mardi 7 juin 2022

Luz, la Fleur du Mal / Luz: The Flower of Evil / Luz, la flor del mal.

                                              Photo empruntée sur Google, appartenant au site filmaffinity.com

de Juan Diego Escobar Alzate. 2019. Colombie. 1h44. Avec Yuri Vargas, Jim Muñoz, Conrado Osorio, Andrea Esquivel, Sharon Guzmán.

Sortie salles: 7 October 2019 (Sitges Film Festival)

FILMOGRAPHIEJuan Diego Escobar Alzate est un réalisateur et scénariste colombien, né le 15 Août 1987 à Manizales. 2019: Luz. 

Issu de Colombie, cet OVNI indépendant ne plaira assurément pas au grand public non préparé à une expérience ésotérique aussi personnelle qu'envoûtante. Certaines de ses images fantasmagoriques demeurant de véritables tableaux oniriques que le réalisateur imprime à travers une flamboyante photographie bercée d'un fond musical aussi fragile que mélodieux. Et à ce niveau sensoriel d'une nature stellaire aussi gracile qu'épanouissante, la première demi-heure fait mouche à nous dépeindre cet univers bucolique laconique auquel une poignée de villageois tentent de cohabiter en harmonie en tentant d'y trouver leur paix intérieure. Or, à travers un récit sans trop de surprise nous relatant durant 1h44 la folie dépressive d'un père bigot et de ses 3 filles soumise à sa foi chrétienne, Luz, la Fleur du Mal cède place à la redondance et aux logorrhées à ne traiter que des thèmes du Bien et du Mal depuis l'intrusion d'un enfant mutique potentiellement habité par le diable. Réaliste, déroutant, pesant, ennuyeux, dérangeant, fascinant, beau, fragile, violent, immersif et sensitif, Luz ne laisse toutefois pas indifférent l'amateur d'expérience spirituelle ne ressemblant à nul autre métrage. 

Mais en l'état, on aurait peut-être opté pour un moyen métrage de 50 minutes plutôt que d'étirer sur la longueur ce concept religieux rébarbatif car beaucoup trop chargé en palabres et versets bibliques de nous marteler que Dieu (le bien) et Diable (le mal) ne font qu'une seule et même entité en notre enveloppe corporelle que nous combattons quotidiennement selon nos croyances, notre agnosticisme ou notre athéisme. Pour clore, on peut enfin dénoter la qualité de son cast méconnu totalement habité par leur expression tantôt aliénée, tantôt affligée au travers de séquences parfois horrifiques ou brutales que nous ne voyons pas arriver. Et on sent bien que le réalisateur très inspiré par son récit mystique se refuse à sombrer dans le racolage ou la fioriture en misant essentiellement sur l'expérience d'un vécu maladif à travers le fanatisme rigoriste (symbolisé par ce paternel transi incapable d'y distinguer les valeurs du Bien et du Mal), vecteur de tous les maux de nos sociétés depuis la nuit des temps. 

Exclusivement pour public averti donc.

*Bruno Matéï 

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