lundi 21 juillet 2014

Lifeforce

                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

de Tobe Hooper. 1985. U.S.A. 1h52 (version intégrale). Avec Steve Railsback, Peter Firth, Frank Finlay, Mathilda May, Patrick Stewart, Michael Gothard, Nicholas Ball, Aubrey Morris, Nancy Paul, John Hallam, John Keegan.

Sortie Salles France: 18 Septembre 1985. U.S: 21 Juin 1985

FILMOGRAPHIE: Tobe Hooper est un réalisateur américain né le 25 Janvier 1943 à Austin (Texas)
1969: Eggshells, 1974: Massacre à la Tronçonneuse, 1977: Le Crocodile de la Mort, 1979: The Dark (non crédité), 1981: Massacre dans le Train Fantome, 1982: Poltergeist, 1985: Lifeforce, 1986: l'Invasion vient de Mars, Massacre à la Tronçonneuse 2, 1990: Spontaneous Combustion, 1993: Night Terrors, 1995: The Manglers, 2000: Crocodile, 2004: Toolbox Murders, 2005: Mortuary, 2011: Roadmaster.


SĂ©rie B Ă  gros budget mĂ©sestimĂ©e Ă  sa sortie, d'autant plus desservie par son Ă©chec commercial, Lifeforce s'est depuis taillĂ© une rĂ©putation de petit classique de la science-fiction horrifique pour son judicieux alliage des genres, la qualitĂ© de ses fx et de son score orchestral ainsi que sa grande efficacitĂ© narrative. Le pitchLors d'une mission spatiale, le colonel Tom Carlsen et son Ă©quipage explorent un vaisseau spatial rĂ©fugiĂ© dans la comète de Halley. A l'intĂ©rieur, ils y dĂ©couvrent trois ĂŞtres d'apparence humaine confinĂ©s dans des caissons de verre. Ces sujets dĂ©nudĂ©s s'avèrent de redoutables vampires de l'espace dĂ©terminĂ©s Ă  conquĂ©rir notre monde en se nourrissant de notre force vitale. Nanar pour les uns, divertissement de haute tenue pour les autres, Lifeforce ne manque ni de moyens techniques ni d'idĂ©es retorses pour captiver le spectateur embarquĂ© dans une trĂ©pidante course contre la montre oĂą s'y tĂ©lescopent vampires extra-terrestres et zombies en rut. D'après le roman de Colin Wilson, le film bĂ©nĂ©ficie d'une trame originale afin d'explorer le mythe du vampire dans un contexte futuriste. Son aspect insolite Ă©manant de l'origine stellaire Ă  laquelle ces vampires appartiennent. 


Il tire parti d'une indĂ©niable efficacitĂ© Ă  multiplier leurs exactions meurtrières afin de converger Ă  une rĂ©action en chaĂ®ne produisant ainsi une pandĂ©mie dans un Londres en flammes ! SoutirĂ©s de leur substance vitale par le simple acte d'un baiser, les citadins possĂ©dĂ©s se contraignent Ă  leur tour d'embrasser d'autres proies afin de survivre et de sauvegarder la race extra-terrestre. Parmi la prĂ©sence angĂ©lique de la française Mathilda May, Lifeforce est notamment guidĂ© par son aura ensorcelante, son appĂ©tit insatiable Ă  dĂ©rober nos forces vitales afin de nous anĂ©antir et conquĂ©rir notre planète. Sa prĂ©sence tangible ou Ă©thĂ©rĂ©e planant durant tout le rĂ©cit. FilmĂ©e dans son plus simple appareil, l'actrice dĂ©voile un charme de sensualitĂ© Ă  damner un saint. Sa prĂ©sence charnelle mais dĂ©lĂ©tère s'Ă©rigeant en icone du Mal pour nous convaincre de sa puissance vampirique Ă  connotation sexuelle. Car au-delĂ  de ses ambitions belliqueuses, la vamp recherche Ă©galement un mâle afin de satisfaire ses dĂ©sirs, pallier sa solitude et anticiper sa postĂ©ritĂ© ! Ainsi, Ă  travers l'impuissance des hommes incapables de refrĂ©ner leur Ă©motion pour rĂ©sister Ă  son baiser, on peut y voir une mĂ©taphore sur la nature vampirique de la femme et leur instinct Ă©minemment sĂ©ducteur tout un suggĂ©rant un discours rĂ©flexif sur la vie après la mort. Si on peut Ă©mettre quelques rĂ©serves sur le jeu cabotin (mais oh combien attachant !) de 1 ou 2 de seconds-rĂ´les (quoique en VO, sa distribution demeure encore plus convaincante), Mathilda May se tire honorablement de son rĂ´le laconique en misant sur l'attrait d'un corps immaculĂ© doublĂ© d'un regard pĂ©nĂ©trant. 


RĂ©cit audacieux brassant les genres de la science-fiction, de l'Ă©rotisme et de l'horreur, Lifeforce rĂ©ussit Ă  divertir grâce Ă  l'Ă©laboration d'un scĂ©nario aussi original que captivant car fertile en pĂ©ripĂ©ties. 
Le soin allouĂ© aux effets-spĂ©ciaux (mĂŞme si aujourd'hui leur aspect mĂ©canique peut parfois paraĂ®tre obsolète) et aux dĂ©cors futuristes (le magnifique prĂ©ambule confinĂ© au sein du vaisseau spatial insuffle une poĂ©sie trouble !), et l'implication sympathique des comĂ©diens parachèvent le spectacle d'une grosse sĂ©rie B bourrĂ©e de peps et de charme Ă  la sincĂ©ritĂ© indĂ©fectible. 

*Bruno
30.01.23. 
5èx. vost

1 commentaire: