploitation bien ancrĂ© dans l'esthĂ©tique des Eighties.

*Bruno
18.01.25. 4èx. vf
14.06.13. 3èx


jeudi 13 juin 2013

V/H/S 2

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site collider.com

de Simon Barrett (Tape 49), Jason Eisener (Slumber party alien abduction), Gareth Evans (Safe Haven), Gregg Hale (A ride in the park), Eduardo Sanchez (A ride in the park), Timo Tjahjanto (Safe Haven), Adam Wingard (Phase 1 Clinical Trials). 2013. U.S.A. 1h35. Avec Kelsy Abbott, Hannah Al Rashid, Fachry Albar, Oka Antara, Devon Brookshire, Samantha Gracie, L.C. Holt, Hannah Hughes.

Sortie salles US: 6 Juin 2013

Ce found foutage de gueule bat tous les records de la nullité !
1H35 de vacuité abyssale !
Les amateurs de gore hardcrad façon Ogrish trouveront tout de même matière à sauter des pieds joints !
Bon courage pour la découverte et bonne sieste pour ceux qui avaient déjà rendu les armes avec son modèle.

Bruno Matéï
13.06.13

mercredi 12 juin 2013

THE CALL

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinema.jeuxactu.com

de Brad Anderson. 2013. U.S.A. 1h35. Avec Halle Berry, Abigail Breslin, Morris Chestnut, Michael Imperioli, Ella Rae Peck, Michael Eklund.

Sortie salles France: 29 Mai 2013. U.S: 15 Mars 2013

FILMOGRAPHIE: Brad Anderson est un réalisateur, scénariste et monteur américain, né en 1964 à Madison (Connecticut).
1995: Frankenstein Planet Monster. 1996: The Darien Gap. 1999: Et plus si affinités. 2001: Session 9. 2001: Happy Accidents. 2005: The Machinist. 2008: Transsibérien. 2010: L'empire des ombres. 2013: The Call.


RĂ©alisateur inĂ©gal Ă  qui l'on doit au moins deux rĂ©ussites perfectibles, Session 9 et The Machinist, Brad Anderson renoue au principe traditionnel du thriller effrĂ©nĂ© avec The Call afin de maintenir en haleine son spectateur.  

Par l'entremise du tĂ©lĂ©phone, une opĂ©ratrice des urgences va tenter de porter secours Ă  une jeune fille kidnappĂ©e par un maniaque. 

Dans la lignĂ©e des thrillers horrifiques initiĂ©s par Black Christmas, Terreur sur la Ligne,  ou encore Appels au meurtre, The Call Ă©tire sur une heure de mĂ©trage le concept de la victime dĂ©munie, oppressĂ©e par un maniaque et n'ayant comme seul recours un tĂ©lĂ©phone pour tenter d'invoquer de l'aide. Il ne s'agit donc pas ici du traditionnel harcèlement tĂ©lĂ©phonique conformĂ©ment Ă©tabli par un serial-killer mais de l'appel dĂ©sespĂ©rĂ© d'une otage auprès du service administratif des urgences.
Avec une efficacitĂ© infaillible et l'empathie Ă©prouvĂ©e pour la complicitĂ© des interlocutrices (deux sĂ©quences s'avèrent mĂŞme assez poignantes !), Brad Anderson exploite ce filon afin de mettre en place un suspense anxiogène quand une victime dĂ©cide d'accorder sa confiance auprès d'une opĂ©ratrice hĂ©sitante. EmbrigadĂ©e dans le coffre d'un vĂ©hicule circulant sur autoroute, l'adolescente va tenter par tous les moyens d'invoquer sa prĂ©sence parmi les automobilistes puis de s'y extraire afin d'Ă©chapper Ă  une sentence inĂ©vitable.
Avec la tonitruance de sa bande son technoïde, le réalisateur insuffle une tension permanente dans cette situation alerte auquel nombre de rebondissements vont venir motiver l'intrigue avec vélocité. Et cela, en dépit de quelques grossières incohérences, comme le fait que le tueur laissera le soin à la victime de conserver son portable (potentiellement défectueux) durant la quasi totalité de sa séquestration !


MenĂ© sans rĂ©pit durant ses 2/3 de mĂ©trages, The Call renforce son caractère acerbe par une terreur persuasive (son prologue cinglant s'avère aussi intense que radical !) une violence parfois brutale  (deux meurtres nous sont illustrĂ©s avec un rĂ©alisme assez cru) et le jeu dĂ©pouillĂ© des deux comĂ©diennes principales. En prioritĂ© Halle Berry incarnant ici avec autant de fragilitĂ© humaine que de vaillance le rĂ´le d'une opĂ©ratrice prĂ©alablement contrariĂ©e par la culpabilitĂ© d'une faute professionnelle. En victime oppressĂ©e, contrainte de se terrer dans le coffre d'un vĂ©hicule, Abigail Breslin retransmet avec un dĂ©sarroi fĂ©brile son calvaire incessant ainsi qu'un dĂ©sespoir de cause de daigner faire front Ă  son tortionnaire.
Malheureusement, si The Call avait rĂ©ussi jusque lĂ  Ă  maintenir son intĂ©rĂŞt dans l'agencement d'un suspense oppressant, sa dernière demi-heure retombe dans les ficelles balisĂ©es du genre avec nombre de revirements Ă©culĂ©s (le trauma liĂ© Ă  l'enfance du tueur, sa confrontation dantesques avec ces deux  dernières victimes) et d'invraisemblances outrĂ©es (la facilitĂ© Ă  laquelle l'hĂ©roĂŻne trouve la planque du criminel). Qui plus est, son prĂ©lude militant pour l'apologie de la vengeance (les fĂ©ministes pourront tout de mĂŞme trouver matière Ă  fantasmer d'une telle idĂ©ologie rĂ©ac !) sombre vulgairement dans le ridicule. NĂ©anmoins, cette dernière partie privilĂ©giant une angoisse sous-jacente et l'action spectaculaire nous Ă©gaye l'esprit et parvient mĂŞme Ă  quelques occasions d'intensifier le jeu offensif d'affrontements sanglants.


SĂ©rie B du samedi soir Ă  voir entre amis ou de prĂ©fĂ©rence avec sa nouvelle copine, The Call peut autant se savourer comme un thriller haletant en demi-teinte qu'un plaisir coupable entièrement bâti sur l'efficacitĂ© d'une rĂ©alisation alerte et de clichĂ©s rebattus (Ă  l'instar du sympathique et rigolard Cellular). 

12.06.13
Bruno Matéï


MĂŞme la pluie


"Changer le monde commence par changer soi mĂŞme."

Un très beau film humaniste sur le peuple Bolivien asservi par une multinationale délibérée à confisquer l'eau. En dépit d'une première partie laborieuse, le film prend son envol au bout de 45 minutes pour ne plus lâcher la pression avec l'introspection d'un mouvement de foule hurlant sa révolte contre l'intolérance de leur état despotique. Avec une belle dimension humaine, Iciar Bollain dépeint ici le portrait d'un cinéaste et de son équipe partis tourner un long-métrage à valeur historique au sein d'un pays en crise. Or, celui-ci, intransigeant pour la hiérarchie de son entreprise, se retrouvera davantage contrarié par des dilemmes moraux pour la sauvegarde d'une famille bolivienne et le conflit caractériel du père de famille en situation précaire.
Poignant, intense et jamais larmoyant, cette oeuvre naturaliste ne cesse de nous questionner sur notre éthique confrontée à l'affres du danger et à la sauvegarde d'un peuple réduit à la famine. Enfin, Même la pluie peaufine également avec sobriété une belle histoire d'amitié entre 2 hommes confrontés au choc des cultures.

12.06.13
Bruno 

lundi 10 juin 2013

Hysterical

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au sitfilmaffinity.com

de Chris Bearde. 1983. U.S.A. 1h30. Avec Bill Hudson, Mark Hudson, Brett Hudson, Cindy Pickett, Richard Kiel, Bud Cort, Julie Newman.

Sortie salles France: 16 Mars 1983. U.S: Juillet 1983

FILMOGRAPHIE: Chris Beard est un réalisateur et scénariste (essentiellement des séries TV) anglais. 1983: Hysterical



"A la limite, j't'emmerde"
OubliĂ© de tous aujourd'hui chez nous alors qu'Ă  l'Ă©poque de sa sortie il rencontra un timide accueil public, Hysterical est une parodie horrifique conçue par les "Hudson Brothers". Durant les annĂ©es 70, ces trois compères se firent connaitre auprès des tĂ©lĂ©spectateurs amĂ©ricains en tant qu'humoristes et chanteurs. Ici, il s'attellent donc Ă  tenter l'expĂ©rience cinĂ©gĂ©nique en occupant les postes consĂ©cutifs de scĂ©naristes et d'interprètes. Chris Beard, dont il s'agit ici de sa première (et unique !) rĂ©alisation, s'est entrepris de revisiter les classiques de l'horreur (mais aussi d'autres genres) sous le mode parodique avec l'entremise clins d'oeil supposĂ©s hilarants. Ceux qui, Ă  l'Ă©poque de sa sortie, s'Ă©taient quelque peu enjaillĂ©s de sa douce fantaisie lors des sĂ©quences les plus rĂ©ussies risquent un peu (beaucoup ?) aujourd'hui de faire grise mine tant Hysterical finit par susciter consternation et brin de lassitude lors de son final poussif. La faute incombant au trio de comĂ©diens gĂ©nĂ©rant un humour constamment lourdingue, Ă  une rĂ©alisation nĂ©ophyte (Ă  l'instar de son montage dĂ©structurĂ©) et Ă  une intrigue approximative dĂ©nuĂ©e de surprise (un couple de revenants sèment le zouc sur une station balnĂ©aire et contaminent un Ă  un les vivants en zombies sans aucun motif !).


Sur ce dernier point, sa structure narrative semble indĂ©cise afin de coordonner des situations cohĂ©rentes si bien qu'elle ne fait qu'empiler maladroitement une succession de gags dĂ©bridĂ©es sans vĂ©ritable fil conducteur. On pastiche donc dans une chronologie sporadique des idĂ©es empruntĂ©es aux classiques genre parmi lesquels les Aventuriers de l'arche perdue, les Dents de la mer, Duel, l'Exorciste, Shining, les Chariots de Feu, ou encore la Nuit des Morts-vivants. Alors que les comĂ©diens mal dirigĂ©s gesticulent comme des attardĂ©s azimutĂ©s pour provoquer les fou-rires escomptĂ©s. Seule, l'apparition rĂ©currente du sexagĂ©naire Ă  bicyclette (rĂ©pĂ©tant incessamment : "ça couve !") suscite une certaine drĂ´lerie, quand bien mĂŞme avec une certaine indulgence sa première partie demeure gentiment facĂ©tieuse, voir mĂŞme charmante Ă  travers son esprit bisseux ! Mais le peu d'empathie Ă©prouvĂ©e pour chacun de nos hĂ©ros rĂ©gresse l'entreprise jusqu'Ă  la lassitude de son ultime demi-heure. Ainsi, on suit donc ces aventures horrifiques avec parfois un brin de curiositĂ© amusĂ©e si bien que l'ambiance festoyante qui y règne prĂŞte au climat gentiment bonnard en dĂ©pit de l'inanitĂ© du de ses ressorts comiques.  


Pour les nostalgiques des annĂ©es 80 qui, comme moi, s'Ă©taient ruĂ©s en salles pour le voir (personnellement, j'y Ă©tais allĂ© accompagnĂ© de camarades de collège un samedi soir bondĂ©), HystĂ©rical risque hĂ©las de vous laisser sur une impression de frustration ou (et) d'amertume en dĂ©pit de son esprit bon enfant et de la facĂ©tie de certains moments bonnards (par intermittence). Pour autant, avec indulgence, et en privilĂ©giant la sĂ©ance entre amis, cette parodie sans prĂ©tention peut faire son p'tit effet de sĂ©duction ludique de par son ambiance ubuesque de contamination festive. 

*Bruno
11.05.20. 4èx
10.06.13. 3èx

                                    

vendredi 7 juin 2013

STOKER

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Park Chan-wook. 2013. U.S.A/Angleterre. 1h39. Avec Mia Wasikowska, Nicole Kidman, Matthew Goode, Dermot Mulroney, Lucas Till, Alden Ehrenreich, Jacki Weaver.

Sortie salles France: 1er Mai 2013. U.S: 1er Mars 2013

FILMOGRAPHIE: Park Chan-wook est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste sud-corĂ©en, nĂ© le 23 AoĂ»t 1963 Ă  SĂ©oul. 1992: Moon is the Sun's Dream. 1997: 3 members. 2000: Joint Security Area. 2002: Sympathy for Mister Vengeance. 2003: Old Boy. 2005: Lady Vengeance. 2006: Je suis un Cyborg. 2009: Thirst. 2013: Stoker.


"J'entends ce que d'autres n'entendent pas. D'infimes choses que les gens ne voient pas normalement me sont visibles. Ces sens sont le fruit du désir de toute une vie. Le désir d'être sauvée. D'être accomplie. Comme la jupe a besoin du vent, je suis faite de choses qui sont aussi à d'autres. Je porte la ceinture de mon père sur le chemisier de ma mère... et les chaussures venant de mon oncle. Je suis ainsi. Toute comme la fleur ne choisit pas ses couleurs, on n'est pas responsable de ce qu'on devient. Une fois que l'on a compris ça on est libre. Devenir adulte, c'est devenir libre."

Thriller vĂ©nĂ©neux chargĂ© d'amertume, d'Ă©trangetĂ© indicible et de nonchalance, Stoker joue dans la cour des grands pour tenter de renouer avec l'esprit hitchcockien dans une mise en scène aussi stylisĂ©e qu'Ă©purĂ©e. Si bien qu'Ă  partir d'une intrigue sinueuse oĂą nos protagonistes sont indirectement mĂŞlĂ©s Ă  un passĂ© tragique, Park Chan-wook ausculte un portrait de famille meurtri par le deuil. 

Le Pitch: A la suite de la mort de son père auquel elle fut très proche, la jeune India n'éprouve que peu d'empathie pour sa mère. Avec l'arrivée de son oncle qu'elle n'a jamais connu, une étrange relation va se nouer entre eux.


De façon circonspecte et avec l'alchimie d'un climat diaphane toujours plus baroque et Ă©touffant, Stoker est conçu Ă  la manière d'un puzzle oĂą les thèmes de la suspicion, de la jalousie, de la rancoeur nous sont Ă©tablis Ă  travers l'introspection douloureuse d'une adolescente timorĂ©e. Park Chan-wook prenant son temps Ă  broder son intrigue interlope en se focalisant essentiellement sur l'ambiguĂŻtĂ© psychologique (lourde de sens) de ses personnages. C'est d'abord les rapports difficiles entre une veuve accablĂ©e et sa fille inconsolable qu'on nous prĂ©sente studieusement Ă  travers l'intimisme de leur foyer gothique. C'est ensuite avec l'arrivĂ©e fortuite d'un oncle distinguĂ© que le rĂ©cit amorcera une ambivalence pour les relations charnelles qu'il va compromettre auprès de ces deux veuves contrariĂ©es. Ainsi, dans une mise en scène aussi raffinĂ©e qu'extrĂŞmement inspirĂ©e auprès de son inventivitĂ© stylisĂ©e, Stoker nous dĂ©voile au compte goutte le cheminement torturĂ© de cette jeune fille introvertie, difficilement sociable envers la gente masculine de ses camarades de classe. On en dira pas plus afin de ne pas Ă©bruiter le moindre indice de son canevas charpentĂ© mais sachez que le rĂ©alisateur Park Chan-wook nous dresse ici le tableau peu reluisant d'un trio d'amants en perte de valeurs morales. L'impact Ă©motionnel narratif et l'acuitĂ© qui en Ă©mane rĂ©sidant non seulement dans la psychologie meurtrie de ses protagonistes mais aussi dans la confection (oh combien !) scrupuleuse d'un climat lestement poisseux en ascension. L'aura malsaine sous-jacente qui s'y dĂ©gage de manière exponentielle nous collant Ă  la peau en s'infiltrant insidieusement en notre conscience Ă  l'instar d'un poison lĂ©tal. Sachant ici que les notions de bien et de mal n'ont plus d'Ă©thique ! Si tous les interprètes attestent une conviction imperturbable dans leurs rĂ´les respectifs (Nicole Kidman insuffle un naturel subtilement aigre dans sa douleur maternelle, Matthew Goode redouble d'ambiguĂŻtĂ© dans son Ă©lĂ©gance longiligne particulièrement flegme), il faut surtout saluer le jeu Ă©quivoque de l'Ă©trange Mia Wasikowska de par sa prestance versatile d'adolescente en perdition. Sa froideur innocente galvaudĂ©e de mauvaise influence puis la rancoeur ainsi que le charme de son visage opalin nous pĂ©nĂ©trant l'esprit dans une confusion dĂ©rangĂ©e.


Magnifiquement photographiĂ© au sein des dĂ©cors gothiques d'une demeure feutrĂ©e mais aussi Ă  travers sa nature apaisante d'un onirisme solaire enchanteur, Stoker vĂ©hicule avec subtilitĂ© et Ă©lĂ©gance fastueuse une ambiance crĂ©pusculaire autour d'un trio maudit inconsolable. Park Chan-wook concluant avec une audace anticonformiste (pour ne pas dire jusqu'au-boutiste) un splendide Ă©pilogue (toujours aussi magnifiquement cadrĂ© en mode alambiquĂ©) Ă  la fois censĂ© et terriblement crĂ©pusculaire.

*Bruno
24.11.24. Vostf
07.06.13.

jeudi 6 juin 2013

Zeder

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site ivid.it

de Pupi Avati. 1983. Italie. 1h39. Avec Gabriele Lavia, Anne Canovas, Paola Tanziani, Cesare Barbetti, Bob Tonelli, Ferdinando Orlandi, Enea Ferrario, John Stacy.

Sortie salles Italie: 25 Août 1983

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Pupi Avati est un rĂ©alisateur italien, nĂ© le 3 Novembre 1938 Ă  Bologne. 1970: Thomas e gli indemoniati. 1970: Balsamus, l'homme de Satan. 1975: La mazurka del barone, della santa e del fico fiorone. 1976: La Cage aux minets. 1976: La Maison aux FenĂŞtres qui rient. 1977: Tutti defunti... tranne i morti. 1983: Zeder. 1984: Une saison italienne. 1991: Bix. 1992: Fratelli e sorelle. 1993: Magnificat. 1994: L'amico d'infanzia. 1994: Dichiarazioni d'amore. 1996: L'arcano incantatore. 1996: Festival. 1997: Le TĂ©moin du mariĂ©. 1999: La via degli angeli. 2001: I cavalieri che fecero l'impresa. 2003: Un coeur ailleurs. 2004: La rivincita di Natale. 2005: Ma quando arrivano le ragazze ? 2005: La Seconda notte di nozze. 2007: La cena per farlu conoscere. 2007: Il Nascondiglio. 2008: Il papa di Giovanna. 2009: Gli amici del bar Margherita. 2010: Il figlio piĂą piccolo. 2010: Una sconfinata giovinezza. 2011: Le Grand coeur des femmes.


Sept ans après La Maison aux FenĂŞtres qui rient, Pupi Avati renoue avec l'horreur sournoise dans Zeder avec un sens macabre indĂ©fectible. InĂ©dit en salles dans nos contrĂ©es, cette variation du mythe du zombie, typiquement transalpine par son ambiance morbide, s'alloue surtout d'un scĂ©nario charpentĂ© incessamment intriguant (bien que confus). Et si les amateurs de films de morts-vivants purs et durs risquent fort de dĂ©chanter, les autres cinĂ©philes avides d'expĂ©rience nouvelle auront de quoi s'Ă©moustiller ! Le pitchAprès avoir reçu en cadeau une machine Ă  Ă©crire par sa fiancĂ©e, un romancier dĂ©couvre un Ă©trange message contenant une thĂ©orie sur l'au-delĂ  par l'entremise d'un certain Paolo Zeder. En tentant de retrouver la trace du propriĂ©taire de la machine, Stefano va apprendre par la paroisse du coin sa disparition inexpliquĂ©e. DĂ©cidant de partir Ă  la recherche du prĂŞtre Luigi Costa, notre Ă©crivain ira de surprises en dĂ©couvertes macabres ! En crĂ©ateur d'ambiance diffuse Ă  l'Ă©trangetĂ© prĂ©gnante, Pupi Avati  nous relate avec Zeder une investigation policière habilement menĂ©e auprès d'un romancier fouineur apte Ă  dĂ©couvrir une stupĂ©fiante vĂ©ritĂ©. Ici, pas d'effusion de gore (en dehors d'un meurtre sanglant brutalement commis Ă  l'arme blanche) et encore moins d'esbroufe, mais une atmosphère surnaturelle tangible de par l'aura cadavĂ©rique des non-morts en instance de rĂ©surrection. 


Avec ces vieillards cachottiers, une confrĂ©rie de notables perfides et des hommes d'Ă©glise insidieux, Zeder vĂ©hicule un mystère persistant autour de cette galerie d'individus antipathiques. Exploitant Ă  merveille le cadre de ses dĂ©cors lugubres Ă  la gĂ©omĂ©trie parfois baroque (l'usine abandonnĂ©e auquel sont pratiquĂ©es les expĂ©riences scientifiques, mais aussi ses Ă©troits couloirs et passages secrets, la demeure Ă©touffante de Paolo Zeder, le cimetière de la zone K), Pupi Avati nous entraĂ®ne dans un cauchemar en liaison Ă©thĂ©rĂ©e avec les forces de l'au-delĂ . La densitĂ© du film Ă©manant de son caractère persuasif Ă  nous convaincre que notre terre pourrait renfermer des zones K. C'est Ă  dire des surfaces terreuses oĂą la temporalitĂ© n'aurait plus de logique et oĂą les cadavres auraient la possibilitĂ© de s'extraire de leur repos Ă©ternel ! Mais dans quel Ă©tat et pour quel motif ? Car Ă  bafouer les lois de la nature et du bien-fondĂ© de Dieu, les non-morts seraient peut-ĂŞtre vouĂ©s Ă  une farce macabre pour se railler de la nature humaine ! L'ombre de Lucio Fulci semble parfois planer sur l'atmosphère putride de Zeder de par son environnement naturel feutrĂ© (notamment cette forĂŞt hostile !), alors que parfois l'intonation de voix d'outre-tombe s'Ă©chappent des murs et du sol de la terre pour tenter d'y respirer ! Cette ambiance mortifère typiquement latine est notamment scandĂ©e du tempo quelque peu dissonant de Riz Ortalini, (Longue Nuit de l'exorcisme, Cannibal Holocaust !) tandis qu'une vague de meurtres non Ă©lucidĂ©s vont venir renforcer son mystère insondable prĂ©servĂ© par une confrĂ©rie Ă©sotĂ©rique !


PET SEMATARY
Amateurs d'ambiance inquiĂ©tante et de scĂ©nario retors toujours plus intriguant et captivant, Zeder est lestement structurĂ© pour nous offrir une bande horrifique au suspense prĂ©dominant ! Un classique bisseux un peu trop occultĂ© par son chef-d'oeuvre antĂ©cĂ©dent, La Maison aux FenĂŞtres qui rient, mais qui mĂ©rite pourtant Ă  ĂŞtre rĂ©habilitĂ© pour l'empreinte mortifère qu'il nous imprime de manière indĂ©lĂ©bile.

*Bruno
02.12.22.
07.12.20
06.06.13

                                     

mercredi 5 juin 2013

Appels aux meurtres / Eyes of a stranger

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site hollywood80.com

de Ken Wiederhorn. 1981. U.S.A. 1h25. Avec Lauren Tewes, Jennifer Jason Leigh, Gwen Lewis, John DiSanti, Peter Dupre, Ted Richert.

Sortie salles U.S: 27 Mars 1981

FILMOGRAPHIE: Ken Wiederhorn est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 
1977: Le Commando des morts-vivants. 1979: King Frat. 1981: Appels aux Meurtres. 1984: Meatballs Part 2. 1987: Dark Tower. 1988: Le Retour des Morts-vivants 2. 1993: l'Otage d'une vengeance. 


InĂ©dit en salles mais sorti en Vhs Ă  l'orĂ©e des annĂ©es 80 sous la bannière de Warner Home Video, Appels au meurtre est un petit psycho killer plus retors que les produits horrifiques usuels Ă  travers son inversion des rĂ´les. Si bien qu'ici, au lieu de nous rabâcher le sempiternel schĂ©ma narratif du tueur trucidant sa victime toutes les dix minutes, Ken Wiederhorn prend le parti de substituer l'agresseur en victime et vice-versa. 

Le pitchUn tueur en sĂ©rie sème la terreur dans une petit bourgade des Etats-Unis. Une journaliste dont la soeur eut Ă©tĂ© autrefois victime d'une agression sexuelle, dĂ©cide de tenir tĂŞte au maniaque après avoir dĂ©couvert sa vĂ©ritable identitĂ©. 

Dès son prĂ©ambule, Ken Wiederhorn ne perd pas de temps Ă  entrer dans le vif de son sujet avec l'entrĂ©e en matière d'un individu suspicieux planquĂ© Ă  l'intĂ©rieur d'une cabine tĂ©lĂ©phonique. Après avoir composĂ© un numĂ©ro, il s'empresse d'harceler une jeune quidam isolĂ©e dans sa demeure parmi la prĂ©sence de son amant. De par son climat lourd et hostile Ă  l'angoisse palpable, on songe inĂ©vitablement au classique du psycho-killer, Terreur sur la Ligne parmi cette ombre menaçante prĂŞte Ă  surgir Ă  tout instant pour alpaguer sa nouvelle victime.


Durant la première partie, Appels au  meurtre ne sort donc pas des sentiers battus pour nous illustrer la virĂ©e nocturne d'un serial-killer adepte du harcèlement tĂ©lĂ©phonique et de la strangulation chez les jeunes femmes esseulĂ©es. Et si cette première demi-heure s'avère Ă©culĂ©e et se rapproche parfois d'un certain  Maniac auprès de sa photogĂ©nie urbaine (Ă  l'image nocturne du jeune couple rĂ©fugiĂ© dans leur voiture pour ĂŞtre ensuite sauvagement occire Ă  l'arme blanche dans un terrain vague !), le soin allouĂ© Ă  son ambiance mortifère, le tempo envoĂ»tant de son score ombrageux ainsi que l'impact cinglant de certains meurtres (confectionnĂ©s par le maĂ®tre Tom Savini !) rĂ©ussissent brillamment Ă  impliquer le spectateur. Mais lĂ  oĂą cette modeste sĂ©rie B vĂ©hicule en prime un regain d'originalitĂ© c'est dans le parti-pris de sa seconde partie plus haletante et surprenante quant Ă  la caractĂ©risation d'une femme autonome dĂ©libĂ©rĂ©e Ă  se venger du tueur (on apprendra par l'entremise de flash-back que sa soeur, devenue mutique et non voyante, eut Ă©tĂ© autrefois victime d'une agression sexuelle dès son plus jeune âge). En l'occurrence, cette journaliste aussi teigneuse qu'audacieuse dĂ©cide donc de renverser la situation en harcelant de son plein grĂ© le criminel par le truchement du tĂ©lĂ©phone ! Ainsi, avec un sens du suspense assez bien rendu (ses premiers indices qu'elle entrevoit pour signaler la culpabilitĂ© du tueur, sa visite illĂ©gale au sein de son appartement), Ken Wiederhorn relance l'intrigue lors de cette confrontation fortuite. Un jeu du chat et de la souris oĂą les rĂ´les n'auront de cesse de permuter. Spoil ! Enfin, le rĂ©alisateur parachève l'affrontement avec un point d'orgue haletant lorsque la jeune soeur traumatique doit revivre son ancienne agression en usant cette fois-ci de bravoure et d'astuce pour sa survie ! Fin du Spoil.


Modeste sĂ©rie B plus finaude que nombre de psycho killer Ă  la rĂ©putation surfaite, Appels au Meurtre est Ă©galement un divertissement dĂ©licieusement inquiĂ©tant et envoĂ»tant au sein de son ambiance angoissante aussi latente que diffuse. La qualitĂ© de son interprĂ©tation (principalement le jeu spontanĂ© de Lauren Tewes et la prestance mutique de la nĂ©ophyte Jennifer Jason Leigh du haut de ses 19 ans !) ainsi que l'efficacitĂ© de sa rĂ©alisation quelque peu avisĂ©e (la scène vertigineuse du balcon est extraordinaire de tension insoutenable !) sont Ă©galement Ă  l'avenant afin de prĂ´ner cette perle horrifique (honteusement) mĂ©connue. 

Un grand merci Ă  l'Antre de l'Horreur ! (http://lantredelhorreur.blogspot.fr/)
05.06.13. 3èx
Bruno Matéï


mardi 4 juin 2013

Holocauste Nazi (La Bestia in Calore / Armes secrètes du 3è Reich)

                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site filmhorror.com

de Luigi Batzella (Ivan Katansky). 1977. Italie. 1h31. Avec Macha Magall, Salvatore Baccaro, Brad Harris, Xiro Papas, Gino Turini, Edilio Kim

Sortie salles Italie: 19 Juillet 1977

FILMOGRAPHIE: Luigi Batzella est un réalisateur italien né le 27 Mai 1924 à San Sperate, en Sardaigne, décédé le 18 Novembre 2008. 1966: Tre franchi di pietà. 1969: Les Mille et une nuits d'Istamboul. 1970: Quand explose la dernière grenade. 1971: Pour Django les salauds ont un prix. 1971: Les Ames damnées de Rio Chico. 1972: Le poulain était fils Dieu. 1972: Confessioni segrete di un convento di clausura. 1973: Les Vierges de la pleine lune. 1974: Les Nuits perverses de Nuda. 1974: Lo Strano ricatto di una ragazza par bene. 1977: Les Tigres du Désert. 1977: Holocauste Nazi. 1978: Symphonie de l'amour. 1979: La Guerre du Pétrole. 1980: l'Implacable Défi (non crédité).


Deux ans après les premiers exploits putassiers d'Ilsa, la louve des SS, l'Italie exploite Ă  son tour le filon du Nazisploitation dans le cĂ©lèbre Holocauste Nazi du tâcheron Luigi Batzella. Banni des Ă©crans anglais et rapidement scellĂ© dans la rubrique des Video Nasties (recensement Ă©tabli Ă  partir de 1984 pour les films VHS jugĂ©s trop gore et/ou violents !), ce nanar transalpin fait office d'un vĂ©ritable culte dans son pays d'origine. Car Ă  l'instar du tout aussi incongru Anthropohagous de Joe d'Amato, Holocaust Nazi doit sa rĂ©putation d'oeuvre scabreuse par l'entremise de deux sĂ©quences crapuleuses. La première scène illustrant la mort par balles d'un bĂ©bĂ© après avoir Ă©tĂ© projetĂ© en l'air par un officier SS. La seconde, la plus innommable et explicite, exposant vulgairement les pulsions sexuelles d'un homme-singe encagĂ© parmi la prĂ©sence d'une captive nue ! Ainsi, de manière erratique, le dĂ©ment se prĂ©cipitera sur son otage pour lui arracher Ă  la main ses poils pubiens tout en les mastiquant goulĂ»ment dans la bouche ! Une scène d'anthologie proprement scandaleuse se vautrant sans vergogne dans la putasserie parmi l'insistance de zooms sanguinolents pointĂ©s sur le pubis et la mâchoire baveuse du dĂ©ment ! Heureusement, le caractère risible de la situation et surtout les grimaceries outrancières gesticulĂ©s par cet acteur nĂ©andertalien permettent avec le recul de faire passer la pilule, mĂŞme si ce moment trash reste Ă  jamais gravĂ© dans les dĂ©viances du cinĂ©ma hardcore. D'autres sĂ©quences gores (arrachages d'ongles en gros plan, dĂ©charge Ă©lectrique sur un organe gĂ©nital fĂ©minin, rats dĂ©vorant l'estomac d'une dĂ©tenue) viennent en alternance renforcer son attrait sanglant, probablement afin de surenchĂ©rir son modèle ricain prĂ©citĂ©. Mais l'aspect amateuriste de la rĂ©alisation et des comĂ©diens bovins ainsi que la pauvretĂ© des trucages Ă©lĂ©mentaires n'engendrent pas l'intensitĂ© escomptĂ©e !


On regarde donc ce succĂ©danĂ© avec l'esprit curieux du masochiste viciĂ© pour observer ce plaisir coupable finalement impayable, quand bien mĂŞme cette dĂ©clinaison emprunte notamment des stock shots et autres sĂ©quences de guerre prĂ©alablement illustrĂ©es dans Quand explose la dernière grenade du mĂŞme rĂ©al ! Le scĂ©nario idiot n'est donc qu'un prĂ©texte pour mettre en exergue des confrontations belliqueuses entre partisans italiens et officiers SS (on s'Ă©tonne par ailleurs du caractère distrayant des sĂ©quences d'action nerveusement emballĂ©es !), alors qu'une experte en mĂ©decine, Ellen Krash, s'est entreprise d'expĂ©rimenter un sĂ©rum sur un mâle lubrique destinĂ© Ă  violer les femmes des militants !  Ainsi donc, si toute l'entreprise du film est indĂ©niablement compromise par la maigreur de son budget, sa maladresse technique et la dĂ©faillance de ses comĂ©diens, Holocaust Nazi rĂ©ussit miraculeusement Ă  nous divertir de par sa formule triviale jusqu'au-boutiste. Notamment auprès du dĂ©paysement que nous offrent ces paysages bucoliques de l'Italie alors que durant certaines plages d'accalmie la musique parfois Ă©lĂ©giaque dĂ©gage une ambiance insolite lĂ©gèrement palpable. Enfin, pour parachever, je tiens Ă  exprimer mon admiration pour l'actrice Macha Magall se rĂ©vĂ©lant Ă  mes yeux l'une des plus belles garces de l'histoire de la Nazisploitation. Car dans son rĂ´le de mĂ©decin nazi, cette comĂ©dienne juvĂ©nile possède un charisme particulièrement vĂ©nĂ©neux Ă  travers son Ă©lĂ©gance gracile auquel la beautĂ© reptilienne de ses yeux azur laisse transparaĂ®tre un regard aussi sadique que lubrique ! De mon point de vue subjectif, j'aurais mĂŞme prĂ©fĂ©rĂ© qu'elle pique la vedette Ă  la volumineuse Dianne Throne iconisĂ©e dans sa fameuse trilogie d'Ilsa !


Oeuvre glauque et malsaine volontairement occultée pour son aspect scabreux, sommet Z de mauvais goût et de déviance, Holocaust Nazi s'avère l'un des ersatz les plus grotesques et incongrus du sous-genre de la Nazisploitation. Pour autant, en dépit de son caractère risible finalement facétieux, il reste réservé à un public averti ! (du moins dans sa version non censurée disponible sur le site de l'Antre de l'horreur)

*Bruno
2èx

Pour les retardataires,
La chronique de Ilsa, la louve de SShttp://brunomatei.blogspot.fr/2012/03/ilsa-la-louve-des-ss-ilsa-she-wolf-of.html
Portier de Nuithttp://brunomatei.blogspot.fr/2011/11/portier-de-nuit.html
La Dernière orgie du 3è Reich: http://brunomatei.blogspot.fr/…/la-derniere-orgie-du-3e-rei…

lundi 3 juin 2013

JACK LE CHASSEUR DE GEANTS (Jack the Giant Slayer)

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site oneclickwatch.org

de Bryan Singer. 2013. U.S.A. 1h54. Avec Nicholas Hoult, Eleanor Tomlinson, Ewan McGregor, Bill Nighy, John Kassir, Ian McShane, Stanley Tucci, Warwick Davis.

Sortie salles France: 27 Mars 2013. U.S: 1er Mars 2013

FILMOGRAPHIE: Bryan Singer (Bryan Jay Singer) est un rĂ©alisateur et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 17 Septembre 1965 Ă  New-York aux Etats-Unis. 1993: Ennemi Public. 1995: Usual Suspects. 1998: Un Elève DouĂ©. 2000: X Men. 2003: X Men 2. 2006: Superman Returns. 2009: Walkyrie. 2013: Jack, le chasseur de gĂ©ants.


D'après le cĂ©lèbre roman d'Orville H. Hampton, Jack le chasseur de gĂ©ants est une nouvelle adaptation Ă©rigĂ©e sur le principe mercantile du blockbuster familial. Si la version de 1961 rĂ©alisĂ©e par Nathan Juran nous eut Ă©merveillĂ© grâce aux crĂ©atures confectionnĂ©es par le maĂ®tre du stop motion, Ray Harryhausen, la rĂ©actualisation de Singer fait appel aux traditionnels effets numĂ©riques pour authentifier l'apparence gargantuesque de ces gĂ©ants. Car en l'occurrence, c'est dans le registre de l'action Ă©pique que le rĂ©alisateur d'X men s'est attelĂ© pour divertir son jeune public en faisant appel Ă  une armĂ©e de monstres titanesques ! Ce qui frappe d'emblĂ©e Ă  la vue de ce film d'aventure trĂ©pidant c'est l'extrĂŞme soin accordĂ© Ă  la physionomie des gĂ©ants. Des crĂ©atures renfrognĂ©es Ă  la trogne patibulaire que l'on arrive Ă  distinguer par leur apparence autonome (Ă  l'image de leur leader bicĂ©phale, puisque accoutrĂ© de deux tĂŞtes sur son tronc !). La trame se rĂ©sumant Ă  la rencontre de Jack et d'une poignĂ©e de chevaliers rĂ©unis en amont du ciel sur la contrĂ©e des gĂ©ants afin de retrouver une princesse. Après quelques pĂ©ripĂ©ties pour la quĂŞte d'une couronne sacrĂ©e, les gĂ©ants rĂ©ussissent Ă  s'en emparer afin de pouvoir revenir sur les terres du Roi Arthur et semer le chaos. Au centre de cette confrontation, Jack, jeune fermier de 18 ans, va pouvoir montrer ses preuves insoupçonnĂ©es de bravoure et vaillance pour s'imposer en chasseur de gĂ©ants !


La bonne nouvelle avec ce Blockbuster dĂ©nuĂ© de prĂ©tention c'est que l'action, rĂ©gulièrement prĂ©sente, s'avère tributaire de l'histoire en faisant fi d'esbroufe inutile. Si le scĂ©nario classiquement planifiĂ© ne rĂ©serve pas vraiment de surprise, sa structure narrative est suffisamment adroite et efficace pour nourrir l'intĂ©rĂŞt avant de culminer vers une bataille homĂ©rique de grande ampleur. Les dĂ©cors soignĂ©s rĂ©ussissent Ă©galement Ă  s'imposer dans la topographie d'une contrĂ©e inexplorĂ©e emmĂ©nagĂ©e par des gĂ©ants hostiles. Enfin, nos hĂ©ros pugnaces qui font face Ă  la menace font preuve d'assez de personnalitĂ© pour Ă©viter l'Ă©tiquette usuelle du stĂ©rĂ©otype (pour exemple, la princesse est loin d'ĂŞtre estampillĂ©e "potiche Ă©cervelĂ©e "!). Dans le rĂ´le de Jack, la valeur montante Nicholas Hoult possĂ©dant ici un charisme saillant dans sa candeur innocente mĂŞlĂ©e de bravoure audacieuse. 


Avec une intégrité évidente, Bryan Singer accomplit avec Jack le chasseur de géants un divertissement intelligent où les effets pyrotechniques et la magie du numérique ont été adroitement agencés afin d'y cristalliser un univers mythologique fondé sur l'existence des géants. Il en émane un semblant de série B luxueuse dans son refus de surenchère doublé d'un plaisir de cinéphile renoué dans son désir inné d'exaltation et de dépaysement.


03.06.13
Bruno Matéï

vendredi 31 mai 2013

La Mauvaise graine / The Bad Seed

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site rottentomatoes.com

de Mervyn Leroy. 1956. U.S.A. 2h09. Avec Nancy Kelly, Patty McCormack, Henry Jones, Eileen Heckart, Evelyn Varden, William Hopper, Paul Fix.

Sortie salles U.S: 12 Septembre 1956

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Mervyn Leroy est un rĂ©alisateur, producteur, acteur et scĂ©nariste amĂ©ricain, nĂ© le 15 Octobre 1900 Ă  San Francisco, Californie, dĂ©cĂ©dĂ© le 13 Septembre 1987 Ă  Beverly Hills (Los Angeles). 1939: Le Magicien d'Oz (non crĂ©ditĂ©). 1942: Prisonnières du passĂ©. 1943: Aventure en Lybie. 1949: Les 4 Filles du Dr March. 1951: Quo Vadis. 1955: Permission jusqu'Ă  l'aube. 1956: La Mauvaise Graine. 1961: Le Diable a 4 heures. 1968: Les BĂ©rets Verts.


Les Tueurs de l'Ă©clipse, l'Autre, les RĂ©voltĂ©s de l'an 2000, les Enfants du MaĂŻs, la MalĂ©diction, Une si gentille petite fille, Emilie, l'enfant des TĂ©nèbres, l'Enfant Miroir, puis plus rĂ©cemment Esther et The Children... Tous ces films notoires ont comme particularitĂ© d'avoir traitĂ© le thème de l'enfance diabolique avec plus ou moins de bonheur. Si certains d'entre eux restent de vĂ©ritables chefs-d'oeuvre toujours aussi acerbes, notamment auprès leur acuitĂ© psychologique (les RĂ©voltĂ©s... l'Autre), une oeuvre avant-gardiste rĂ©alisĂ©e en 1956 par Mervyn Leroy marqua les esprits par sa force de suggestion et son intensitĂ© Ă©motionnelle qui en dĂ©coule. 

Depuis la dĂ©couverte macabre d'un enfant repĂŞchĂ© dans un lac, une mère commence Ă  suspecter la responsabilitĂ© de sa propre fille tant elle semble impassible face Ă  la disparition de son camarade de classe. D'autres Ă©vènements vont venir confirmer l'inquiĂ©tude exponentielle de sa gĂ©nitrice. 


TirĂ© d'un roman de William March et d'une pièce de Maxwell Anderson, La Mauvaise Graine est une perle rare occultĂ©e depuis sa sortie et peu diffusĂ©e Ă  la tĂ©lĂ©vision. RĂ©alisĂ© par un cinĂ©aste prolifique ayant Ă  son actif plus de 80 mĂ©trages (dont le fameux Quo-vadis et Les 4 Filles du Dr March), ce thriller psychologique rĂ©ussit avec intelligence Ă  combiner suspense et angoisse pour les portraits octroyĂ©s Ă  une mère dĂ©munie et sa fille pernicieuse. Prenant pour cadre la scĂ©nographie d'une demeure familiale, Mervyn Leroy nous illustre de façon circonspecte une confrontation intense entre cette mère de famille davantage contrariĂ©e par l'attitude dĂ©sinvolte de sa fille. Ce thriller redoutablement efficace et scrupuleusement interprĂ©tĂ© redouble donc de densitĂ© dans la filiation indĂ©cise allouĂ©e Ă  une Ă©pouse autrefois orpheline. En mettant en exergue cette caractĂ©risation maternelle compromise Ă  l'adoption parentale, la Mauvaise Graine exacerbe sa force Ă©motionnelle du point de vue d'une gĂ©nitrice dĂ©chue de son identitĂ© mais aussi rongĂ©e par la culpabilitĂ© de sa postĂ©ritĂ© criminelle. Quoi de plus ardu et de dĂ©viant que d'apprendre et tolĂ©rer l'impensable ! C'est Ă  dire admettre que son propre rejeton (en l'occurrence une fillette capricieuse âgĂ©e de 8 ans !) soit inconsciemment habitĂ©e par le Mal. Afin d'exacerber son caractère rĂ©aliste et sa tension perpĂ©tuelle, la qualitĂ© de l'interprĂ©tation se rĂ©vèle l'atout inhĂ©rent de cette intense confrontation. Que ce soit au niveau de la prestance fragile de Nancy Kelly dans un rĂ´le rigoureux chargĂ© d'amertume ou celle, diabolique, de Patty McCormack, en fillette vĂ©reuse incapable de refrĂ©ner ses pulsions vengeresses. Enfin, un second rĂ´le fĂ©minin (sobrement incarnĂ© par Eileen Heckart) vient notamment renforcer le caractère dramatique de cette situation de crise face au dĂ©sespoir d'une mère accablĂ©e par le deuil de son propre fils.


En dépit de l'aspect édulcoré de son épilogue salvateur, La Mauvaise Graine s'avère une excellente surprise brillamment interprétée et réalisée avec concision pour la froideur de son impact psychologique. Une vraie perle de noirceur macabre d'autant plus rare et ignorée qu'on aurait tort de l'occulter indéfiniment.

Un grand merci Ă  l'Univers Fantastique de la Science-fiction
31.05.13
Bruno Matéï