vendredi 10 mars 2017

Donnie Darko

                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site lecinemaavecungranda

de Richard Kelly. 2001. U.S.A. 1h53. Avec Jake Gyllenhaal, Jena Malone, Drew Barrymore, Mary McDonnell, Katharine Ross, Patrick Swayze, Noah Wyle, Holmes Osborne, Maggie Gyllenhaal,
Daveigh Chase, James Duval.

Sortie salles France: 30 Janvier 2002. U.S: 26 Octobre 2001

FILMOGRAPHIEJames Richard Kelly plus souvent appelé Richard Kelly est né le 28 mars 1975 à Newport News (Virginie, États-Unis). Il est réalisateur et scénariste américain. 2001 : Donnie Darko. 2006 : Southland Tales. 2009 : The Box.


Le jour de la fin de votre monde.
Film culte d'une gĂ©nĂ©ration cĂ©lĂ©brĂ© avant tout pour l'ossature de son scĂ©nario aussi inracontable qu'abscons, Donnie Darko s'inspire du cinĂ©ma de Lynch pour nous Ă©garer dans un univers mĂ©taphysique (et spirituel) sensiblement envoĂ»tant sous l'impulsion cĂ©rĂ©brale de personnages Ă©nigmatiques parfois mĂŞme ubuesques. Mais sans vouloir copier ou (involontairement) parodier son aĂ®nĂ©, Richard Lynch possède son identitĂ© propre pour y cristalliser une oeuvre insolite lestement Ă©trange, magnĂ©tique, hypnotique, ensorcelante, passionnante. Le spectateur Ă  la fois constamment dĂ©routĂ© et fascinĂ© ne pouvant s'empĂŞcher d'observer l'errance morale du hĂ©ros entraĂ®nĂ© dans un dĂ©dale spatio-temporel parmi l'aura d'un climat baroque Ă  l'indicible mystère. Et c'est ce qui fait la telle puissance de cet OFNI Ă  marquer d'une pierre blanche au point de ne pas en sortir indemne, jusqu'aux larmes (bicĂ©phales) de dĂ©livrance. 

Le Pitch: Donnie est un ado instable et rebelle si bien qu'il consulte depuis quelques temps une psychothĂ©rapeute afin de canaliser ses angoisses et dĂ©couvrir pour quels motifs il aperçoit lors de ses rĂŞves et crises de somnambulisme un homme dĂ©guisĂ© en lapin surnommĂ© Franck. Avant que le rĂ©acteur d'un avion ne s'Ă©crase dans sa chambre, Donnie est contraint de quitter son lit sous l'Ă©gide de son personnage irrĂ©el lui avertissant que la fin du monde aura lieu dans 28 jours. A partir de cet instant, sa vie semĂ©e de rencontres amicales et hostiles bascule dans une seconde dimension afin de lui rĂ©vĂ©ler son incroyable destinĂ©e impartie au sens du sacrifice. 


Ainsi, en traitant des thèmes du voyage temporel et de la spiritualitĂ©, des notions essentielles de peur et d'amour qui rĂ©gissent notre existence, du mal-ĂŞtre adolescent et de l'abnĂ©gation, Richard Lynch redouble d'ambition, de passion, de brio pour y consolider une intrigue hermĂ©tique incroyablement originale si l'on parvient Ă  dĂ©celer la plupart des tenants et aboutissants de la personnalitĂ© sinueuse de Donnie. (Car on est pas obligĂ© de tout comprendre pour aimer, l'important c'est de rĂŞver). Quand bien mĂŞme ses tĂ©moignages amicaux auront un rapport commun avec ses actions personnelles vouĂ©es Ă  un bouleversement de la fatalitĂ©. D'ailleurs, ceux qui craignent se triturer un peu trop les mĂ©ninges sans en avoir saisi le dĂ©nouement, il vaudrait mieux se rabattre sur la version Director's Cut plus extensible de 20 minutes que Richard Lynch explique avec plus de fluiditĂ© quant aux indices et rebondissements savamment balisĂ©s. Mais au-delĂ  de l'aspect obsĂ©dant de son histoire ramifiĂ©e (Ă  l'instar d'un puzzle Ă  reconstruire) faisant appel aux thĂ©ories sur la fragilitĂ© de l'ĂŞtre et de l'existence et la prĂ©destination, sa distribution disparate dĂ©tonne d'autant mieux (on y croise Drew Barrymore, Mary McDonnell, Katharine Ross, Patrick Swayze et Noah Wyle pour le meilleur) de manière Ă  renforcer le caractère dĂ©routant de leurs agissements extravagants, interlopes, secrets. Enfin, Jake Gyllenhaal (dans un âge juvĂ©nile) endosse le rĂ´le-titre avec un naturel fragile Ă  la fois trouble et dĂ©complexĂ© dans sa posture schizo d'ado en rĂ©solution existentielle. EpaulĂ© d'une jolie BO contemporaine qui ravira les amateurs Ă©clairĂ©s, Donnie Darko se permet notamment en intermittence d'y composer de petits clips atmosphĂ©riques oĂą l'Ă©motion parfois dramatique finit par distiller une mĂ©lancolie palpable jusqu'au final bouleversant d'une sensibilitĂ© aigĂĽe qu'on ne voit pas venir.   


Une psychanalyse sur la schizophrénie ?
Ineffable, lestement Ă©lectrisant et profondĂ©ment trouble auprès de son climat de mystère davantage prĂ©gnant, Donnie Darko reste une rĂ©fĂ©rence du genre d'une richesse cĂ©rĂ©brale infinie. Une expĂ©rience inclassable Ă  savourer de prĂ©fĂ©rence Ă  tĂŞte reposĂ©e (restez attentifs aux moindres Ă©vènements qui irriguent l'Ă©cran), un chef-d'oeuvre Ă©motif d'une intensitĂ© dramatique bipolaire qui vous hantera jusqu'Ă  la prochaine rĂ©vision. Car plus on redĂ©couvre Donnie Darko, plus la porte du cellier s'ouvre Ă  nous avec une facultĂ© immersive surrĂ©aliste. 

*Eric Binford
3èx. 17.04.24. Vost. 4K

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