jeudi 8 mars 2018

MORTELLES CONFESSIONS

                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site lastroadreviews.wordpress.com

"The ConfessionalHouse of Mortal Sin" de Pete Walker. 1976. Angleterre. 1h44. Avec Anthony Sharp, Susan Penhaligon, Stephanie Beacham, Norman Eshley, Sheila Keith.

Sortie salles Angleterre: Février 1976. Inédit en salles en France

FILMOGRAPHIE: Pete Walker est un réalisateur, scénariste et producteur britannique, né en 1939 à Brighton. 1968: l'Ecole du sexe, For men only, 1970: Cool, c'est Carol, 1971: Man of violence, Die Screaming, Marianne, 1972: Quatre dimensions de Greta, le Théâtre de l'angoisse, 1973: Tiffany Jones, 1974: Flagellations, Frightmare, 1976: Mortelles Confessions, Schizo, 1978: Hallucinations, 1979: Home Before Midnight, 1983: House of the long shadows.


Heureuse surprise de la part d'Artus de nous avoir exhumĂ© de l'oubli ce petit classique british rĂ©alisĂ© par le franc-tireur Pete Walker, tant et si bien que Mortelles Confessions resta inĂ©dit en salles dans nos contrĂ©es ! PlutĂ´t couillu de nous dĂ©peindre la dĂ©rive licencieuse d'un prĂŞtre rigoriste, Mortelles Confessions baigne dans un climat malsain relativement glacĂ© sous l'impulsion d'un duo d'amants au passĂ© aussi bien trouble que secret. Tout du moins avant que le final jusqu'au-boutiste ne nous dĂ©voile leurs tenants et aboutissants lors d'un bain de sang qui risquera Ă  coup sĂ»r d'en dĂ©concerter plus d'un. Car exit le happy-end de rigueur, Pete Walker privilĂ©giant une conclusion aussi bien Ă©quivoque qu'inĂ©quitable quant au sort prĂ©caire de l'hĂ©roĂŻne mais aussi du serial-killer infiniment perfide. Le pitch simpliste s'oriente vers les Ă©preuves amoureuses que se partagent une jeune femme avec ses deux amants. Après avoir rencontrĂ© une vieille connaissance de lycĂ©e devenue aujourd'hui homme d'Ă©glise elle dĂ©cide de le retrouver dans son havre chrĂ©tien. C'est Ă  ce moment fortuit qu'elle aborde le père Meldrum, puritain draconien subitement Ă©pris de sentiments pour elle. 


Prenant son temps Ă  planter son intrigue et ses personnages Ă©voluant autour de la morale conservatrice du père Meldrum, Pete Walker distille un suspense sous-jacent au fil de sa trajectoire criminelle toujours plus cruelle et violente, quand bien mĂŞme l'hĂ©roĂŻne dĂ©munie s'efforce vainement d'avertir son entourage amical. La faute incombant Ă  la parole Ă©vangĂ©lique de cet homme d'Ă©glise considĂ©rĂ© comme intouchable car respectĂ© de tous. A partir de l'instant ou Vanessa sombre dans une apprĂ©hension dĂ©sespĂ©rĂ©e, une tension progressive est scrupuleusement instaurĂ©e, quand bien mĂŞme dans une des chambres du presbytère du tueur, sa mère alitĂ©e semble soumise Ă  une majordome borgne aux penchants pervers. Pete Walker accordant notamment pas mal d'intĂ©rĂŞt Ă  brosser les comportements Ă  la fois castrateurs et interlopes de ce trio maudit, pour ne pas dire machiavĂ©lique, et ce avant de nous dĂ©voiler pour quel vĂ©ritable mobile le prĂŞtre sombra dans la folie. Au-delĂ  de l'efficacitĂ© du rĂ©cit fertile en pĂ©ripĂ©ties, subterfuges et exactions sanglantes (mĂŞme si les maquillages ne se limitent qu'Ă  grimer les victimes de ketchup); Mortelles Confessions est Ă©galement rehaussĂ© de la prĂ©sence dĂ©moniaque d'Anthony Sharp franchement haĂŻssable dans la peau du prĂŞtre vĂ©reux, quand bien mĂŞme Sheila Keith (Flagellation, Frightmare) lui dispute la vedette avec un charisme patibulaire aussi fourbe et insidieux. On peut Ă©galement souligner l'attachante interprĂ©tation de Susan Penhaligon en tant que victime fragile et Ă©plorĂ©e.


Psycho-killer glauque modestement rĂ©alisĂ© et correctement interprĂ©tĂ© en dĂ©pit de la compĂ©tence perfectible de son auteur, Mortelles Confessions constitue un excellent suspense fĂ©tide autour du thème du puritanisme si bien que la religion rigoriste est pointĂ©e du doigt dans son refus de se plier Ă  la tolĂ©rance de l'amour du point de vue du prĂŞtre condamnĂ© Ă  la chastetĂ©. A dĂ©couvrir fissa chez l'Ă©tendard Artus Films dans une version HD irrĂ©prochable ! 

* Bruno

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