jeudi 19 mai 2022

Le Bossu

                                       
                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de André Hunebelle. 1959. France/Italie. 1h45. Avec Jean Marais, Bourvil, Sabina Selman, Jean Le Poulain, Hubert Noël, Paulette Dubost, Alexandre Rignault.

Sortie salles France: 13 Janvier 1960

FILMOGRAPHIEAndrĂ© Hunebelle est un maĂ®tre verrier et rĂ©alisateur français, nĂ© le 1er Septembre 1896 Ă  Meudon (Hauts-de-Seine), dĂ©cĂ©dĂ© le 27 Novembre 1985 Ă  Nice. 1948: MĂ©tier de fous. 1949: Millionnaires d'un Jour. 1949: Mission Ă  Tanger. 1950: MĂ©fiez vous des Blondes. 1951: Ma Femme est formidable. 1952: Massacre en dentelles. 1952: Monsieur Taxi. 1953: Les Trois Mousquetaires. 1953: Mon Mari est merveilleux. 1954: Cadet Rousselle. 1955: Treize Ă  table. 1955: l'Impossible Monsieur Pipelet. 1956: Casino de Paris. 1956: Mannequins de Paris. 1956: Les CollĂ©giennes. 1957: Les Femmes sont marrantes. 1958: Taxi, roulotte et Corrida. 1959: Le Bossu. 1959: ArrĂŞtez le massacre. 1960: Le Capitan. 1961: Le Miracle des Loups. 1962: Les Mystères de Paris. 1963: Oss 117 se dĂ©chaĂ®ne. 1963: MĂ©fiez vous Mesdames. 1964: Banco Ă  Bangkok pour Oss 117. 1964: FantĂ´mas. 1965: Furia Ă  Bahia pour Oss 117. 1965: FantĂ´mas se dĂ©chaĂ®ne. 1967:   FantĂ´mas contre Scotland Yard. 1968: Pas de roses pour Oss 117. 1968: Sous le signe de Monte-Cristo. 1971: Joseph Balsamo. 1974: Les Quatre Charlots Mousquetaires. 1974: Les Charlots en Folie: A nous quatre Cardinal ! 1978: Ca va faire tilt.


Le pitchA la suite de l'assassinat du duc Philippe de Nevers par son cousin Philippe de Gonzague, un chevalier, Henri de Lagardère, lui promet lors de son dernier souffle de prendre sous son aile sa fille Aurore qu'il eut secrètement avec Isabelle de Caylus. Epaulé de son nouveau comparse Passe-poil, ils s'exilent quelques années en Espagne avant d'élaborer une retorse vengeance.

OvationnĂ© par le public avec 5 846 808 entrĂ©es, Le Bossu a rapidement gagnĂ© son galon de classique du genre (notamment grâce ces multi rediffusions tv) alors que je reste profondĂ©ment marquĂ© par sa diffusion tĂ©lĂ©visuelle un mardi soir chez ma grand-mère sur Antenne 2. Revoir ce soir pour la 3è fois ce chef-d'oeuvre d'aventures et de cape et d'Ă©pĂ©e puis redorer ses Ă©motions adolescentes comme s'il s'agissait de la première fois tient d'une aubaine miraculeuse. Pour autant, il n'y a Ă  proprement parler rien de miraculeux Ă  travers cette histoire de vengeance de longue haleine (Ă©talĂ©e sur plusieurs annĂ©es !) que Jean Marais et Bourvil complotent avec une fougue commune somme toute fringante. L'un endossant le rĂ´le intrĂ©pide d'un chevalier au grand coeur Ă  la fois rigoureusement loyal, malicieux et vĂ©loce dans sa capacitĂ© bondissante Ă  venir Ă  bout de ses rivaux. L'autre incarnant avec son charisme dĂ©bonnaire un faire-valoir empotĂ© s'efforçant timidement d'y protĂ©ger Aurore, fille de la princesse d'Isabelle de Caylus, avec une maladresse facĂ©tieuse. Celle-ci, radieuse et ingĂ©nue, Ă©tant peu Ă  peu motivĂ©e par ses sentiments qu'elle Ă©prouve auprès de son maĂ®tre protecteur, j'ai nommĂ© Henri de Lagardère interprĂ©tĂ© par Jean Marais dans un double rĂ´le plein de ruses et d'ironie. 


Tant et si bien que l'on reste constamment enchantĂ© par la virtuositĂ© de la rĂ©alisation d'AndrĂ© Hunebelle  extrĂŞmement formaliste, pointilleux, tatillon Ă  parfaire son entreprise d'aventures remarquablement menĂ©es et charpentĂ©es (narrativement parlant) en y chorĂ©graphiant des sĂ©quences de combats et poursuites aussi vigoureuses que percutantes. Aussi parce que tout sonne vrai et que les cascades sont exĂ©cutĂ©es avec un professionnalisme parfois dĂ©tonnant (notamment auprès de la complicitĂ© hĂ©roĂŻque des chevaux, telle cette situation en catimini oĂą l'un d'eux est contraint de se coucher sur le sol par l'autoritĂ© du cavalier). Le Bossu Ă©tant tout simplement la rĂ©union prodigieuse de talents hĂ©tĂ©roclites Ă  l'unisson pour le plaisir du grand public renouant Ă  ses premiers Ă©mois d'une aventure en costumes sĂ©culaire. Formaliste Ă©galement pour le soin imparti Ă  ces dĂ©cors naturels tout droit sortis d'un jardin d'Eden (les vastes plaines provinciales ensoleillĂ©es nous dĂ©paysent dans une aura fĂ©erique palpable) que des sculptures et monuments d'un authentique château renfermant des trĂ©sors de richesses architecturales. Alors qu'en interne, les figurants, princes, ducs et gentes dames affublĂ©s de flamboyants costumes nous irradient la vue, Ă  l'instar de la luminescente Sabina Selman dans un double rĂ´le candide touchĂ© par la grâce de sa mansuĂ©tude sensuelle. Une actrice (mĂ©connue Ă  mes yeux) absolument convaincante, physiquement splendide Ă  en pleurer de ses doux yeux de saphir, Ă  travers ses  expressions timorĂ©es de tendresse, de dĂ©tresse, de dĂ©sir, d'espoir et d'apaisement lors de son houleux parcours de quĂŞte de vĂ©ritĂ© et de retrouvailles inespĂ©rĂ©es. 


Pur plaisir de cinĂ©ma Ă©purĂ© qu'on ne retrouve plus depuis des siècles Ă  l'ère du tout numĂ©rique et de l'envahissement des super-hĂ©ros bourrins, Le Bossu reste d'une modernitĂ© et d'une fraĂ®cheur sans Ă©gales Ă  travers son cocktail idoine de tendre romance, de fantaisie, d'action et d'aventures sous l'impulsion d'un chevalier vaillant parfois inquiĂ©tant dans son rĂ´le bicĂ©phale de bossu Ă  la morphologie quelque peu malaisante. Une trouvaille narrative Ă  la fois originale et judicieuse que Jean-Marais endosse avec un naturel sarcastique dĂ©licatement chafouin en redresseur de tort burnĂ©. 

*Bruno
11.06.2019
19.05.2022. 3èx

Ci-joint la chronique de DVDFR.COM:
Le Bossu est le film qui lia AndrĂ© Hunebelle Ă  Jean Marais pour une sĂ©rie de classiques indĂ©modables comme Le Capitan, Le Miracle des loups, Les Mystères de Paris et bien sĂ»r, la trilogie FantĂ´mas. Film d’aventure, comĂ©die d’action familiale, Le Bossu demeure l’un des films les plus emblĂ©matiques de la filmographie de Jean Marais, marquant une rupture dĂ©finitive avec le cinĂ©ma de Jean Cocteau qui l’avait connaĂ®tre. Totalement investit dans ses cascades, bondissant, souriant l’Ă©pĂ©e Ă  la main, le comĂ©dien se donne Ă  fond dans ce magnifique long-mĂ©trage dĂ©paysant, plein de couleurs et de joie de vivre. Soutenu par l’humour et la tendresse de Bourvil, le comĂ©dien trouve ici un second souffle et peut dĂ©marrer une longue carrière marquĂ©e par de grands succès populaires. AdaptĂ© du roman de cape et d’Ă©pĂ©e Ă©crit par Paul FĂ©val en 1857, Le Bossu avait certes dĂ©jĂ  connu quelques adaptations, dont une mise en scène par Jean Delannoy en 1944 avec Pierre Blanchar dans le rĂ´le de Lagardère, mais malgrĂ© les transpositions ultĂ©rieures, dont celle excellente rĂ©alisĂ©e par Philippe de Broca en 1997 avec Daniel Auteuil dans le rĂ´le titre, celle d’AndrĂ© Hunebelle reste celle qui nous vient immĂ©diatement Ă  l’esprit. RĂ©alisĂ© avec une fougue et un panache contagieux par AndrĂ© Hunebelle, magistralement interprĂ©tĂ©, Le Bossu est un chef d’oeuvre du genre.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire