mercredi 3 mai 2017

POLICE FEDERALE, LOS ANGELES

                                                         Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Senscritique.com

"To Live and Die in L.A." de William Friedkin. 1985. U.S.A. 1h56. Avec William L. Petersen, Willem Dafoe, John Pankow, Debra Feuer, John Turturro, Darlanne Fluegel, Dean Stockwell, Steve James, Robert Downey Sr.

Sortie salles France: 7  Mai 1986. U.S: 1er Novembre 1985.

FILMOGRAPHIE: William Friedkin est un réalisateur, scénariste et producteur de film américain, né le 29 août 1935 à Chicago (Illinois, États-Unis). Il débute sa carrière en 1967 avec une comédie musicale, Good Times. C'est en 1971 et 1973 qu'il connaîtra la consécration du public et de la critique avec French Connection et L'Exorciste, tous deux récompensés à la cérémonie des Oscars d'Hollywood. 1967: Good Times. 1968: l'Anniversaire. 1968: The Night they Raided Minsky's. 1970: Les Garçons de la bande. 1971: French Connection. 1973: l'Exorciste. 1977: Le Convoi de la peur. 1978: Têtes vides cherchent coffres pleins. 1980: The Cruising. 1983: Le Coup du Siècle. 1985: Police Fédérale Los Angeles. 1988: Le Sang du Châtiment. 1990: La Nurse. 1994: Blue Chips. 1995: Jade. 2000: l'Enfer du Devoir. 2003: Traqué. 2006: Bug. 2012: Killer Joe.


Echec public en France alors qu'aujourd'hui tous les cinĂ©philes s'accordent Ă  dire qu'il s'agit d'un des plus grands polars des annĂ©es 80, Police Federale, Los Angeles renouvelle le genre avec un esthĂ©tisme stylisĂ© aussi baroque qu'envoĂ»tant. William Fridekin filmant scrupuleusement la capitale de Los Angeles sous une photo crĂ©pusculaire aussi hyper rĂ©aliste que lĂ©chĂ©e. Polar Ă  la fois haletant et intense menĂ© par un trio de comĂ©diens furibards dans leur fonction combative, Police Federale... tire-parti de sa grande efficacitĂ© grâce Ă  son intrigue anticonformiste bafouant les règles de la biensĂ©ance. Chien fou avide de revanche derrière son insigne, Richard Chance tente d'apprĂ©hender un dangereux faussaire ayant assassinĂ© au prĂ©alable son meilleur ami Ă  deux jours de la retraite. Avec l'aide d'un co-Ă©quipier, il dĂ©cide de braquer illĂ©galement un convoyeur afin de proposer une transaction au contrefacteur en Ă©change de ses billets volĂ©s. Mais rien se dĂ©roulera comme prĂ©vu. 


Autour de scènes d'actions d'une violence âpre et d'une anthologique course-poursuite automobile Ă  la fois inventive, originale et effrĂ©nĂ©e (sans toutefois Ă©galer celle de French Connection), William Friedkin magnifie les portraits anti-manichĂ©ens de flics aussi bien vĂ©reux qu'empotĂ©s Ă  la poursuite d'un artiste criminel (il peint des tableaux en dehors de ses activitĂ©s de faussaire) d'une sĂ©duction vĂ©nĂ©neuse (comme le souligne la fidĂ©litĂ© de sa compagne vĂ©nale). D'une audace aussi inouĂŻe que dĂ©concertante quant Ă  la tournure des Ă©vènements dramatiques, Police Federale... illustre avec une ambition formelle la dĂ©liquescence morale de deux flics impliquĂ©s dans l'illĂ©galitĂ© d'un braquage oĂą les consĂ©quences de leurs actes s'avĂ©reront tragiques. Vengeance sournoise et jeu de manipulation menĂ©s sur un rythme trĂ©pidant, notamment grâce au brio de sa mise en scène particulièrement innovante si bien que l'on se surprend du caractère baroque de certaines sĂ©quences Ă  la limite du surrĂ©alisme (le final symbolique imposant un brasier infernal face au tĂ©moignage d'un flic en mutation identitaire), Police Federale... insuffle une emprise hypnotique au fil d'une structure narrative dangereusement lĂ©tale. Les flics sur le qui-vive et les seconds-rĂ´les flirtant avec le Mal de manière parfois Ă©quivoque (Ă  l'instar de l'avocat "bicĂ©phale" et de la compagne de Richard Chance en libertĂ© conditionnelle, potentiellement complice de la dĂ©route policière).


Au rythme d'une BO pop / Ă©lectro typique des annĂ©es 80, Police FĂ©dĂ©rale, Los Angeles affiche une intensitĂ© magnĂ©tique au cours de son intrigue reptilienne oĂą les figures du Bien et du Mal se jumellent pour un vĂ©nĂ©neux enjeu de vengeance. Outre l'implication très spontanĂ©e des comĂ©diens habitĂ©s par une fureur de vaincre, on reste autant frappĂ© par la stylisation d'une urbanisation hyper documentĂ©e aux Ă©clairages oniriques. Du grand art (moderne) pour une rĂ©fĂ©rence du genre se renouvelant Ă  chaque visionnage si bien que la pellicule de Friedkin semble habitĂ©e par une entitĂ© rampante.    

Bruno Dussart
3èx

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