jeudi 26 juillet 2018

SAVAGE STREETS

                      Photo empruntée sur Google, appartenant au discreetcharmsandobscureobjects.blogspot.com

"Les Rues de l'enfer" de Danny Steinmann. 1984. U.S.A. 1h33. Avec Linda Blair, John Vernon, Robert Dryer, Johnny Venocur, Sal Landi, Scott Mayer.

Sortie salles France: 9 Janvier 1985. U.S: 5 Octobre 1984 

FILMOGRAPHIE: Danny Steinmann est un auteur, producteur et réalisateur américain, né le 7 janvier 1942 à New York, décédé le 18 décembre 2012. 1985: Vendredi 13, chapitre 5. 1984: Les rues de l'enfer. 1980: Les secrets de l'invisible. 1973: High Rise.


Profitant du filon lucratif du Vigilante Movie en plein essor durant les années 80, Danny Steinmann y ajoute une louche de Rape and Revenge avec Savage Streets mystérieusement classé X Outre-atlantique ! Car si sa scène de viol un peu hard provoque encore un certain malaise et que le sort d'une jeune fille éjectée du haut d'un pont s'avère (selon moi) encore plus dérangeante, la vengeance criminelle escomptée par notre icone féministe (celle placardée sur l'affiche dans une posture héroïque impassible) fait office de bande dessinée si bien que Troma aurait bien pu le produire. A l'instar du quatuor de punks neuneus que l'on croirait issus d'un remake de Class 84 (notamment le jeune ado influant issue de famille respectable) déversant leurs insanités aux profs et à la gente féminine dans une position misogyne ballot. On s'amuse également (parfois même avec une hilarité nerveuse) du jeu si provocateur de Linda Blair surjouant sans complexe son rôle de justicière (un vrai garçon manqué dans son regard fielleux et sa défroque d'un noir rutilant !) avec une dérision limite grotesque. Il faut dire qu'elle en fait des tonnes à travers ses expressions altières pour notre plus grand bonheur de cinéphile Bisseux. 


Au-delà de ses têtes d'affiche à la fois racoleuses et vulgaires que Danny Steinmann filme parfois complaisamment dans leur plus simple appareil (les scènes de douches avec ces lycéennes aux poitrines opulentes), Savage Streets se vautre aimablement dans la trivialité d'un script émaillé de séquences toutes plus ludiques les unes que les autres. Si bien que le spectateur reluque ses séquences anodines avec un esprit second degré jubilatoire (les crêpages de chignon entre Brenda et sa rivale nunuche, la clientèle jouasse dans la boite de nuit se déhanchant sur du Rock de comptoir, le chahut communautaire des lycéens durant les cours ingérables). Et donc, Savage Streets a beau être archi prévisible dans sa moisson ininterrompue de clichés au point d'anticiper les évènements (notamment les confidences éplorées d'un des criminels auprès de sa victime hospitalisée parmi le témoignage de notre future justicière), on se distrait sans modération à suivre les vicissitudes de Brenda et sa bande malmenés par ces punks erratiques. Danny Steinmann soignant en prime les lieux urbains hipsters à l'aide d'une photo criarde éclairée de néons.


Atomic College
À la fois benêt et primaire, génialement fun et pittoresque, Savage Streets détourne le rape and revenge avec un esprit BD aussi décomplexé que débridé - en témoigne ce final homérique, fertile en pitreries gestuelles, mais aussi maladroit dans la gestion de la tension et du montage des affrontements. On quitte alors cette bande dessinée mal élevée avec un plaisir cinéphile aussi innocent qu’addictif.

À privilégier d’urgence : l’hilarante VF, truffée de dialogues grossiers déclenchant un rire nerveux incontrôlable. Quant à la VO, son revirement de ton est si détonnant qu’on a presque l’impression de découvrir une autre série B, plus sobre, plus grave, presque étrangère à elle-même.

* Gaïus
20/02/26. 3èx

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