mercredi 21 mars 2018

On l'appelle Trinita

                                         Photo empruntée sur Google, appartenant au site Senscritique.com

"Lo chiamavano Trinità..." de Enzo Barboni. 1970. Italie. 1h54. Avec Terence Hill, Bud Spencer, Farley Granger, Dan Sturkie, Gisela Hahn.

Sortie salles France: 21 Juillet 1971. Italie: 22 Décembre 1970. U.S: 4 Novembre 1971

FILMOGRAPHIEEnzo Barboni (E.B. Clucher) est un directeur de la photographie et réalisateur italien né le 10 juillet 1922 à Rome et mort le 23 mars 2002. 1970 : Ciak Mull. 1970 : On l'appelle Trinita. 1971 : On continue à l'appeler Trinita. 1972 : Et maintenant, on l'appelle El Magnifico. 1973 : Les Anges mangent aussi des fayots. 1974 : Même les anges tirent à droite. 1976 : Deux super flics. 1982 : Ciao nemico. 1983 : Quand faut y aller, faut y aller. 1984 : Attention les dégâts. 1987 : Renegade. 1991 : Ange ou Démon. 1995 : Trinità & Bambino... e adesso tocca a noi.

                                "Venez mes frères ! - Qui c'est qui lui a dit qu'on était frères ?"

Gros succès international, au point qu’une suite fut rapidement mise en chantier par Enzo Barboni lui-même, On l'appelle Trinita demeure sans conteste l’une des meilleures comédies du duo impayable Bud Spencer / Terence Hill.

Si le pitch, à la fois classique et folichon, ne brille guère par son originalité - deux frères que tout oppose, se faisant passer pour des shérifs dans une petite ville, prêtent main forte à une communauté mormone malmenée par des brigands mexicains et un major cupide - le climat burlesque et rocambolesque que parviennent à instaurer ces “Laurel et Hardy” du western parodique compense largement ces quelques facilités, grâce à une décontraction irrésistible.

Car au-delà de leur complémentarité profondément attachante - Hill, le cadet espiègle, rapide comme l’éclair, et Spencer, l’aîné bourru, massif et faussement placide - le film brille par l’inventivité de ses bastons, à la fois ludiques et spectaculaires. Spencer, passé maître dans l’art de distribuer baffes et coups de poing monumentaux, transforme chaque affrontement en ballet comique jubilatoire.


Les gags s’enchaînent avec une simplicité désarmante, presque naïve, et pourtant si efficace.
On retrouve ce plaisir pur, immédiat, celui d’un enfant fasciné par la magie de l’écran, par le jeu malicieux de héros tout droit sortis d’une bande dessinée. Leur charisme flegmatique, leurs trognes mal rasées, leur décontraction absolue participent à cette alchimie unique.

Bien sûr, l’humour ne fait pas dans la subtilité. Il est frontal, pittoresque, parfois même volontairement lourdaud.
Mais c’est précisément là que réside sa force : dans une dérision assumée, dans une joie artisanale typiquement latine, qui donne au film son identité chaleureuse dénuée d'ambition.

Porté par une mise en scène simple mais efficace - avec cette belle patine de western poussiéreux en format scope - le film s’inscrit dans une tradition populaire où le plaisir régressif prime sur tout le reste.

Véritable western parodique familial, il propulsera la carrière du duo Bud Spencer / Terence Hill au rang de légende, dans une décontraction inégalée.

Plus encore aujourd'hui, On l’appelle Trinita agit comme une cure de bonheur anti-dépressive, un divertissement sincère et généreux qui traverse les générations. Et sous l’impulsion de la chanson entêtante de Franco Micalizzi, il parvient même à insuffler un vent de fraîcheur au western spaghetti.

Un plaisir simple.
Mais un plaisir profondément authentique où pointe une larme mélancolique.

Box Office France: 2 624 948 Entrées ! 

— le cinéphile du cœur noir 🖤
06.04.26. 4èx

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