mardi 10 novembre 2020

Je suis un monstre

                                                     Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

"I, monster" de Stephen Weeks. 1971. Angleterre. 1h20 (extented version). Avec Christopher Lee, Peter Cushing, 

Sortie salles France: 11 Décembre 1974

FILMOGRAPHIE: Stephen Weeks est un réalisateur anglais né en 1948. 1984: The Bengal Lancers!  1984: L'épée du vaillant. 1976: Scars (TV Movie documentary). 1974: Histoire de fantômes. 1973: Gawain et le chevalier vert. 1971: Je suis un Monstre. 


Une fort sympathique curiosité injustement méconnue et oubliée. 
Complètement oublié de nos jours par la communauté fantasticophile alors que j'en garde personnellement un bon souvenir lors de sa diffusion sur la chaine TV6 un Dimanche soir de début de soirée, Je suis un Monstre mérite à être redécouvert. Si bien que j'ai éprouvé ce soir autant de plaisir que ma toute première fois même si j'y retournais (avec la nostalgie) d'un oeil aussi rassurant que confiant. Car cet énième remake aux airs fatalistes de déjà vu a beau se contenter de réitérer le même procédé narratif, il n'en demeure pas moins une attachante curiosité efficacement troussée. Tant auprès du soin imparti aux décors victoriens agrémentés de couleurs saturées (on se croirait presque parfois dans une Prod Hammer pour son architecture gothique), de son ambiance d'étrangeté crépusculaire (brume à l'appui en bonne et due forme) que de l'interprétation dépouillée du proverbial Christopher Lee se délectant à endosser la carrure du monstre sans effets de manche. 

Dans la mesure où le réalisateur méconnu Stephen Weeks ne recourt pas à des effets spéciaux grandiloquents pour enlaidir l'acteur à travers la sobriété de maquillages expressifs si bien que Lee demeure souvent impressionnant lors de ses déambulations criminelles, épaulé il faut bien avouer par un rictus diabolique et son regard demeuré. Et ce sans jamais se laisser distraire par une once de cabotinage ou de surenchère expressive. On en dira pas tant de l'immense Peter Cushing plutôt en retrait dans celui de l'avocat toujours plus suspicieux envers son acolyte même s'il s'avère comme de coutume aussi à l'aise dans sa défroque redresseuse de tort, et ce en dépit de sa présence timorée à l'écran. Ainsi, si l'intrigue prévisible n'apporte aucune surprise, on s'étonne de s'immerger à nouveau dans cet univers de corruption macabre où le Bien et le Mal sont sévèrement mis à l'épreuve, faute des expérimentations immorales d'un savant délibéré à désinhiber nos pulsions les plus éhontées de par l'effet d'une drogue. On peut enfin relever à titre subsidiaire la brutalité d'une séquence de meurtre intentée sur une prostituée lorsque celle-ci est grièvement lynchée à coups de canne. Une scène choc cruelle épargnée de complaisance de par l'habileté consciencieuse du montage.

A (re)découvrir donc, ne serait-ce que pour la saisissante interprétation de Christopher Lee (l'un de ses meilleurs rôles ? La question reste posée tant il s'avère parfois horrifiant dans sa physionomie difforme) résolument impliqué en monstre infortuné car portant le film à bout de bras avec une force d'expression pleinement convaincante. Or c'est bien connu: "plus le méchant est réussi, meilleur le film sera". 

Remerciement à Lupanars Visions.

*Bruno
3èx

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