de Damiano Damiani. 1982. U.S.A. 1h44. Avec James Olson, Burt Young, Rytanya Alda, Jack Magner, Andrew Prine, Diane Franklin, Moses Gunn, Ted Ross, Erika Katz, Brent Katz, Leonardo Cimino.
Sortie en salles en France le 5 Janvier 1983. U.S: 24 Septembre 1982
FILMOGRAPHIE: Damiano Damiani (23 Juillet 1922 à Pasiano di Pordenone) est un écrivain, scénariste, acteur et réalisateur de cinéma italien. 1960: Jeux Précoces, 1961: Il Sicario, 1962: L'Isola Di Arturo, 1963: La Repatriée, l'Ennui et sa Diversion, 1966: La Strega in Amore, El Chuncho, 1968: Una ragazza piuttosto complicata, La Mafia fait la loi, 1970: Seule contre la Mafia, 1971: Confession d'un commissaire de police au procureur de la République, Nous Sommes tous en Liberté Provisoire, 1972: Girolimoni, il mostro di Roma, 1974: Il sorriso del grande tentatore, 1975: Un Génie, deux Associés, une Cloche, 1976: Perché si uccide un magistrato, 1977: Un Juge en Danger, 1980: Goodbye e amen, Un uomo in Ginocchio, 1981: L'avvertimento, 1982: Amityville 2, le possédé, 1985: Pizza Connection, 1986: La Gran Incognita, l'Inchiesta, 1989: Gioco al Massacro, 1990: Il sole Buio, 1992: l'Angelo con la Pistola, 2000: Alex l'ariete, 2002: Assassini dei giorni di Festa.
La famille Montelli emmĂ©nage Ă Long Island, dans leur nouvelle demeure d’Amityville. Dès leur arrivĂ©e, d’Ă©tranges signes s’Ă©veillent — et le fils aĂ®nĂ© se laisse happer par le souffle Ă©thĂ©rĂ© de la maison. Peu Ă peu, une force diabolique s’infiltre en lui, le ronge et l’incite au carnage.
D’après le scĂ©nario Ă©pineux de Tommy Lee Wallace, librement inspirĂ© du massacre DeFeo, la fascination vĂ©nĂ©neuse de cet opus tient au portrait d’une famille rongĂ©e de l’intĂ©rieur. Le père, mĂ©crĂ©ant et irascible, impose ses brutalitĂ©s et ses chantages charnels ; la mère, catholique pratiquante, endure en silence ; leurs enfants, eux, subissent ces querelles qui pourrissent jusqu’au repas. PassĂ© un premier quart d’heure Ă©grainant des manifestations spectaculaires, l’ambiance s’Ă©paissit — pour se lover dans l’esprit viciĂ© du fils aĂ®nĂ©.
Nul n’oublie la scène incestueuse oĂą Johnny, malin comme un serpent, envoĂ»te sa sĹ“ur compatissante — jusqu’au remords muet qui la dĂ©vore. Instant d’intimitĂ© sourdement glauque, nourri de regards troubles et d’une sĂ©duction diaphane. Bien avant cette dĂ©rive, un autre sommet s’impose : Johnny, possĂ©dĂ©, traquĂ© par une camĂ©ra subjective virevoltante, fuit Ă travers la maison avant de s’Ă©crouler, torse nu, implorant l’entitĂ© de ne pas le violer. Une scène terrifiante, filmĂ©e comme un cauchemar fiĂ©vreux.
Tout du long, Damiani radiographie, au compte-gouttes, la contamination dĂ©moniaque de Johnny dans une atmosphère fuligineuse, sournoisement insidieuse. Il surpasse mĂŞme son modèle : plus rĂ©aliste, plus poisseux, jonglant entre angoisse, impuissance et horreur. Les comĂ©diens, eux, livrent une partition habitĂ©e : nĂ©vrose, honte et perversion infusent chaque geste. Diane Franklin, en jeune sĹ“ur rattrapĂ©e par la culpabilitĂ© d’ĂŞtre devenue l’objet d’un tabou, fend le cĹ“ur. Jack Magner, lui, incarne l’hĂ©ritier du Mal — isolĂ©, vicieux, profanateur de chair et de foi.
Et si le dernier acte, flirtant avec L’Exorciste, flĂ©chit dans un air de dĂ©jĂ -vu, il conserve un pouvoir d’inquiĂ©tude grâce Ă la figure pathĂ©tique du tueur juvĂ©nile et l’ultime sursaut rĂ©dempteur du prĂŞtre. Sans sombrer dans le grand-guignol, l’exorcisme final reste concis et d’une laideur jouissive : la chair du possĂ©dĂ© se fend sous nos yeux en lambeaux purulents.
Quant Ă Jack Magner, il glace, magnĂ©tique, jusqu’Ă l’ultime regard — Ă redĂ©couvrir, d’urgence.
* Bruno
06.09.19. 4èx
11.08.11. 162 v




































