jeudi 14 mai 2020

The Sorcerers

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Pinterest.com

"La Créature Invisible" de Michael Reeves. 1967. Angleterre. 1h26. Avec Boris Karloff, Catherine Lacey, Ian Ogilvy, Élisabeth Ercy, Victor Heny.

Sortie salles France: 12 (ou 19) Avril 1967

FILMOGRAPHIE: Michael Reeves est un réalisateur, producteur et scénariste anglais né le 17 Octobre à Sutton, Surrey, décédé le 11 février 1969 à Londres. 1968: Le grand inquisiteur. 1967: La créature invisible. 1966: The She Beast. 1964: Le château des morts vivants (non crédité).


Oeuvre culte invisible depuis des lustres que Neo Publishing eut l'aubaine d'éditer en Dvd dans nos contrées, The Sorcerers est un divertissement transgressif d'une perversité franchement couillue. Eu égard du profil peu recommandable d'un couple de personnes âgées s'en prenant à un jeune quidam afin d'exaucer leurs fantasmes les plus licencieux. Et ce à travers leur procédé révolutionnaire de l'hypnose que ceux-ci parviennent à parfaire lorsqu'il s'agit d'exploiter à distance télépathique un pauvre cobaye tributaire de leurs désirs les plus dérogatoires. Mais c'est surtout du point de vue subitement castrateur de l'épouse assaillie de rancune et de colère à travers sa condition sociale précaire que The Sorcerers adopte une tournure littéralement dramatique au point d'y enfanter un climat malaisant en crescendo.


La mĂ©gère dĂ©catie jubilant Ă  l'idĂ©e de se fondre dans le corps du jeune sujet; allant mĂŞme jusqu'Ă  y commettre des exactions meurtrières irrĂ©versibles Ă  travers sa haine misogyne. Quand bien mĂŞme l'Ă©poux (endossĂ© par un Boris Karloff Ă  la mine Ă  la fois confuse et sentencieuse) s'efforce de raisonner cette dernière soudainement habitĂ©e de pulsions perverses insoupçonnĂ©es. C'est donc une intrigue Ă  la fois efficace, inquiĂ©tante et haletante que nous dĂ©crit l'illustre Michael Reeves (le Grand Inquisiteur reste dans toutes nos mĂ©moires) Ă  travers sa mise en scène documentĂ©e si bien que parfois nous avions la trouble impression d'assister Ă  un reportage expĂ©rimental ! D'une violence malsaine lors des sĂ©quences les plus cinglantes; The Sorcerers dĂ©gage une atmosphère mĂ©phitique en la prĂ©sence de ce couple du 3è âge sombrant dans une dĂ©gĂ©nĂ©rescence morale incontrĂ´lĂ©e. Au-delĂ  de toutes ses qualitĂ©s prĂ©citĂ©es, on peut toutefois dĂ©plorer la pauvretĂ© des dĂ©cors urbains un peu trop blafards Ă  mon sens ainsi qu'une partition musicale archaĂŻque plutĂ´t en dĂ©calage avec l'action dĂ©crite.


Rien de bien prĂ©judiciable pour autant si bien que The Sorcerers s'enracine dans nos mĂ©moires pour son propos "mad" Ă  dĂ©voiler librement nos bas instincts du point de vue du 3è âge (tant rĂ©putĂ© pour leur nature aussi paisible que docile quant Ă  l'apprĂ©hension de leur proche trĂ©pas). Et ce en allant jusqu'au bout de son sujet scabreux au point d'y sacrifier l'innocence galvaudĂ©e. 

*Bruno
2èx

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