vendredi 21 avril 2017

PERFECT BLUE

                                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

de Satoshi Kon. 1997. Japon. 1h20. Interdit aux - de 12 ans.

Sortie salles France : 8 septembre 1999. Japon: 28 Février 1998

FILMOGRAPHIE: Satoshi Kon (今 敏, Kon Satoshi?) est un mangaka et réalisateur japonais, né le 12 octobre 1963 à Kushiro, décédé le 24 août 2010. 1997 : Perfect Blue. 2001 : Millennium actress. 2003 : Tokyo Godfathers. 2004 : Paranoia Agent (Série TV, 13 ép). 2006 : Paprika. 2007 : Ani-Kuri 15 - segment Ohayō (court métrage).


Thriller horrifique oĂą plane l'ombre d'Argento par son thème, son audace Ă©rotique et ses meurtres gores stylisĂ©s, Perfect Blue constitue une fascinante plongĂ©e dans la schizophrĂ©nie sous l'impulsion de trois personnages respectivement manipulĂ©s. L'illustre chanteuse Mima dĂ©cide de changer de carrière pour s'improviser actrice. HarcelĂ©e par un fan depuis ses rĂ´les lubriques et sujette Ă  un dĂ©doublement de personnalitĂ© dans sa nouvelle fonction professionnelle, Mima perd peu Ă  peu le contrĂ´le avec sa rĂ©alitĂ© quand bien mĂŞme des membres de son entourage sont retrouvĂ©s assassinĂ©s. 


A partir d'une intrigue complexe volontairement sinueuse quant aux profils Ă©quivoques de deux mystĂ©rieux fans obsĂ©dĂ©s par leur idole, Satoshi Kon dĂ©cuple trouble et malaise auprès de la fragile Mima partagĂ©e entre le doute de rater sa nouvelle carrière et sa remise en question identitaire. Quand bien mĂŞme les rĂ´les audacieux qu'on lui impute face camĂ©ra s'avèrent Ă  la fois provocants (la scène du viol et les photos de nu) et horrifiants (son personnage de tueuse en sĂ©rie sujette au dĂ©doublement de personnalitĂ©). Jeu pervers de manipulations que Satoshi Kon coordonne parmi l'alternance vertigineuse de la fiction (une mise en abyme) et de la rĂ©alitĂ©, Perfect Blue sème une lourde paranoĂŻa auprès de ce trio Ă©quivoque si bien que le spectateur en perte de repères ne parvient plus, Ă  l'instar de l'hĂ©roĂŻne, Ă  dĂ©mĂŞler le vrai du faux semblant. A la fois Ă©trangement onirique et morbide, violent et oppressant, Perfect Blue sonde les âmes torturĂ©es de ces personnages nĂ©vrosĂ©s avec une diabolique habiletĂ© et la volontĂ© de nous confinĂ©s lentement dans un dĂ©dale schizophrène toujours plus ramifiĂ©.


Une expĂ©rience schizophrène gigogne. 
Par son impressionnante facture cinĂ©gĂ©nique de manga et de thriller horrifique intensĂ©ment troubles, Satoshi Kon cultive un climat anxiogène en roue libre sous l'impulsion de personnages en nĂ©vrose identitaire avides d'amour et de reconnaissance. A travers leur pathologie bicĂ©phale ou l'obsession, la jalousie et la possessivitĂ© se disputent la mise, il en extrait une rĂ©flexion sur le fanatisme de la cĂ©lĂ©britĂ© et la schizophrĂ©nie dont certains souffriraient en secret dans leur combat contre leurs dĂ©mons internes (la peur de l'Ă©chec, le manque d'aplomb et de confiance s'opposant au dĂ©sir d'affirmation et de rĂ©ussite). Une intense expĂ©rience Ă©motionnelle Ă  revoir fissa pour en saisir toute son essence cĂ©rĂ©brale et mieux dĂ©mĂŞler les ressorts psychologiques de chaque victime ballottĂ©e entre la folie et la duperie.  

Eric Binford/Bruno Dussart
2èx

1 commentaire:

  1. Salut, très bonne critique, je trouve cela juste sublime, je t'ajoute dans les blogue que je conseille sur mon propre blogue ( en bas page)mangaanimations.blogspot.fr
    , j'ajoute aussi un liens vers cette article (pour avoir plus d'infos) en dessous de ma propre fiche sur ce film.
    la voici : http://mangaanimations.blogspot.fr/2017/04/perfect-blue.html

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