mardi 26 mai 2020

Cat's eye

                                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Lewis Teague. 1985. U.S.A. 1h34. Avec Drew Barrymore, James Woods, Alan King, Kenneth McMillan, Robert Hays, Candy Clark, James Naughton.

Sortie salles France: ? U.S: 12 Avril 1985

FILMOGRAPHIE: Lewis Teague (né le 8 mars 1938 à Brooklyn, New-York, Etats-Unis) est un réalisateur, monteur, acteur et directeur de la photographie américain. 1974: Dirty O'Neil. 1979: The Lady in red. 1980: L'Incroyable Alligator. 1982: Fighting Back. 1983: Cujo. 1985: Cat's Eye. 1985: Le Diamant du Nil. 1989: Collision Course. 1990: Navy Seals: les meilleurs. 1991: Wedlock.


Film Ă  sketchs mĂ©sestimĂ© et oubliĂ© si bien qu'il fut d'ailleurs privĂ© de sortie salles dans l'hexagone, Cat's Eye mĂ©rite Ă  ĂŞtre réévaluĂ© sous la mainmise de l'habile faiseur Lewis Teague (Cujo, l'Incroyable Alligator, le Diamant du Nil). Car en transposant Ă  l'Ă©cran 2 nouvelles de Stephen King tirĂ© de son roman Danse Macabre, et en y crĂ©ant une 3è histoire spĂ©cialement conçue pour le cinĂ©, Cat's Eye fleure bon la sĂ©rie B bonnard Ă  travers son esprit sarcastique dĂ©nuĂ© de complexe. Le palme du plus fun et loufoque revenant au premier segment endossĂ© par James Wood. Il y joue le rĂ´le d'un fumeur invĂ©tĂ©rĂ© tentant de stopper son addiction dans un centre de dĂ©sintox aux mĂ©thodes aussi drastiques que dĂ©mesurĂ©es. Doux euphĂ©misme eu Ă©gard de l'absurditĂ© d'un concept dictatorial jouant sur l'intimidation et le chantage des proches de leur patient prochainement soumis Ă  une torture Ă  la fois morale et corporel si ce dernier aurait le vice d'en griller une. DĂ©bordant d'humour vitriolĂ© et d'inventivitĂ© dĂ©bridĂ©e, cette première histoire jouit d'un climat de folie permanent, notamment si je me rĂ©fère aux hallucinations hilarantes du patient lors du dĂ®ner galant.


Le second sketch relate la terrible vengeance d'un gangster septuagĂ©naire auprès de l'amant de son Ă©pouse. Pour ce faire, celui-ci devra opĂ©rer le tour de l'immeuble en arpentant la corniche, et ce après avoir nĂ©gociĂ© un cruel dilemme avec son tortionnaire rupin. Coeurs fragiles rĂ©fractaires au vertige, abstenez vous (j'en fais parti !) car Lewis Teague s'y entend habilement pour nous provoquer une frousse viscĂ©rale lorsque la victime confinĂ©e Ă  haute altitude s'efforce de parfaire son parcours du combattant Ă  travers une sĂ©rie d'Ă©preuves aussi insidieuses que mĂ©tĂ©orologiques. Et si ce dilemme aussi sadique qu'improbable ne convainc qu'Ă  moitiĂ© quant au consentement un peu trop facile de la victime, sa grande efficacitĂ© Ă©motionnelle nous fait vite omettre son manque de crĂ©dibilitĂ©, notamment grâce au jeu Ă  contre-emploi de Robert Hays (l'inoubliable luron de Y'a t-il un pilote dans l'avion ?) Ă  la force d'expression rĂ©signĂ©e.


Enfin l'ultime segment illustre le calvaire d'une fillette amoureuse des chats mais en proie depuis quelques jours Ă  la terrible menace d'un lutin s'efforçant chaque nuit de lui gober son Ă©nergie vitale. Alors que les parents ne sont guère enthousiastes Ă  l'idĂ©e d'adopter un chat vagabond (cet animal traversa d'ailleurs chaque sketch pour parvenir Ă  l'appel au secours tĂ©lĂ©pathique de la fillette), celui-ci prĂ©nommĂ© "gĂ©nĂ©ral" fera tout pour la protĂ©ger de la menace sournoise. Oh combien ludique d'un point de vue strictement formel, cet ultime Ă©pisode s'avère aussi fun et rĂ©jouissant qu'un Gremlins (ou plutĂ´t qu'un Critters) grâce Ă  la modestie de ces trucages Ă  la fois très efficaces et Ă©moustillants. Tant et si bien que l'on attend avec ferveur l'apparition prochaine du lutin d'autant plus cruel et immoral lorsqu'il souhaite intenter Ă  la vie d'une innocence infantile. A travers le climat féérico-macabre de ses pĂ©ripĂ©ties endiablĂ©es, on apprĂ©cie le dynamisme du montage lorsque le chat et le lutin se poursuivent dans la chambre lors d'un affrontement Ă©pique exploitant habilement ces dĂ©cors mobiliers. On peut Ă©galement souligner l'attachante prĂ©sence de Drew Barrymore de par sa candeur naturelle dĂ©nuĂ©e de fard et celle de Candy Clark en maman arbitraire quant Ă  l'intrusion (faussement hostile) du chat dans leur demeure.


SĂ©rie B correctement rĂ©alisĂ©e et jamais ennuyeuse d'après 3 sketchs bonnards, Cat's Eye remplit modestement le cahier des charges Ă  travers son intĂ©gritĂ© de nous tailler un divertissement sans prĂ©tention bougrement badin (voir parfois mĂŞme hilarant quant au 1er segment totalement vrillĂ©). 

*Bruno
2èx

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