mardi 2 juin 2020

Critters 2

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Critters 2: The Main Course" de Mick Garris. 1988. U.S.A. 1h26. Avec Scott Grimes, Liane Curtis, Don Keith Opper, Barry Corbin, Herta Ware, Lin Shaye.

Sortie salles France: 27 Juillet 1988. U.S: 29 Avril 1988

FILMOGRAPHIE: Mick Garris est un acteur, producteur, scénariste et réalisateur américain, né le 4 Décembre 1951 à Santa Monica, en Californie. 1988: Critters 2. 1990: Psychose 4. 1992: La Nuit Déchirée. 1994: Le Fléau (télé-film). 1997: Shining (télé-film). 1997: Quicksilver Highway (télé-film). 1998: l'Expérience Fatale (télé-film). 2001: Juge et Coupable (télé-film). 2004: Riding the Bullet. 2005: Chocolate (Masters of Horror, saison 1, Epis 5). 2006: Désolation. 2011: Sac d'Os


On prend les mêmes et on recommence ! Enfin presque, si bien que Stephen Herek a cédé sa place à Mick Garris (habile faiseur aujourd'hui connu pour avoir réalisé La Nuit Déchirée, son meilleur film) pour entreprendre une sympathique séquelle puisant son charme dans sa simplicité dénuée de prétention. Tant auprès des relations humaines rigoureusement tendres et bon enfant (avec un final réussi dans sa palette d'émotions bipolaires), du charisme innocent de son casting (on éprouve un réel plaisir à retrouver le jeune Brad - un peu plus âgé - bientôt accompagné de Charlie, le demeuré, aujourd'hui confiant en héros galactique !), que de son climat horrifico-cocasse où les critters s'en donnent une fois de plus à coeur joie à brimer leurs adversaires. Quand bien même les effets-spéciaux s'y sont perfectionnés à travers leur mobilité si bien que les boules de poil s'avèrent plus expressives qu'au préalable.


Ainsi, s'il faut bien avouer que l'intrigue ne renouvelle rien (tout est Ă  nouveau concentrĂ© autour d'une simple chasse entre critters et humains - quand bien mĂŞme Brad dĂ©couvrira brièvement l'amour -), Mick Garris dĂ©localise l'action au grand air (exit donc le huis-clos exigu du 1er opus) afin d'y apporter une petite touche d'originalitĂ© et de fraĂ®cheur (notamment en renouvelant l'action auprès d'une Ă©glise, d'un champs et d'une entreprise alimentaire). Plus gĂ©nĂ©reux aussi quand aux apparitions rĂ©currentes des critters affamĂ©s de chair humaines, certaines sĂ©quences demeurent plaisamment facĂ©tieuses dans leur dĂ©sir d'y plagier modestement Gremlins de Joe Dante. Enfin un dernier mot spĂ©cialement "badin" pour la mĂ©tamorphose faciale d'un des 2 chasseurs de prime endossant la carrure d'une playmate plantureuse pour nous Ă©moustiller ! Et cela fonctionne plutĂ´t bien sous l'impulsion gestuelle de l'actrice Cynthia Garris se prĂŞtant au jeu (semi-parodique) de la caricature folichonne avec un naturel improvisĂ© ! Tant et si bien que l'on regrette amèrement son sacrifice causĂ© lors de l'ultime demi-heure.


Une suite tout bonnement rĂ©crĂ©ative donc, aussi ludique que son modèle, aussi naĂŻf soit son contenu volontairement intelligible et Ă©culĂ©. 

Ci-joint la chronique du 1er volet: https://brunomatei.blogspot.com/2020/05/critters.html

*Bruno
3èx

lundi 1 juin 2020

Amsterdamned

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

de Dick Maas. 19883. 1h53. Hollande. Avec Huub Stapel, Monique van de Ven, Serge-Henri Valcke, Tanneke Hartzuiker, Wim Zomer

Sortie salles France: 8 Juin 1988. Hollande: 11 Février 1988

FILMOGRAPHIE: Dick Maas est un scénariste, réalisateur, producteur et compositeur hollandais né le 15 Avril 1951 à Heemstede (Pays-Bas). 1977: Picknick. 1977: Adelbert. 1981: Rigor Mortis. 1983: L'Ascenseur. 1986: Les Gravos. 1988: Amsterdamned. 1992: Flodder in Amerikia ! 1995: Les Lavigueur 3: le retour. 1999: Issue de secours. 2001: L'Ascenseur, niveau 2. 2003: Long Distance. 2004: Zien (video). 2010: Saints.


Reconnu par l'Ascenseur et son Grand Prix Ă  Avoriaz, l'hollandais Dick Maas poursuit le genre horrifique avec Amsterdamned. Un psycho-killer efficacement menĂ© Ă  dĂ©faut d'y transcender le genre si bien que Dick Maas possède ce sens du divertissement grâce Ă  son rythme soutenu fertile en rebondissements, fausses pistes et poursuites endiablĂ©es. A cet Ă©gard, celle Ă  moto puis surtout en hors-bord demeurent très impressionnantes de par l'impression de vitesse cinglante que gĂ©nère un montage habilement millimĂ©trĂ© suivi de cascades finales dĂ©coiffantes. Exploitant parfaitement le cadre naturel d'Amsterdam et ces ruelles touristiques, Dick Maas compte Ă©galement sur la bonhomie de ces interprètes (on retrouve l'affable Huub Stapel, le hĂ©ros de l'Ascenseur en flic obstinĂ©) pour rendre l'intrigue attractive au sein d'une tension urbaine galopante. Ainsi, en y dosant habilement l'action, le suspense, l'horreur, l'humour et la romance au grĂ© de clichĂ©s connus, Amsterdamned ne cède jamais Ă  l'ennui mĂŞme si on regrette que l'identitĂ© du coupable soit aussi anodine. Quant Ă  son concept du tueur aquatique, Ă  2 doigts de sombrer dans le ridicule, il s'avère assez vraisemblable et d'une originalitĂ© couillue, notamment en parvenant Ă  susciter une apprĂ©hension palpable lors de ces brèves apparitions en vue subjective (ou lors de quelques jump scare parfois rĂ©ussis). Un bon divertissement donc au capital sympathie factuel.


*Bruno
3èx

vendredi 29 mai 2020

Le Chien des Baskervilles

Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

"The Hound of the Baskervilles" de Terence Fisher. 1959. Angleterre. 1h27. Peter Cushing, André Morell, Christopher Lee, Marla Landi, David Oxley, Francis De Wolff, Miles Malleson, Ewen Solon, John Le Mesurier, Helen Goss, Sam Kydd...

Sortie France: 23 dĂ©cembre 1959.  U.S.A: 03 juillet 1959. Royaume-Uni: 4 Mai 1959.

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Terence Fisher est un rĂ©alisateur britannique nĂ© le 23 fĂ©vrier 1904 Ă  Londres (Maida Vale), et dĂ©cĂ©dĂ© le 18 juin 1980 dans la mĂŞme ville. 1957 : Frankenstein s'est Ă©chappĂ©, 1958 : Le Cauchemar de Dracula , 1958 : La Revanche de Frankenstein , 1959 : Le Chien des Baskerville , 1959 : L'Homme qui trompait la mort , 1959 : La MalĂ©diction des pharaons, 1960 : Le Serment de Robin des Bois , 1960 : Les Étrangleurs de Bombay , 1960 : Les MaĂ®tresses de Dracula , 1960 : Les Deux Visages de Docteur Jekyll , 1961 : La Nuit du loup-garou , 1962 : Le FantĂ´me de l'OpĂ©ra , 1962 : Sherlock Holmes et le collier de la mort , 1963 : The Horror of It All, 1964 : La Gorgone , 1965 : The Earth Dies Screaming, 1966 : L'ĂŽle de la terreur , 1966 :  Dracula, prince des tĂ©nèbres , 1967 : La Nuit de la grande chaleur , 1967 : Frankenstein crĂ©a la femme , 1968 : Les Vierges de Satan , 1969 : Le Retour de Frankenstein , 1974 : Frankenstein et le monstre de l'enfer.


Conan Doyle chez l’Ă©curie Hammer.

En 1959, la cĂ©lèbre sociĂ©tĂ© de production anglaise Hammer Film Productions entreprend d’adapter le fameux roman d’Arthur Conan Doyle, Le Chien des Baskerville, sous la houlette du grand Terence Fisher. PubliĂ© pour la première fois dans le Strand Magazine entre 1901 et 1902, ce rĂ©cit demeure l’aventure la plus cĂ©lèbre de Sherlock Holmes.

MĂ©sestimĂ© dans les pays anglo-saxons - le film n’y rencontrant pas le succès escomptĂ© -, il devait initialement ouvrir la voie Ă  une sĂ©rie de longs-mĂ©trages. Un projet finalement abandonnĂ© par la Hammer, sans doute parce que ces rĂ©cits policiers Ă  suspense s’accordaient imparfaitement avec le virage fantastico-gothique que le studio souhaitait insuffler au bestiaire hĂ©ritĂ© de la Universal Pictures.

Le pitch :
En 1790, en Angleterre, le tyrannique Sir Hugo de Baskerville fait rĂ©gner la terreur sur les terres qu’il domine. Une nuit de beuverie, il lance ses chiens de chasse Ă  la poursuite d’une jeune paysanne qu’il retenait prisonnière. Dans les landes obscures, il finit par la rattraper… pour la poignarder de sang-froid. Mais un hurlement mystĂ©rieux, rĂ©sonnant dans l’opacitĂ© de la nuit, vient soudain troubler le silence. Quelques instants plus tard, Sir Hugo est Ă  son tour sauvagement dĂ©vorĂ© par une crĂ©ature surgie de nulle part.

                                      

Ainsi, cet illustre prologue s’impose comme un vĂ©ritable morceau de bravoure, restĂ© dans toutes les mĂ©moires. Par sa dimension irrationnelle, Ă  la fois haletante et flamboyante, et par la brutalitĂ© sèche de son dĂ©nouement, il imprime durablement la rĂ©tine. Le pire reste Ă  venir lorsque ce mĂ©crĂ©ant de Hugo de Baskerville se voit dĂ©chiquetĂ© (hors-champ) par ce monstre mythologique, tapi dans l’ombre.

Prenant le temps d’installer ses personnages avec minutie, l’intrigue bifurque ensuite vers une enquĂŞte policière menĂ©e avec Ă©lĂ©gance par un duo de gentlemen. Peter Cushing incarne un Sherlock Holmes d’une prĂ©cision presque chirurgicale : regard acĂ©rĂ©, esprit mĂ©thodique, il observe, provoque, manipule, toujours avec une finesse redoutable. Face Ă  lui, Christopher Lee paraĂ®t lĂ©gèrement en retrait dans la peau de Sir Henry Baskerville, hĂ©ritier venu d’AmĂ©rique. Mais sa prestance naturelle, son charisme sombre et distinguĂ©, finissent par imposer une prĂ©sence convaincante, notamment dans ses Ă©lans amoureux envers une paysanne taciturne, soumise Ă  l’autoritĂ© d’un père rigide.

Pour mieux Ă©picer son intrigue, la mise en scène se pare d’un esthĂ©tisme gothique absolument envoĂ»tant. Couleurs rutilantes, contrastes appuyĂ©s : tout concourt Ă  renforcer la dimension horrifico-fantastique du rĂ©cit. Du manoir aux lignes menaçantes Ă  l’immensitĂ© de la lande nappĂ©e de brume, des profondeurs d’une mine dĂ©saffectĂ©e aux ruines antiques souillĂ©es de sang, jusqu’aux sables mouvants dissimulĂ©s sous des sentiers traĂ®tres - chaque dĂ©cor devient le théâtre d’une angoisse sourde, presque primitive.

Le spectacle, onirique et inquiĂ©tant, captive sans relâche, portĂ© par une intrigue jouant habilement avec la peur du monstre tapi dans l’ombre.


Le monstre de la lande.

PortĂ© avec sobriĂ©tĂ© par les figures emblĂ©matiques de la Hammer et mis en scène avec une Ă©lĂ©gance toute britannique par Terence Fisher, Le Chien des Baskerville transcende son rĂ©cit Ă  travers une fulgurance formelle fascinante, articulĂ©e autour d’un enjeu de cupiditĂ© aussi tortueux que punitif.

Charnel, sensuel, fĂ©erique et profondĂ©ment inquiĂ©tant, le film dĂ©ploie une imagerie occulte Ă  damner un saint. Une Ă©pouvante sĂ©culaire, qui suggère bien plus qu’elle ne montre, dans un parti pris de retenue destinĂ© Ă  mieux nous frapper lors de sa rĂ©vĂ©lation finale.

Inaltérable, dès lors, dans sa puissance évocatrice.
Comme un grand cru oubliĂ©, patientant depuis des siècles dans l’ombre d’une cave.

Note: C'est le premier long métrage mettant en scène les aventures de Sherlock Holmes à être filmé en couleur.

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤
13.01.11. 334 v
29.05.20. 4èx

jeudi 28 mai 2020

Critters

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site mauvais-genres.com

de Stephen Herek. 1986. U.S.A. 1h26. Avec Dee Wallace, M. Emmet Walsh, Billy Green Bush, Scott Grimes, Nadine Van Der Velde, Don Keith Opper, Billy Zane.

Sortie salles France: 10 Septembre 1986

FILMOGRAPHIEStephen Herek est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste amĂ©ricain, nĂ© le 10 novembre 1958 Ă  San Antonio, au Texas (États-Unis).1986 : Critters. 1989 : L'Excellente Aventure de Bill et Ted. 1989 : L'Enfant au pouvoir merveilleux (tĂ©lĂ©film). 1991 : Panique chez les Crandell. 1992 : Les Petits Champions. 1993 : Les Trois Mousquetaires. 1995 : Professeur Holland. 1996 : Les 101 dalmatiens. 1998 : Mister G. 2001 : Rock Star. 2002 : 7 jours et une vie. 2003 : Young MacGyver (TV). 2005 : Garde rapprochĂ©e. 2008 : Picture This (vidĂ©o). 2009 : Dead Like Me: Life After Death (vidĂ©o). 2009 : Bleu d'enfer 2. 2010 : Duo de glace, duo de feu (TĂ©lĂ©film). 2011 : Le Chaperon. 2015 : La Fabuleuse Gilly Hopkins. 2019 : Same Time, Next Christmas (TĂ©lĂ©film).


DĂ©marquage bisseux de Gremlins distribuĂ© par New Line CinemaCritters assure le divertissement bonnard sous le pilier d'une attachante sĂ©rie B truffĂ©e de trognes accortes. Ainsi, si le pitch reprend Ă  peu de choses près le cheminement de Gremlins Ă  travers son huis-clos de survie qu'une famille tente de contrecarrer après avoir Ă©tĂ© assiĂ©gĂ©e par des boules de poil sardoniques, Critters pallie sa moisson de clichĂ©s de par l'inventivitĂ© de situations aussi cocasses qu'extravagantes. Et ce en y incluant Ă©galement une touche d'anticipation appropriĂ©e afin de divertir de manière un peu moins caricaturale de par son influence assumĂ©e pour Gremlins. Tant auprès de l'expĂ©dition des 2 chasseurs de prime aux visages dysmorphiques explosant tout sur leur passage (et de manière complètement gratuite !) avec leurs armes customisĂ©es, de la mobilitĂ© torsadĂ©e des critters Ă©jectant de leur fourrure des flĂ©chettes empoisonnĂ©es sur leurs proies, que du monstre disproportionnĂ© lors du final pyrotechnique   

                                     

Qui plus est, de par son casting de seconds-couteaux aux visages familiers, l'aventure horrifique s'alloue d'une rĂ©elle empathie pour ces personnages aux valeurs humaines, de par leur unitĂ© tant familiale qu'amicale (notamment auprès des rapports amiteux entre Brad et du benĂŞt Charlie en initiation hĂ©roĂŻque). On regrette toutefois un tantinet le jeu surjouĂ© de Dee Wallace Stone en maman dĂ©pressive un peu trop nĂ©vralgique lors de ses Ă©clairs de panique. Mais conjuguant de par sa modeste efficacitĂ© du budget low-cost humour, tendresse, action et horreur afin de contenter les fans de GremlinsCritters ne serait pas aussi sĂ©millant sans la crĂ©dibilitĂ© de ses trucages donnant chair Ă  ses boules de poil avec une attention scrupuleuse. Tant et si bien qu'encore aujourd'hui on reste fascinĂ© comme des bambins Ă  contempler leurs pitreries sardoniques par le biais d'une inventivitĂ© en roue libre. Stephen Herek parvenant notamment Ă  relancer l'action intrĂ©pide en alternant la disparitĂ© de ses dĂ©cors (domestiques et naturels) auquel les personnages divisĂ©s en clans finiront par s'unifier pour leur enjeu de survie. 


DĂ©nuĂ© d'aucune prĂ©tention Ă  travers son climat fantastique aussi lĂ©ger qu'extravagant appuyĂ© d'un cast vertueux que l'on croirait issu d'un mĂ©trage de SpielbergCritters n'a rien perdu de son charme Ă  travers son cocktail vitaminĂ© de genres Ă©clectiques que Stephen Herek est parvenu Ă  mettre en images avec une dĂ©rision modestement imaginative.

*Bruno
08.01.20
28.05.20. 4èx 

mardi 26 mai 2020

Cat's eye

                                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Lewis Teague. 1985. U.S.A. 1h34. Avec Drew Barrymore, James Woods, Alan King, Kenneth McMillan, Robert Hays, Candy Clark, James Naughton.

Sortie salles France: ? U.S: 12 Avril 1985

FILMOGRAPHIE: Lewis Teague (né le 8 mars 1938 à Brooklyn, New-York, Etats-Unis) est un réalisateur, monteur, acteur et directeur de la photographie américain. 1974: Dirty O'Neil. 1979: The Lady in red. 1980: L'Incroyable Alligator. 1982: Fighting Back. 1983: Cujo. 1985: Cat's Eye. 1985: Le Diamant du Nil. 1989: Collision Course. 1990: Navy Seals: les meilleurs. 1991: Wedlock.


Film Ă  sketchs mĂ©sestimĂ© et oubliĂ© si bien qu'il fut d'ailleurs privĂ© de sortie salles dans l'hexagone, Cat's Eye mĂ©rite Ă  ĂŞtre réévaluĂ© sous la mainmise de l'habile faiseur Lewis Teague (Cujo, l'Incroyable Alligator, le Diamant du Nil). Car en transposant Ă  l'Ă©cran 2 nouvelles de Stephen King tirĂ© de son roman Danse Macabre, et en y crĂ©ant une 3è histoire spĂ©cialement conçue pour le cinĂ©, Cat's Eye fleure bon la sĂ©rie B bonnard Ă  travers son esprit sarcastique dĂ©nuĂ© de complexe. Le palme du plus fun et loufoque revenant au premier segment endossĂ© par James Wood. Il y joue le rĂ´le d'un fumeur invĂ©tĂ©rĂ© tentant de stopper son addiction dans un centre de dĂ©sintox aux mĂ©thodes aussi drastiques que dĂ©mesurĂ©es. Doux euphĂ©misme eu Ă©gard de l'absurditĂ© d'un concept dictatorial jouant sur l'intimidation et le chantage des proches de leur patient prochainement soumis Ă  une torture Ă  la fois morale et corporel si ce dernier aurait le vice d'en griller une. DĂ©bordant d'humour vitriolĂ© et d'inventivitĂ© dĂ©bridĂ©e, cette première histoire jouit d'un climat de folie permanent, notamment si je me rĂ©fère aux hallucinations hilarantes du patient lors du dĂ®ner galant.


Le second sketch relate la terrible vengeance d'un gangster septuagĂ©naire auprès de l'amant de son Ă©pouse. Pour ce faire, celui-ci devra opĂ©rer le tour de l'immeuble en arpentant la corniche, et ce après avoir nĂ©gociĂ© un cruel dilemme avec son tortionnaire rupin. Coeurs fragiles rĂ©fractaires au vertige, abstenez vous (j'en fais parti !) car Lewis Teague s'y entend habilement pour nous provoquer une frousse viscĂ©rale lorsque la victime confinĂ©e Ă  haute altitude s'efforce de parfaire son parcours du combattant Ă  travers une sĂ©rie d'Ă©preuves aussi insidieuses que mĂ©tĂ©orologiques. Et si ce dilemme aussi sadique qu'improbable ne convainc qu'Ă  moitiĂ© quant au consentement un peu trop facile de la victime, sa grande efficacitĂ© Ă©motionnelle nous fait vite omettre son manque de crĂ©dibilitĂ©, notamment grâce au jeu Ă  contre-emploi de Robert Hays (l'inoubliable luron de Y'a t-il un pilote dans l'avion ?) Ă  la force d'expression rĂ©signĂ©e.


Enfin l'ultime segment illustre le calvaire d'une fillette amoureuse des chats mais en proie depuis quelques jours Ă  la terrible menace d'un lutin s'efforçant chaque nuit de lui gober son Ă©nergie vitale. Alors que les parents ne sont guère enthousiastes Ă  l'idĂ©e d'adopter un chat vagabond (cet animal traversa d'ailleurs chaque sketch pour parvenir Ă  l'appel au secours tĂ©lĂ©pathique de la fillette), celui-ci prĂ©nommĂ© "gĂ©nĂ©ral" fera tout pour la protĂ©ger de la menace sournoise. Oh combien ludique d'un point de vue strictement formel, cet ultime Ă©pisode s'avère aussi fun et rĂ©jouissant qu'un Gremlins (ou plutĂ´t qu'un Critters) grâce Ă  la modestie de ces trucages Ă  la fois très efficaces et Ă©moustillants. Tant et si bien que l'on attend avec ferveur l'apparition prochaine du lutin d'autant plus cruel et immoral lorsqu'il souhaite intenter Ă  la vie d'une innocence infantile. A travers le climat féérico-macabre de ses pĂ©ripĂ©ties endiablĂ©es, on apprĂ©cie le dynamisme du montage lorsque le chat et le lutin se poursuivent dans la chambre lors d'un affrontement Ă©pique exploitant habilement ces dĂ©cors mobiliers. On peut Ă©galement souligner l'attachante prĂ©sence de Drew Barrymore de par sa candeur naturelle dĂ©nuĂ©e de fard et celle de Candy Clark en maman arbitraire quant Ă  l'intrusion (faussement hostile) du chat dans leur demeure.


SĂ©rie B correctement rĂ©alisĂ©e et jamais ennuyeuse d'après 3 sketchs bonnards, Cat's Eye remplit modestement le cahier des charges Ă  travers son intĂ©gritĂ© de nous tailler un divertissement sans prĂ©tention bougrement badin (voir parfois mĂŞme hilarant quant au 1er segment totalement vrillĂ©). 

*Bruno
2èx

lundi 25 mai 2020

Les Pirates de l'île sauvage

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

"Nate and Hayes" de Ferdinand Fairfax. 1983. U.S.A/Nouvelle Zélande. 1h40. Avec Tommy Lee Jones, Michael O'Keefe, Max Phipps, Jenny Seagrove, Grant Tilly, Bruce Allpress.

Sortie salles France: 27 Juin 1984. U.S: 18 Novembre 1983

FILMOGRAPHIEFerdinand Fairfax est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste amĂ©ricain nĂ© le 1er Aout 1944 Ă  Londres, dĂ©cĂ©dĂ© le 7 Mars 2008. 1983: Les Pirates de l'Ă®le sauvage. 1988: The Rescue. 1990: The Secret Life of Ian Fleming (TĂ©lĂ©film). 1996: True Blue. 1998: Frenchman's Creek (TĂ©lĂ©film). 1999: In the Name of Love (TĂ©lĂ©film). 2003: Un amour absolu (tĂ©lĂ©film).
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Un sympathique film d'aventures classiques, dispensable certes, mais efficacement mené et assez fringant quant à la complémentarité solidaire des interprètes. On est tout de même surpris du classicisme du scénario venant de la part de l'illustre cinéaste John Hughes.

*Bruno


Ci-joint la critique de Libellool publiée le 22 décembre 2015 sur Senscritique:
À une lointaine époque où Tommy Lee Jones tournait essentiellement pour la télévision et disposait encore d'un nez normalement proportionné, on peut trouver ce petit film de pirates sans prétention. Mais l'appellation "film d'aventure" est plus correcte, car la trame se déroule aux dernières heures de la piraterie et les bateaux comme les costumes ont beaucoup moins de gueule qu'à l'âge d'or de cette vocation.

L'histoire est très classique, avec une jeune fiancée qui se fait enlever par de vilains pirates et qui sera, à un moment donné, captive de sauvageons (dans une scène copiée dans King Kong). Malgré cette prévisibilité, on passe un bon moment grâce aux paysages exotiques, un rythme qui fonctionne (même si parfois, ce n'est pas trop ça) et quelques bonnes idées.

Je n'aurais jamais imaginé Tommy Lee Jones dans un rôle de ce genre (et surtout si jeune, car je pensais qu'il avait toujours été vieux). Comme quoi avec le cinéma, on n'est jamais au bout de ses surprises...


P.s. : Notons que la saga Pirates des Caraïbes (le premier opus surtout) a dû pas mal s'inspirer de ce film, notamment pour le triangle amoureux et quelques scènes qui se ressemblent méchamment.

Note: 6/10

vendredi 22 mai 2020

Pyromaniac

                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site zonebis.com

"Dont' go in the house" / "The Burning" de Joseph Ellison. 1979. U.S.A. 1h23/1h32 (version Uncut). Avec Dan Grimaldi, Robert Osth, Ruth Dardick, Charles Bonet, Bill Ricci, Dennis Hunt.

Sortie salles U.S: 28 Mars 1980

FILMOGRAPHIEJoseph Ellison est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain, nĂ© en 1948 Ă  Manhattan. 1979: Pyromaniac. 1986: Joey


Auteur de deux uniques longs-mĂ©trages, Joseph Ellison marqua au fer rouge une gĂ©nĂ©ration de vidĂ©ophiles avec son premier essai directement sorti en VHS dans l'hexagone. Car modeste sĂ©rie B centrĂ©e sur l'introspection intime d'un schizophrène, Pyromaniac vĂ©hicule une fascination morbide auprès du dangereux pyromane de par l'ambiance putride Ă©manant de son pavillon parental jalonnĂ© de cadavres momifiĂ©s. Le pitchOuvrier dans un atelier de soudure, Donald Kohler sombre dans la folie Ă  la suite d'un grave incident survenu sur l'un de ses collègues de travail. Si bien que par inadvertance, ce dernier s'est retrouvĂ© prisonnier des flammes par la faute d'un combustible explosif. ChoquĂ© et fascinĂ© par cet Ă©vènement accidentel, Donald part rejoindre son foyer mais dĂ©couvre horrifiĂ© le dĂ©cès fortuit de sa mère d'une cause naturelle. Enfin libre de la tyrannie qu'elle exerçait sur lui depuis son enfance, il dĂ©cide d'investir les ruelles malfamĂ©es de son quartier pour cautĂ©riser les femmes pĂ©cheresses. Ce qui interpelle aussitĂ´t le spectateur Ă  la vision de Pyromaniac, c'est sa verdeur employĂ©e, la manière Ă  la fois radicale et vĂ©riste que le metteur en scène cultive afin de crĂ©dibiliser les exactions meurtrières du pyromane sexuellement refoulĂ©. Pour preuve, son homicide intentĂ© Ă  la première victime dĂ©munie (elle se retrouve embrigadĂ©e, dĂ©nudĂ©e et enchaĂ®nĂ©e en interne d'une pièce blindĂ©e) s'avère d'un rigoureux sadisme, renforcĂ©e d'effets spĂ©ciaux plutĂ´t rĂ©alistes si bien que nous avions la rĂ©elle impression que la victime moribonde se consume littĂ©ralement sous nos yeux sous l'embrasement de flammes lui lĂ©chant tout le corps ! Ainsi, Ă  l'instar d'un docu vĂ©ritĂ©, Joseph Ellison s'emploie avec efficacitĂ© Ă  nous faire partager la quotidiennetĂ© morbide du dangereux schizophrène toujours plus contrariĂ© par ces hallucinations et dĂ©lires de persĂ©cution auprès d'une gente fĂ©minine aguicheuse ou railleuse.


L'atmosphère putride rĂ©gie au sein de sa vaste rĂ©sidence familiale s'emparant du sens olfactif du spectateur avec une rigueur Ă©touffante. Si bien que ce huis-clos gothique exalte un parfum de renfermĂ© toujours plus factuel eu Ă©gard des macchabĂ©es dissĂ©minĂ©s en interne des chambres. Tant Ă  l'Ă©tage de la pièce oĂą rĂ©sidait sa mĂ©gère abusive que dans le salon oĂą trois cadavres putrĂ©fiĂ©s y ont Ă©tĂ© disposĂ©s sur chacun des fauteuils. Qui plus est, de par sa bande-son Ă  la fois tĂ©nĂ©breuse et bourdonnante; l'Ă©cho d'une voix dĂ©lĂ©tère que seul le tueur perçoit dans sa psychĂ© torturĂ©e renforce Ă  merveille le malaise imposĂ© Ă  son Ă©tat de contrariĂ©tĂ©. Notamment de par son impuissance Ă  ne pouvoir refrĂ©ner ses pulsions psychotiques faute de son enfance maltraitĂ©e. Si bien que les sĂ©vices corporels autrefois infligĂ©s sur lui que l'on dĂ©couvre via l'entremise de flash-back, ainsi que son appel au secours qu'il s'empresse ensuite d'invoquer auprès du prĂŞtre paroissial nous suscitent nĂ©anmoins une certaine forme d'empathie, voire mĂŞme de pitiĂ© dans sa solitude dĂ©munie ! De manière instinctive, on songe alors Ă  l'illustre Maniac de Lustig Ă  peine sorti quelques mois plus tard dans les salles obscures ! Tant pour le portrait commun imparti Ă  une victime de maltraitance infantile, pour l'aura feutrĂ© de son climat poisseux que de son parti-pris documentĂ© Ă  explorer un profil psychotique afin de susciter un malaise cĂ©rĂ©bral irrĂ©fragable. Notamment en se rĂ©fĂ©rant Ă  son final tragique Ă  nouveau Ă©trangement similaire au destin de Frank Zitto, si bien que le pyromane, Ă©galement soumis au dĂ©lire hallucinatoire, demeure persĂ©cutĂ© par la rĂ©surrection de cadavres revanchards (lĂ  encore, les maquillages mortifères s'avèrent saisissants de rĂ©alisme nĂ©crosĂ© !) en guise de rĂ©demption.


A la fois poisseux, malsain, malaisant, inquiĂ©tant et Ă©touffant, Pyromaniac y transcende un sentiment d'angoisse permanent pour le spectateur Ă©pris de fascination et de rĂ©pulsion Ă  sonder les arcanes d'un esprit schizophrène. Outre son incroyable ambiance cafardeuse Ă  l'aura macabre permĂ©able, l'interprĂ©tation habitĂ©e de Dan Grimaldi s'avère aussi saisissante que celle de Joe Spinnel (oui j'ose la comparaison !) en pyromane purificateur partagĂ© entre dĂ©sir de rĂ©demption et pulsion du châtiment. En l'occurrence, ce chef-d'oeuvre underground (dĂ©fendu bec et ongle par Mister  Tarantino !), vĂ©ritable manifeste anti-maltraitance infantile, n'a rien perdu de son acuitĂ© olfactive au grĂ© d'une descente aux enfers brillamment dĂ©nuĂ©e de complaisance (tout l'inverse des dĂ©rives graphiques du chef-d'oeuvre de Lustig). Une rĂ©fĂ©rence incontournable donc Ă  imprimer dans l'encyclopĂ©die du cinĂ©ma horrifique (auteurisant). 

*Donny Kohler
29.06.24. 6èx. Vostfr Covid
22.05.20. 
14.05.13. 156 v   
             

jeudi 21 mai 2020

Darkly Noon

                                   Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site gzhorreurfilmvhs.blogspot.com

"The Passion of Darkly Noon" de Philip Ridley. 1995. Belgique/Allemagne/Angleterre. 1h41. Avec Brendan Fraser, Ashley Judd, Viggo Mortensen, Loren Dean, Lou Myers, Grace Zabriskie.

Sortie salles France: 25 Septembre 1996

FILMOGRAPHIE: Philip Ridley est un réalisateur et scénariste anglais né le 29 Décembre 1964 à Londres. 1990: L'enfant miroir. 1995: Darkly Noon. 2009: Heartless.


« Le fanatisme est l’apanage des ignorants. »
RĂ©alisĂ© entre L’Enfant Miroir et Heartless — deux perles inclassables du cinĂ©ma de genre — Darkly Noon, tournĂ© en 1995, marque une nouvelle escale dans le parcours singulier de Philip Ridley. Probablement son Ĺ“uvre la plus difficile d’accès, en raison d’un climat austère, de ruptures de ton dĂ©routantes et de personnages Ă  la fois sobres et profondĂ©ment attachants, elle gravite autour du thème ravageur du fanatisme religieux.

Le pitch : Ă©chappĂ© de l’enfer après avoir vu ses parents rigoristes massacrĂ©s, Darkly Noon trouve refuge dans la cabane isolĂ©e de la douce Callie, au cĹ“ur des bois. En attendant scrupuleusement le retour de son amant Clay, Callie s’attache Ă  cet inconnu Ă©trange, pĂ©tri de foi et d’angoisse mystique. Mais face Ă  la sensualitĂ© naturelle et assumĂ©e de Callie, la rĂ©pression sexuelle inculquĂ©e Ă  Darkly par une secte ultra-conservatrice fait vaciller ses convictions, jusqu’Ă  prĂ©cipiter sa chute dans une croisade punitive.

Cauchemar fĂ©erique greffĂ© sur un drame psychologique brĂ»lant, Darkly Noon ne laisse pas indemne. Sa mise en scène personnelle, portĂ©e par une photographie surexposĂ©e et un stylisme alambiquĂ©, façonne un univers sensoriel envoĂ»tant. La palette incandescente des couleurs, souvent baignĂ©e d’onirisme, confère Ă  l’ensemble une beautĂ© picturale quasi expressionniste, oĂą la nature semble dĂ©sincarnĂ©e, et les visages, figĂ©s dans l’innocence. Au fil de la progression dramatique, cette fĂ©erie visuelle s’enflamme jusqu’Ă  l’embrasement final, cathartique et sauvage, hurlĂ© par un montage chaotique.


Au-delĂ  de son Ă©trangetĂ© baroque et de son immersion parfois Ă©pineuse, le film distille avec originalitĂ© un mĂ©lange d’inquiĂ©tude, de tendresse, d’apprĂ©hension et de trouble. La première partie, toute en chaleur humaine et en Ă©rotisme diffus, reste Ă  mon sens la plus abordable. Elle explore la fragile tentative d’apprivoisement entre Callie et Darkly, sur fond de dĂ©sir interdit et de pudeur exacerbĂ©e. Callie, douce et lumineuse, tente de dĂ©dramatiser la sexualitĂ© auprès de ce jeune homme brisĂ©, engluĂ© dans une timiditĂ© maladive. Toute l’intrigue repose sur l’Ă©volution psychotique de Darkly, pantin influençable, tiraillĂ© entre les prĂ©ceptes violents de ses parents, ses visions morbides, et les murmures d’une Ă©nigmatique vieille femme, recluse elle aussi dans les bois.

Dans ce rĂ´le Ă  contre-emploi, Brendan Fraser est bouleversant. Il incarne avec intensitĂ© la fragilitĂ© nue d’un homme en miettes, prisonnier d’une idĂ©ologie obscurantiste qui l’a privĂ© de toute boussole intĂ©rieure. Face Ă  lui, Ashley Judd rayonne d’humanitĂ© : son attachement sincère Ă  Darkly, aussi maladroit soit-il, passe par la transmission d’une tendresse simple, fondĂ©e sur l’Ă©coute, le respect, et une forme de sagesse instinctive.


 Ĺ’uvre baroque, Ă  la fois lascive, poĂ©tique, dĂ©routante et effrayante, Darkly Noon propose une expĂ©rience sensorielle et morale rare. Par son refus du conformisme, il dĂ©nonce avec provocation et inventivitĂ© la schizophrĂ©nie du fanatisme religieux. Toujours aussi fascinant, poignant, troublant — et sublimĂ© par une musique d’une dĂ©licatesse presque douloureuse —, il demeure une pièce unique, impossible Ă  Ă©muler. Une Ĺ“uvre Ă  la croisĂ©e du conte et du cauchemar, qui continue d’habiter la mĂ©moire bien après le dernier plan.

*Bruno
4èx. 12.05.25. Vostf

mercredi 20 mai 2020

Un homme parmi les loups

                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

Walt Disney Pictures presents: "Never Cry Wolf" de Carroll Ballard. 1983. U.S.A. 1h45. Avec Charles Martin Smith, Brian Dennehy, Zachary Ittimangnaq, Samson Jorah, Tom Dahlgren.

Sortie salles France: 4 Avril 1984. U.S: 27 Janvier 1984

FILMOGRAPHIECarroll Ballard est un réalisateur américain, né le 14 octobre 1937 à Los Angeles. 1979 : L'Étalon noir. 1983 : Un homme parmi les loups. 1986 : Nutcracker: The Motion Picture. 1992 : Wind. 1996 : L'Envolée sauvage. 2005 : Duma.


L'Arctique est victime d'une catastrophe biologique : les troupeaux d'élans que l'on comptait jadis par million ont aujourd'hui disparu. Une étude est en cours pour justifier scientifiquement l'extermination du coupable présumé, une créature décrite dans les légendes comme une bête féroce : canis lupus dit le loup. Etant donné les difficultés extrêmes, aucun scientifique n'a pu observer un loup attaquer et tuer un élan. Le projet Lupus consistait à envoyer quelqu'un dans l'Arctique pour suivre une meute de loups et observer son comportement en détail.

Choc formel d'une émotion à la fois capiteuse et ensorcelante, de par le score envoûtant de Mark Isham et de ses vastes panoramas enneigés auquel subsistent un scientifique et une meute de loups sauvages, Un homme parmi les loups est une expérience naturaliste renouant avec notre instinct de survie. Tant et si bien qu'en observant la coexistence quotidienne de loups livrés à eux mêmes, Tyler témoignera de leur pureté morale à respecter la faune et la flore dans une harmonie autonome. Et ce en dépit de l'hypocrisie de l'homme délibéré à les incriminer depuis la disparition en masse des caribous. Mais dépêché sur les lieux en Arctique, Tyler témoignera de la déférence de ces loups pour autrui (même auprès de l'homme observateur adoptant une similaire ligne de conduite morale au fil de son apprentissage !) si bien que seuls les animaux malades feront les frais d'un sacrifice alimentaire.


Ce sentiment planant de solitude exaltant, cette sensation de dĂ©paysement au sein d'un faste environnement d'un flegme rassurant; Carroll Ballard les transfigurent par le biais de sa mise en scène prĂ©cisĂ©ment documentĂ©e. Notamment en filmant au plus près des corps les animaux livrĂ©s le plus souvent dans l'improvisation afin de ne pas dĂ©naturer leurs conditions de vie sauvages au sein de tempĂ©ratures rĂ©frigĂ©rantes. C'est dire si Un homme parmi les loups parvient Ă  nous faire oublier sa facture cinĂ©gĂ©nique pour mieux nous immerger dans une expĂ©rience humaine hors du commun. Celle de renouer avec notre instinct de survie et du respect d'autrui au sein d'une nature Ă©purĂ©e que Tyler apprivoise entre fascination et curiositĂ©, amour et (immodĂ©rĂ©e) considĂ©ration. Ainsi, de par son Ă©preuve de longue haleine Ă  Ă©tudier l'animal incriminĂ© et son amour naissant pour lui (respectant qui plus est sa communautĂ© avec une loyautĂ© indĂ©fectible !), Un homme parmi les loups Ă©tablit un parallèle avec la cupiditĂ© de l'homme dit civilisĂ© (en ligne de mire le pilote de Tyler entrevu lors du prologue et de l'Ă©pilogue) perdu depuis des millĂ©naires dans son matĂ©rialisme et son dĂ©sir de destruction en y bafouant l'Ă©cologie pour des enjeux capitalistes ou pour son propre loisir de chasse.


Réapprendre à survivre et à vivre dans la plus stricte simplicité pour redevenir "homme".
Spectacle enchanteur sans fioriture oĂą le sentiment d'indĂ©pendance reprend tous ses droits au sein d'une nature sauvage en harmonie avec sa simplicitĂ© existentielle, Un homme parmi les loups se dĂ©cline en hymne (lyrique) Ă  la flore et la faune Ă  travers l'innocence du loup vivant paisiblement avec lui mĂŞme grâce Ă  sa dignitĂ© auprès de l'Ă©quilibre Ă©cologique. Quand bien mĂŞme l'homme oisif, car rendu capricieux par son confort et sa technologie perdurera sa soif de profit de par son arrogance mĂ©galo Ă  exploiter l'animal jusqu'Ă  sa prochaine disparition. Tristement actuel donc pour un chef-d'oeuvre estampillĂ© Disney (!!!???) Ă©clos en 1983. 

*Bruno

Je me souviens
De mes petites aventures
De ces peurs
Qui me paraissaient insurmontables
De ces choses
Que je devais Ă  tous prix atteindre
En fait, une seule chose importe
Cette chose, c'est
De vivre pour voir le jour se lever
Et la lumière inonder la terre
Chant inuit.

mardi 19 mai 2020

Le Faiseur d'Epouvante (Uncut Version)

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"The Manitou" de William Girdler. 1978. U.S.A./Canada. 1h43. Avec Tony Curtis, Michael Ansara, Susan Strasberg, Stella Stevens, Jon Cedar, Ann Sothern, Burgess Meredith.

Sortie le 11 Septembre 1985.

FILMOGRAPHIE: William Girdler est un compositeur, producteur, réalisateur et scénariste américain, né le 22 Octobre 1947 à Louisville, dans le Kentucky aux États-Unis, et décédé le 21 Janvier 1978 à Manille aux Philippines. 1972 : Three on a Meathook. 1974: Quand la ville tremble. Abby. 1975: l'Antre de l'horreur. 1975: Sheba Baby. 1976: Grizzly. Project: Kill. 1977: Day of the Animals. 1978: Le Faiseur d'Epouvantes.


Le Faiseur d'Epouvante est l'ultime oeuvre de William Girdler, rĂ©alisateur discret disparu trop tĂ´t, modeste faiseur de sĂ©rie B a qui l'on doit d'autres scripts aussi insensĂ©s mettant en scène de fĂ©roces agressions animales (GrizzlyDay of the Animals). Le pitch: Karen est une jeune femme de 28 ans sans histoire, jusqu'au jour oĂą une forme inĂ©dite de tumeur semble apparaĂ®tre sur son dos. Après divers examens, cette protubĂ©rance serait en faite un foetus humain, la rĂ©incarnation d'un mĂ©decin sorcier indien surnommĂ© Manitou. Karen, prise de marasme est sur le point d'accoucher ! Planquez vos totems, l'horreur peut commencer ! RedĂ©couvrir aujourd'hui (pour la seconde fois pour ma part) Le Faiseur d'Ă©pouvante concoctĂ© dans un part-pris ludique s'avère d'autant plus fun et parfois jouissif que ce projet tirĂ© Ă  la base du roman de Graham Masterson serait bâti sur un fait-divers (littĂ©ralement improbable) ! Tout du moins c'est que le gĂ©nĂ©rique de fin nous averti lorsque en 1969 un jeune garçon natif de Tokyo dĂ©veloppa une tumeur Ă  la poitrine qui s'avĂ©ra finalement un foetus humain après avoir grossi de manière disproportionnĂ©e !!! C'est donc Ă  travers cet argument saugrenu que le rĂ©alisateur brode son rĂ©cit mystico-horrifique fondĂ© sur une lĂ©gende indienne. Clairement influencĂ© par l'Exorciste et autre MalĂ©diction instaurĂ©s lors des Seventies, le Faiseur d'Epouvante  fleure bon la sĂ©rie B dĂ©gingandĂ©e Ă  travers une plĂ©thore de clichĂ©s et situations ubuesques irrĂ©sistiblement dĂ©bridĂ©s.


A l'instar du personnage de Mme Gertz subitement transie par l'esprit du Manitou pour gesticuler des rimes satanistes en mode dĂ©lurĂ©e face Ă  Tony Curtis Ă©baubi de stupeur ! La mamie concourant aux mimiques grimaçantes Ă  travers son simulacre de "danse indienne" pour lĂ©viter ensuite au dessus du sol et se projeter violemment contre les barres d'une rampe d'escalier par une force invisible ! Impossible donc de garder son flegme et son sĂ©rieux face Ă  cette sĂ©quence involontairement parodique de par son sarcasme semi cartoonesque. Quand bien mĂŞme Tony Curtis se fond dans le corps d'un voyant bonimenteur Ă  travers sa blouse noire de mage imprimĂ©e de signes astraux ! Ainsi, Ă  travers sa verve truffĂ©e d'ironie assumĂ©e (on se croirait presque par moments dans Amicalement Votre !), on ne peut s'empĂŞcher de s'amuser de son tempĂ©rament dĂ©contractĂ©e, quand bien mĂŞme au fil d'une progression dramatique, il tentera vainement de nous susciter une apprĂ©hension en crescendo au fil d'Ă©vènement dĂ©lĂ©tères Ă©chappant Ă  tout le personnel mĂ©dical. Les autres seconds-rĂ´les (mĂ©decins, infirmières, sorcier indien et victime possĂ©dĂ©e du manitou) endossant cette similaire sobriĂ©tĂ© semi parodique dans leur dĂ©sir de nous transmettre  angoisse et effroi face Ă  une damnation spirituelle Ă  grande Ă©chelle. Et Ă  ce niveaude trouillomètre, le final bordĂ©lique vaut son pesant de cacahuètes lorsque la victime accouchera finalement du manitou (nabot qui plus est !!!) dĂ©ployant une armada de pouvoirs surnaturels Ă  travers ses mimiques aussi renfrognĂ©es qu'impassibles. Tant auprès du corps mĂ©dical sĂ©vèrement brimĂ© par ses forces occultes que du cadre hospitalier transformĂ© en palais rĂ©frigĂ©rant !


Y'a t'il un exorciste indien pour sauver l'hĂ´pital en furie ?
Franchement facĂ©tieux Ă  travers sa matière purement ludique flirtant avec le ridicule, le Faiseur d'Epouvante devrait sĂ©duire (et enthousiasmer) les amateurs de nanars impayables Ă  travers son pitch Ă  la fois dĂ©bridĂ© et (parfois mĂŞme) fascinant, notamment pour converger Ă  un final en fanfare rĂ©solument stellaire et dĂ©jantĂ©. Quant Ă  l'avenante prĂ©sence de Tony Curtis (Ă©paulĂ© de sĂ©rieux acolytes aussi imperturbables !), on se demande quelle mouche a bien pu piquer le rĂ©alisateur pour l'enrĂ´ler dans une caricature aussi ironique qu'extravagante ! ? En tous Ă©tat de cause, son attachante prĂ©sence rehausse l'attrait bonnard de cette improbable production hollywoodienne surfant sur la dĂ©monologie (ici) indienne Ă  l'aide d'FX cheaps grand-guignolesques (estampillĂ©s Tom Burman, excusez du peu !.

*Bruno
2èx
05/2020
03/2011. 276 v

lundi 18 mai 2020

L'Immortel

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Marco D'Amore. 2019. Italie. 1h55. Avec Marco D'Amore, Giuseppe Aiello, Salvatore D'Onofrio, Giovanni Vastarella, Marianna Robustelli, Martina Attanasio.

Sortie salles Italie: 5 Décembre 2019

FILMOGRAPHIE: Marco D'Amore est un acteur , réalisateur et scénariste italien, né le 12 Juin 1981 à Caserta. 2019: Gomorrah ( Gomorrah - La série , série TV, 2 épisodes). 2019: L'immortel


“La vie est une tragĂ©die Prends-la Ă  bras le corps.”
Spin-off de la sĂ©rie rĂ©fĂ©rence Gomorra créé par Stefano Sollima (nouveau maĂ®tre en la matière); l'Immortel est un trait-d'union entre la saison 4 et 5 Ă  travers le personnage de Ciro rĂ©chappĂ© miraculeusement de la mort (apprendra t'on lors du concis prologue). Accueilli en Lettonie par son ami d'enfance Bruno, il dĂ©cide de s'associer avec un ponte de la mafia russe, quand bien mĂŞme au grĂ© de flash-back nous connaĂ®trons un passage de son enfance douloureuse en compagnie de Bruno et de Stella, la jeune compagne de ce dernier. RĂ©alisĂ© par l'acteur himself Marco D'Amore, l'Immortel ne déçoit nullement pour tous les aficionados de Gomorra. SĂ©rie mafieuse ultra noire de par son intensitĂ© dramatique en crescendo dĂ©ployant un lyrisme Ă©lĂ©giaque, et par son ultra violence escarpĂ©e oĂą chacun des personnages peut trĂ©passer Ă  tous moments. Tant et si bien qu'en exploitant ici une intrigue Ă  la fois efficace et charpentĂ©e, Marco D'Amore parvient Ă  relancer les enjeux de la sais 4 de Gomorra par l'entremise du rĂ©calcitrant Ciro Di Marzio (toujours aussi magnĂ©tique de charisme lestement dĂ©lĂ©tère !).


Peut-ĂŞtre l'un des plus grands anti-hĂ©ros de la TV et (aujourd'hui) du cinĂ©ma eu Ă©gard de l'empathie inĂ©vitable qu'on lui Ă©prouve pour son profil juvĂ©nile sobrement dĂ©voilĂ© sous l'impulsion du courage, de la fidĂ©litĂ© et de la loyautĂ©. Le rĂ©alisateur adoptant un regard Ă  la fois poignant et bouleversant sur les valeurs de l'amitiĂ© et de l'amour (sa relation paternelle avec Bruno et celle, sentimentalement improbable avec Stella) et de la famille que Ciro ne peut aujourd'hui cristalliser dans sa condition de corrupteur notoire. D'une intensitĂ© Ă©motionnelle aussi aigue que celle de la sĂ©rie Ă  travers son climat mĂ©lancolique chamarrĂ© d'une partition sensitive, le passĂ© infantile de Ciro refait donc surface notamment pour y rĂ©vĂ©ler un trait d'union avec les Ă©vènements actuels dĂ©crits sans fioritures. Marco D'Amore allant droit Ă  l'essentiel pour parfaire ses nouveaux personnages vĂ©reux et y structurer une intrigue plus subtile quant Ă  la rĂ©solution de sa tournure dramatique si je fais rĂ©fĂ©rence Ă  un personnage clef de l'histoire.  Ainsi, Ă  travers les thèmes de la trahison, de la concertation et de la corruption, trois Ă©lĂ©ments indissociables Ă  tous rĂ©seaux mafieux; le rĂ©alisateur y transfigure son propre portrait vĂ©reux avec un humanisme Ă  la fois mortifiĂ©, placide et dĂ©sespĂ©rĂ©. Notamment si je me rĂ©fère Ă  ses tièdes rapports sentimentaux auprès d'une jeune fille rĂ©ticente au premier abord mais davantage fascinĂ©e pour sa loyautĂ© amicale et son instinct protecteur.


Superbement rĂ©alisĂ© par un Marco D'Amore parfaitement inspirĂ© pour y dĂ©peindre 2 passionnantes intrigues afin d'asseoir la nouvelle rĂ©putation de Ciro (avec mĂŞme un bouleversant clin d'oeil au western spaghetti lors de son Ă©pilogue Ă  fin ouverte !), l'Immortel baigne dans une ensorcelante acuitĂ© mĂ©lancolique (belle Ă  en pleurer) pour y tailler (sans effets de manche) le profil d'un salopard rĂ©calcitrant aussi Ă©quivoque qu'extraordinairement attachant. A ne pas rater pour tous les amoureux d'Ă©popĂ©e mafieuse spĂ©cialement transalpine.  

*Bruno

vendredi 15 mai 2020

Empreinte de Dracula (l')

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"El Retorno de Walpurgis" de Carlos Aured. 1973. Espagne. 1h24. Avec Paul Naschy, Fabiola Falcón, Maritza Olivares, José Manuel Martín, Eduardo Calvo.

Sortie salles France: 2 Février 1975

FILMOGRAPHIE:  Carlos Aured (Los Alcázares, Murcie, 22 janvier 1937 - DĂ©nia, 3 fĂ©vrier 2008) est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste espagnol. 1972 : El espanto surge de la tumba. 1973 : La venganza de la momia. 1973 : El retorno de Walpurgis. 1973 : Los ojos azules de la muñeca rota. 1974 : La noche de la furia. 1974 : Los frĂ­os senderos del crimen. 1977 : Susana quiere perder... eso. 1981 : El fontanero, su mujer y otras cosas de meter. 1981 : Apocalipsis sexual. 1981 : La frĂ­gida y la viciosa. 1982 : De niña a mujer. 1982 : Leviatán. 1983 : El hombre del pito mágico. 1983 : El enigma del yate. 1984 : Atrapados en el miedo. 1997 : Se fue. 1997 : Alien Predator.


Une sympathique bisserie ibĂ©rique estampillĂ©e Paul Nashy habituĂ© aux rĂ´les de loups-garous, tant et si bien que le titre française s'avère tout Ă  fait mensonger puisqu'il n'y a pas de point de vampire aux dents longues. Ainsi, en dĂ©pit d'un pitch capillotractĂ© Ă  faible intĂ©rĂŞt, d'un montage elliptique et d'une baisse de rythme vers sa dernière demi-heure (on aurait pu l'Ă©courter de 15 bonnes minutes), l'Empreinte de Dracula sĂ©duit par son ambiance gothique tantĂ´t charnelle, tantĂ´t poĂ©tique, quand bien mĂŞme sa scĂ©nographie forestière demeure parfois envoĂ»tante, notamment auprès de ses Ă©clairages particulièrement soignĂ©s. A dĂ©couvrir avec indulgence donc auprès des afficionados du genre qui ne manqueront pas non plus de s'esbaudir auprès de ses effusions sanglantes cheaps mais efficaces. 


*Eric Binford
3èx

jeudi 14 mai 2020

The Sorcerers

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Pinterest.com

"La Créature Invisible" de Michael Reeves. 1967. Angleterre. 1h26. Avec Boris Karloff, Catherine Lacey, Ian Ogilvy, Élisabeth Ercy, Victor Heny.

Sortie salles France: 12 (ou 19) Avril 1967

FILMOGRAPHIE: Michael Reeves est un réalisateur, producteur et scénariste anglais né le 17 Octobre à Sutton, Surrey, décédé le 11 février 1969 à Londres. 1968: Le grand inquisiteur. 1967: La créature invisible. 1966: The She Beast. 1964: Le château des morts vivants (non crédité).


Oeuvre culte invisible depuis des lustres que Neo Publishing eut l'aubaine d'éditer en Dvd dans nos contrées, The Sorcerers est un divertissement transgressif d'une perversité franchement couillue. Eu égard du profil peu recommandable d'un couple de personnes âgées s'en prenant à un jeune quidam afin d'exaucer leurs fantasmes les plus licencieux. Et ce à travers leur procédé révolutionnaire de l'hypnose que ceux-ci parviennent à parfaire lorsqu'il s'agit d'exploiter à distance télépathique un pauvre cobaye tributaire de leurs désirs les plus dérogatoires. Mais c'est surtout du point de vue subitement castrateur de l'épouse assaillie de rancune et de colère à travers sa condition sociale précaire que The Sorcerers adopte une tournure littéralement dramatique au point d'y enfanter un climat malaisant en crescendo.


La mĂ©gère dĂ©catie jubilant Ă  l'idĂ©e de se fondre dans le corps du jeune sujet; allant mĂŞme jusqu'Ă  y commettre des exactions meurtrières irrĂ©versibles Ă  travers sa haine misogyne. Quand bien mĂŞme l'Ă©poux (endossĂ© par un Boris Karloff Ă  la mine Ă  la fois confuse et sentencieuse) s'efforce de raisonner cette dernière soudainement habitĂ©e de pulsions perverses insoupçonnĂ©es. C'est donc une intrigue Ă  la fois efficace, inquiĂ©tante et haletante que nous dĂ©crit l'illustre Michael Reeves (le Grand Inquisiteur reste dans toutes nos mĂ©moires) Ă  travers sa mise en scène documentĂ©e si bien que parfois nous avions la trouble impression d'assister Ă  un reportage expĂ©rimental ! D'une violence malsaine lors des sĂ©quences les plus cinglantes; The Sorcerers dĂ©gage une atmosphère mĂ©phitique en la prĂ©sence de ce couple du 3è âge sombrant dans une dĂ©gĂ©nĂ©rescence morale incontrĂ´lĂ©e. Au-delĂ  de toutes ses qualitĂ©s prĂ©citĂ©es, on peut toutefois dĂ©plorer la pauvretĂ© des dĂ©cors urbains un peu trop blafards Ă  mon sens ainsi qu'une partition musicale archaĂŻque plutĂ´t en dĂ©calage avec l'action dĂ©crite.


Rien de bien prĂ©judiciable pour autant si bien que The Sorcerers s'enracine dans nos mĂ©moires pour son propos "mad" Ă  dĂ©voiler librement nos bas instincts du point de vue du 3è âge (tant rĂ©putĂ© pour leur nature aussi paisible que docile quant Ă  l'apprĂ©hension de leur proche trĂ©pas). Et ce en allant jusqu'au bout de son sujet scabreux au point d'y sacrifier l'innocence galvaudĂ©e. 

*Bruno
2èx