Photo empruntée sur Google, appartenant au site imdb.com
de Silvio Amadio. 1972. Italie. 1h40. Avec Barbara Bouchet, Farley Granger, Rosalba Neri, Petar Martinovitch, Umberto Raho, Patrizia Viotti.
Inédit en salles en France. Italie: 21 Mars 1972.
FILMOGRAPHIE: Silvio Amadio est un réalisateur et producteur italien né le 8 Août 1926 à Frascati, Lazio, Italie, décédé en 1995. 1981: Un flingue pour un flic. 1980 Il medium. 1976 Il medico... la studentessa. 1975 La lycéenne a grandi. 1975 Si douce, si perverse. 1974 Les polissonnes excitées. 1974 Catene. 1973 Li chiamavano i tre moschettieri... invece erano quattro. 1972 Comment faire cocu les maris jaloux. 1972 Il sorriso della iena. 1972 A la recherche du plaisir. 1972 ...E si salvò solo l'aretino Pietro con una mano avanti e l'altra dietro. 1970 Disperatamente l'estate scorsa. 1969 Les biches suédoises. 1966 Pour mille dollars par jour. 1965 Il segreto del vestito rosso. 1964 Filles et garçons. 1964 Desideri d'estate. 1962 Foudres sur Babylone. 1961 Les revoltées de l'Albatros. 1960 Tu che ne dici? 1960 Thésée et le minotaure. 1959 Les loups dans l'abîme. 1957 L'ultima violenza (co-director).

Inédit en salles chez nous, À la recherche du plaisir est un thriller transalpin fichtrement honorable que l’éditeur Le Chat qui fume a eu l’excellente idée de révéler dans une copie Blu-ray immaculée.
Rappel du pitch: Fraîchement débarquée à Venise, Greta prend ses fonctions de secrétaire chez l’éditeur Richard Stuart. Intriguée par la relation sulfureuse qu’il entretient avec son épouse Eleonora, elle tente parallèlement d’élucider le mystère entourant la disparition de son amie Sally.
Dépourvu de tension frontale et presque totalement exempt de séquences-chocs spectaculaires - si l’on excepte un point d’orgue criminel d’une violence parfois rude -, À la recherche du plaisir mise avant tout sur un suspense latent et un érotisme joueur pour soutenir une intrigue linéaire, mais habilement racontée.

Les étreintes et exhibitions sexuelles n’y cèdent jamais à une complaisance putassière - nous sommes ici aux antipodes de Nue pour l’Assassin - même si le comportement lubrique du couple échangiste peut flirter avec une forme de déviance SM, notamment à la lumière de la tournure des événements dramatiques. Bénéficiant d’une photographie rutilante et de décors somptueux, tant domestiques que naturels, Silvio Amadio sublime la forme par une mise en scène attentive où aucun détail architectural n’est laissé au hasard. À ce titre, À la recherche du plaisir s’impose comme un véritable festin visuel, magnifié par la présence fantasmatique de Barbara Bouchet, resplendissante, le regard azur chargé de promesses et de menaces. Elle est divine, hypnotique, belle à en crever.
Si le cheminement narratif, sans réelle surprise, aurait gagné à se montrer plus retors et plus étoffé dans l’investigation d’une héroïne pourtant audacieuse, la rigueur de la mise en scène parvient néanmoins à maintenir l’attention. Notamment à travers l’étude de personnages viciés, troubles et chafouins, portés par des seconds rôles charismatiques évoluant dans une ambiguïté savamment dosée, jusqu’à la chute des masques lors d’un dénouement aussi haletant que violemment expéditif. En note subsidiaire, on goûtera également la touche d’ironie distillée dans la dernière séquence, venant interroger la vaine déchéance criminelle du - ou des - coupable(s).

Jeu pervers de séduction et de manipulation porté par la mélodie sensuelle de Teo Usuelli, À la recherche du plaisir s’impose comme un superbe thriller raffiné, capable d’envoûter par la présence magnétique de son actrice fétiche, déambulant dans une scénographie à la fois onirique, troublante et concupiscente.
— le cinéphile du cœur noir 🖤
Un grand merci à Philippe Blanc pour son aimable influence.
08.02.26. Vost
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