mercredi 19 juin 2013

Superman 2. La version de Richard Donner.

                                    Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site kahramanlarsinemada.com

de Richard Donner. 1980. U.S.A. 1h56. Avec Christopher Reeve, Margot Kidder, Gene Hackman, Jackie Cooper, Marc McClure, Ned Beatty, Terence Stamp, Sarah Douglas.

Sortie salles France: 10 Décembre 1980. U.S: 19 Juin 1981

FILMOGRAPHIE: Richard Donner (Richard Donald Schwartzberg) est un rĂ©alisateur et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 24 Avril 1930 Ă  New-York. 1961: X-15. 1968: Sel, poivre et dynamite. 1970: l'Ange et le DĂ©mon. 1976: La MalĂ©diction. 1978: Superman. 1980: Superman 2 (non crĂ©ditĂ© - Richard Lester). 1980: Rendez vous chez Max's. 1982: Le Jouet. 1985: Ladyhawke, la femme de la nuit. 1985: Les Goonies. 1987: l'Arme Fatale. 1988: FantĂ´mes en FĂŞte. 1989: l'Arme Fatale 2. 1991: Radio Flyer. 1992: l'Arme Fatale 3. 1994: Maverick. 1995: Assassins. 1996: Complots. 1998: l'Arme Fatale 4. 2002: Prisonnier du temps. 2006: 16 Blocs. 2006: Superman 2 (dvd / blu-ray).

Enfin exhumĂ©e de l’anonymat depuis 2006, la fameuse version de Richard Donner, tant espĂ©rĂ©e par les fans du monde entier, a vu le jour - mĂŞme si 30 % des scènes manquantes resteront Ă  jamais sous scellĂ©s. Cette suite trĂ©pidante, haute en couleurs, privilĂ©gie cette fois l’action homĂ©rique : Superman doit non seulement affronter l’intarissable gĂ©nie du crime, Lex Luthor, mais surtout combattre un trio de super-mĂ©chants dotĂ©s des mĂŞmes capacitĂ©s surnaturelles que lui. Une confrontation titanesque, culminant dans l’apothĂ©ose d’une mĂ©galopole urbaine, oĂą notre justicier multiplie les rixes dĂ©mentielles face Ă  l’arrogance d’adversaires impitoyables.

Les nombreux FX, parfois dĂ©suets, parviennent pourtant Ă  impressionner grâce Ă  leur vigueur incisive et aux moyens artisanaux dĂ©ployĂ©s. Mais avant ce dernier acte, particulièrement jouissif, Richard Donner prend soin d’Ă©toffer la relation familiale entre Superman et son père, jusqu’Ă  ce que le hĂ©ros dĂ©cide de rendre sa panoplie et de perdre ses pouvoirs - par amour pour Lois Lane - afin de vivre comme un simple citoyen terrestre. Avec une touche de cocasserie et de romance, le rĂ©alisateur introduit la suspicion tenace de Lois, de plus en plus convaincue que Clark Kent est bel et bien le justicier volant. En dĂ©sespoir de cause, elle met sa vie en pĂ©ril, provoquant une sĂ©rie d’incidents majeurs pour le pousser Ă  se dĂ©voiler enfin.

ComparĂ© Ă  la version de Richard Lester, le montage de Donner tranche par une sobriĂ©tĂ© salutaire, moins axĂ©e sur la dĂ©rision, qui gagne en profondeur et en cohĂ©rence, dans une structure narrative fidèle Ă  celle du premier volet. Ainsi, la cause de la libĂ©ration du gĂ©nĂ©ral Zod et de ses complices diffère complètement : ici, c’est l’un des missiles que Superman avait projetĂ© dans l’espace qui, par malheur, brise leur prison de verre - en parfaite cohĂ©sion avec la fin du premier film. De mĂŞme, la manière plus substantielle dont Superman se rĂ©approprie ses pouvoirs s’ancre dans un dialogue moral avec un père déçu mais clĂ©ment.

L’Ă©pilogue, enfin, s’avère moins dĂ©monstratif et plus crĂ©dible dans la liaison romantique qui unit les amants. Pour prĂ©server son identitĂ©, Superman ne se contente plus d’un baiser magique pour effacer la mĂ©moire de Lois. Il reprend cette course rotative autour de la Terre - l’alibi temporel dĂ©jĂ  employĂ© Ă  la fin du premier opus.

 
Si aujourd’hui Superman II paraĂ®t moins percutant dans sa surenchère spectaculaire - la dernière demi-heure, fertile en destructions massives, trahit l’obsolescence des effets -, il demeure un spectacle empreint de charme, portĂ© par un esprit bienveillant. Humour, action, Ă©motion (notamment les adieux poignants de Lois et Superman) s’y harmonisent dans une simplicitĂ© touchante.
 
19.06.13. 5èx
Bruno 

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