de Werner Herzog. 1972. Allemagne. 1h33. Avec Klaus Kinski, Helena Rojo, Del Negro, Ruy Guerra, Peter Berling, Cecilia Rivera.
Sortie salles France: 26 Février 1975 (Cannes: 16 Mai 1973). Allemagne: 29 Décembre. 1972. U.S: 3 Avril 1977
FILMOGRAPHIE: Werner Herzog (Werner Stipetic) est un réalisateur, acteur et metteur en scène allemand, né le 5 Septembre 1942 à Munich (Allemagne).
1968: Signes de vie. 1970: Les Nains aussi ont commencé petits. 1972: Aguirre, la colère de Dieu. 1974: l'Enigme de Kaspar Hauser. 1976: Coeur de verre. 1977: La Ballade de Bruno. 1979: Nosferatu, fantôme de la nuit. 1979: Woyzeck. 1982: Fitzcarraldo. 1984: Le pays où rêvent les fourmis vertes. 1987: Cobra Verde. 1991: Cerro Torre, le cri de la roche. 1992: Leçons de ténèbres. 2001: Invincible. 2005: The Wild Blue Yonder. 2006: Rescue Dawn. 2009: Bad Lieutenant: escale à la Nouvelle-Orléans. 2009: Dans l'oeil d'un tueur.
CaptĂ© Ă la manière d’un documentaire contemplatif scrutant faune et flore sous l’ère du XVIe siècle, Herzog nous fait partager l’introspection d’un dictateur convaincu que son destin relève d’une ambition divine. Sa mise en scène expĂ©rimentale Ă©pouse l’hyperrĂ©alisme de l’improvisation : cadrages fixes sur les visages impassibles, camĂ©ra Ă l’Ă©paule pour Ă©pier les murmures conspirateurs. On devine les risques encourus par l’Ă©quipe technique, les figurants, les comĂ©diens - convoyĂ©s de chevaux et de mammifères (hĂ©las parfois maltraitĂ©s), progressant Ă travers des sentiers impraticables, avalĂ©s par une vĂ©gĂ©tation fĂ©roce. Le tournage fut indubitablement houleux - comme en tĂ©moignent la sĂ©quence du radeau pris dans les rapides, ou l’inoubliable prologue aĂ©rien oĂą les conquistadors dĂ©valent Ă pied une montagne escarpĂ©e noyĂ©e de brume -, sans oublier les conflits lĂ©gendaires opposant Herzog Ă son comparse furibard, Klaus Kinski.
HabitĂ© par son rĂ´le nĂ©vrosĂ©, ce dernier incarne Aguirre avec une foi maladive : posture de roi orgueilleux, regard hallucinĂ©, colère irascible. Sa prĂ©sence quasi surnaturelle renforce le caractère baroque, insolite, de cette expĂ©dition suicidaire hantĂ©e par sa propre dĂ©mence. L’ennemi, invisible, tapi dans l’ombre vĂ©gĂ©tale, frappe sans prĂ©venir, prĂ©cipitant les colons vers une mort sourde. Le final mystique illustre Ă merveille l’arrogance d’un homme devenu roi de rien, perdu sur un radeau infestĂ© de singes capucins, poursuivant sa dĂ©rive vers une citĂ© d’or chimĂ©rique, sans jamais concevoir que la mort l’attend.
20.11.25. 4èx. Vost
07.03.13.


















































