jeudi 28 août 2014

THE ROVER

                                                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site impawards.com

de David MichĂ´d. 2014. Australie. 1h42. Avec Guy Pearce, Robert Pattinson, Scoot McNairy, Susan Prior, Anthony Hayes, David Field, Jamie Fallon.

Sortie salles France: 4 Juin 2014. U.S: 20 Juin 2014

FILMOGRAPHIE: David Michôd est un réalisateur australien.
2010: Animal Kingdom. 2014: The Rover.


Après s'être fait révélé par Animal Kingdom, un premier film déjà bien maîtrisé, le cinéaste australien David Michôd nous revient 4 ans plus tard avec un western post-apo sortant des sentiers battus. The Rover s'improvisant en odyssée funèbre que deux anti-héros vont parcourir à travers les étendues désertiques de l'Australie. Alors qu'il vient de se faire dérober sa voiture par un trio de malfrats, Eric n'a comme unique ambition de récupérer son bien, quand bien même au fil de son périple il rencontre l'un des frères du gang, Reynolds, grièvement blessé. Senti trahi, ce dernier décide de faire équipe avec l'inconnu pour l'aider à récupérer son véhicule et mettre la main sur son frangin. Oeuvre atypique baignant dans un climat de désolation cafardeux, The Rover nous plonge au sein d'un univers dystopique 10 ans après l'écroulement de l'Australie. C'est ce que nous annonce le générique d'ouverture sans savoir précisément ce qui a pu engendrer une situation économique aussi déplorable. Car dans cette contrée solaire en décrépitude, une poignée de survivants tentent encore de s'y faire une place quand bien même l'armée perpétue quelques missions afin de dénicher les malfrats les plus dangereux.


Outre son climat morose particulièrement palpable et la dissonance de sa partition inquiĂ©tante, The Rover frappe d'emblĂ©e par l'attitude ambiguĂ« des protagonistes. Le cinĂ©aste nous caractĂ©risant des marginaux le plus souvent sans vergogne car livrĂ©s Ă  leur indĂ©pendance et dĂ©shumanisĂ©s de leur existence misĂ©reuse oĂą l'engrenage de la violence leur portera de lourdes consĂ©quences. A l'instar de notre anti-hĂ©ros principal dĂ©crit comme un solitaire inflexible Ă  l'agressivitĂ© incontrĂ´lĂ©e car sĂ©vèrement marquĂ© par un passĂ© tragique. Son seul point d'attache, sa voiture qu'un trio a malencontreusement volĂ© après l'embardĂ©e de leur camion. On est d'autant plus interloquĂ© par l'immoralitĂ© d'Eric Ă  assassiner froidement certains innocents pour la quĂŞte dĂ©risoire d'un vĂ©hicule Ă  essence. Spoiler !!! NĂ©anmoins, son bien matĂ©riel nous rĂ©vĂ©lera au final un secret d'ordre affectif qu'il s'Ă©tait rĂ©signĂ© Ă  rĂ©cupĂ©rer afin de respecter une tâche. Fin du SpoilerAvec l'intervention de Reynolds, un jeune adulte influent quelque peu dĂ©ficient, Eric va rĂ©apprendre Ă  le considĂ©rer, Ă  lui trouver un regain d'empathie au fil de leurs confidences et de leur relation compromises par les ripostes ennemies. Contraints de s'entraider au sein de ce no man's land primitif, Eric improvise la figure paternelle pour soutenir la fragilitĂ© de Reynolds mais se dirigent d'un pas hĂ©sitant vers une destinĂ©e tragique par leur raisonnement vindicatif. Avec son scĂ©nario dĂ©routant multipliant les situations impromptues d'altercations sanglantes envers rivaux sans vocation, The Rover sème la paranoĂŻa et la dĂ©sillusion jusqu'Ă  l'apogĂ©e d'une confrontation dĂ©risoire Spoiler !!! (la culpabilitĂ© d'Eric laissant transparaĂ®tre en dĂ©sespoir de cause une larme de remord !) Fin du Spoiler.


A History of Violence
Avec la prestance intense d'un duo d'acteurs burinĂ©s (en dĂ©marche de fantĂ´me errant, Guy Pearce hypnotise l'Ă©cran d'un regard frigide, quand bien mĂŞme Robert Pattinson, quasi mĂ©connaissable, Ă©poustouffle dans sa fragilitĂ© de gamin dĂ©sorientĂ©), The Rover inflige la sinistrose d'une dystopie avec une dimension atmosphĂ©rique prĂ©gnante. Par le biais d'un schĂ©ma narratif complètement alĂ©atoire, il ne cesse de dĂ©router et de surprendre pour mettre en exergue la responsabilitĂ© de la violence engendrant un règlement de compte irascible oĂą l'innocence paiera une fois de plus le lourd tribut.    

Bruno Matéï

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