de John Boorman. 1974. Angleterre. 1h46. Avec Sean Connery, Charlotte Rampling, Sara Kestelman, Niall Buggy, John Alderton.
Sortie salles France: 13 Mars 1974. U.S: 6 Février 1974
FILMOGRAPHIE: John Boorman est un réalisateur, producteur, scénariste et acteur américain, né le 18 Janvier 1933 à Shepperton (Royaume-Uni). 1965: Sauve qui peut. 1967: Le Point de non-retour. 1968: Duel dans le pacifique. 1970: Leo the last. 1972: Délivrance. 1974: Zardoz. 1977: L'Exorciste 2. 1981: Excalibur. 1985: La Forêt d'Emeraude. 1987: Hope and Glory. 1990: Tout pour réussir. 1995: Rangoon. 1998: Le Général. 2001: Le Tailleur de Panama. 2003: In my Country. 2006: The Tiger's Tail. 2014 : Queen and Country.
Synopsis :
En 2293, des survivants de l’apocalypse, les Brutes et les Éternels, se disputent le pouvoir depuis l’intrusion de l’Exterminateur Zed dans le vortex de ces derniers. Semant la zizanie autour de lui, Zed tente de bouleverser les règles de leur hiĂ©rarchie en cherchant Ă dĂ©couvrir qui tire rĂ©ellement les ficelles derrière le tabernacle : un cristal dĂ©miurge potentiellement créé par des savants fous afin d’offrir l’immortalitĂ© Ă une poignĂ©e de survivants privilĂ©giĂ©s. Pendant ce temps, Ă l’extĂ©rieur du vortex, les Brutes perpĂ©tuent leur gĂ©nocide envers les laissĂ©s-pour-compte selon les prĂ©ceptes du dieu Zardoz.
Trip hallucinogène au cĹ“ur d’un paysage dystopique surgi de nulle part (ah, ce masque de pierre se dĂ©plaçant dans les airs tel un dirigeable pour enfanter la guerre !), expĂ©rience mĂ©taphysique autour de notre questionnement spirituel et du sens de notre mortalitĂ©, Zardoz aborde les thèmes de l’immortalitĂ© et de la crĂ©ation divine avec une folie furieuse sans Ă©gale. En grossissant le trait de la dĂ©rision, le film pourrait presque s’apparenter Ă un improbable croisement entre Les Diables de Ken Russell et La Montagne sacrĂ©e de Jodorowsky, mâtinĂ© de La Machine Ă explorer le temps.
Tant pour son audace formelle Ă la fois inĂ©puisable et Ă©lectrisante, pour l’excentricitĂ© de ses personnages aux cimes d’une folie collective que pour ses thèmes mystiques invoquant un Dieu manipulateur. BoudĂ© par le public et assassinĂ© par la critique Ă sa sortie - avant que son succès en VHS ne lui permette d’accĂ©der au rang de film culte - Zardoz ne peut laisser indiffĂ©rent par sa vigueur visuelle « schizophrène » que John Boorman orchestre avec une ambition dĂ©lurĂ©e.
Si l’intrigue hermĂ©tique se perd parfois en cours de route (la dernière demi-heure part en vrille de manière aussi chaotique qu’effarouchĂ©e, du moins lors d’un premier visionnage) et que son cheminement narratif souvent elliptique donne le vertige Ă travers une multitude d’indices nĂ©buleux, le spectacle furieusement grisant hypnotise nos sens jusqu’au vertige cĂ©rĂ©bral. Certains spectateurs, toujours aussi impassibles face Ă ce programme expĂ©rimental, continuent de railler l’accoutrement sexy de Sean Connery en brute virile plantureuse et de conspuer ses figurants bigarrĂ©s tout droit sortis d’un Ă‚ge de cristal sous LSD. Pourtant, Zardoz fascine incessamment par sa facture psychĂ©dĂ©lique Ă©minemment ensorcelante.
Son thème existentiel opposant mortalitĂ© et immortalitĂ© suggère d’ailleurs que l’Ă©ternitĂ© pourrait ĂŞtre synonyme d’ennui : privĂ©e d’enjeu, de plaisir et d’accomplissement, elle viderait l’existence de toute saveur. Comme si notre unique destin consistait finalement Ă perpĂ©tuer la vie sur Terre par l’entremise d’une cohĂ©sion familiale. Car la vie a sans doute davantage de valeur lorsque nous ignorons le temps qu’il nous reste.
"Le Magicien d’Oz."
Atypique, Ă©trange au possible, sibyllin, dĂ©concertant, fascinant, hypnotique, Zardoz demeure un ovni d’anticipation passionnant par sa satire philosophique oĂą religion et fanatisme se voient ici mystifiĂ©s par un habile maĂ®tre-chanteur (Oz !). L’un des spectacles les plus hallucinants jamais inscrits sur pellicule, un vĂ©ritable mad movie Ă dĂ©couvrir de prĂ©fĂ©rence Ă jeun, au risque sinon de flirter avec une douce dĂ©mence… ou une incomprĂ©hension totale.
Il faut le voir pour le croire.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤
*Bruno
5èx. 13.03.26. 07.05.24. Vostfr














































