vendredi 6 septembre 2019

Amityville 2, "le possédé" / "Amityville 2: The Possession"

                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site wrongsideoftheart.com

de Damiano Damiani. 1982. U.S.A. 1h44. Avec James Olson, Burt Young, Rytanya Alda, Jack Magner, Andrew Prine, Diane Franklin, Moses Gunn, Ted Ross, Erika Katz, Brent Katz, Leonardo Cimino.

Sortie en salles en France le 5 Janvier 1983. U.S: 24 Septembre 1982

FILMOGRAPHIE: Damiano Damiani (23 Juillet 1922 Ă  Pasiano di Pordenone) est un Ă©crivain, scĂ©nariste, acteur et rĂ©alisateur de cinĂ©ma italien. 1960: Jeux PrĂ©coces, 1961: Il Sicario, 1962: L'Isola Di Arturo, 1963: La RepatriĂ©e, l'Ennui et sa Diversion, 1966: La Strega in Amore, El Chuncho, 1968: Una ragazza piuttosto complicata, La Mafia fait la loi, 1970: Seule contre la Mafia, 1971: Confession d'un commissaire de police au procureur de la RĂ©publique, Nous Sommes tous en LibertĂ© Provisoire, 1972: Girolimoni, il mostro di Roma, 1974: Il sorriso del grande tentatore, 1975: Un GĂ©nie, deux AssociĂ©s, une Cloche, 1976: PerchĂ© si uccide un magistrato, 1977: Un Juge en Danger, 1980: Goodbye e amen, Un uomo in Ginocchio, 1981: L'avvertimento, 1982: Amityville 2, le possĂ©dĂ©, 1985: Pizza Connection, 1986: La Gran Incognita, l'Inchiesta, 1989: Gioco al Massacro, 1990: Il sole Buio, 1992: l'Angelo con la Pistola, 2000: Alex l'ariete, 2002: Assassini dei giorni di Festa.

 
"Amityville 2 : la maison dĂ©vore ses enfants".
Trois ans après le triomphe d’Amityville, classique de la hantise encore trop mĂ©sestimĂ©, le producteur Dino De Laurentiis confie Ă  l’Italien Damiano Damiani la rĂ©alisation d’une prĂ©quelle. Oscillant entre film de maison maudite et possession satanique, Amityville 2 amortit son budget pour gagner, au fil des dĂ©cennies, une aura de culte : pour beaucoup, il est aujourd’hui le meilleur volet de la saga.

La famille Montelli emmĂ©nage Ă  Long Island, dans leur nouvelle demeure d’Amityville. Dès leur arrivĂ©e, d’Ă©tranges signes s’Ă©veillent — et le fils aĂ®nĂ© se laisse happer par le souffle Ă©thĂ©rĂ© de la maison. Peu Ă  peu, une force diabolique s’infiltre en lui, le ronge et l’incite au carnage.


D’après le scĂ©nario Ă©pineux de Tommy Lee Wallace, librement inspirĂ© du massacre DeFeo, la fascination vĂ©nĂ©neuse de cet opus tient au portrait d’une famille rongĂ©e de l’intĂ©rieur. Le père, mĂ©crĂ©ant et irascible, impose ses brutalitĂ©s et ses chantages charnels ; la mère, catholique pratiquante, endure en silence ; leurs enfants, eux, subissent ces querelles qui pourrissent jusqu’au repas. PassĂ© un premier quart d’heure Ă©grainant des manifestations spectaculaires, l’ambiance s’Ă©paissit — pour se lover dans l’esprit viciĂ© du fils aĂ®nĂ©.
Nul n’oublie la scène incestueuse oĂą Johnny, malin comme un serpent, envoĂ»te sa sĹ“ur compatissante — jusqu’au remords muet qui la dĂ©vore. Instant d’intimitĂ© sourdement glauque, nourri de regards troubles et d’une sĂ©duction diaphane. Bien avant cette dĂ©rive, un autre sommet s’impose : Johnny, possĂ©dĂ©, traquĂ© par une camĂ©ra subjective virevoltante, fuit Ă  travers la maison avant de s’Ă©crouler, torse nu, implorant l’entitĂ© de ne pas le violer. Une scène terrifiante, filmĂ©e comme un cauchemar fiĂ©vreux.


Tout du long, Damiani radiographie, au compte-gouttes, la contamination dĂ©moniaque de Johnny dans une atmosphère fuligineuse, sournoisement insidieuse. Il surpasse mĂŞme son modèle : plus rĂ©aliste, plus poisseux, jonglant entre angoisse, impuissance et horreur. Les comĂ©diens, eux, livrent une partition habitĂ©e : nĂ©vrose, honte et perversion infusent chaque geste. Diane Franklin, en jeune sĹ“ur rattrapĂ©e par la culpabilitĂ© d’ĂŞtre devenue l’objet d’un tabou, fend le cĹ“ur. Jack Magner, lui, incarne l’hĂ©ritier du Mal — isolĂ©, vicieux, profanateur de chair et de foi.
Et si le dernier acte, flirtant avec L’Exorciste, flĂ©chit dans un air de dĂ©jĂ -vu, il conserve un pouvoir d’inquiĂ©tude grâce Ă  la figure pathĂ©tique du tueur juvĂ©nile et l’ultime sursaut rĂ©dempteur du prĂŞtre. Sans sombrer dans le grand-guignol, l’exorcisme final reste concis et d’une laideur jouissive : la chair du possĂ©dĂ© se fend sous nos yeux en lambeaux purulents.


"Le PossĂ©dĂ© : confession d’une demeure impure".
PortĂ© par le score entĂŞtant de Lalo Schifrin, Amityville 2 : Le PossĂ©dĂ© fait partie de ces rares suites qui surpassent l’original. Subversif, poisseux, anxiogène jusqu’Ă  l’os : la perversion suinte, l’angoisse Ă©touffe, et le massacre, filmĂ© avec une cruautĂ© implacable, vous arrache un frisson qui persiste.

Quant Ă  Jack Magner, il glace, magnĂ©tique, jusqu’Ă  l’ultime regard — Ă  redĂ©couvrir, d’urgence.

Note : Le film ne fut pas tourné dans la véritable maison, mais dans une autre bâtisse recréée en fac-similé.

* Bruno
06.09.19. 4èx
11.08.11. 162 v

jeudi 5 septembre 2019

Frère de sang 2

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Basket Case 2" de Frank Henenlotter. 1990. U.S.A. 1h30. Avec Kevin Van Hentenryck , Judy Grafe, Annie Ross , Heather Rattray , Chad Brown , Beverly Bonner , Alexandra Auder

Sortie salles U.S: 5 Octobre 1990

FILMOGRAPHIEFrank Henenlotter est un rĂ©alisateur amĂ©ricain de films d'horreur nĂ© le 29 aoĂ»t 1950 Ă  New-York. 1982: Frères de sang. 1988: Elmer, le remue-mĂ©ninges. 1990: Frères de sang 2. 1990: Frankenhooker. 1992: Frères de Sang 3. 2008: Sex Addict.


8 ans après avoir Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ© auprès des amateurs de dĂ©viance horrifique avec le ravageur Frère de sangFrank Henenlotter s'impose une modeste sĂ©quelle avec Frère de sang 2. Du B movie trash underground que ce dernier continue d'assumer dans son refus du conformisme si bien que seul compte pour lui dĂ©viance, vulgaritĂ© et provocation Ă  travers le schĂ©ma d'un cartoon live bĂŞte et mĂ©chant. Ainsi, après leur dĂ©fenestration; Duane et son frère Belial sont transportĂ©s Ă  l'hĂ´pital pour y ĂŞtre soignĂ©s. Mais après avoir tuĂ© un des infirmiers et pris la fuite, ils sont aimablement hĂ©bergĂ©s par la tante de Duane qui accueille en secret une Ă©trange communautĂ© de marginaux. Des laissĂ©s pour compte d'apparence monstrueuse que la sociĂ©tĂ© policĂ©e refuse d'insĂ©rer. Duane et son frère tentent alors de cohabiter au sein de cette communautĂ© au moment mĂŞme oĂą un trio de journalistes cupides s'efforcent d'y opĂ©rer un juteux scoop.


Sans jamais rivaliser avec la qualitĂ© de son modèle, authentique film-culte Ă©tonnamment percutant et couillu dans sa disparitĂ© des genres; Frère de sang 2 rĂ©fute la redite pour nous proposer un Ă©crin autrement singulier qu'Henenlotter ose transgresser, entre grotesque et mauvais goĂ»t dĂ©bridĂ©. Soufflant cependant le chaud et le froid, de par le cĂ´tĂ© routinier des mises Ă  mort rehaussĂ© pour autant d'une inquiĂ©tante scĂ©nographie d'un stylisme baroque (le colloque entre Duane et le journaliste dans la pĂ©nombre d'un bar dĂ©gage une ambiance de film noir Ă©tonnamment hybride !); Frère de sang 2 ne manque pas d'idĂ©es vrillĂ©es (notamment la pathologie d'un certain protagoniste !) pour surprendre le spectateur embarquĂ© dans une monstrueuse parade aussi dĂ©concertante que facĂ©tieuse. Quand bien mĂŞme Henenlotter continue de dĂ©velopper les profils des frères siamois, particulièrement Duane toujours aussi avide d'indĂ©pendance et d'aspiration conjugale auprès de la fille de sa tante. Quant Ă  son petit frère impotent (au maquillage de latex un peu plus Ă©laborĂ© !), il poursuit ici son pĂ©riple meurtrier en guise de vengeance. A savoir, supprimer les journalistes dĂ©lateurs avant d'y fricoter Ă©galement l'amour auprès d'un binĂ´me fĂ©minin. Henenlotter y injectant par cette occasion inusitĂ© une dĂ©rision salace effrontĂ©e par le biais d'un coĂŻt aussi graphique que dĂ©rangeant !


Ainsi donc, avec une modeste efficacitĂ©, Frank Henenlotter parvient Ă  rendre gentiment ludique cette sĂ©quelle folingue en tablant surtout sur la hiĂ©rarchie carnavalesque des monstres de foire tentant de cohabiter avec les frères siamois avec une dĂ©contraction (dĂ©libĂ©rĂ©ment) grotesque. Et ce avant qu'Henenlotter n'opère un virage Ă  180° pour Ă©branler leur sĂ©rĂ©nitĂ© en optant un retour Ă  la case dĂ©part pour la condition uniforme de Duane / Belial ! Une sĂ©quence finale caustique aussi hallucinante que profondĂ©ment dĂ©rangeante, assurĂ©ment le moment le plus marquant de cette sympathique rĂ©crĂ©ation potache. A rĂ©server toutefois aux aficionados de curiositĂ© barrĂ©e !

*Bruno
05.09.19. 3èx
12/09/16. 113 v

mercredi 4 septembre 2019

La Fièvre au corps

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Body Heat" de Lawrence Kasdan. 1981. U.S.A. 1h53. Avec William Hurt, Kathleen Turner, Richard Crenna, Ted Danson, J.A. Preston, Mickey Rourke.

Sortie salles France: 24 Février 1982. U.S: 28 Août 1981

FILMOGRAPHIELawrence Kasdan est un producteur, scénariste, réalisateur et acteur américain né le 14 janvier 1949 à Miami Beach, Floride (États-Unis). 1981 : La Fièvre au corps. 1983 : Les Copains d'abord. 1985 : Silverado. 1988 : Voyageur malgré lui. 1990 : Je t'aime à te tuer. 1991 : Grand Canyon. 1994 : Wyatt Earp .1995 : French Kiss. 1999 : Mumford. 2003 : Dreamcatcher. 2012 : Freeway et nous.


Thriller torride autour d'un duo d'amants fébriles emportés par la vague du crime passionnel, La Fièvre au Corps rend hommage au film noir des années 50 avec une efficacité certaine à défaut de
révolutionner le genre. Car si le classicisme de sa première partie opte le déjà vu (il s'agit du même schéma meurtrier que le Facteur sonne toujours 2 fois), la maîtrise de la mise en scène posée et surtout le jeu assez magnétique du duo lubrique William Hurt (en avocat véreux coureur de jupon) / Kathleen Turner (en vamp perfide atteinte de nymphomanie) parviennent pour autant à instaurer un suspense latent prenant toute son intensité lors de sa vénéneuse seconde partie. Si bien que Lawrence Kasdan s'alloue d'un scénario solide pour nous surprendre au gré rebondissements imprévisibles d'une diabolique habileté, à l'instar de son étonnant dénouement plutôt immoral.


Outre l'aspect ludique de son intrigue criminelle soigneusement narrĂ©e et d'un Ă©rotisme ardent lors de son 1er acte rĂ©gi en vase-clos Ă©touffant, La Fièvre au corps s'avère davantage captivant auprès du tĂ©moignage de l'avocat insidieux pris dans les mailles du soupçon et de la culpabilitĂ© eu Ă©gard de ses adjoints Ă  l'affĂ»t du moindre indice. D'une cruautĂ© inouĂŻe quant aux vĂ©ritables propos pernicieux de sa maĂ®tresse vĂ©nale, La Fièvre au corps ne cessera donc lors de sa seconde partie Ă  dĂ©crĂ©dibiliser la parole de l'avocat emportĂ© dans la tourmente de la duperie et du simulacre. Si bien qu'Ă  ce jeu de pouvoir entre amants corrompus y Ă©mane le portrait d'une veuve noire impitoyable quant Ă  ses ambitions cupides dĂ©nuĂ©es d'une once de compassion.


Baignant dans un climat solaire rubigineux Ă  travers les Ă©bats impudents du duo en rut, la Fièvre au Corps affiche un climat d'Ă©rotisme sulfureux derrière l'hommage sincère au film noir. Quand bien mĂŞme William Hurt et Kathleen Turner envoĂ»tent sans fard l'Ă©cran avec une complicitĂ© amoureuse terriblement mielleuse. A (re)dĂ©couvrir. 

*Bruno
3èx

mardi 3 septembre 2019

Série noire pour une nuit Blanche. Prix spécial du jury, Cognac 85.

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Into the Night" de John Landis. 1985. U.S.A. 1h48. Avec Jeff Goldblum, Michelle Pfeiffer, Stacey Pickren, Carmen Argenziano, Dan Aykroyd, Bruce McGill, Dedee Pfeiffer, Richard Farnswort.

Sortie salles France: 22 Mai 1985

FILMOGRAPHIEJohn Landisest un réalisateur, acteur, scénariste et producteur américain, né le 3 Août 1950 à Chicago (Illinois, Etats-Unis). 1973: Schlock. 1977: Hamburger Film Sandwich. 1978: American College. 1980: The Blues Brothers. 1981: Le Loup-garou de Londres. 1983: Un Fauteuil pour deux. 1983: La Quatrième Dimension. 1985: Série noire pour une nuit blanche. 1985: Drôles d'espions. 1986: Trois amigos ! 1986: Cheeseburger film sandwich. 1988: Un Prince à New-York. 1991: l'Embrouille est dans le sac. 1992: Innocent Blood. 1994: Le Flic de Beverly Hills 3. 1996: Les Stupides. 1998: Blues Brothers 2000. 1998: Susan a un plan. 2010: Cadavres à la pelle.


Une merveilleuse comédie policière à travers une balade stellaire jonchée de rencontres patibulaires, de cadavres, de majordomes et de villas huppées.
RĂ©alisateur reconnu comme un maĂ®tre de la comĂ©die dĂ©calĂ©e tout en ayant percĂ© dans le cinĂ©ma d'horreur, le film musical et le polar avec un mutuel brio, John Landis ne perd rien de son savoir-faire avec SĂ©rie noire pour une nuit Blanche rĂ©compensĂ©e du Prix SpĂ©cial du Jury Ă  Cognac. Car maĂ®trisant Ă  nouveau les ruptures de ton comme personne, John Landis nous rĂ©gale d'une dĂ©licieuse intrigue criminelle truffĂ©e d'Ă©clairs de violence, de fantasmagorie et de cocasserie Ă  travers le cocktail d'un survival Ă  perdre haleine. Qui plus est, magnifiquement filmĂ© de nuit au coeur d'une citĂ© urbaine bon chic bon genre, ce dernier y transcende la forme Ă  travers ses villas et hĂ´tels luxueux que Jeff Goldblum et Michelle Pfeiffer arpentent afin de dĂ©jouer les menaces tous azimuts. Dans la mesure oĂą un quatuor de tueurs israĂ©liens et d'autres clans mafieux sont Ă  leur trousse afin d'empocher 6 Ă©meraudes que Diana passa en fraude avec la complicitĂ© de son amant. Au mĂŞme moment, dans un concours de circonstances alĂ©atoires, Ed Okin se rĂ©fugia Ă  l'aĂ©roport depuis ses problèmes d'insomnie, faute d'avoir tĂ©moignĂ© de l'adultère de son Ă©pouse. Mais c'est lors d'une tentative de kidnapping que nos deux hĂ©ros vont se rencontrer et se prĂŞter main forte pour un mutuel enjeu de survie. Pour ce faire, ils mettront en oeuvre leur cohĂ©sion amicale le temps restreint de deux nuits blanches. 


Ainsi donc, Ă  travers sa moisson de pĂ©ripĂ©ties et rebondissements en pagaille, ses gags hilarants et ses instants de cocasserie Ă©maillĂ©s de plages de tendresse, Serie noire pour une nuit blanche est d'autant mieux illuminĂ© de la complĂ©mentaritĂ© sentimentale de Jeff Goldblum / Michelle Pfeiffer en voie d'Ă©treinte amoureuse. Celui-ci endossant avec une sobriĂ©tĂ© nuancĂ©e le rĂ´le d'un cadre Ă  la fois introverti et taiseux auprès de son Ă©pouse infidèle, quand bien mĂŞme son parcours tumultueux avec sa nouvelle compagne lui permettra de braver les dangers en faisant preuve de bagout audacieux et d'hĂ©roĂŻsme toujours placide. JuvĂ©nile, sĂ©millante et sexy, Michelle Pfeiffer se fond dans le corps d'une escort girl pour autant Ă©tonnamment loyale, solidaire et indulgente quant aux rapports prĂ©caires avec son partenaire timorĂ© plongĂ© dans l'univers insoupçonnĂ© de la pègre meurtrière. Si bien qu'il est Ă©tonnant de constater combien John Landis s'affranchit des interdits en injectant par intermittence Ă  son intrigue pittoresque des scènes de violence tranchĂ©es en totale contradiction avec son climat dĂ©calĂ© de douce folie. A l'instar de la vigoureuse panique finale dans l'aĂ©roport, pur moment d'anthologie de par son action erratique oĂą se disputent dans la cacophonie, flics, malfrats et hĂ©ros Ă  nouveau pris en otage.


Série noire pour deux nuits blanches
C'est donc une nouvelle fois un incroyable divertissement hybride que nous offre gĂ©nĂ©reusement John Landis Ă  travers cette comĂ©die policière effrontĂ©e dĂ©ployant une plĂ©thore de situations dĂ©bridĂ©es sous l'impulsion d'antagonistes extravagants en proie aux diamants verts d'un couple emportĂ© par la fougue d'un conte de fĂ©e aussi bien pailletĂ© que macabre. Un rĂ©gal Ă  revoir sans se lasser. 

10/10

*Bruno
3èx

lundi 2 septembre 2019

Puppet Master, The Littlest Reich. Grand Prix Gérardmer, 2019

                                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Sonny Laguna et Tommy Wiklund. 2018. U.S.A. 1h29. Avec Thomas Lennon, Jenny Pellicer, Nelson Franklin, Charlyne Yi, Michael Pare

Sortie en VOD, U.S: 17 Août 2018

FILMOGRAPHIE: Sonny Laguna est un réalisateur et scénariste américain. 2018: Puppet Master: The Littlest Reich. 2015 We Are Monsters. 2012 Cabin of the Death. 2011 Blood Runs Cold. 2010 Madness (Video). Tommy Wiklund est un réalisateur, scénariste et producteur américain. 2018: Puppet Master: The Littlest Reich. 2015 We Are Monsters. 2012 Cabin of the Death. 2010 Madness (Video). 2006 Jag såg min bäste vän dö (Video).


12 è volet de la franchise créé par Full Moon, Puppet Master the littlest Reich s'apparente Ă  un Ă©pisode lambda de la saga Vendredi 13 de par l'ossature de son pitch sans surprise, dĂ©nuĂ© d'enjeux dramatiques, ses situations aussi routinières qu'Ă©culĂ©es et ses meurtres mĂ©tronomes que le duo Sonny Laguna / Tommy Wiklund met en exergue sans passion. Et ce en dĂ©pit d'un cast convaincant d'autant bien dirigĂ© et de la qualitĂ© des FX nanti de maquillages ultra gores. Seul vĂ©ritable intĂ©rĂŞt de cette franchise (ultra) mineure puisqu'elle ne se contente de nous divertir qu'Ă  travers ses scènes chocs sardoniques souvent percutantes et inventives Ă  dĂ©faut de nous immerger dans un huis-clos de tous les dangers dĂ©nuĂ© d'intensitĂ© dramatique et de rebondissements (en dĂ©pit de son Ă©pilogue bizarroĂŻde avec l'intervention de Toulon). Quant Ă  son inexplicable Grand Prix dĂ©cernĂ© Ă  GĂ©rardmer, il restera pour moi aussi injustifiĂ© que les surfaits Dream Lover, Patrick et Darkside, les contes de la nuit noir primĂ©s Ă  Avoriaz, quand bien mĂŞme sa facture tĂ©lĂ©filmesque (Ă©paulĂ© d'un scope inutile !) renforce un peu plus le cĂ´tĂ© aseptique de l'entreprise.

*Bruno

vendredi 30 août 2019

Insomnia

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Christopher Nolan. 2002. U.S.A. 1h58. Avec Al Pacino, Robin Williams, Hilary Swank, Maura Tierney, Martin Donovan, Paul Dooley, Nicky Katt.

Sortie salles France: 6 Novembre 2002. U.S: 24 Mai 2002

FILMOGRAPHIE: Christopher Nolan est un réalisateur, scénariste et producteur anglais, né le 30 Juillet 1970 à Londres en Angleterre. 1998: Following. 2000: Memento. 2002: Insomnia. 2005: Batman Begins. 2006: Le Prestige. 2008: The Dark Knight. 2010: Inception. 2012: The Dark Knight Rises. 2014: Interstellar.


Thriller implacable d'une intensitĂ© dramatique Ă  la fois vertigineuse et bouleversante, Insomnia est le genre d'Ă©preuve cinĂ©matographique Ă  marquer d'une pierre blanche, Ă  l'instar de ces modèles Seven et le Silence des Agneaux qu'on ne prĂ©sente plus. Car nanti d'un scĂ©nario en bĂ©ton explorant une confrontation cĂ©rĂ©brale en acmĂ© entre Al Pacino, en flic vĂ©reux dĂ©semparĂ© (magnifique jeu d'acteur tout en sobriĂ©tĂ© viscĂ©rale !), et Robin Williams, en tueur perfide tirant les ficelles d'un odieux compromis criminel (un rĂ´le Ă  contre-emploi parvenant dès sa 1ère apparition Ă  nous faire oublier  ses traditionnelles mimiques fringantes), Insomnia ne nous laisse aucun rĂ©pit de par le magnĂ©tisme de son intrigue sournoise fertile en rebondissements. Tant et si bien que Christopher Nolan parvient Ă  nous hypnotiser de la manière la plus vĂ©riste et immersive lorsqu'un flic et un tueur sont contraints de collaborer Ă  la suite de leurs bĂ©vues criminelles oĂą l'innocence en paya le lourd tribus. Ainsi, Ă  travers les thèmes du simulacre et de la corruption, de la culpabilitĂ© et du remord, ce dernier dresse le douloureux portrait d'un flic dĂ©sabusĂ©, faute de ses actions prĂ©judiciables d'avoir oser falsifier des preuves afin de faire condamner les pires criminels aux tendances pĂ©dophiles.


Tout le récit savamment structuré titillant au compte goutte les états d'âme de l'inspecteur Will Dormer en proie à une imparable insomnie depuis sa culpabilité d'avoir accidentellement causé la mort de son confrère lors d'une course-poursuite avec le tueur en plein brouillard. D'ailleurs, de par son climat à la fois hivernal et montagneux, Insomnia s'avère également un film d'ambiance crépusculaire comme on en voit trop peu dans le paysage du thriller hollywoodien. Si bien que Christopher Nolan maîtrise à la perfection ses cadres naturels (comme l'incroyable poursuite sur les rondins de bois !) auquel évolue ces protagonistes hantés par la disparition d'une adolescente battue à mort pour un mobile sentimental. Et si Insomnia s'avère aussi intense et psychologiquement éprouvant, il le doit autant à l'ampleur de sa progression narrative davantage substantielle que du témoignage avisé de la jeune inspectrice Ellie Burr fascinée par la notoriété exemplaire de Dormer mais davantage suspicieuse, et donc sur le qui-vive, quant à son éventuelle complicité meurtrière. La présence rassurante d'Hilary Swank en inspectrice novice cultivant peu à peu un climat d'amertume épris de gravité lors de son investigation personnelle à reconsidérer les faits relatés.


Une tragédie humaine
Grand moment de cinĂ©ma au sein du thriller noir d'une rigueur psychologique Ă  la fois Ă©touffante,  escarpĂ©e et bouleversante, Insomnia ne nous laisse pas indemne Ă  travers sa vibrante rĂ©flexion sur la corruption humaine si bien que l'intĂ©gritĂ© d'un homme se juge ici Ă  la manière dont il dĂ©fiera sa propre lâchetĂ©. Un drame humain en somme, profond, puissant et inoubliable que le score fragile de David Julyan gradue avec une infinie mĂ©lancolie.

*Bruno
2èx

Récompense: London Film Critics Circle Awards 2003 : Réalisateur britannique de l'année pour Christopher Nolan

jeudi 29 août 2019

Witness

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

de Peter Weir. 1985. U.S.A. 1h52. Avec Harrison Ford, Kelly McGillis, Lukas Haas, Josef Sommer, Jan Rubes, Alexander Godunov, Danny Glover.

Sortie salles France: 22 Mai 1985. U.S: 8 Février 1985

FILMOGRAPHIE: Peter Weir est un réalisateur australien, né le 21 Août 1944, à Sydney, Australie.
1974: Les Voitures qui ont mangé Paris. 1975: Pique-nique à Hanging Rock. 1977: La Dernière Vague. 1981: Gallipoli. 1982: l'Année de tous les Dangers. 1985: Witness. 1986: Mosquito Coast. 1989: Le Cercle des Poètes Disparus. 1990: Green Card. 1993: Etat Second. 1998: The Truman Show. 2003: Master and Commander. 2011: Les Chemins de la Liberté.


"Un flic qui en sait trop. Sa seule chance: un témoin de 8 ans qui en a vu trop."
Immense auteur d'origine australienne Ă  la filmo irrĂ©prochable, Peter Weir surprend avec Witness si bien qu'il s'essaie au film de commande hollywoodien que David Cronenberg et John Badham refusèrent initialement. Et si on est loin de la qualitĂ© formelle et narrative de ses chefs-d'oeuvre naturalistes (les auteurisants La Dernière Vague / Picnic Ă  Hanging Rock), Witness ne manque pas de densitĂ© Ă  travers les composants de la romance et du thriller que le duo incandescent Harrison Ford / Kelly McGillis anime avec passion. Pour ce faire, Peter Weir leur fait confronter le choc des cultures Ă  travers la communautĂ© rigoriste des Amish qu'un flic est contraint de frĂ©quenter depuis sa faction auprès d'un bambin malencontreusement tĂ©moin d'un meurtre crapuleux. Ainsi, alors qu'il se retrouve grièvement blessĂ© lors d'une balle perdue, il est aimablement soignĂ© et accueilli par l'hospitalitĂ© de Rachel, la mère du bambin, et le père de celle-ci, prĂ©cisĂ©ment psycho-rigide lorsqu'il s'agit d'honorer ses directives religieuses.


Au-delĂ  de l'intensitĂ© de quelques scènes d'action remarquablement montĂ©es; principalement lors de son point d'orgue aussi tendu qu'haletant; Witness privilĂ©gie l'essence romantique d'une liaison impossible, faute d'une culture religieuse ultra conservatrice et de l'Ă©preuve du deuil Ă  considĂ©rer (l'Ă©poux de Rachel venant de trĂ©passer en ouverture du rĂ©cit). ImprĂ©gnĂ© de douce tendresse et d'ambiguĂŻtĂ© Ă  travers les non-dits et les regards fĂ©briles dĂ©sireux d'y croquer la pomme, Witness dĂ©gage un climat semi Ă©lĂ©giaque autour du couple en Ă©moi, et ce sous l'impulsion du score Ă©purĂ© de Maurice Jarre. Harrison Ford et Kally Mc Gillis insufflant une fragile expression humaine Ă  travers leur complicitĂ© amoureuse si bien que l'on peut d'ailleurs Ă©voquer le "coup de foudre" lorsqu'ils cèdent finalement Ă  leurs Ă©treintes frĂ©nĂ©tiques que Peter Weir filme toutefois avec beaucoup de pudeur et de mutisme dans les Ă©changes de regard. Et donc, en y opposant la violence urbaine d'une sociĂ©tĂ© incivique avec la violence puritaine d'une secte religieuse, Peter Weir y façonne un mur entre ces 2 microcosmes, de par leur Ă©thique infiniment contradictoire et leur refus de moindre concession si bien que l'amour n'aura pas lieu d'ĂŞtre. 


Bien que perfectible, moins rĂ©aliste que prĂ©vu (notamment auprès du meurtre dans les toilettes) et parfois un brin caricatural (la posture altière de certains tueurs ou celle autrement rigide de certains Amish), Witness explore le thriller romantique avec assez d'efficacitĂ©, d'intensitĂ© et d'intelligence pour y dĂ©noncer les dommages collatĂ©raux de la violence.

*Bruno
3èx

mercredi 28 août 2019

La Fiancée du Vampire

                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cine-songes.com

"House of dark Shadows" de Dan Curtis. 1970. U.S.A. 1h37. Avec Jonathan Frid, Grayson Hall, Kathryn Leigh Scott, Roger Davis, Nancy Barrett, John Karlen.

Sortie salles France: 11 Août 1971

FILMOGRAPHIE: Dan Curtis est un producteur, scénariste et réalisateur américain, né le 12 Août 1927 à Bridgeport, Connecticut (Etats-Unis), décédé le 27 mars 2006 à Brentwood (Californie). 1966: Dark Shadows (série TV). 1970: La Fiancée du Vampire. 1971: Night of dark shadows. 1973: Dracula. 1973: The Night Strangler (télé-film). 1975: La Poupée de la Terreur. 1976: Trauma. 1977: Dead of Night. 1977: La Malédiction de la veuve noire (télé-film). 1992: Intruders (télé-film). 1996: La Poupée de la terreur 2 (télé-film).


EstampillĂ©e Dan Curtis, une perle oubliĂ©e transpirant Ă  chaque plan de son amour pour le Fantastique nĂ©o-gothique. 
Adaptation cinĂ© de sa cĂ©lèbre sĂ©rie TV Dark Shadows comprenant plus de 1000 Ă©pisodes de 1966 Ă  1971 (un record pour une sĂ©rie fantastique alors qu'elle reste inĂ©dite dans l'hexagone !), La FiancĂ©e du Vampire demeure une excellente variation du mythe Ă  travers un scĂ©nario aussi bien prosaĂŻque que novateur, eu Ă©gard de la condition Ă  contre-emploi du vampire dandy lassĂ© de son existence Ă©ternelle. Ainsi, en y tĂ©lescopant un gothisme archaĂŻque avec un style contrairement moderne, de par le rĂ©alisme des sĂ©quences chocs parfois gores (signĂ©s Dick Smith, excusez du peu !), de sa direction narrative inopinĂ©ment scientifique et de la posture contrariĂ©e des personnages beaucoup moins altiers que dans une prod Hammer, Dan Curtis, maĂ®tre mĂ©sestimĂ© du Fantastique (on lui doit tout de mĂŞme le chef-d'oeuvre Trauma), redouble d'ambition formelle et d'idĂ©es retorses pour rendre grisante son rĂ©cit de vampires transcendĂ©e du charisme striĂ© des comĂ©diens bourrus.


Tant et si bien que Dan Curtis ne laisse nulle rĂ©pit au spectateur pour le divertir intelligemment sous le pilier de pĂ©ripĂ©ties Ă  rĂ©pĂ©tition et de rebondissements inopinĂ©s (notamment auprès du sort de certaines victimes sacrifiĂ©es instaurĂ© lors de sa dernière partie rocambolesque). Ainsi, de par son ambiance flamboyante d'Ă©trangetĂ© gothique (Ă©paulĂ©e, en bonne et due forme, d'une splendide photo rutilante) s'y extrait frĂ©quemment des sĂ©quences de pure poĂ©sie. A l'instar de l'apparition d'une victime fĂ©minine affublĂ©e d'une robe blanche pour mieux aguicher son ancien amant ou faire perdre le contrĂ´le de deux policiers en voiture. Et si l'Ă©picentre narratif rĂ©exploite le concept acadĂ©mique du vampire fĂ©ru d'amour pour sa future dulcinĂ©e (sosie de son ancĂŞtre Ă©pouse), Dan Curtis s'avère constamment inspirĂ©, inventif (notamment auprès de petits dĂ©tails dĂ©poussiĂ©rant les codes du genre, tel l'arme d'une arbalète ou encore la dĂ©ambulation du garçonnet dans la piscine dĂ©saffectĂ©e et sa manière crĂ©dible de s'insurger contre le trĂ©pas) et maĂ®tre des situations pour dĂ©passer les convenances. D'ailleurs, dans le rĂ´le du vampire insidieux en quĂŞte de rĂ©demption et accompagnĂ© d'un pleutre domestique sentencieux, Jonathan Frid s'avère gĂ©nialement magnĂ©tique Ă  travers ses yeux noirs d'une posture patibulaire Ă  contre-emploi du vampire snobinard.


Beaucoup trop mĂ©connu et occultĂ©, mĂŞme auprès des fans du genre selon mon analyse personnelle, La FiancĂ©e du Vampire rĂ©actualise efficacement le mythe du vampire gothique Ă  travers une dĂ©marche moderne Ă©tonnamment payante quant Ă  la vigueur de ces images d'une poĂ©sie baroque et la sobriĂ©tĂ© de son casting aux p'tits oignons constituĂ© (pour la plupart) des mĂŞmes acteurs de la cĂ©lèbre sĂ©rie des annĂ©es 60. Un excellent divertissement donc que le mĂ©sestimĂ© (j'insiste !) Dan Curtis essuiera Ă  nouveau dans une certaine indiffĂ©rence publique et critique. 

*Bruno2èx

mardi 27 août 2019

Nimitz, retour vers l'Enfer

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

"The Final Countdown" de Don Taylor. 1980. U.S.A. 1h43. Avec Kirk Douglas, Martin Sheen, Katharine Ross, James Farentino, Ron O'Neal, Charles Durning, Soon-Tek Oh.

Sortie salles France: 9 Juillet 1980

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Don Taylor est un réalisateur, acteur, scénariste et producteur américain, né le 13 Décembre 1920 à Freeport, Pennsylvanie (Etats-Unis), décédé le 29 Décembre 1998 à Los Angeles (Californie). 1969: 5 hommes armés. 1971: Les Evadés de la Planète des Singes. 1973: Tom Sawyer. 1977: L'île du Docteur Moreau. 1978: Damien: la malédiction 2. 1980: Nimitz, retour vers l'enfer.


"DĂ©cembre 1980, le porte avions nuclĂ©aire Nimitz disparait dans le pacifique avec ses 6000 hommes pour rĂ©aparraitre en 1941 !" 

MĂŞme si j'avoue avoir une prĂ©fĂ©rence pour son binĂ´me Philadelphia Experiment (car beaucoup mieux rythmĂ©, intense et surprenant Ă  travers ses pĂ©ripĂ©ties Ă  rĂ©pĂ©tition), Nimitz, retour vers l'enfer reste un bon divertissement en prime d'avoir Ă©tĂ© un beau souvenir d'ado grâce Ă  son matraquage publicitaire juste avant sa sortie officielle. Tant et si bien qu'au-delĂ  de m'avoir fait bougrement fantasmĂ© Ă  la radio lors d'une villĂ©giature parentale, il cumule chez nous un joli succès commercial avec 1 026 152 entrĂ©es. Modeste sĂ©rie B d'anticipation prenant pour thème le voyage temporel, Nimitz relate l'Ă©trange odyssĂ©e du porte-avion nuclĂ©aire USS Nimitz subitement transportĂ© en 1941, la veille de l'attaque du Pearl Harbor par les japonais. Ainsi, après avoir repĂŞchĂ© en mer un sĂ©nateur et sa secrĂ©taire, puis kidnappĂ© l'aviateur japonais responsable de leur naufrage, ils vont tenter d'empĂŞcher l'attaque du Pearl Harbor en dĂ©pit de certaines voix discordantes.


Aussi minimaliste soit l'intrigue, car d'autant plus dĂ©nuĂ©e d'intensitĂ© et de suspense Ă  travers ses enjeux humains, politiques et bellicistes, Nimitz, retour vers l'Enfer se suit sans ennui grâce au savoir-faire de l'habile artisan Don Taylor (on lui doit tout de mĂŞme Les EvadĂ©s de la Planète des Singes, L'Ile du Dr Moreau et Damien, la MalĂ©diction) prenant son temps Ă  narrer son histoire sous le pilier d'un attachant casting (Kirk Douglas, Martin Sheen, Katharine Ross, James Farentino et Charles Durning s'avĂ©rant communĂ©ment irrĂ©prochables Ă  travers leur perplexitĂ© interrogative). Don Taylor s'efforçant de rendre le plus crĂ©dible possible son contexte improbable de par l'aspect documentĂ© de sa rĂ©alisation au grand dam des effets-spĂ©ciaux clairsemĂ©s (un simple trou noir lors de 2 sĂ©quences crĂ©pusculaires). Ainsi, si la gĂ©nĂ©ration actuelle aura bien du mal Ă  se passionner pour ce paradoxe temporel chiche en rebondissements cinglants (si on Ă©lude son empathique effet de surprise final), celle des annĂ©es 80 s'y contentera Ă  nouveau sans rĂ©serve avec une pointe de mĂ©lancolie.

*Bruno
3èx

lundi 26 août 2019

Pumkinhead, le démon d'Halloween

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de Stan Winston. 1988. U.S.A. 1h26. Avec Lance Henriksen, Jeff East, John D'Aquino, Kimberly Ross, Joel Hoffman, Cynthia Bain.

Sortie salles France: Juin 1988. U.S: 13 Janvier 1989

FILMOGRAPHIE: Stan Winston est un rĂ©alisateur, spĂ©cialiste du maquillage et d'FX animatroniques, nĂ© le 7 avril 1946 dans le ComtĂ© d'Arlington, dĂ©cĂ©dĂ© le 15 juin 2008 Ă  Malibu. 1988: Pumkinhead. 1990 : Galacticop.


Le pitch: A la suite de la mort de son fils accidentellement renversé par une moto dont le conducteur a pris la fuite, son père décide de se venger en invoquant la puissance d'un démon par le biais incantatoire d'une sorcière.

Première rĂ©alisation de Stan Winston, spĂ©cialiste des maquillages et FX, Pumpkinhead constitue une bonne sĂ©rie B du samedi soir en dĂ©pit de sa rĂ©alisation approximative (faux raccords Ă  l'appui), de son scĂ©nario tracĂ© d'avance et d'une mauvaise direction d'acteurs. Pour autant, en exploitant assez efficacement les thèmes de la vengeance, de la survie, de la bravoure et de la rĂ©demption, Pumpkinhead parvient Ă  insuffler une certaine intensitĂ© auprès de l'Ă©volution morale des survivants s'efforçant de fuir la bĂŞte tout en la combattant de manière davantage persuasive. Ainsi, grâce Ă  sa trajectoire narrative esquivant le cĂ´tĂ© routinier des mises Ă  mort (façon Vendredi 13), Pumkinhead parvient Ă  exister par lui mĂŞme pour se dĂ©gager de l'ombre du produit standard. Formellement flamboyant, Stan Winston compte notamment sur sa photo envoĂ»tante pour nous scander une poignĂ©e de sĂ©quences crĂ©pusculaires d'un onirisme cauchemardesque (par moment on se croit mĂŞme dans un conte de fĂ©e de par la puissance Ă©vocatrice de ses images ensorcelantes oĂą s'y contraste l'apparition d'une sorcière). Quand bien mĂŞme l'aspect inĂ©dit de la crĂ©ature mĂ©canisĂ©e parvient Ă  nous fasciner en dĂ©pit de sa gestuelle un peu trop atone. Pour clore, on pardonnera le jeu pas très finaud de Lance Henriksen en père punitif gagnĂ© par une prise de conscience libĂ©ratrice, si bien que Stan Winston en est le principal responsable, faute de son inexpĂ©rience Ă  diriger ses acteurs de seconde zone. A (re)dĂ©couvrir.


*Bruno
02.09.24. 4èx. Vostfr

samedi 24 août 2019

The Pact

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Nicholas McCarthy. 2012. U.S.A. 1h29. Avec Agnès Bruckner, Casper Van Dien, Caity Lotz, Mark Steger, Haley Hudson, Kathleen Rose Perkins, Sam Ball.

Sortie salles U.S: 20 Janvier 2012 (Festival de Sundance)

FILMOGRAPHIENicholas McCarthy est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, compositeur amĂ©ricain.
2004: Maid (court-mĂ©trage). 2005: Cry for Help (court-mĂ©trage). 2009: The Chinese Box (court-mĂ©trage). 2011: The Pact (court-mĂ©trage). 2012: The Pact


Première essai de Nicholas McCarthy passĂ© directement par la case DTV, The Pact est une bonne sĂ©rie B horrifique malencontreusement mĂ©connue en dĂ©pit de ses 4 trophĂ©es dĂ©cernĂ©s au Festival de Strasbourg. Le pitchAnnie retourne dans la maison familiale depuis le dĂ©cès de sa mère. Mais d'Ă©tranges Ă©vènements surnaturels intentent Ă  sa tranquillitĂ© après la disparition inexpliquĂ©e de sa soeur et de sa cousine. En dĂ©sespoir de cause, elle fait appel Ă  un inspecteur de police puis s'engage personnellement dans une investigation criminelle. Ambiance anxiogène aussi diffuse que feutrĂ©e baignant dans un climat malsain toujours plus prĂ©gnant, The Pact emprunte le thème de la hantise avec une efficience probante. Car sous prĂ©texte d'un esprit frappeur perturbant la tranquillitĂ© de ses occupantes juvĂ©niles, cette sĂ©rie B agrĂ©ablement troussĂ©e utilise avec intelligence ses codes horrifiques en Ă©ludant toute esbroufe Ă©culĂ©e. Si bien qu'ici le procĂ©dĂ© du "ouh fait moi peur" est exploitĂ© sous le pilier d'une angoisse sous jacente avant de s'illustrer plus tangible au fil d'une investigation criminelle alĂ©atoire.



Sobrement incarnĂ© par Agnès Bruckner, celle-ci campe le rĂ´le d'une fille solitaire Ă  la mine bourrue mais davantage enclin Ă  Ă©voluer dans un instinct de survie salvateur. Sa prestance introvertie provoquant de prime abord un soupçon d'antipathie avant de nous attacher de par ses accès d'hĂ©roĂŻsme pugnace. Ainsi, en dĂ©pit de quelques ellipses et effets faciles, The Pact insuffle une certaine tension tout en suscitant l'angoisse au rythme d'une enquĂŞte ombrageuse. Qui plus est, lors de 2/3 passages intermittents, il rĂ©ussit notamment Ă  provoquer l'effroi par l'entremise d'apparitions macabres judicieusement concises ! (l'intervention incisive de la voyante anĂ©mique au sein de la pièce secrète). Sans outrance gore (en dĂ©pit d'une estocade meurtrière plutĂ´t crue), le rĂ©alisateur soigne le cadre d'une maison familiale sĂ©vèrement compromise par un sombre secret. Avec une rĂ©elle intĂ©gritĂ©, il parvient donc Ă  s'approprier des conventions en se focalisant sur la suggestion d'une ambiance glauque et d'une intrigue tortueuse au dĂ©nouement malsain. Quand au point d'orgue alarmiste, il ne manque pas de nous haleter au sein du huis-clos restreint compromis Ă  la claustration.


Pour les amateurs de frissons ludiques utilisĂ©s Ă  bon escient, The Pact demeure une bonne surprise auquel le spectateur s'implique facilement de par son savant dosage de suspense ouatĂ© et d'angoisse oppressante. A faire connaĂ®tre auprès des amateurs tant la petite frousse est lestement acheminĂ©e d'après le thème sulfureux de la famille dysfonctionnelle. 

*Bruno
24.08.19
20.04.13

RĂ©compenses: Festival EuropĂ©en du Film Fantastique de Strasbourg, 2012 
Octopus d'or
Prix du public
Méliès d'Argent

Mention spéciale du jury

vendredi 23 août 2019

Le Sixième sens. Prix de la Critique, Cognac 87.

                                                                  Photo empruntĂ©e sur Google

"Manhunter" de Michael Mann. 1986. U.S.A. 2h00. Avec William L. Petersen, Kim Greist, Joan Allen, Brian Cox, Dennis Farina, Stephen Lang, Tom Noonan, David Seaman, Benjamin Hendrickson, Michael Talbott.

Sortie salles France le 22 Avril 1987. U.S: 22 AoĂ»t 1986

FILMOGRAPHIE: Michael Kenneth Mann est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain nĂ© le 5 FĂ©vrier 1943 Ă  Chicago. 1979: Comme un Homme Libre, 1981: Le Solitaire, 1983: La Forteresse Noire, 1986: Le Sixième Sens, 1989: LA Takedown, 1992: Le Dernier des Mohicans, 1995: Heat, 1999: RĂ©vĂ©lations, 2001: Ali, 2004: CollatĂ©ral, 2006: Miami Vice, 2009: Public Enemies.


RĂ©compensĂ© du Prix de la Critique Ă  Cognac en 1987, le 6è sens est la première adaptation au cinĂ©ma du roman Dragon Rouge Ă©crit par Thomas Harris et publiĂ© en 1981. D'ailleurs, le mĂŞme roman sera Ă  nouveau adaptĂ© au cinĂ©ma en 2002 dans un remake aseptique rĂ©alisĂ© par Brett RatnerDragon Rouge (mĂŞme si la fin eut Ă©tĂ© remaniĂ©e). Echec public Ă  sa sortie, le 6è sens dĂ©routa certainement le spectateur de par l'ambition personnelle de Mann Ă  parfaire un polar Ă  la fois atypique et expĂ©rimental. Un agent du FBI reprend du service pour tenter d'apprĂ©hender un serial killer surnommĂ© Dragon Rouge. Avec l'aide du psychiatre Hannibal Lecter, psychopathe renommĂ© incarcĂ©rĂ© Ă  perpĂ©tuitĂ© pour homicides crapuleux, William Graham doit faire preuve d'introspection mentale afin de s'infiltrer dans la peau du meurtrier. 
.

A partir d'une enquĂŞte criminelle Ă©tablissant un rapport complexe entre 2 serial-killers et un flic obstinĂ©, fragilisĂ© par son antĂ©cĂ©dente enquĂŞte mais dĂ©libĂ©rĂ© Ă  annihiler le mal, le 6è Sens a de quoi dĂ©concerter le spectateur habituĂ© aux thrillers en bonne et due forme. Si bien que la mise en scène expĂ©rimentale de Michael Mann, d'une recherche esthĂ©tique flamboyante donne vie Ă  tout ce qui s'immisce dans le champs de l'action. La ville crĂ©pusculaire de New-York superbement Ă©clairĂ©e, les pavillons rĂ©sidents Ă  proximitĂ© d'un ocĂ©an sous un climat solaire, le design de l'ameublement et de ses objets domestiques, la nuit stellaire auquel des hommes de droit se fondent dans cette obscuritĂ© pour y extraire le Mal... Tous ces composants stylisĂ©s, harmonieusement mis en scène, concourent de nous magnĂ©tiser les sens de la perception. Quand bien mĂŞme la partition synthĂ©tique de Michel Rubini et les tubes pop rock de David Allen ou The Reds vont largement contribuer Ă  scander ce florilège d'imagerie Ă©purĂ©e, de manière Ă  nous envoĂ»ter Ă  travers l'odyssĂ©e intrinsèque de deux hommes en lutte contre leurs dĂ©mons. Peu aidĂ© d'une structure narrative parfois complexe, l'enquĂŞte menĂ©e par un agent fĂ©brile car compromis par l'influence d'un taulard psychopathe aussi roublard que retors nous dĂ©ploie quelques maigres indices dans un souci documentaire afin de mieux coller Ă  la rĂ©alitĂ© des faits exposĂ©s.


La seconde partie, beaucoup plus planante, romantique et expĂ©rimentale Ă  travers la relation naissante entre le tueur Ă©pris d'affection pour une jeune aveugle, nous enivre un peu plus pour ce rapport trouble entre cette victime atteinte de cĂ©citĂ© et son bourreau autrefois martyrisĂ©, avide de reconnaissance. Tour Ă  tour inquiĂ©tant, flegme mais aussi suave, impassible et aliĂ©nĂ©, ce tueur singulier nous captive de son dĂ©sarroi sentimental Ă  contredire ses pulsions malsaines. Il faut dire que la prestance robuste de l'acteur Tom Noonan, au front dĂ©garni et Ă  la taille longiligne, ainsi que l'innocence candide de l'attachante Joan Allen doivent beaucoup au caractère oniriques de certaines Ă©treintes sensorielles (les caresses charnelles de l'aveugle auprès du tigre du laboratoire). Ainsi, Ă  travers ce duo intempestif baignant subitement dans l'insouciance et la plĂ©nitude, il y a ce rapport soudainement complĂ©mentaire Ă  travers leur handicap commun d'y apprivoiser l'amour. Quant Ă  la prĂ©sence transie de William L. Petersen s'Ă©tant d'ailleurs fait connaĂ®tre quelques annĂ©es plus tard avec l'illustre sĂ©rie des Experts sponsorisĂ©e par TF1, celui-ci Ă©tait innĂ© pour incarner le profil assidu (mais oh combien torturĂ© et tourmentĂ© !) d'un inspecteur pugnace flirtant avec l'emprise du Mal. Son caractère opiniâtre extĂ©riorisĂ© par son entière contribution Ă  dĂ©masquer le tueur sĂ©ditieux apportant beaucoup d'intensitĂ© Ă  ce jeu du chat et de la souris qu'ils se disputent de manière nĂ©vrotique.


Listen to my heartbeat.
Hypnotique, passionnant et envoĂ»tant, dĂ©sarçonnant, sibyllin et complexe (principalement auprès de l'investigation de l'agent en proie Ă  ses thĂ©ories personnelles), le 6è Sens se dĂ©cline en modèle du thriller crĂ©pusculaire. Une forme de trip expĂ©rimental (Ă  la limite du surnaturel) Ă©tablissant un rapport diaphane entre le tueur victimisĂ© d'une enfance galvaudĂ©e et un flic teigneux en perdition morale. Enfin, l'intrigue peut Ă©galement se concevoir comme une rĂ©flexion sur l'acceptation de soi Ă  travers la quĂŞte de l'Ă©panouissement conjugal (tant auprès des rapports davantage conflictuels du flic et de son Ă©pouse que de ceux du tueur et de l'aveugle). DĂ©tournant admirablement les conventions du genre au grĂ© d'une virtuositĂ© formelle subjective, ce thriller fantasmagorique scandĂ© d'une bande-son extatique laisse une Ă©trange impression d'avoir vĂ©cu un grand moment de cinĂ©ma. On peut d'ailleurs le proclamer chef-d'oeuvre atypique grâce au trouble impact de son pouvoir de fascination. 

*Bruno
23.08.19. 4èx
25.01.12

Récompense: Prix de la Critique au festival du film policier de Cognac en 1987.

jeudi 22 août 2019

Curtains, l'ultime cauchemar

                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Richard Ciupka (as Jonathan Stryker). 1983. U.S.A. 1h29. Avec John Vernon, Samantha Eggar, Linda Thorson, Anne Ditchburn, Lynne Griffin

Sortie salle U.S: 14 Mars 1983

FILMOGRAPHIE: Richard Ciupka est un directeur de la photographie, rĂ©alisateur canadien d'origine Polonaise nĂ© Ă  Liège en Belgique. 1983 : Curtains: l'ultime cauchemar. 1992 : Coyote. 1999 : Le Dernier Souffle. 2002 : La MystĂ©rieuse Mademoiselle C. 2004 : L'Incomparable Mademoiselle C. 2006 : Duo.


Quelle bien Ă©trange curiositĂ© que ce psycho-killer aussi bien oubliĂ© que mĂ©connu que le nĂ©ophyte Richard Ciupka rĂ©alise platement sous l'impulsion d'un cast dĂ©manchĂ©. On apprĂ©cie quand mĂŞme l'illustre prĂ©sence de Samantha Eggar en candidate borderline aux gros yeux verts patibulaires (personnellement elle est mĂŞme parvenue Ă  me mettre mal Ă  l'aise lors de quelques plans serrĂ©s), quand bien mĂŞme le reste de la distribution tente de lui gruger sa place au grĂ© d'une posture théâtrale. En gros, des concurrentes en herbe sont rĂ©fugiĂ©es dans un manoir sous la mainmise de leur directeur de théâtre afin de se disputer le rĂ´le de leur vie. Mais un tueur masquĂ© rode aux alentours pour les dĂ©cimer une par une. Ultra bâclĂ©, truffĂ© d'incohĂ©rences et de maladresses narratives (notamment ce prĂ©lude ironique auquel l'hĂ©roĂŻne joue les demeurĂ©es pour ĂŞtre internĂ©e en psychiatrie parmi la complicitĂ© de son mentor), Curtains a Ă©tĂ© Ă©crit avec les pieds tant les situations Ă©culĂ©es (surtout la seconde partie criminelle) et rebondissements attendus se vautrent dans l'asepsie. Pour autant, grâce Ă  sa splendide photo, son dĂ©corum domestique timidement envoĂ»tant et 1 ou 2 scènes chocs bonnards (notamment celle sur le lac gelĂ©), Curtains dĂ©gage un charme horrifique Ă  bâtons rompus pour l'amateur de raretĂ© bisseuse. A dĂ©couvrir donc avec toutefois une grosse louche d'indulgence, notamment lorsque l'on apprend que le rĂ©alisateur aurait quittĂ© le tournage Ă  mi-parcours pour cĂ©der sa place au scĂ©nariste: Peter Simpson ! SacrĂ©e scène de mĂ©nage !


*Bruno

mercredi 21 août 2019

The Reef

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Andrew Traucki. Australie. 2010. 1h34. Avec Damian Walshe-Howling, Zoe Naylor, Adrienne Pickering, Gyton Grantley, Kieran Darcy-Smith.

Uniquement sorti en Dvd et Blu-ray le 21 Juin 2011

FILMOGRAPHIE: Andrew Traucki est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur australien. 2013: The Jungle. 2012 The ABCs of Death (segment "G is for Gravity").  2012 Event Zero (TV Series) (1 episode). - Harriet (2012).  2010 The Reef .  2007 Black Water.

 
"L'ocĂ©an ne rend personne". 
Injustement relĂ©guĂ© Ă  la case DTV, The Reef emprunte la voie modeste de la sĂ©rie B horrifique avec une efficacitĂ© constante. Tant et si bien que les frissons qu’il nous inflige, Ă  rĂ©pĂ©tition, s’avèrent d’autant plus Ă©prouvants qu’Andrew Traucki ne s’embarrasse d’aucune fioriture pour les attĂ©nuer. Il s’appuie notamment sur l’aspect documentĂ© d’un fait divers glaçant : cinq touristes se retrouvent confinĂ©s au beau milieu de l’ocĂ©an azur après le naufrage accidentel de leur bateau. Survival aquatique tendu et angoissant, le film propulse ses quatre survivants dans un cauchemar d’hostilitĂ© pure, livrĂ©s Ă  un squale redoutablement vĂ©loce, qui frappe avec une sournoiserie feutrĂ©e.


Et ce, sans qu’Andrew Traucki ne recoure aux effets Ă©culĂ©s : il s’en remet d’abord Ă  l’attente, Ă  l’expectative, pour structurer son suspense - comme une accalmie perverse avant la descente aux enfers. Les victimes, impuissantes, ne peuvent espĂ©rer aucune aide depuis leur condition fortuite de claustration liquide. Au-delĂ  de son climat anxiogène, rendu d’autant plus palpable par une photo limpide au naturalisme cru, The Reef fout vĂ©ritablement les jetons grâce Ă  l’intensitĂ© d’expression de son casting mĂ©connu, qui livre un jeu viscĂ©ral Ă  perdre haleine. Leurs regards, dĂ©munis, affolĂ©s, porteurs d’un humanisme sentencieux, s’ancrent dans des rĂ©actions sobres, plausibles - lueurs d’espoir fragiles et bravoure de dernier ressort pour tenter de s’extraire de cette mer sans rive.

L’Ă©preuve de force qu’ils affrontent ensemble semble presque filmĂ©e en temps rĂ©el, tant leurs Ă©tats de stress, de dĂ©sespoir et d’affolement paraissent crĂ©dibles, presque palpables.


Cauchemar aquatique au réalisme escarpé, The Reef cultive une peur viscérale, sans fard, tendue par une intensité dramatique capiteuse. Il peut sans rougir figurer parmi les films de requins les plus angoissants et éprouvants de ces dernières décennies - aux côtés de ses modèles Les Dents de la Mer, Open Water, voire même l'excellente surprise 47 Meters Down.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir

2èx 21.08.19
02.03.11