mercredi 27 août 2014

LES VAMPIRES DU DR DRACULA (La marca del Hombre-lobo)

                                                                 Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site wrongsideoftheart.com

de Enrique Lopez Eguiluz. 1968. Espagne. 1h34. Avec Paul Naschy, Manuel Manzaneque, Dyanik Zurakowska, Aurora de Alba, Julian Ugarte, José Nieto.

Sortie salles Espagne: 29 Juillet 1968

FILMOGRAPHIE: Enrique Lopez Eguiluz est un réalisateur espagnol, né en 1930 à Madrid, décédé le 9 Mai 1997.
1965: Pascualin. 1965: La Pandilla. 1966: En AndalucĂ­a naciĂł el amor. 1966: Chantaje a un asesino.
1968: Agonizando en el crimen. 1968: Les Vampires du Dr Dracula. 1970: El Santo contre les tueurs de la Mafia.


Fer de lance de l'âge d'or du fantastique ibérique, Les Vampires du Dr Dracula inaugure notamment la première apparition du personnage de Waldemar Daninski endossé par Paul Naschy. Ancien catcheur et culturiste, cet acteur en pleine ascension se fera une spécialité à réinterpréter à l'écran son monstre favori, le loup-garou, durant une série de 12 films ! Inédit en salles en France mais aujourd'hui exhumé de l'oubli par l'éditeur Artus Films, Les Vampires du Dr Dracula est une aberration de tous les instants. Rien que le scénario improbable est à lui seul une plaisanterie au confins de la parodie. Frappé par la malédiction d'une morsure de loup-garou, le comte Waldemar Daninski sème la mort autour de lui mais se résigne à ne plus commettre d'exactions dès qu'il retrouve son apparence humaine. Pour cela, il fait appel à un ami et sa fiancée afin de le forcer à l'embrigader au fond d'une crypte. En dernier ressort, ils font tout de même appel à un illustre docteur et sa compagne pour tenter de le guérir de sa lycanthropie. Mais rien ne se déroulera comme prévu !


Egalement attachĂ© au poste de scĂ©nariste, Paul Naschy s'est sans doute inspirĂ© d'un de ses films cultes de la Universal des annĂ©es 30, j'ai nommĂ© Frankenstein rencontre le loup-garou. Car Ă  partir d'un pitch aussi rocambolesque que grotesque, il fait ici intervenir deux icĂ´nes de l'Ă©pouvante vintage, le loup-garou et le vampire, pour les voir finalement s'affronter lors d'un mĂ©morable baroud d'honneur. Si dans la première partie, Waldemar Daninski joue le rĂ´le d'un monstre assoiffĂ© de sang et de violence, une pirouette scĂ©naristique va l'amener Ă  reconsidĂ©rer sa condition erratique de lycanthrope pour s'opposer Ă  un ennemi particulièrement mesquin, un vampire hautain rĂ©signĂ© Ă  lui soutirer sa fiancĂ©e ! BourrĂ© d'incohĂ©rences dans la rĂ©action des personnages auquel les comĂ©diens en font des tonnes pour provoquer Ă©moi et Ă©lans de bravoure, Les Vampires du Dr Dracula entremĂŞle des sous-intrigues saugrenues pour voir s'affronter Ă  l'Ă©cran non pas un, mais deux loups-garous, quand bien mĂŞme un couple de vampires y est invitĂ© pour semer leur contamination auprès des proches de Waldemar ! Ridicule et hilarant, Ă  l'instar des dialogues ineptes que nos comĂ©diens rĂ©citent avec le plus grand sĂ©rieux, le film rĂ©ussit toutefois Ă  nous apprivoiser par sa sincĂ©ritĂ© Ă  nous offrir un spectacle aussi ludique que flamboyant ! Sur ce point, les Vampires du Dr Dracula s'avère une indĂ©niable rĂ©ussite esthĂ©tique n'ayant rien Ă  envier aux travaux baroques de Mario Bava dans ces Ă©clairages polychromes de toute beautĂ©. Que ce soit l'architecture de l'intĂ©rieur du château, sa crypte poussiĂ©reuse parfois chargĂ©e de nĂ©ons rouges ou l'illustration nocturne d'une forĂŞt azur, son gothisme raffinĂ© et la rutilance de sa photographie engendrent souvent un onirisme Ă©clatant !


Une aberration filmique faisant office de miracle !
ImbĂ©cile en diable et proprement aberrant dans son scĂ©nario fourre-tout, Les Vampires du Dr Dracula pallie ses nombreuses failles par une sincĂ©ritĂ© Ă©vidente, un amour immodĂ©rĂ© Ă  tailler un rĂ©cit d'Ă©pouvante oĂą se bousculent les monstres de notre enfance. La naĂŻvetĂ© des comĂ©diens gesticulant Ă  tout va des comportements outrĂ©s et surtout l'onirisme insolite qui se dĂ©tache de certaines sĂ©quences (la danse du vampire en amont d'une passerelle brumeuse pour attiser sa compagne) renforcent l'euphorie que nous procure gĂ©nĂ©reusement ce nanar festif ! 

Remerciement Ă  Artus Films.
Bruno Matéï

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