lundi 12 octobre 2026

The Empty Man de David Pryor. 2020. U.S.A. 2h17

                     (CrĂ©dit photo : image trouvĂ©e via google, provenant du site imdb. UtilisĂ©e ici Ă  des fins non commerciales et illustratives)

Il n'est jamais trop tard pour découvrir une formidable surprise en la présence invisible - et maudite - de The Empty Man (2020 déjà !), réalisé par David Prior. Six ans plus tard, j'apprends que ce film est enfin réévalué et considéré comme culte à sa juste valeur. En tout état de cause, mon intuition avait vu juste, tant j'étais plongé à corps perdu dans cette odyssée mentale irrationnelle, inspirée de la bande dessinée du même nom de Cullen Bunn et Vanesa R. Del Rey, publiée chez Boom! Studios.


Et si, passé le terrifiant prologue réfrigérant, les trente à quarante premières minutes augurent un film de croque-mitaine en bonne et due forme (Freddy, et surtout Candyman), l'intrigue, bâtie autour d'une enquête occulte de longue haleine, penche davantage du côté du cinéma lynchéen et de celui de Gary Sherman (mais chut !). Le parti pris repose sur le non-dit, un silence diffus, des mantras abscons à déchiffrer et une présence tacite, d'autant plus angoissante et convaincante qu'elle nous confronte à la crainte d'un danger immatériel et indicible, sournois, reptilien, irréversible.

Dans la peau de ce détective privé, époux autrefois infidèle, assoiffé de vérité et en quête de rédemption, James Badge Dale porte sobrement l'intrigue sur ses épaules. Avec suffisamment d'implication et de retenue pour préserver son esprit critique rationnel, il se lance sur les traces d'Amanda, la fille de sa voisine Nora, son ancienne maîtresse.


Bref, cette proposition ambitieuse de thriller horrifique opaque demeure aussi passionnante qu'inquiétante, d'autant qu'un second visionnage devrait se révéler encore plus fructueux pour rassembler les pièces de ce puzzle spirituel. Quant à sa durée conséquente, décriée à l'époque par une partie du public (2 h 17, mais 2 h 11 sans le générique), le temps ne compte plus tant l'intrigue magnétise et manipule nos sens dans une maîtrise cérébrale volontairement complexe mais diablement fascinante. D'autant que sa photographie singulière laisse béat d'admiration : privilégiez la 4K, c'est à damner un saint !

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