Photo empruntée sur Google, appartenant au site en.wikipedia.org
de Jean-Claude lord. 1982. Canada. 1h44. Avec Michael Ironside, Lee Grant, Linda Purl, William Shatner.
Sortie salles France: 30 Juin 1982 (Int - 18 ans). Canada: 21 Mai 1982
FILMOGRAPHIE: Jean-Claude Lord est un réalisateur, scénariste, monteur et producteur canadien, né le 6 Juin 1943. 1966: Délivrez-nous du Mal. 1972: Les Colombes. 1974: Bingo. 1976: Parlez nous d'amour. 1977: Panique. 1979: Eclair au Chocolat. 1982: Terreur à l'hôpital central. 1984: Covergirl. 1986: The Vindicator. 1986: Toby McTeague. 1987: La Grenouille et la Baleine. 1989: Mindfield. 1989: Eddie and the Cruisers 2: Eddie Lives ! 1992: Landslide. 2002: Station Nord.
"Dans cet hôpital, votre prochaine visite pourrait être la dernière"
En pleine vogue du slasher initié par Halloween et Vendredi 13, le canadien Jean-Claude Lord se prête au genre afin de concurrencer les succès de l'époque. Alors qu'Halloween 2 venait de remporter un accueil commercial considérable, le réalisateur réexploite le même décor hospitalier pour planter l'action de Terreur à l'Hôpital central sous l'impulsion du score opaque de Jonathan Goldsmith (un tempo symptomatique des Eighties).
Le Pitch: Après qu'une journaliste fut invitée sur un plateau télévisé afin de débattre de la légitime défense chez les femmes, un psychopathe entre par effraction dans sa demeure pour l'assassiner. Blessée au couteau après une violente altercation, elle est affectée dans un centre hospitalier. Déterminé à ne pas lâcher sa proie, le tueur décide également de s'y rendre afin d'achever son projet.
Série B conventionnelle à la réalisation pour autant assez soignée, Terreur à l'Hôpital Central pâtit notamment d'un scénario canonique où certaines situations éculées ne prêtent pas en sa faveur. Or, les inconditionnels de psycho-killer devraient tout de même largement y trouver leur compte grâce à l'efficacité des situations alarmistes où le tueur ne cessera de s'en prendre aux patients démunis d'un hôpital sous l'impulsion d'une tension fréquemment (et étonnamment !) payante.
Car avant d'atteindre sa cible, il se délecte à commettre par orgueil sadique diverses homicides (il photographie parfois l'agonie de ses victimes pour les mémoriser dans son album souvenir) à l'intérieur et en externe de l'établissement. Qui plus est, parmi la présence inquiétante de Michael Ironside diffusant une force tranquille en maniaque pervers, l'acteur nous dépeint la caricature d'un psychopathe misogyne au passé traumatique. Si bien qu'au travers de flash-back, on apprend brièvement que son père lui commettait des attouchements sexuels lorsqu'il fut enfant, quand bien même sa mère fut victime de violence conjugale. En prime, la brutalité de ses meurtres exécutés de sang froid impressionnent parfois par leur âpre réalisme, et ce sans sombrer dans une complaisance sanglante. La stature bedonnante du comédien, sa posture ostensiblement impassible appuyée de cynisme oscillant appréhension et aversion pour la lâcheté de ses exactions (à l'instar d'une prostituée brimée par ses jeux sexuels, tendance masochiste). Et si le scénario à tendance à se répéter (le tueur ne cesse d'aller et venir en interne de l'hôpital pour achever sa devise), on reste néanmoins attentif auprès de son acharnement à daigner assassiner une journaliste inévitablement gagnée de paranoïa (celle-ci étant parfaitement incarnée parmi la force de caractère de Lee Grant). La dernière partie haletante nous offrira d'ailleurs un retournement de situation plutôt habile à travers l'inversion des rôles d'une course poursuite toujours aussi bien gérée.
Orthodoxe dans son ossature narrative mais efficace, voir même assez magnétique pour la science de son suspense affuté et audacieux (notamment en s'extirpant du cliché de la blonde juvénile ici quadra, intelligente et audacieuse), Terreur à l'hôpital central fait preuve de sincérité d'y élaborer un psycho-killer violent et tendu car dépourvu de concession (le châtiment réservé à certaines victimes détonne par leur froideur). La bonne volonté des comédiens (notamment William Shatner dans un second-rôle avenant) et la présence rigide de Michael Ironside nous impliquant d'autant mieux auprès des enjeux de stress, si bien que certains épisodes de tension réussissent à provoquer la frousse (le prologue dans la demeure de l'héroïne, une altercation liminaire dans l'hôpital, le sort indécis réservé à l'une des infirmières, la poursuite finale dans le sous-sol hospitalier). Tout bien considéré, un fort sympathique divertissement que la génération 80 savourera à nouveau avec nostalgie derrière un discours toujours aussi actuel sur la condition des femmes battues et leur parole parfois remise en doute par la jurisprudence comme le souligne son préambule lors d'un houleux débat TV en présence d'un avocat.
P.S: Contrairement à ce qui est annoncé au dos des jaquettes Blu-ray et Dvd éditées chez nous, le film ne s'adresse pas à tous les publics, il fut d'ailleurs interdit aux - de 18 ans lors de sa sortie en France.
* Bruno
07.2014. 3èx. 103 v
24.02.25. 4èx. Vost
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