mercredi 12 juin 2013

THE CALL

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinema.jeuxactu.com

de Brad Anderson. 2013. U.S.A. 1h35. Avec Halle Berry, Abigail Breslin, Morris Chestnut, Michael Imperioli, Ella Rae Peck, Michael Eklund.

Sortie salles France: 29 Mai 2013. U.S: 15 Mars 2013

FILMOGRAPHIE: Brad Anderson est un réalisateur, scénariste et monteur américain, né en 1964 à Madison (Connecticut).
1995: Frankenstein Planet Monster. 1996: The Darien Gap. 1999: Et plus si affinités. 2001: Session 9. 2001: Happy Accidents. 2005: The Machinist. 2008: Transsibérien. 2010: L'empire des ombres. 2013: The Call.


RĂ©alisateur inĂ©gal Ă  qui l'on doit au moins deux rĂ©ussites perfectibles, Session 9 et The Machinist, Brad Anderson renoue au principe traditionnel du thriller effrĂ©nĂ© avec The Call afin de maintenir en haleine son spectateur.  

Par l'entremise du tĂ©lĂ©phone, une opĂ©ratrice des urgences va tenter de porter secours Ă  une jeune fille kidnappĂ©e par un maniaque. 

Dans la lignĂ©e des thrillers horrifiques initiĂ©s par Black Christmas, Terreur sur la Ligne,  ou encore Appels au meurtre, The Call Ă©tire sur une heure de mĂ©trage le concept de la victime dĂ©munie, oppressĂ©e par un maniaque et n'ayant comme seul recours un tĂ©lĂ©phone pour tenter d'invoquer de l'aide. Il ne s'agit donc pas ici du traditionnel harcèlement tĂ©lĂ©phonique conformĂ©ment Ă©tabli par un serial-killer mais de l'appel dĂ©sespĂ©rĂ© d'une otage auprès du service administratif des urgences.
Avec une efficacitĂ© infaillible et l'empathie Ă©prouvĂ©e pour la complicitĂ© des interlocutrices (deux sĂ©quences s'avèrent mĂŞme assez poignantes !), Brad Anderson exploite ce filon afin de mettre en place un suspense anxiogène quand une victime dĂ©cide d'accorder sa confiance auprès d'une opĂ©ratrice hĂ©sitante. EmbrigadĂ©e dans le coffre d'un vĂ©hicule circulant sur autoroute, l'adolescente va tenter par tous les moyens d'invoquer sa prĂ©sence parmi les automobilistes puis de s'y extraire afin d'Ă©chapper Ă  une sentence inĂ©vitable.
Avec la tonitruance de sa bande son technoïde, le réalisateur insuffle une tension permanente dans cette situation alerte auquel nombre de rebondissements vont venir motiver l'intrigue avec vélocité. Et cela, en dépit de quelques grossières incohérences, comme le fait que le tueur laissera le soin à la victime de conserver son portable (potentiellement défectueux) durant la quasi totalité de sa séquestration !


MenĂ© sans rĂ©pit durant ses 2/3 de mĂ©trages, The Call renforce son caractère acerbe par une terreur persuasive (son prologue cinglant s'avère aussi intense que radical !) une violence parfois brutale  (deux meurtres nous sont illustrĂ©s avec un rĂ©alisme assez cru) et le jeu dĂ©pouillĂ© des deux comĂ©diennes principales. En prioritĂ© Halle Berry incarnant ici avec autant de fragilitĂ© humaine que de vaillance le rĂ´le d'une opĂ©ratrice prĂ©alablement contrariĂ©e par la culpabilitĂ© d'une faute professionnelle. En victime oppressĂ©e, contrainte de se terrer dans le coffre d'un vĂ©hicule, Abigail Breslin retransmet avec un dĂ©sarroi fĂ©brile son calvaire incessant ainsi qu'un dĂ©sespoir de cause de daigner faire front Ă  son tortionnaire.
Malheureusement, si The Call avait rĂ©ussi jusque lĂ  Ă  maintenir son intĂ©rĂŞt dans l'agencement d'un suspense oppressant, sa dernière demi-heure retombe dans les ficelles balisĂ©es du genre avec nombre de revirements Ă©culĂ©s (le trauma liĂ© Ă  l'enfance du tueur, sa confrontation dantesques avec ces deux  dernières victimes) et d'invraisemblances outrĂ©es (la facilitĂ© Ă  laquelle l'hĂ©roĂŻne trouve la planque du criminel). Qui plus est, son prĂ©lude militant pour l'apologie de la vengeance (les fĂ©ministes pourront tout de mĂŞme trouver matière Ă  fantasmer d'une telle idĂ©ologie rĂ©ac !) sombre vulgairement dans le ridicule. NĂ©anmoins, cette dernière partie privilĂ©giant une angoisse sous-jacente et l'action spectaculaire nous Ă©gaye l'esprit et parvient mĂŞme Ă  quelques occasions d'intensifier le jeu offensif d'affrontements sanglants.


SĂ©rie B du samedi soir Ă  voir entre amis ou de prĂ©fĂ©rence avec sa nouvelle copine, The Call peut autant se savourer comme un thriller haletant en demi-teinte qu'un plaisir coupable entièrement bâti sur l'efficacitĂ© d'une rĂ©alisation alerte et de clichĂ©s rebattus (Ă  l'instar du sympathique et rigolard Cellular). 

12.06.13
Bruno Matéï


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