Photo empruntée sur Google , appartenant au site boblarkin.blogspot.com
de Barbara Peeters. 1980. U.S.A. 1h20. Avec Doug McClure, Ann Turkel, Vic Morrow, Cindy Weintraub, Anthony Penya, Denise Galik-Furey, Lynn Theel.
Sortie salles :
28 Août 1980
FILMOGRAPHIE :
Barbara Peeters est une réalisatrice, scénariste, actrice et productrice américaine. 1970: Je suis une hard-girl. 1972: Bury me an Angel. 1974: Summer School Teachers. 1978: Starhops. 1980:
Les Monstres de la Mer .
Produit par Roger Corman , juste avant qu’il ne se consacre Ă d’autres projets tout aussi dĂ©bridĂ©s (La Galaxie de la Terreur , Mutants ), Les Monstres de la mer peut sans conteste rejoindre ce duo gagnant tant il est conçu avec autant d’intention sincère que de maladresse. Cette contradiction engendre un divertissement d’une dĂ©rision irrĂ©sistible, portĂ© par des ressorts dramatiques que la rĂ©alisatrice aborde gravement, Ă l’aide d’un montage sporadique mais efficace. BourrĂ© de clichĂ©s et de personnages stĂ©rĂ©otypĂ©s, Barbara Peeters en abuse sans complexe pour divertir un public complice, venu frissonner le sourire aux lèvres. DominĂ© par d’aimables trognes de seconde zone bien connues des amateurs (Doug McClure et le regrettĂ© Vic Morrow !), Les Monstres de la mer s’Ă©difie en concentrĂ© d’horreur bisseuse, uniquement vouĂ© au plaisir innocent du samedi soir.
Ciblant pour thème la pollution via le DNA 5, substance conçue pour stimuler l’hormone de croissance des saumons gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©s Ă des fins agroalimentaires, l’intrigue n’est qu’un prĂ©texte Ă Ă©mailler, Ă intervalles rĂ©guliers, agressions sanglantes d’amphibiens humanoĂŻdes, Ă©treintes sexuelles de jeunes touristes en rut et stratĂ©gies d’attaque menĂ©es par les rĂ©sidents d’un port ! Car après avoir dĂ©vorĂ© ces saumons mutants, les cĹ“lacanthes (poissons crossoptĂ©rygiens) ont fini par adopter une mutation gĂ©nĂ©tique semblable Ă celle de l’homme-poisson.
Si l’on songe naturellement au Continent des hommes-poissons de Martino , leur anatomie visqueuse Ă©voque tout autant la crĂ©ature du lac noir de Jack Arnold . Et si ces crĂ©atures quasi omniprĂ©sentes prĂŞtent Ă sourire par leur apparence grand-guignolesque et leur posture tantĂ´t meurtrière, tantĂ´t lubrique (elles n’hĂ©sitent pas Ă violer des filles en bikini, Ă©tendues sur la plage, pour parachever leur Ă©volution !), la qualitĂ© des maquillages fascine nĂ©anmoins par leur aspect Ă©tonnamment rĂ©aliste. On est en tout cas loin de la dĂ©froque caoutchouteuse des Kaijus japonais issus de la Toho .
DĂ©libĂ©rĂ©e Ă façonner un pur produit d’exploitation dĂ©diĂ© Ă la vigueur trĂ©pidante, Barbara Peeters ne perd pas de temps et embraye dès les premières minutes : deux rebondissements tragiques prĂ©cèdent une hilarante baston de rue, oĂą les coups pleuvent sous l’Ĺ“il hilare de la foule d’un bal populaire. L’intrigue se recentre ensuite sur les tensions entre un pĂŞcheur raciste (Vic Morrow ), très remontĂ© contre la dĂ©fiance d’un Indien placide, et un pĂŞcheur pacifiste (Doug McClure ), venu prĂŞter main-forte au second avant de dĂ©couvrir l’origine des humanoĂŻdes, Ă©paulĂ© d’une scientifique.
Pour parachever ce traditionnel concept catastrophiste hérité des Dents de la mer , Les Monstres de la mer surenchérit avec la fête annuelle de la station balnéaire, où les créatures, réunies en masse, vont ébranler la tranquillité des invités. Une scène de panique anthologique, fertile en rebondissements sanglants et en explosions, quand bien même la drôlerie involontaire de la plupart des affrontements naît autant de la frénésie risible des monstres que de celle des protagonistes, surjouant leur condition épeurée.
DĂ©bordant de gĂ©nĂ©rositĂ© entre action homĂ©rique, sexe polisson et effusions de gore parfois spectaculaires, Les Monstres de la mer alterne cocasserie et fascination. Par le biais de ses crĂ©atures avides de rancĹ“ur meurtrière et de la prestance cabotine de comĂ©diens de seconde zone, sobrement impliquĂ©s dans leur hĂ©roĂŻsme en herbe, il Ă©mane de cette savoureuse sĂ©rie B un charme bonnard, aussi grotesque que jouissif, frĂ©quemment rehaussĂ© par le grand-guignol d’effets spĂ©ciaux adroits et de gore cracra.
*Eric Binford.
Clin d'oeil à Jean-Pierre Putters .01.06.26. 4èx
23/09/21.
La Chronique de
Mutant :
http://brunomatei.blogspot.com/2012/01/mutant-forbidden-world-grand-prix-du.html La chronique de la Galaxie de la Terreur (la):
http://brunom atei.blogspot.fr/…/la-galaxie-de-la-terreur.ht…
La critique de
Mathias Chaput :
Produit par
Roger Corman en pleine apogée des films fantastiques et d'horreur qui fleurissaient outre Atlantique et qui remplissaient les drive-in et les salles obscures, il faut être honnête et reconnaitre que ce
"MONSTRES DE LA MER" est un véritable régal, un petit bijou du genre...
Le film s'apparente sans difficultĂ©s aux « pop corn movies » qui firent le bonheur des aficionados puis bien après des vidĂ©astes, friands de films gore de monstres, pimentĂ©s par un soupçon d'Ă©rotisme et un sens de l'action innĂ©, qui fit l'apanage et la marque de fabrique du père Corman, qui rencontra un gros succès grâce Ă cette recette parfaitement huilĂ©e et Ă l'efficacitĂ© inaltĂ©rable et inaltĂ©rĂ©e...
Doug Mac Clure (l'inoubliable acteur des films de
Kevin Connor sur les continents oubliés,
"LE SIXIEME CONTINENT" , "LE CONTINENT OUBLIE" et consorts) tient une composition honnête dans son rôle de redresseur de torts bourru et forçant la sympathie et les autres comédiens sont parfaitement impliqués, amplifiant la crédibilité du métrage qui pousse même le détail sur une origine de l'apparition des monstres parfaitement concevable et identifiable pour le spectateur...
Il y a une logique Ă tout cela, les « monstres » issus de mutations gĂ©nĂ©tiques ne tombent pas lĂ comme un cheveu dans la soupe, leur prĂ©sence est la rĂ©sultante de faits bien prĂ©cis !
La réalisation est soignée, les effets gore font mouche (notamment dans la scène de l'attaque lors de la foire, qui vire à la pantalonnade !) jusqu'à un dénouement particulièrement graveleux et cradingue, à réserver aux plus aguerris d'entre nous...
Une bonne histoire, un bon scénario, des moyens conséquents, tout cela fait prendre la mayonnaise correctement et l'ensemble s'avère convaincant et particulièrement réussi !
Un petit bijou, témoignage d'une époque révolue, où naïveté se conjuguait avec imagination via un postulat délirant certes, mais qui tient parfaitement la route !
Excellent !
8,5/10
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