mardi 19 mai 2020

Le Faiseur d'Epouvante (Uncut Version)

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"The Manitou" de William Girdler. 1978. U.S.A./Canada. 1h43. Avec Tony Curtis, Michael Ansara, Susan Strasberg, Stella Stevens, Jon Cedar, Ann Sothern, Burgess Meredith.

Sortie le 11 Septembre 1985.

FILMOGRAPHIE: William Girdler est un compositeur, producteur, réalisateur et scénariste américain, né le 22 Octobre 1947 à Louisville, dans le Kentucky aux États-Unis, et décédé le 21 Janvier 1978 à Manille aux Philippines. 1972 : Three on a Meathook. 1974: Quand la ville tremble. Abby. 1975: l'Antre de l'horreur. 1975: Sheba Baby. 1976: Grizzly. Project: Kill. 1977: Day of the Animals. 1978: Le Faiseur d'Epouvantes.


Le Faiseur d'Epouvante est l'ultime oeuvre de William Girdler, rĂ©alisateur discret disparu trop tĂ´t, modeste faiseur de sĂ©rie B a qui l'on doit d'autres scripts aussi insensĂ©s mettant en scène de fĂ©roces agressions animales (GrizzlyDay of the Animals). Le pitch: Karen est une jeune femme de 28 ans sans histoire, jusqu'au jour oĂą une forme inĂ©dite de tumeur semble apparaĂ®tre sur son dos. Après divers examens, cette protubĂ©rance serait en faite un foetus humain, la rĂ©incarnation d'un mĂ©decin sorcier indien surnommĂ© Manitou. Karen, prise de marasme est sur le point d'accoucher ! Planquez vos totems, l'horreur peut commencer ! RedĂ©couvrir aujourd'hui (pour la seconde fois pour ma part) Le Faiseur d'Ă©pouvante concoctĂ© dans un part-pris ludique s'avère d'autant plus fun et parfois jouissif que ce projet tirĂ© Ă  la base du roman de Graham Masterson serait bâti sur un fait-divers (littĂ©ralement improbable) ! Tout du moins c'est que le gĂ©nĂ©rique de fin nous averti lorsque en 1969 un jeune garçon natif de Tokyo dĂ©veloppa une tumeur Ă  la poitrine qui s'avĂ©ra finalement un foetus humain après avoir grossi de manière disproportionnĂ©e !!! C'est donc Ă  travers cet argument saugrenu que le rĂ©alisateur brode son rĂ©cit mystico-horrifique fondĂ© sur une lĂ©gende indienne. Clairement influencĂ© par l'Exorciste et autre MalĂ©diction instaurĂ©s lors des Seventies, le Faiseur d'Epouvante  fleure bon la sĂ©rie B dĂ©gingandĂ©e Ă  travers une plĂ©thore de clichĂ©s et situations ubuesques irrĂ©sistiblement dĂ©bridĂ©s.


A l'instar du personnage de Mme Gertz subitement transie par l'esprit du Manitou pour gesticuler des rimes satanistes en mode dĂ©lurĂ©e face Ă  Tony Curtis Ă©baubi de stupeur ! La mamie concourant aux mimiques grimaçantes Ă  travers son simulacre de "danse indienne" pour lĂ©viter ensuite au dessus du sol et se projeter violemment contre les barres d'une rampe d'escalier par une force invisible ! Impossible donc de garder son flegme et son sĂ©rieux face Ă  cette sĂ©quence involontairement parodique de par son sarcasme semi cartoonesque. Quand bien mĂŞme Tony Curtis se fond dans le corps d'un voyant bonimenteur Ă  travers sa blouse noire de mage imprimĂ©e de signes astraux ! Ainsi, Ă  travers sa verve truffĂ©e d'ironie assumĂ©e (on se croirait presque par moments dans Amicalement Votre !), on ne peut s'empĂŞcher de s'amuser de son tempĂ©rament dĂ©contractĂ©e, quand bien mĂŞme au fil d'une progression dramatique, il tentera vainement de nous susciter une apprĂ©hension en crescendo au fil d'Ă©vènement dĂ©lĂ©tères Ă©chappant Ă  tout le personnel mĂ©dical. Les autres seconds-rĂ´les (mĂ©decins, infirmières, sorcier indien et victime possĂ©dĂ©e du manitou) endossant cette similaire sobriĂ©tĂ© semi parodique dans leur dĂ©sir de nous transmettre  angoisse et effroi face Ă  une damnation spirituelle Ă  grande Ă©chelle. Et Ă  ce niveaude trouillomètre, le final bordĂ©lique vaut son pesant de cacahuètes lorsque la victime accouchera finalement du manitou (nabot qui plus est !!!) dĂ©ployant une armada de pouvoirs surnaturels Ă  travers ses mimiques aussi renfrognĂ©es qu'impassibles. Tant auprès du corps mĂ©dical sĂ©vèrement brimĂ© par ses forces occultes que du cadre hospitalier transformĂ© en palais rĂ©frigĂ©rant !


Y'a t'il un exorciste indien pour sauver l'hĂ´pital en furie ?
Franchement facĂ©tieux Ă  travers sa matière purement ludique flirtant avec le ridicule, le Faiseur d'Epouvante devrait sĂ©duire (et enthousiasmer) les amateurs de nanars impayables Ă  travers son pitch Ă  la fois dĂ©bridĂ© et (parfois mĂŞme) fascinant, notamment pour converger Ă  un final en fanfare rĂ©solument stellaire et dĂ©jantĂ©. Quant Ă  l'avenante prĂ©sence de Tony Curtis (Ă©paulĂ© de sĂ©rieux acolytes aussi imperturbables !), on se demande quelle mouche a bien pu piquer le rĂ©alisateur pour l'enrĂ´ler dans une caricature aussi ironique qu'extravagante ! ? En tous Ă©tat de cause, son attachante prĂ©sence rehausse l'attrait bonnard de cette improbable production hollywoodienne surfant sur la dĂ©monologie (ici) indienne Ă  l'aide d'FX cheaps grand-guignolesques (estampillĂ©s Tom Burman, excusez du peu !.

*Bruno
2èx
05/2020
03/2011. 276 v

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