
de Peneloppe Spheeris. 1984. U.S.A. 1h30. Avec Maxwell Caulfield, Charlie Sheen, Patti d'Arbanville, Hank Garrett, C Dancer Paul, Richard Pachorek, Lesa Lee, Kenneth Cortland.
Sortie en France le 27 Mai 1987 avec mention: Interdit au moins de 18 ans.
FILMOGRAPHIE: Penelope Spheeris est une réalisatrice, scénariste, actrice, productrice, directrice de la photographie et monteuse américaine née le 2 Décembre 1945 à La Nuovelle-Orléans, Louisiane (U.S.A). Penelope Spheeris est la cousine du réalisateur gréco-français Costa-Gavras. 1968: Uncle Tom's Fairy Tales, 1972: I don't know, 1981: The Decline of western civilization, 1984: Suburbia, 1985: De Sang Froid, 1986: Hollywood Vice Squad, 1987: Dudes, 1988: The Decline of western civilization 2, 1990: Thunder and Mud, 1991: UFO Abductions (TV), Prison Stories: women on the inside (TV), 1992: Wayne's World, 1993: Danger Theatre, 1993: Les Allumés de Beverly Hills, 1994: Les Chenapans, 1996: Black Sheep, 1998: The Decline of western civilization 3, The Thing in Bob's Garage, Applewood 911 (TV), Supersens, 1999: Hollywierd, 2000: Dear Doughboy (TV), 2001: Posers, We Sold our souls for Rock'n roll, 2003: The Crooked E: The Unshredded Truth About Enron (TV), 2005: The Kid and I.

De sang-froid : une spirale criminelle dénuée de mobile
Réalisatrice prolifique de téléfilms et de comédies bonnard (Wayne's World), Penelope Spheeris fut signataire en 1985 d'une série B glauque et subversive illustrant le portrait sordide de deux jeunes marginaux dans leur cheminement meurtrier dénué de mobile. Si la réalisatrice regrette aujourd'hui d'avoir réalisé ce film, pourtant remarquable à bien des égards, (voir son entretien dans les Bonus du blu-ray Midgnighty Movies), il n'en demeure pas moins, à mon sens, l'un des plus saisissants portraits de serial-killers vus au cinéma.
Le pitch : Roy et Bo sont deux jeunes ados oisifs et paumés, en quête de liberté et d'évasion. Un jour, ils décident de quitter leur contrée pour passer un week-end à Los Angeles. Sous l'influence de Roy, ils se laissent embarquer dans une série de crimes crapuleux.
Dès le générique liminaire inscrit sur fond noir, des portraits d'archives monochromes se succèdent afin d'authentifier le profil d'illustres serial-killers. Sa bande-son bourdonnante instaure un sentiment anxiogène face aux crimes énoncés par deux voix-off ombrageuses.
L'intrigue se focalise ensuite sur deux jeunes marginaux caricaturant à l'aide d'une craie l'empreinte d'un cadavre sur le sol d'une cour de lycée. Après les cours scolaires routiniers, une soirée festive est organisée par des étudiants quand bien même nos deux acolytes s'ennuient ferme et décident de plier bagage pour Los Angeles afin d'escompter une virée festive.
Les scènes chocs, très malaisantes car particulièrement brutales, sont d'autant plus pénibles à regarder qu'elles mettent en appui l'état d'esprit décervelé de nos protagonistes, fascinés par la violence proprement gratuite. Une manière putassière d'extérioriser leur haine contre toute forme d'autorité et leur infériorité intellectuelle.
Au niveau du casting, Maxwell Caulfield se révèle proprement inquiétant, effrayant et cynique, sous l'impulsion d'un regard sadique latent, puis monolithique lorsqu'il se livre à ses penchants meurtriers d'une violence incontrôlée. En jeune ado inculte et infantile (sa fascination puérile face à la diffusion TV d'un manga animé préfigure l'esprit niais d'un enfant de 5 ans), Charlie Sheen livre une sobre prestance très convaincante pour caractériser un gamin inconséquent, finalement dépassé par les événements morbides que son camarade perfide influence. On en oublie facilement l'illustre acteur qu'il renvoie derrière son personnage impardonnable.

D'un magnétisme perturbant auprès de son atmosphère délétère en roue libre, De Sang Froid mêle profond malaise et fascination dérangée pour ce portrait très réaliste d'une jeunesse désœuvrée, métaphore d'une société urbaine désaxée où homophobie et racisme restent ancrés dans cette génération rebelle. La qualité de l'interprétation, que l'on n'a pas vue venir, sa violence radicale insupportable et la solide conduite du récit nous entraînent dans une spirale criminelle d'autant plus lâche qu'elle est dénuée de mobile. D'où l'intensité de son malaise nauséeux au fil de ce périple meurtrier immoral, dépeint sans complaisance ni effet de manche.
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10.08.26. 4èx
13.07.11.


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