lundi 11 janvier 2021

Willow Creek

                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Bobcat Goldthwait. 2013. U.S.A. 1h20. Avec Alexie Gilmore, Bryce Johnson, Peter Jason 

Sortie salles U.S: 6 Juin 2014

FILMOGRAPHIE: Robert Francis Goldthwait, dit Bobcat Goldthwait, Ă©galement connu sous le nom de Bob Goldthwait, est un acteur, humoriste rĂ©alisateur, scĂ©nariste et producteur amĂ©ricain, nĂ© le 26 mai 1962 Ă  Syracuse, New York (États-Unis). 1992 : Shakes the Clown. 1999 : The Man Show (sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e). 2000 : Strip Mall (sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e). 2002 : Crank Yankers (sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e). 2003 : Windy City Heat. (tĂ©lĂ©film). 2003 : "Chappelle's Show" (2003) TV Series. 2007 : Juste une fois ! 2009 : World's Greatest Dad. 2011 : God Bless America.

InĂ©dit en salles chez nous, Willow Creek est un "Found Footage" particulièrement influencĂ© par le maĂ®tre Ă©talon du genre, le Projet Blair Witch. Tant au niveau de son schĂ©ma narratif (visite touristique de nos hĂ©ros, interview de leurs tĂ©moins locaux, camping sauvage au sein d'une nature feutrĂ©e, final horrifique en crescendo), de sa scĂ©nographie forestière, de ses effets de peur bâtis sur la tension, l'angoisse puis la frayeur (avec 2/3 jump-scare Ă©tourdissant d'efficacitĂ© !) que de l'exploitation du hors-champs sonore fonctionnant ici (Ă  nouveau) Ă  merveille. Ainsi, 1h20 durant, nous suivons les pĂ©rĂ©grinations d'un jeune couple de campeurs s'enfonçant dans les bois afin de retrouver les traces du cĂ©lèbre Bigfoot. Louablement, le rĂ©alisateur parvient Ă  les rendre attachants de par leur spontanĂ©itĂ© insouciante, leur humour gentiment potache et leur communs sentiments du bonheur matrimonial (comme en atteste cette touchante demande de mariage improvisĂ©e dans la tente). Le rĂ©alisateur parvenant Ă  l'aide de sa camĂ©ra Ă  l'Ă©paule Ă  les rendre authentiques Ă  travers leurs expressions naturelles jamais outrĂ©es. 

Et si la première partie aux air de dĂ©jĂ  vu (le couple interrogeant face camĂ©ra commerçants et quidams rĂ©gionaux) fait craindre une resucĂ©e poussive, la suite embraye le trouillomètre dès que nos campeurs se retrouvent confinĂ©s dans leur tente la peur au ventre. Ainsi, durant 20 minutes d'apprĂ©hension tendue mĂŞlĂ©e de frayeur cinglante, Willow Creek renoue avec le rĂ©alisme blafard du Projet Blair Witch Ă  travers sa capacitĂ© Ă  foutre les pĂ©toches par le biais des regards Ă©peurĂ©s et d'une bande-son tantĂ´t ombrageuse, tantĂ´t stridente se jouant habilement de la suggestion. Et pour ceux qui avaient Ă©tĂ© effrayĂ©s par la randonnĂ©e pĂ©destre du Projet Blair Witch fondĂ©e sur le mythe des sorcières, ils ne seront pas déçus de retrouver ce similaire sentiment d'insĂ©curitĂ© palpable Ă  travers une menace invisible terriblement fascinante. Tant et si bien qu'en adoptant une dĂ©marche rigoureuse lors de son climax Ă©peurant, Willow Creek enfonce le clou du malaise cauchemardesque lors de sa dernière sĂ©quence gĂ©nialement improbable et irrĂ©solue. Notamment auprès de cette vision d'effroi inexpliquĂ©e entraperçue en focus ! 

Excellente surprise issue d'Outre-Atlantique nantie d'un pouvoir de fascination davantage trippant, Willow Creek mĂ©riterait une meilleure reconnaissance Ă  travers son concept de Found Footage transmettant une peur malaisante comme si vous Ă©tiez Ă  la place des personnages en Ă©tat de catatonie. C'est dire si la flippe parvient ici Ă  se renouveler de manière quasi aussi prĂ©gnante que son modèle susnommĂ©. Tant et si bien que l'on regrette rĂ©ellement que sa durĂ©e soit aussi Ă©courtĂ©e (1h18) et qu'il aurait peut-ĂŞtre fallu abrĂ©ger une première partie un peu trop conventionnelle, bien que ce climat de lĂ©gèretĂ© demeure fallacieux (et fructueux) pour mieux nous prĂ©parer Ă  la tournure dramatique de ces Ă©vènements. 

*Bruno

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