vendredi 21 décembre 2018

Les Monstres sont toujours vivants

                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site notrecinema.com

"It Lives Again" de Larry Cohen. 1978. U.S.A. 1h30. Avec Frederic Forrest, Kathleen Lloyd, John P. Ryan, John Marley, Andrew Duggan, Eddie Constantine

Sortie salles U.S: 10 Mai 1978

FILMOGRAPHIELarry Cohen est un rĂ©alisateur, producteur et scĂ©nariste amĂ©ricain nĂ© le 15 Juillet 1941. Il est le crĂ©ateur de la cĂ©lèbre sĂ©rie TV, Les Envahisseurs. 1972: Bone, 1973: Black Caesar, Hell Up in Harlem, 1974: Le Monstre est vivant, 1976: Meurtres sous contrĂ´le, 1978: Les Monstres sont toujours vivants, 1982: Epouvante sur New-York, 1985: The Stuff, 1987: La Vengeance des Monstres, Les Enfants de Salem, 1990: l'Ambulance. - Comme Producteur: Maniac Cop 1/2/3. - Comme ScĂ©nariste: Cellular, Phone Game, 3 Ă©pisodes de Columbo.


Quatre ans après Le Monstre est Vivant, chef-d'oeuvre bouleversant ayant traumatisĂ© toute une gĂ©nĂ©ration de femmes enceintes, Larry Cohen rempile derrière la camĂ©ra pour nous offrir une digne sĂ©quelle presque Ă  la hauteur de son modèle. Nanti d'un rythme plus nerveux quant aux stratĂ©gies policières Ă  duper la cause parentale, les Monstres sont toujours Vivants ne manquent pas d'audace et d'Ă©motion (encore) poignante lorsque 2 jeunes parents s'efforcent avec antinomie de prĂ©server la vie de leur bambin mutant. Deux ans après les tragiques Ă©vènements, un couple est sur le point d'enfanter un nouveau cas de bĂ©bĂ© difforme. Soutenus par le veuf Frank Davies (ancien paternel du premier opus), et après leur avoir divulguĂ© l'horrible vĂ©ritĂ©, il leur dĂ©clare que la police est sur le point de sacrifier l'enfant dès que la mère accoucherait Ă  l'hĂ´pital. Afin de prĂ©server la survie du bambin, les parents acceptent de le confiner dans un endroit tenu secret afin que Gene puisse accoucher sans l'apprĂ©hension criminelle. Mais après avoir retrouvĂ©s leur trace, les forces de l'ordre s'apprĂŞtent Ă  assiĂ©ger la demeure alors que d'autres bĂ©bĂ©s monstres sont Ă©galement embrigadĂ©s dans une cave sous la protection de Frank et de praticiens. A travers son prologue captivant (les avertissements Ă  la fois poignants et alarmistes de Franck auprès de la famille Scott) faisant ensuite place Ă  une situation hallucinĂ©e (les forces de l'ordre en faction autour du centre hospitalier depuis que la mère s'apprĂŞte Ă  accoucher, alors que Frank s'improvise  preneur d'otage au profit du rejeton !), les Monstres sont toujours vivants s'avère percutant Ă  travers sa facture dĂ©bridĂ©e tenant de l'improbabilitĂ© ! Tant et si bien que Larry Cohen s'efforce avec la mĂŞme inspiration de rendre plausible un contexte horrifique inusitĂ© par le biais du "bĂ©bĂ© tueur".


Pour ce faire, on apprĂ©cie le soin des trucages, aussi modestes soient-ils, notamment grâce au dynamisme du montage appuyant la vĂ©locitĂ© primitive de ces derniers d'un instinct criminel franchement impressionnant (jumpscares tĂ©tanisants Ă  l'appui !). Retardant au maximum leur apparence monstrueuse pour mieux nous Ă©branler, ce dernier mise sur le suspense latent (le foyer des parents transformĂ© en labo mĂ©dical en attente d'un espoir rĂ©volutionnaire si les bĂ©bĂ©s - immunisĂ©s contre la pollution - parvenaient Ă  survivre dans une Ă©ducation docile) puis oppressant eu Ă©gard de sa dernière partie d'autant plus poignante lorsque les parents indĂ©cis s'efforcent en dĂ©sespoir de cause de prĂ©server la vie de leur bambin. Ainsi, Ă  travers l'illustre personnage de Frank Davies dĂ©libĂ©rĂ© Ă  tenter d'Ă©duquer cette nouvelle race infantile en dĂ©pit de leur sauvagerie incontrĂ´lĂ©e, Les Monstres sont toujours vivants captive Ă  savoir si nos hĂ©ros (accompagnĂ©s de mĂ©decins complices) parviendront Ă  achever leur devise. A savoir sauver la destinĂ©e de ces bambins en les Ă©duquant en bonne et due forme, et ce pour les enjeux du droit Ă  la diffĂ©rence et du libre arbitre parental Ă  dĂ©cider du sort de leur progĂ©niture. A moins que ces bĂ©bĂ©s (et comme l'exclamera l'un des protagonistes vindicatifs) n'ont comme unique dessein de distiller la terreur afin de dominer le monde et asseoir leur dictature. Un sujet burnĂ© aussi cintrĂ© que passionnant que Larry Cohen met en pratique avec une maĂ®trise constamment convaincante. Autrement dit, on y croit dur comme fer, Ă  l'instar du 1er opus autrement bouleversant de par son intensitĂ© dramatique d'une rare cruautĂ©. Un parti-pris Ă©motionnel que l'on retrouve encore ici, notamment auprès de ses 10 dernières minutes plutĂ´t Ă©mouvantes car d'un radicalisme dĂ©rangeant quant au sort prĂ©caire de l'ultime rejeton.


SĂ©quelle de haute tenue, notamment auprès de l'attachante sobriĂ©tĂ© humaine du couple Frederic ForrestKathleen Lloydles Monstres sont toujours vivants se dĂ©cline comme un intense suspense cauchemardesque tirant parti de sa fascination grâce Ă  son concept improbable Ă©tonnamment persuasif. Les bĂ©bĂ©s monstres assez expressifs s'avĂ©rant aussi terrifiants que poignants Ă  travers leur gĂ©missement plaintif que Bernard Herrmann amplifie avec la mĂŞme orchestration cafardeuse. Excellent. 

* Bruno
21.12.18. 4èx
29.06.16. (137 v)

La Chronique du Monstre est Vivant : http://brunomatei.blogspot.fr/2012/06/le-monstre-est-vivant-its-alive.html

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