lundi 31 mars 2014

Le Cirque des Vampires / Vampire Circus

                                                                       Photo empruntée sur Google, appartenant au site projectdeadpost.com

de Robert Young. 1972. Angleterre. 1h27. Avec Laurence Payne, Domini Blythe, Lynne Frederick, Thorley Walters, Adrienne Corri, Robert Tayman.

Sortie salles: 23 Août 1973

FILMOGRAPHIE: Robert (William) Young est un réalisateur, scénariste et producteur anglais, né le 16 Mars 1933 à Cheltenham. 1972: Le Cirque des Vampires. 1979: Le monde est plein d'homme mariés. 1993: Grandeur et descendance. 1997: Créatures Féroces.

Etrange écrin (maudit) que ce Cirque des vampires (échec public et critique à sa sortie), au sein de l’illustre firme Hammer - qui plus est, façonné par un cinéaste encore néophyte : Robert Young.
En dépit de quelques effets spéciaux perfectibles et du cabotinage parfois appuyé de Robert Tayman - il force le trait dans sa posture vampirique, mais se rattrape par un charisme délétère, irradié d’un regard vicié - cette série B quasi expérimentale impose sa singularité, son pouvoir de fascination autre, grâce au décor forain et à la subversion assumée qui circule sous le chapiteau.

Synopsis: En 1810, le comte Mitterhouse est assassiné par les villageois après avoir tenté d’enlever une mère et sa fille. Avant d’expirer, il promet de revenir hanter leurs descendants. Quinze ans plus tard, un cirque s’installe dans la région, dirigé par son cousin. Des meurtres sanglants s’enchaînent ; la suspicion enfle ; l’étrange confrérie est désignée.


À partir d’un postulat classique - la vengeance d’un vampire venu parachever sa malédiction - Robert Young déjoue l’impression de déjà-vu par l’éclat de scènes singulières et l’onirisme des tours de prestidigitation. Le premier spectacle de la femme-tigre. L’épreuve du miroir de la vie, où certains villageois se voient projetés, malgré eux, vers une autre dimension. Le saut crépusculaire des funambules métamorphosés en chauves-souris, sous l’œil médusé du public.
Cette communauté gitane, soumise à l’autorité du mal, rassemble des figures extravagantes - l’Hercule, l’homme panthère, les jumeaux vampires, le nain - chacune vouée à un stratagème sacrificiel. La confrontation surnaturelle des villageois à ces pièges relance sans cesse une action sanglante, comme un sursaut contre la mort.
Et puis, fidèle à la déontologie Hammer : décors flamboyants tout juste nuancés - le cirque nocturne tapi dans les bois, la chapelle, la crypte -, horreur graphique flirtant avec un gore rutilant, jeunes filles aux poitrines charnelles irradiant d’une sensualité naturelle.


D’une beauté indicible, déconcertant au premier abord - il faut le revoir, disait Alain Schlockoff, pour en saisir la richesse et palier ses lacunes narratives, dans les Bonus du Blu-ray-, Le Cirque des vampires doit sa fascination macabre à ce chapiteau gouverné par une alliance aussi ombrageuse que sournoise.
Il en émane une œuvre exigeante, traversée d’audaces thématiques (saphisme, inceste, pédophilie tacite, infanticides) et de fulgurances poétiques, au point que certaines images s’impriment en nous, presque malgré nous.

À revoir, encore et encore, pour en éprouver toute la substance.

— le cinéphile du cœur noir 🖤

4èx. Vostfr

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