mercredi 4 septembre 2013

30 Jours de Nuit / 30 Days of Night

                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site necronomiblog.canalblog.com

de David Slade. 2007. U.S.A. 1h53. Avec Josh Hartnett, Melissa George, Danny Huston, Ben Foster, Mark Boone Jr, Mark Rendall.

Sortie salles France: 9 Janvier 2008. U.S: 19 Octobre 2007

FILMOGRAPHIE: David Slade est un rĂ©alisateur britannique, nĂ© le 26 Septembre 1969 au Royaume Uni. 2005: Hard Candy. 2007: 30 Jours de Nuit. 2010: Twilight - Chapitre 3: HĂ©sitation. 2011: R.E.M (TV). 2012: The Last Voyager of Demeter. Daredevil reboot.


PlutĂ´t mĂ©connu, David Slade prouva son habile talent de metteur en scène avec son premier film, Hard Candy, thriller psychologique confinĂ© dans un huis-clos Ă©prouvant. Deux ans plus tard, il rĂ©cidive qualitativement parlant pour peaufiner son potentiel artistique avec l'adaptation d'un comic créé par Steve Niles et Ben Templesmith. DĂ©claration d'amour au travail artisanal de John Carpenter (photogĂ©nie esthĂ©tisante d'un environnement aussi rĂ©frigĂ©rant que reculĂ©, charisme frappant des comĂ©diens, photo immaculĂ©e encadrĂ©e au format scope, score mĂ©tronome, atmosphère anxiogène palpable, ambiance angoissante envoĂ»tante), 30 Jours de Nuit se rĂ©approprie du thème vampirique avec un souci formel bluffant. Le pitchEpargnĂ©s du soleil durant 30 jours de nuit hivernale dans un village de l'Alaska, un shĂ©rif et une poignĂ©e de survivants vont tenter de dĂ©jouer la menace d'une horde de vampires assoiffĂ©s de sang. Ainsi, Ă  partir de ce concept trivial, on ne peut pas dire que David Slade compte sur l'originalitĂ© d'une intrigue Ă©prouvĂ©e avec son lot d'attaques impromptues auprès de victimes esseulĂ©es. D'autant plus que l'on a la gĂŞnante impression d'assister Ă  une temporalitĂ© fallacieuse si bien que ces 30 nuits semblent se dĂ©rouler en un temps beaucoup plus restreint (Ă  peine 2 ou 3 jours !) du point de vue des motivations des hĂ©ros ! Mais avec une foi et un respect pour l'amour du genre, le rĂ©alisateur rĂ©ussit Ă  contrecarrer une narration aseptique pour sublimer de prime abord une atmosphère tĂ©nĂ©breuse au sein d'un huis-clos rĂ©frigĂ©rant.


Qui plus est, avec l'efficacitĂ© d'une action cinglante terriblement spectaculaire et d'un gore sanguinolent au rĂ©alisme saisissant, 30 Jours de Nuit frĂ©tille pour distiller un climat anxiogène diffus au fil d'affrontements intrĂ©pides perpĂ©trĂ©s par des vampires erratiques. C'est simple, il y avait belle lurette que nous n'avions pu contempler face Ă©cran des goules aussi hargneuses et fĂ©tides de par leur morphologie taillĂ©e Ă  la serpe. VĂŞtus en costard noir, David Slade est parvenu Ă  donner chair Ă  ces goules Ă©pouvantablement vicieuses Ă  travers leurs exactions meurtrières (elles surveillent leurs proies du haut des toitures des maisons pour ensuite encercler certaines d'entre elles avec une vanitĂ© condescendante !). Il faut les voir se faufiler sous les chalets et se projeter Ă  une vĂ©locitĂ© vertigineuse sur les victimes pour les Ă©gorger avec une sauvagerie primitive ! Par consĂ©quent, en jouant le plus souvent la carte du huis-clos oppressant, le rĂ©alisateur insuffle un suspense continuel pour l'Ă©preuve de force impartis aux survivants contraints d'accĂ©der d'un refuge Ă  un autre pour se prĂ©munir de la menace vampirique. La puissance visuelle de sa scĂ©nographie nocturne contrastant avec la clartĂ© d'une neige endeuillĂ©e nous immergeant dans un environnement cauchemardesque particulièrement cinĂ©gĂ©nique. Au point d'orgue escomptĂ©, on pardonne l'aspect un tantinet dĂ©cevant de son revirement hĂ©roĂŻque (dès que leur leader est anĂ©anti par l'un des survivants, la clique des vampires dĂ©cide trop facilement de rebrousser chemin) et on se rattrape sur son Ă©pilogue dĂ©senchantĂ© d'une beautĂ© onirique poignante.


Sobrement dominĂ© du caractère valeureux des protagonistes (Josh Hartnett et Melissa George forment un duo d'amants attachants dans leur reconversion sentimentale), 30 Jours de Nuit mise sur la fonction du divertissement efficace avec son lot d'action cinglante, de tension anxiogène et d'Ă©claboussures de sang ici dĂ©nuĂ©es de concession. RehaussĂ©e d'une atmosphère cauchemardesque terriblement palpable, on reste surtout impressionnĂ© par l'aspect dĂ©lĂ©tère de ces vampires contemporains incroyablement classieux dans leur morphologie dĂ©moniale. Et puis formellement, le cadre crĂ©pusculaire demeure  aussi hyper photogĂ©nique sous l'impulsion d'une violence tranchĂ©e que l'on a si peu coutume de voir dans une prod Hollywoodienne.   

*Bruno
05.03.24. 4èx vost
03.08.22. 
04.09.13. 

1 commentaire:

  1. Dis tu attaques la rentrée avec de futurs classiques ? Après Watchmen...Ce 30 jours de nuit vu en salle m'a surtout ému pour son inévitable ressemblance (évidemment voulue) avec le travail de Big John. Une série B franche et solide, un soin du cadre, des plans et des séquences soignés particulièrement bien éclairés et étalonnés qui parviennent à rendre cette petite ville d'Alaska aussi ciné-génique qu'une ville de western. L'utilisation astucieuse de ce décor participe vraiment au plaisir que j'ai eu à voir ce film (sauf que ce sont des vampires sur les toits et non des indiens ou des mexicains).. Sur qu'il y a un souci de narration mais qui ne nuit au film que durant quelques minutes à mon sens, nous laissant juste comprendre que la confrontation sera inévitable...l'essentiel étant en définitive non ce qui se passe dans les caves et les greniers mais bel et bien dans les rues, jusqu'au duel final.

    RépondreSupprimer