mercredi 18 novembre 2020

The Backwoods

                                                      Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Bosque de sombras" de Koldo Serra. 2006. France/Espagne/Angleterre. 1h36. Avec Gary Oldman, Paddy Considine, Aitana Sánchez-Gijón, Virginie Ledoyen, Lluís Homar.

Sortie salles France: 18 Mai 2006 (1ère à Cannes). Espagne: 16 Février 2007

FILMOGRAPHIEKoldo Serra est un réalisateur et scénariste espagnol, né le 15 avril 1975 à Bilbao, en Espagne. Amor de madre (1999). El Tren de la bruja (2003). The Backwoods (2006). Gominolas (2007) Série télévisée (1 épisode). El Comisario (2008) Série télévisée (1 épisode). Es bello vivir (2008) TV. Muchachada nui (2009) Série télévisée (1 épisode). Gernika (2016). Banco (70 binladens) (2018). 


Honteusement écarté de nos salles en dépit de ses prometteuses têtes d'affiche (Gary Oldman, Virginie Ledoyen, Paddy Considine s'avèrent d'autant plus irréprochables à travers leur jeu dépouillé), The Backwoods fut exploité chez nous uniquement en dvd chez One plus One puis commercialisé avec le magazine Mad Movies qui en fit l'éloge dans leur rubrique Dvd mensuelle. Ouvertement influencé par les Chiens de Paille et Délivrance sans toutefois vulgairement les singer, The Backwoods demeure une remarquable surprise de par sa facture naturaliste renvoyant aux plus belles réussites du genre natives des Seventies. Tant et si bien que ce survival à la fois oppressant, cruel et lestement tendu captive et triture nos nerfs avec une diabolique habileté. Tant auprès de sa trajectoire narrative toujours imprévisible au gré de situations sensées, de sa réalisation étonnamment taillée que de la caractérisation scrupuleuse des personnages éludant admirablement le stéréotype. Et ce tout en prenant son temps à y planter son univers forestier et ses personnages en perte de repères, notamment auprès de l'évolution morale d'un des amants en frustration à la fois personnelle, sexuelle et conjugale.

L'intrigue relatant la dérive criminelle de 2 couples de vacanciers anglais contraints d'unir leur force et leur courage pour se défendre contre des rednecks consanguins après avoir sauvé de sa geôle une sauvageonne infantile réduite à l'esclavage. On peut d'ailleurs saluer la force d'expression terrorisée de cette fillette mutique jouant la victime erratique avec un réalisme subtilement poignant. Ainsi, à travers ses rebondissements sanglants jamais gratuits puisque dénonçant avec tact les conséquences immorales de la vendetta (quand bien même les épouses contrariées s'efforcent d'apaiser les tensions), The Backwoods est sublimé par ses personnages victimisés contraints de céder à la violence afin de pouvoir rester en vie. Un thème éculé ici renouvelé avec force, tact et brio si bien que l'on ne sait jamais quel sort adviendra à tel ou tel personnage empiété dans des règlements de compte davantage incontrôlables. Quand bien même on se passionne pour la déliquescence morale d'un des protagonistes partagé entre sa lâcheté, sa peur de trépasser et sa résignation personnelle de prouver sa capacité à nuire à autrui en abusant d'une violence expéditive irréversible (notamment pour y tenter de sauver son couple). Le réalisateur espagnol Koldo Serra puisant notamment dans l'hommage référentiel à ces notoires ancêtres  (Délivrance / Les Chiens de Paille) avec une dignité dénuée de prétention.


Remarquable survival ibérique à la photo scope aussi soignée que réaliste, The Backwoods demeure une perle du genre impeccablement huilée, notamment à travers la vigueur de sentiments de désespoir davantage poignants quant aux conséquences dramatiques de leur démarche héroïque. Du vrai cinéma à l'ancienne qui donne du baume au coeur, sans effets de manche. 

*Bruno
2èx

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