Photo empruntée sur Google, appartenant au site abucketofcorn.com
de Jim Mickle. 2014. U.S.A/France. 1h49. Avec Michael C. Hall, Don Johnson, Nick Damici, Sam Shepard, Vinessa Shaw, Wyatt Russel.
Sortie salles U.S: 23 Mai 2014. Inédit en France.
FILMOGRAPHIE: Jim Mickle est un réalisateur et scénariste américain.
2006: Mulberry Street. 2010: Stake Land. 2013: We are what we are. 2014: Juillet de sang.
Réalisateur doué ayant déjà fait ses preuves à trois reprises dans le genre horrifique et fantastique, Jim Mickle s'essaie aujourd'hui au registre du polar avec Juillet de sang. Tiré d'un roman de Joe R. Lansdale, le récit s'articule dans un premier temps autour de la confrontation de deux pères de famille. Une nuit, Richard Dane surprend un cambrioleur dans sa demeure. Pris de panique, il tire sans sommation et l'abat froidement. Considéré par la police comme un cas de légitime défense, il s'en sort sans poursuite parmi le soutien de la population. Quelques jours après l'enterrement, le père de la victime, un ex taulard connu de la police, semble vouloir se venger auprès de la famille Dane, puisque épiant leurs faits et gestes jusqu'à s'introduire une nuit dans leur maison pour s'en prendre au petit fils.
Cette trame simpliste et efficace laisse donc prĂ©sager un thriller palpitant par la rivalitĂ© des rapports de force envisagĂ©s mais desservi par un alibi conventionnel. NĂ©anmoins, Jim Mickle peaufine dĂ©jĂ l'aspect psychologique de ce cas de lĂ©gitime dĂ©fense auquel le criminel est Ă©pris de remord d'avoir osĂ© sacrifiĂ© une vie mais aussi angoissĂ© Ă l'idĂ©e de redouter la rĂ©volte du père de la victime. Seulement, passĂ© les 45 minutes de mĂ©trage, le rĂ©alisateur opte un virage Ă 180° pour inverser les rĂ´les et mettre en exergue leurs rapports solidaires puisque impliquĂ©s dans une fortuite affaire de corruption et de machination. La densitĂ© du rĂ©cit Ă©mane de leur investigation consciencieuse et leur quĂŞte de vĂ©ritĂ© pour retrouver le tĂ©moin clef d'une affaire crapuleuse. EpaulĂ©s d'un dĂ©tective privĂ©, les voici entraĂ®nĂ©s dans une dĂ©rive justicière afin d'Ă©radiquer un groupuscule mafieux. Impeccablement structurĂ©, Jim Mickle Ă©labore un polar âpre et tendu transcendĂ© par la densitĂ© humaine d'adultes burinĂ©s car rendus marginaux de leur concours de circonstances. Particulièrement, ces pères de famille partagĂ©s entre hĂ©sitation et dĂ©termination de persĂ©vĂ©rer dans leur cheminement punitif, quand bien mĂŞme un rebondissement alĂ©atoire va totalement bouleverser la donne pour l'un d'eux. Car une rĂ©vĂ©lation sordide rapportĂ©e par le tĂ©moignage d'une cassette video va les mener droit en enfer lors d'un règlement de compte sanglant saturĂ© d'Ă©clairages stylisĂ©s. A travers leur cohĂ©sion, le rĂ©alisateur brosse Ă©galement le portrait d'hommes fragilisĂ©s par leur responsabilitĂ© paternelle alors que l'un d'eux aura la difficile Ă©preuve de rompre avec les liens du sang. Il en Ă©mane dès lors une odeur de souffre tangible qui incommodera le spectateur jusqu'au gĂ©nĂ©rique de fin !
Etablissant le rapport primitif entre l'homme et la violence, Juillet de sang est un drame fiévreux et poignant, une odyssée sanglante improvisée par un trio de cowboys contraints d'employer les armes pour résoudre une affaire crapuleuse niée des pouvoirs publics. Tendu et poisseux, Juillet de sang est notamment privilégié par la présence virile de comédiens burinés, par un score synthétique faisant écho au cinéma de Carpenter et par une mise en image quasi surréaliste lors du climax vertigineux.




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