lundi 29 mai 2017

Poor Pretty Eddie

                                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Richard Robinson. 1975. U.S.A. 1h32. Avec Leslie Uggams, Shelley Winters, Michael Christian, Slim Pickens, Dub Taylor, Ted Cassidy.

Sortie salles U.S: Juin 1975

FILMOGRAPHIE: Richard Robinson est un rĂ©alisateur, producteur, acteur amĂ©ricain. 1974: La grande partouze (as Rick Jr.). 1973 Fantaisies sexuelles d'un couple libre. 1972 Bloody Trail. 1972 To Hell You Preach. 1971 Adultery for Fun & Profit. David Worth est un rĂ©alisateur et producteur amĂ©ricain. 1994: Chain of Command. 1993 Lady Dragon 2. 1992 Lady Dragon. 1989 Kickboxer. 1986 Soldier's Revenge. 1983 Frat House. 1983 Doing It! 1983 Le chevalier du monde perdu. 1982 Body Magic. 1979 Hard Knocks. 1979 Pink Champagne. 1978 How Sweet It Is! 1975 Poor Pretty Eddie. 1998: I Might Even Love You.  1997 True Vengeance (Video). 1996 American Tigers 2014: Hazard Jack. 2014 House at the End of the Drive. 2006 Honor. 2004 Air Strike (Video). 2002 Shark Attack III (Video). 2001 Time Lapse (Video). 2000 Shark Attack 2 (Video). 2000 The Prophet's Game.


Etrange curiosité que ce Poor Pretty Eddie restée inédite en salles dans nos contrées. A mi-chemin entre The last house on Dead and street (pour le grain de pellicule rubigineux, le charisme patibulaire de quelques comédiens méconnus et pour son ambiance expérimentale malsaine) et Week-end sauvage (notamment cette relation ambiguë entre le violeur et sa victime), l'intrigue relate la séquestration d'une chanteuse afro-américaine chez les rednecks d'un pub reculé. Attiré par sa jeune beauté, Eddie Collins ne tarde pas à la violer sauvagement avant de tomber amoureux. C'est le début d'un long cauchemar qu'Elizabeth va traverser entre humiliations raciales et sévices sexuels, quand bien même la tenancière Bertha s'opposera à leur liaison, faute de sa jalousie sentimentale.


Echec commercial Ă  sa discrète sortie aux States, Poor Pretty Eddie fait office de pĂ©pite atypique sous couvert de cinĂ©ma d'exploitation estampillĂ© "seventie". De par son ambiance baroque multipliant les sĂ©quences-chocs en "slow motion" afin de dĂ©cupler le caractère brutal de sa violence et son parti-pris expĂ©rimental de nous dĂ©sarçonner avec d'autres moments dĂ©rangeants (tel le parallèle Ă©tabli entre une scène de viol et un coĂŻt canin) sur un air de Country. 
On est Ă©galement sĂ©duit de la complĂ©mentaritĂ© de trognes familières de seconde zone (Leslie Uggams, Shelley Winters) se prĂŞtant au jeu de l'exubĂ©rance parmi des tĂŞtes inconnues pleines de volontĂ© (Michael Christian en avatar risible d'Elvis fait parfois illusion). Car en dĂ©pit d'une direction d'acteurs amateuriste (principalement l'hĂ©roĂŻne un peu trop rigide en victime soumise) et d'un cheminement narratif routinier, Poor Pretty Eddie surprend agrĂ©ablement pour son portrait imputĂ© Ă  une AmĂ©rique profonde se rongeant les ongles par ennui d'une quotidiennetĂ© triviale. Les dĂ©cors sĂ©pias du pub poussiĂ©reux garni d'animaux empaillĂ©s et l'atmosphère envoĂ»tante d'un bois tĂ©nĂ©breux situĂ© Ă  proximitĂ© rappelant notamment les effluves putrides du fameux Massacre Ă  la Tronçonneuse.


Franchement étrange, interlope et glauque au sein d'une scénographie domestique abritant des ploucs gouailleurs, Poor Pretty Eddie demeure une agréable curiosité si bien qu'il parvient sensiblement à nous immerger dans un bad trip sous le pilier du rape and revenge culminant au carnage anthologique ! Une conclusion illustrée en "slow motion" afin d'immortaliser la décadence criminelle !

Eric Binford.

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