mardi 31 mai 2022

The Gate / La Fissure

                                       
                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site lovingmoviesfr.file

de Tibor Takács. 1987. U.S.A. 1h24. Avec Stephen Dorff, Christa Denton, Louis Tripp, Kelly Rowan, Jennifer Irwin.

Sortie salles France: 28 Mai 1987. U.S: 15 Mai 1987

FILMOGRAPHIE SELECTIVETibor Takacs est un rĂ©alisateur hongrois nĂ© le 11 Septembre 1954 Ă  Budapest (Hongrie). 1978: Metal Messiah. 1982: 984: Prisoners of the Future (tĂ©lĂ©-film). 1987: The Gate. 1989: Lectures Diaboliques. 1992: The Gate 2. 1996: Sabotage. 1997: Sanctuary. 2001: La Fille du Père-Noel (tĂ©lĂ©-film). 2003: Rats. 2007: Ice Spiders (tĂ©lĂ©-film). 2007: Mega Snake (tĂ©lĂ©-film). 2010: TempĂŞte de mĂ©tĂ©orites (tĂ©lĂ©-film). 2013: Spiders 3D.


Si j'avais quelque peu omis cette modeste sĂ©rie B que j'avais trouvĂ© Ă  l'Ă©poque bonnard et attachante (notamment grâce Ă  l'originalitĂ© de ses effets-spĂ©ciaux particulièrement rĂ©ussis et oh combien rĂ©jouissants), quelle fut ma surprise de le redĂ©couvrir aujourd'hui sous un angle autrement gratifiant si bien que j'ai redĂ©couvert (en format HD qui plus est) un formidable divertissement qu'on ne retrouve plus (ou si peu, Ă  l'instar de la gĂ©niale sĂ©rie Stranger Things) de nos jours. Car aussi imbitable que cela puisse paraĂ®tre, The Gate est un VRAI film d'horreur (point que j'avais bizarrement complètement omis de ma mĂ©moire) jouĂ© par des bambins que Tibor Takacs ose combiner au travers de leur esprit de cohĂ©sion et de leur amitiĂ© indĂ©fectible. Son climat Ă©tonnement angoissant distillant une lourde atmosphère d'Ă©trangetĂ© et d'insĂ©curitĂ© en la prĂ©sence d'ados farouches (mais en voie de rĂ©bellion) Ă  tenter de venir Ă  bout de la menace monstrueuse au sein de leur cocon domestique. L'intrigue simpliste traitant de ce trio (un frère, une soeur et leur acolyte) Ă  dĂ©jouer les forces malĂ©fiques d'un dessein morbide planĂ©taire Ă  la suite du dĂ©racinement de l'arbre de leur jardin. 


Ainsi, redĂ©couvrir aujourd'hui ce B movie dĂ©nuĂ© de prĂ©tention prouve Ă  quelque point les annĂ©es 80 fut une vĂ©ritable aubaine pour imprimer sur Ă©cran de petits mĂ©trages ludiques bourrĂ©s de sincĂ©ritĂ©, de gĂ©nĂ©rositĂ© et de bons sentiments (dans le bon sens du terme) dans leur plaisir commun de bien faire Ă  nous faire croire Ă  l'improbable. En l'occurrence, on se retrouve Ă  reluquer entre passion et fascination de petits monstres diablotins terriblement rĂ©alistes dans leur petit corps vĂ©loce que Tibor Takacs exploite lestement Ă  l'aide d'FX toujours bluffants. Tant et si bien qu'aujourd'hui on reste aussi impressionnĂ© par leur apparence dĂ©moniale Ă  travers un charisme quelque peu singulier. Quant au monstre final de taille autrement disproportionnĂ©e et filmĂ© en stop motion, lĂ  encore on reste enchantĂ© par cette vision de cauchemar dantesque en dĂ©pit de son aspect rĂ©tro gĂ©nialement attachant. Et si la première partie laisse beaucoup de place Ă  la suggestion, la mise en attente et Ă  certaines dĂ©rives hallucinatoires plutĂ´t insĂ©cures, le second acte autrement Ă©pique et horrifique embraye sur des confrontations Ă  la fois haletantes et terrifiantes (l'apparition du mort-vivant s'extirpant du mur de la chambre fait froid dans le dos par son apparence spectrale !) que nos hĂ©ros en herbe amorcent avec une foi dĂ©terminĂ©e (nous n'avons jamais le dĂ©sagrĂ©able sentiment de supporter des ados turbulents et dĂ©cervelĂ©s comme on est parfois contraint de se coltiner au travers de prods triviales plutĂ´t arrivistes). 


Si bien que dans The Gate tout est relativement soignĂ©, tant au niveau de sa rĂ©alisation soignĂ©e, de ses trucages artisanaux, de son score lugubre, de son atmosphère rĂ©ellement anxiogène que des comĂ©diens juvĂ©niles (Stephen Dorff en tĂŞte en noble leader Ă  la capacitĂ© de rĂ©flexion) rĂ©ellement investis dans leur fonction Ă  la fois Ă©peurĂ©e et dĂ©vouĂ©e Ă  combattre les forces du Mal lors d'une une directive solidaire (avec en prime un joli discours sur la fidĂ©litĂ© amicale comme le prouve justement son Ă©pilogue salvateur). A redĂ©couvrir donc avec un rĂ©el plaisir assumĂ©, The Gate paraissant aujourd'hui plus couillu, plus charmant, plus rĂ©jouissant dans son concentrĂ© d'horreur, de fantastique mais aussi d'humour et de tendresse Ă©tonnamment premier degrĂ© ! 

*Bruno Matéï
3èx

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