de Robert M. Young. 1986. U.S.A. 1h29. Avec Farrah Fawcett, James Russo, Alfre Woodard, Diana Scarwid, Sandy Martin
Sortie salles France: 11 Mars 1987. U.S: 22 août 1986.
FILMOGRAPHIE: Robert Milton Young, plus connu sous le nom de Robert M. Young, est un scénariste et réalisateur américain, né le 22 novembre 1924 à New York. 1956 : Secrets of the Reef.
1960 : World Wide '60. 1967 : At the Winter Sea Ice Camp: Part 4. 1969 : J.T. 1970 : The Eskimo: Fight for Life. 1973 : Children of the Fields. 1977 : Short Eyes. 1977 : Alambrista! 1978 : NBC Special Treat. 1979 : Rich Kids. 1980 : One-Trick Pony. 1982 : The Ballad of Gregorio Cortez. 1982 : American Playhouse. 1986 : Saving Grace. 1986 : Extremities. 1987 : We Are the Children. 1988 : Nicky et Gino. 1989 : Triumph of the Spirit. 1991 : Talent for the Game. 1993 : Children of Fate: Life and Death in a Sicilian Family. 1993 : Roosters. 1995 : Solomon & Sheba. 1995 : Slave of Dreams. 1996 : Caught. 1997 et 1998 : Une sacrée vie. 2001 : Expédition panda en Chine. 2004 : Below the Belt. 2004-2009 : Battlestar Galactica. 2011 : The Maze coréalisé avec David Grubin.
Série B modestement réalisée, qui fit son petit effet à l’époque des locations VHS, Extremities puise son efficacité dans l’interprétation viscérale de Farrah Fawcett - nommée aux Golden Globes - livrant ses émotions à nu, sans effet de manche, et dans un concept aussi simple qu’original : un jeu de soumission dont les rôles finissent par interférer brutalement.
Après l’agression d’un motard au visage couvert, Marjorie porte plainte sans pouvoir mener l’affaire au tribunal, faute de preuves et d’identité formelle. Quelques jours plus tard, l’agresseur refait surface, s’introduit chez elle après lui avoir dérobé ses papiers. Mais lors de cette nouvelle tentative de viol, la victime renverse le rapport de force : elle se défend, maîtrise son bourreau et le séquestre, dans l’attente du retour de ses deux colocataires.
Alternant drame et suspense, porté par des interprètes d’une justesse convaincante - notamment James Russo, troublant de cynisme, oscillant avec un charisme venimeux entre bourreau et victime - le film maintient une tension constante dans son cheminement vindicatif. Profondément traumatisée, Marjorie hésite : épargner ou éliminer son agresseur, sous l’influence morale de ses amies. Robert M. Young orchestre ainsi une épreuve psychologique au cœur d’un huis clos étouffant, quasi malsain, à travers le témoignage démuni d’un trio féminin en plein vertige éthique.
Nanti d’un climat anxiogène permanent - d’abord éprouvant dans sa première partie, où la victime encaisse humiliations et sévices avec un réalisme dérangeant, puis glaçant dans la seconde, lorsque se pose la question du sort à réserver au présumé condamné - le film provoque une émotion brute, nourrie par la remise en question constante de cette extrémité. En filigrane, il interroge le laxisme du système judiciaire et la tentation de l’auto-justice : que ferions-nous si nous pouvions séquestrer notre agresseur et juger nous-mêmes de son sort, après un traumatisme moral ?
Simple, efficace, intensément dramatique, Extremities aborde le viol avec l’intelligence d’un dispositif retors où victime et témoins doivent mesurer leur indulgence, au risque d’y perdre leur âme. Et ne serait-ce que pour la prestance éprouvante de Farrah Fawcett - bouleversante, visage ravagé de larmes - le film mérite qu’on s’y replonge.
— le cinéphile du cœur noir 🖤
3èx




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