(Crédit photo : image trouvée via Imdb, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
Mea culpa.
"Chronique d’une défaite collective."
À la révision, et à ma grande surprise, Halloween Kills m'est apparu comme un formidable psycho-killer, plus profond qu’il n’y paraît.
Si l’on se fie aux critiques - plus sévères que pour le 1er opus - on pourrait croire à une suite ratée. Je pense au contraire qu’il s’agit d’un film incompris.
Car cette séquelle est plus nihiliste, plus désenchantée, plus désespérée, plus psychologique que le premier opus.
"Chronique d’une défaite collective."
À la révision, et à ma grande surprise, Halloween Kills m'est apparu comme un formidable psycho-killer, plus profond qu’il n’y paraît.
Si l’on se fie aux critiques - plus sévères que pour le 1er opus - on pourrait croire à une suite ratée. Je pense au contraire qu’il s’agit d’un film incompris.
Car cette séquelle est plus nihiliste, plus désenchantée, plus désespérée, plus psychologique que le premier opus.
Ici, la peur ne se vit plus en huis clos. Elle contamine à l'extérieur. Elle gangrène. Elle hystérise.
Les citadins d’Haddonfield se vautrent dans l’autojustice, dans la facilité, dans la bêtise tragique de la vindicte populaire, au point de provoquer la mort d’un innocent. Certes, ils ne le tuent pas de leurs mains, mais ils le condamnent par leur folie collective. Le film pose alors une véritable réflexion frontale sur l’autojustice, thème tristement contemporain : lorsque les institutions vacillent, la foule livrée à elle même devient monstre.
Et David Gordon Green insiste.
La police est impuissante.
La population est livrée à elle-même.
Le prologue situé en 1978 le rappelle avec intelligence (en prime
d'un incroyable effet numérique quand à l'apparition surprise d'un personnage clef !): la faille morale était déjà là. L’ordre n’a jamais été solide. Il était fissuré dès l’origine.
Mais Halloween Kills ne se contente pas d’un discours social plus qu'actuel. Il emprunte le chemin d’une brutalité gore assumée, d’une action nerveuse, presque martiale, au détriment d’une terreur plus atmosphérique. Le suspense se raréfie. La violence, elle, explose. C’est un choix. Radical.
Mais le film parle surtout d’icône.
d'un incroyable effet numérique quand à l'apparition surprise d'un personnage clef !): la faille morale était déjà là. L’ordre n’a jamais été solide. Il était fissuré dès l’origine.
Mais Halloween Kills ne se contente pas d’un discours social plus qu'actuel. Il emprunte le chemin d’une brutalité gore assumée, d’une action nerveuse, presque martiale, au détriment d’une terreur plus atmosphérique. Le suspense se raréfie. La violence, elle, explose. C’est un choix. Radical.
Mais le film parle surtout d’icône.
Michael Myers n’est plus seulement un tueur. Il devient une figure. Une abstraction. Le mal à l’état pur. Un mal indestructible.
Plus il est attaqué, plus il semble se renforcer.
Plus la communauté tente de l’écraser, plus elle révèle sa propre impuissance.
Et c’est là que le film devient fort, trouble et fascinant.
On ressent un marasme communautaire, un effondrement moral. Haddonfield semble condamnée à subir. Le final, absolument sans espoir, scelle cette idée : tout le monde perd. Sauf le Mal.
Plus il est attaqué, plus il semble se renforcer.
Plus la communauté tente de l’écraser, plus elle révèle sa propre impuissance.
Et c’est là que le film devient fort, trouble et fascinant.
On ressent un marasme communautaire, un effondrement moral. Haddonfield semble condamnée à subir. Le final, absolument sans espoir, scelle cette idée : tout le monde perd. Sauf le Mal.
Le montage plus dynamique, plus sec, donne au film une énergie parfois presque guerrière. On est dans un survival urbain, tendu, étrange, personnel. Green ose s’écarter des conventions tout en semant à nouveau des clins d’œil habiles à la mythologie de la saga. Il respecte l’héritage tout en le poussant vers quelque chose de plus sombre et de plus autonome.
Ce qui rend Halloween Kills si captivant, c’est ce sentiment d’impuissance absolue face à une figure devenue intouchable. Michael Myers est plus destructeur que jamais, plus robuste, mais surtout plus symbolique que jamais.
Ce n’est plus seulement un psycho-killer.
C’est une déclaration de guerre funeste perdue d’avance.
En mettant de côté les attentes de l'horreur standard, on découvre donc un film trouble, inquiétant, profondément noir. Un récit douloureux qui ose refuser la catharsis. Un film qui affirme que le mal ne meurt pas - il prospère dans la peur qu’il engendre.
Et c’est précisément cette radicalité qui fait sa puissance.
Au final, je me rends compte aujourd’hui que David Gordon Green a accompli, avec cette trilogie contemporaine, une œuvre aussi passionnante qu’ambitieuse, profondément marquée par le traumatisme et la persistance du mal.
— le cinéphile du cœur noir 🖤






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